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VINGT ET UNIÈME LEÇON

TRAITEMENT DE LA STÉRILITÉ {suite).

STÉRILITÉ RÉSULTANT DE LA NON RÉTENTION DU SPERME OU DE LA DESTRUCTION DE l'œUF DANS l'uTÉRUS.

Un grand nombre de femmes sont stériles parce que leur muqueuse utérine n'offre pas à l'œuf un milieu ou un habitat convenable. Il n'y a pas, dans ces cas, un obstacle absolu à l'imprégnation, mais les tissus sur lesquels doit se fixer l'œuF ne présentent pas les conditions nécessaires à sa fixation et à son entretien.

On comprend du reste aisément que certains états morbides de la muqueuse utérine soient impropres à la conservation de l'œuf qui vient d'y être déposé parla conception. Telles sont les diverses variétés d'endornétrite, la dysménorrhée, le catarrhe utérin., la syphilis, etc. Dans ces cas, la femme n'est pas stérile, mais elle se trouve dans des conditions qui ne permettent pas de mener à bien le produit de la conception ; l'œuf, comme une graine tombée dans un mauvais terrain, se flétrit et tombe avant d'avoir acquis un développement suffisant pour porter le nom de fœtus. Son expulsion qui, dans ces cas, a lieu au moment même de la menstruation, passe presque toujours inaperçue.

Ces mômes causes qui ne permettent pas la conservation de l'œuf peuvent également avoir une action néfaste sur la vitalité des spermatozoïdes déposés dans l'utérus. Il ne s'agit plus là d'obstacles mécaniques à la conception, mais d'obstacles chimiques et pathologiques.

Nous allons passer en revue les divers états morbides qui rentrent dans cette catégorie. Cummc ces affections appartiennent, pour la plupart, au cadre delà paihologic médicale, nous n'en ferons qu'une sorte d'énumération en insistant sur les points de thérapeutique où l'intervention opératoire est indiquée.

La plupart des affections intlammatoircs de l'utérus ou du vagin donnant lieu à des sécrétions morbides, il nous a paru utile, au. point de vue thérapeutique, déparier des empêchements d'ordre chimique qui peuvent s'opposer à l'imprégnalion par la destruction des spermatozoïdes.

ACTION CHIMIQUE QUE CERTAINES SUBSTANCES EXERCENT SUR LÉS SPERMATOZOÏDES AU POINT DE VUE DU TRAITEMENT DE hA. STÉRILITÉ.

Temjjératiu'c.

En premier lieu, les mouvements des zoospermes ne se maintiennent qu'à une certaine température : ils cessent au-dessous de 10 degrés et au dessus de 50 degrés centigrades. Ces mouvements peuvent cependant reprendre leur vivacité lorsqu'ils sont ramenés à la température qui leur est favorable.

C'est ainsi que Mantegazzo, après avoir fait congeler du sperme humain, a pu constater après le dégel du liquide que les spermatozoïdes reprenaient leurs mouvements. Il y a là une indication très importante pour la pratique de la fécondation artificielle.

Action des substances chimiques.

Les substances chimiques ont une action très variable sur les zoospermes. Les unes font disparaître leur vitalité ; les autres la raniment.

Tous les acides ont une action délétère sur les spermatozoïdes. Une solution d'acide chlorhydrique ou acétique au dix-

millième les lue. Il en est de môme du sublimé, de l'ulcool, de l'éther, du chloroforme et do tous les agents qui coagulent le liquide dans lequel ils se trouvent.

La salive, l'eau pure et surtout l'eau distillée sont toxiques pour les spermatozoïdes des animaux supérieurs et plus particulièrement de l'homme. Lorsqu'on ajoute de l'eau à la liqueur séminale on voit immédiatement les zoospermes se recourber et perdre, leur vitalité. Ils peuvent cependant être ramenés à la vie si on ajoute une solution sucrée ou albumineuse ou, mieux encore, de l'urée ou de la glycérine, à la condition toutefois que le contact de l'eau n'ait pas été prolongé.

Les narcotiques n'ont pas d'action sur les agents delà reproduction. Les sels métalliques les détruisent instantanément. Parmi ceux-ci vienten premier lieu le sublimé corrosif, qui est délétère à la dose de un dix-millième.

