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DÉVIATIONS CONSIDÉRÉES COMME CAUSES DE STÉRILITÉ

Cette déviation a une importance énorme au point de vue de la stérilité. Sims avait déjà dit que près d'un tiers des femmes stériles sont atteintes d'antéversion. Nos recherches personnelles confirment cette opinion. Dans ces cas l'antéversion coïncide fréquemment avec la conicité et la sténose du col(ng. 166).

Nous ne reproduirons pas ici les causes de l'antéversion qui ont été longuement étudiées dans nos leçons consacrées à l'or-

Antéversion.

Fig. 166.

Aatéversiou avec sténose du col.

ihopédie utérine. Nous dirons seulement que l'anlcverslon estle plus souvent congénitale, tandis que la rétroversion est presque toujours la conséquence des troubles d'involulion utérine qui accompagnent la grossesse. L'antôversion a donc dans l'éliologie et dans le traitement de la stérilité une importance beaucoup plus grande que la rétroversion.

Fig, 107. — Redresseur utérin.

Le point important est de bien assurer le diagnostic et de prendre pour le cathétérisme toutes les précautions que nous avons recommandées dans une de nos premières leçons. Il faut d'abord tenter la réduction. On emploiera pour cela des redresseurs que nous avons décrits dans nos leçons précédentes (voyez page 298). (.Redresseur utérin ; curvateur de Vulliet, figures 167 et 1G8.)

Fig. 168. — Curvateur utériu de Vulliot.

Un point essentiel dans l'introduction du cathéter dans les 'flexions compliquées de sténose est de bien fixer le col, soit avec un ténaculum (fig. 109), soit avec une pince de iVluseux). L'application du ténaculum facilite beaucoup l'usage de la sonde dans les cas difficiles en fixant l'utérus et en redressant la courbure du canal.

Nous ne parlerons pas ici du tfaiteinent de, l'antéllexion, qui a été développe dans une leçon précédente (voyez page 2'J9).

Les pessaires vaginaux sont d'un très petit secours dans l'antéversion. La guérison permanente, surtout en ce qui con- t cerne la stérilité, ne peut être obtenue que par les opérations P de Sims (page 392) et de Sciirœder (page 303) ou par le massage.

Tandis que les déviations antérieures sont généralement congénitales, les déviations postérieures sont le plus souvent acquises. Elles n'en ont pas moins une certaine influence dans l'étiologie de la stérilité.

Nous avons dit que la rétroversion était souvent la consé-quence d'un défaut d'involution du parenchyme utérin après un premier accouchement. ^

C'est à cette variété de déviation qu'il faut attribuer cette variété d'infécondité que les auteurs anglais ont décrite sous

Fi<T. 1G9. — lutroductioii du cathéter.

Rétroversion.

le nom dç one child styrility et qu'on peut désigner sous le nom àe stérilité des uniparcs.

Tous les gynécologues ont remarqué le nombre considérable de femmes unipares. Si celte grande quantité de femmes peu productives s'explique en France parla pratique du malthusianisme, on ne peut fournir la môme explication pour l'Angleterre, l'Allemagne et les Etals-Unis où Malthus ne compte qu'un très petit nombre d'adhérents.

La stérilité des unipares ne reconnaît le plus souvent d'autre cause que la rétroversion ou l'endométrite, affections qui sont le plus souvent la conséquence d'un premier accouchement ou d'une fausse couche. Sur 19 femmes infécondes après une première conception, nous avons constaté la rétroversion clans 11 cas.

Les déviations postérieures entraînent la stérilité par la sténose déterminée par la flexion du canal (fig. 170).

Les rétroflexions utérines sont le plus souvent accompagnées d'une tuméfaction folliculaire de la muqueuse qui résulte du catarrhe et de la flaccidité de l'organe.

