‹ Lecons de gynecologie operatoireChapitre 25 sur 55 · DÉVIATIONS POSTÉRIEURES · texte numérisé non relu

DÉVIATIONS POSTÉRIEURES

Les rétrodéviations ne correspondent A aucune des attitudes normales de l'organe ; nous ne pouvons donc que les considérer soit comme des états pathologiques vrais, si elles donnent lieu à des symptômes, soit comme de simples anomalies si elles restent absolument indolores.

On trouve dans la littérature des exemples de rétrodéviations chez de très jeunes enfants ; ils sont cependant si rares qu'on peut les considérer comme accidentels ; en réalité, il n'existe pas un type de rétroversion ou de retroflexion congénitale analogue à celui que nous avons mentionné dans les déviations antérieures.

Les quelques vierges quej'en ai trouvé atteintes avaient toutes dans leurs antécédents morbides des affections abdominales ou pelviennes qui pouvaient expliquer l'origine de l'affection.

Etiologie. — Les rétrodéviations comme les déviations antérieures ont pour origine :

PDes inflammations des tissus pelviens.

2" Des inflammations des tissus de l'utérus.

3° Le traumatisme obstétrical et quelquefois une simple atonie des tissus pelviens et des ligaments utérins.

Des rétrodéoiations consécutioes à des procccssus inflammatoires peloiens.

La poche de Douglas étant la partie la plus déclive de la cavité abdominale, est très exposée à être infectée par des virus qui viennent d'en haut. Si l'iaflammalion gagne la séreuse de revêtement ou la séreuse pariétale, il peut se produire une métro-péritonite postérieure qui laisse en général après elle des brides, des ponts, des fausses membranes disposées comme des toiles d'araignée tissées autour de l'utérus, des annexes et se prolongeant jusqu'aux parois pelviennes et abdomi lales. Ces membranes adventices attireront l'utérus contre le rectum et il se soudera plus ou moins intimement aux parties voisines. Souvent, en pareil cas, on le trouve en rétroversion et en rétroflexion extrêmes, et adhérant au fond du cul-de sac de Douglas.

Fig. 90. — Utérus en rétroversion retenu en arrière par des adhérences en ast a\ b, vessie ; /■, rectum ; u, utérus.

C'est là l'origine ordinaire de. déviations dans lesquelles l'utérus est à la fois dévié et immobilisé en arrière. Ainsi le même processus peut déterminer une déviation an

tcrieure ou une déviation postérieure, selon que c'est par son segment inférieur ou par son segment supérieur que l'utérus est attiré en arriére.

Des rétrodéviations consêcutioes à des injlam mations

utérines.

Nous avons dit, dans notre exposé de l'équilibre utérin normal, que la turgescence qui précède et accompagne les règles a pour effet de redresser l'utérus, c'est-à-dire de le rendre rectiligiie et d'ouvrir l'angle que son axe forme aveccejui du vagin ; la turgescence inflammatoire produit le mémo effet; si elle atteint un haut degré, si elle dure longtemps,si elle déforme rorgane,elle est susceptible dedéplacer d'une façon permanente le centre de gravité de l'utérus. Au lieu de passer en avant de la base de sustentation, il finira par passer en arrière ; le décubitus dorsal aidant, la déviation tendra à devenir définitive.'

C est ainsi qu'on peut expliquer nombre de rétroflexions, surtout parmi celles qui surviennent à la suite de métrites puerpérales devenues chroniques.

Des retrodéoiations consêcutioes au traumatisme

obstétrical.

Tous les états qui relâchent ou allongent les ligaments de Douglas peuvent produire les retrodéviations.

Nous avons dit que l'effet ordinaire de la parturition était de détruire le tonus des tissus péricervicaux dans la mesure nécessaire pour que l'antéflexion habituelle de la nuUipare se transformât en antéversion ; si le traumatisme ou le relâchement dépasse cette mesure, l'utérus descend et se redresse ; c'est lâle commencement des déviations postérieures les plus fréquentes, celles qui ne sontque des abaissements au premier 'Icgrô.

Si nous étudions la question de plus près, nous verrons rossorlir nettement le rôle du traumatisme obstétrical.

Dans la leçon sur l'opération d'Emmct, votre attention a été attirée sur les lacérations que l'accouchement produit autour de l'orifice externe.

Ces lacérations siègent ordinairement sur les commissures latérales des lèvres,

Elles divisent transversalement le segment inférieur de l'utérus, la lèvre antérieure est attirée en avant, la lèvre postérieure en arrière et le diamètre antéro-postérieur du col se trouve allongé de tout l ecartement des lèvres. Cet allongement se traduit par un affaissement du plancher pelvien supérieur.

Les plaies cervicales et l'ectropion entretiennent en outre un état congestifet inflammatoire (fig. 91) qui contribue de son côté à alourdir l'utérus et à affaiblir les tissus péri-utérins en général et les ligaments de Douglas en particulier.

Ces considérations expliquent pourquoi le traumatisme obstétrical qui ne se répare pas spontanément, produit le relâchement de l'articulation utérine et l'affaiblissement de ses liga-

J'ai fait récemment ma 87« opération de trachélorrhaphie et je suis de plus en plus convaincu par les résultats orthopédiques que j'ai obtenus, que les lacérations sont la cause première de quantités de retrodéviations et de prolapsus.

Page 1