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OPÉRATION

Ce n'est point ici le lieu de faire l'historique de cette opération qui doit être considérée comme une des' plus importantes conquêtes de la chirurgie moderne.

Depuis le commencement du siècle, les gynécologues les plus habiles tentèrent la restauration de la fistule vésico -vaginale par la suture. Il suffira de citer les noms de Roux, Nœgelé, Dieffenbach, Lallemand, Wulzer, Saugier, etc., pour voir qué l'opération était pratiquée par des chirurgiens autorisés. Ils échouaient cependant le plus souvent.

C'est ainsi que Wutzer, qui s'était plus spécialement adonné

à la pratique de cette opération, n'obtenait que 15 pour cent de guérisons et les succès obtenus par les autres chirurgiens n'étaient guère plus brillants.

Ces insuccès étaient alors expliqués par des raisons dont nous avons reconnu aujourd'hui le peu de fondement. C'est ainsi qu'on les attribuait à la souillure de la plaie par l'urine, au peu de tendance à la cicatrisation des tissus du vagin, etc.

Ces insuccès étaient simplement dus à l'insuffisance des moyens pratiqués pour découvrir le champ opératoire et à Vinsuffisance de Vavivement. En effet, si l'on compare la pratique chirurgicale actuelle avec celle pratiquée par les chirurgiens de la première moitié de ce siècle, on voit que la différence des procédés ne porte que sur ces deux points principaux.

Jobert fut le premier qui introduisit dans la thérapeutique opératoire des fistules un progrès important. Sa méthode autoplastique jmr glissement fut considérée à l'époque de son apparition, comme le perfectionnement par excellence. Jobert attachait surtout de l'importance aux incisions libératrices qu'il pratiquait sur les parois vaginales. Nous verrons plus loin que les résultats obtenus par ce chirurgien n'étaient pas dus à cette cause, mais dans l'avivcment qui était plus étendu.

C'est certainement à Simsque revient l'honneur d'avoir, par des procédés vraiment nouveaux, mis à la portée de tous, la guérison de la fistule vaginale.

Les innovations introduites par ce chirurgien portent sur trois points principaux :

!<• Dilatation et exploration du vagin permettant déplacer sous les yeux et à la portée de l'opérateur les parties à réunir.

2" Avivement suffisant et application de sutures ne provoquant ni inflammations, ni ulcérations.

3oMéthode permettant de maintenir la vacuité de la vessie

un temps suffisant après l'opération.

Chacun de ces trois points a conservé plus ou moins d'importance aujourd'hui ; mais il est incontestable qu'ils ont été et sont encore la base de lathérapeutique opératoire appliquée âux fistules, depuis que Sims a publié son célèbre mémoire

sur les sutures cVargent lu à l'Académie de médecine de New-York le 18 novembre 1S:7 et popularisé sa méthode, par de nombreuses opérations pratiquées quelques années après en France et en Angleterre.

Moment fcœorableà l'opêration.--DemèmQ que pour la perinéorraphie on a longuement discuté sur la question de savoir à quel moment il convient de pratiquer l'opération. Doit-elle être faite aussitôt après l'accouchement, c'est-à-dire après la cause qui a produit laccident, ou doit-on attendre que la femme soit complètement remise des suites de la délivrance ? Nous pensons qu'il y a de sérieux inconvénients à tenter la réunion de la lésion immédiatement après sa formation. On s'expose ainsi aux causes d'infection qui peuvent accompagner l'accouchement -, les tissus sont plus vasculaires, plus friables. Il nous parait donc préférable d'attendre deux mois environ après l'accouchement; on est sùr ainsi que tous les tissus mortifiés sont complètement éliminés et que ceux qui restent sont susceptibles d'être réunis par première intention.

Il va sans dire que ce n'est pas là une date fixe et que l'opération peut être pratiquée avec succès beaucoup plus tard, puisque bon nombre de chirurgiens ont opéré et guéri des fistules datant de plus de 20 ans.

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