Le gonflement et l'hypersécrétion de la muqueuse utérine s'opposent d'autant plus à l'introduction du sperme que les plis palmés antérieurs et postérieurs font normalement une saillie déjà considérable. Dans le catarrhe compliqué de rétroflexion, ces plis chevauchent l'un sur l'autre de manière à oblitérer complètement le canal. C'est ce qui explique les dif-

Fig. 170. — Rétroversion et sléuose du col.

flcullcs qu'on éprouve parfois à pénétrer dans l'utérus rélrofléchi chez des fcmiTies qui ont déjà eu des enfants. Dans ces - cas le cathéter hute contre ces plis qui forment une valvulve difficilement franchissahle et derrière laquelles'accumulcntles sécrétions auquelles la sténose a enlevé leur voie d'écoulement.

Nous recommandons pour le cathétérismeet le redressement utérins les mômes précautions que nous avons exposées pour les déviations antérieures (page 282), en insistant sur ce point qu'il faut placer la femme dans la position genu-pectorale et saisir la lèvre postérieure avec un ténaculum dont la traction sur l'utérus facilite l'introduction de la sonde en fixant l'organe et en faisant disparaître momentanément la courbure.

On trouvera dans une leçon précédente toutes les indications relatives au traitement des déviations postérieures pour lequel la gynécologie a recours soit à l'emploi des pessaires, soit à diverses opérations (voyez page 305) ; quant au traitement des affections delà muqueuse, nous l'avons exposé dans la leçon sur le raclage.

Emploi du pessaire pendant le coït.

Nous avons vu (page 285) que le pessaire de Ilodge, convenablement appliqué, agissait d'une façon favorable sur l'utérus rétroversé. Malheureusement, ce résultat est le plus souvent temporaire et cesse aussitôt qu'on a retiré le support fourni par l'instrument.

Lorsque le pessaire à rétroversion est appliqué en vue du traitement de la stérilité, il est essentiel de recommander à la femme de le conserver pendant les rapports sexuels.

Nous avons vu récemment un exemple caractéristique qui démontre toute l'importance de cette prescription chez une femme de 29 ans qui était restée inféconde pendant sept ans, depuis la naissance d'un unique enfant qu'elle avait perdu. La malade avait vu plusieurs spécialistes et avait été soumise sans résultat à un grand nombre de traitements. Je

constatai une rétroversion trôs prononcée. Je conseillai l'emploi d'un pessaire, mais il y avait contre ces Instruments une appréhension qui résultait de vives douleurs supportées pendant des essais antérieurs. J'arrivai cependant à convaincre la malade, et je parvins, avec de la patience et de nombreux tâtonnements, à confectionner un pessaire de Hodgequi fut toléré pendant quelques jours et retiré par la patiente à l'époque de la menstruation. L'ayant revue le lendemain de la ces

Fig. 171. — Pessaire de YuUiet eu place.

sation des règles, j'introduisis le pessaire et recommandai la pratique du coït pendant que l'instrument était en place. La malade avait eu jusqu'alors l'idée qu'il fallait enlever le pessaire pendant les rapports sexuels. Elle suivit cependant mon conseil et devint enceinte. Elle accoucha à terme. L'ayant revue six mois après son accouchement je constatai que la rétroversion était aussi prononcée qu'auparavant.

Des faits analogues ont été rapportés par Sims et un grand nombre d'observateurs. Nous en concluons que, si les pessaires ne guérissent pas les déviations postérieures, ils peuvent aider à la conception en produisant un redressement passager pendant le coït.

Le pessaire de Vulliet est un de ceux dont nous recommandons l'emploi pendant le coït (fig. 171) ;nous en avons donné la description complète page 290.

A propos des pessaires, nous ferons remarquer que, si les femmes ont parfois une grande appréhension de l'emploi de cet auxiliaire, c'est le plus souvent parce que des praticiens inexpérimentés ont introduit dans leurs organes des instruments disproportionnés et non en rapport avec les lésions qu'ils étaient destinés à combattre. Il faut souvent de nombreux tâtonnements pour trouver le pessaire qui convient et le gynécologue qui veut employer ces instruments avec succès doit en avoir à sa disposition un assortiment considérable.

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