La plupart des liquides de l'organisme (à l'exception de la salive), le lait, le mucus, sont sans action sur les spermatozoïdes à la condition qu'ils ne soient pas acides.

Voyons maintenant les agents qui sont de nature à conser^ ver et môme augmenter la vitalité des spermatozoïdes.

En premier lieu il fait citer les préparations alcalines et notamment les chlorures et les azotates alcalins à la dose de 1 pour 100. Cette donnée chimique est absolument confirmée par la clinique. J'ai obtenu la guérison de stérilité dans deux cas chez des femmes atteintes de catarrhe utérin en conseillant avant chaque rapprochement sexuel une injection vaginale avec une solution de carbonate de soude (dix grammes par litre). J'ai toujours soin, lorsque je pratique la fécondation artificielle de faire faire, pendant les quelques jours qui précèdent l'opération, des injections alcalines. D'après Kolliker, le meilleur mélange pour activer la vitalité des spermatozoïdes est le suivant :

Azotate de potasse.

Sucre —

Kau —

1 gr.

150 gi'.

850 gr.

Il importe de se maintenir dans des doses- modérées pour l'emploi des alcalins. Ainsi, il est démontré que les solutions faibles (1 pour 100) sont favorables ; les solutions plus élevées (3 pour lOOj ou trop faibles (1/2 pour ICO) deviennent moins favorables ou môme délétères.

. Ce simple exposé suffit pour montrer que le gynécologue ne peut négliger les données fournies par la chimie pour le traitement de la stérilité.

On ne saurait donc attacher trop d'importance à l'action des sécrétions utérines et vag'nales comme causes de stérilité. • A l'état normal, le mucus vaginal est acide et le mucus utérin est fi^cftZtVi. Cette donnée incontestable fournie par la chimie se trouve confirmée aussi bien par la clinique que par l'examen histologique. C'est ainsi que les spermatozoïdes perdent leur vitalité après dix à douze heures de séjour dans le vagin et môme parfois beaucoup plus tôt, tandis qu'on peut constater la vitalité de nombreux spermatozoïdes dans du mucus rejeté par l'utérus 9 et 10 jours après le dernier coït.

Ajoutons que pendant les quelques jours qui précèdent ou qui suivent la menstruation l'alcalinité et par suite la nocivité du mucus vaginal est cojisidérablement atténuée.

Ces données sont d'autant plus intéressantes qu'elles- concordent avec nos connaissances physiologiques et cliniques. Nous avons tenu à les développer ici, parce qu'elles nous fourniront des renseignements d'une incontestable utilité pour la pratique de la fécondation artificielle dont nous donnerons le manuel opératoire un peu plus loin.

On voit donc que le traitement préalable et non opératoire de toutes les affections du vagin et de l'utérus a une grande importance lorsqu'il s'agit du traitement de la stérilité. C'est

Ci\ qui explique le succès obtenu pai* des cures thermales où l'interveulion chirurgicale était absolument étrangère.

TRAITEMENT DES AFFECTIONS CATARRHALES DE l'UTIîRUS AU POINT DE VUE DE LA. STÉRILITÉ.

Les notions qui nous sont fournies par la chimie nous offrent d'excellentes indications pour le traitement des atîections catarrhales du vagin et de l'utérus.

Ce n'est point dans un traité de gynécologie opératoire que nous pouvons nous étendre longuement sur cette branche qui est plutôt du ressort de la pathologie médicale". Nous ne nous occuperons donc que de la thérapeutique que nous appellerons préparatoire. Il est évident qu'avant d'entreprendre toute opération destinée au traitement de la stérilité, le chirurgien doit d'abord s'efforcer de tarir les sécrétions dont la' présence peut être un obstacle au succès de ses efforts.

Les affections catar/'hales du vagin seront traitées par des irrigations répétées soit avec des solutions alca'ines au millième dont nous avons déjà parlé plus haut, soit avec des solutions de sulfate de cuivre ou de sulfate de zinc au cinqmillième. Il faut faire les injections tièdes à une température de 2.5 à S'j". Nous avons renoncé depuis longtemps aux injections froides et aux injections très chaudes dont l'emploi doit être réservé pour le traitement des hémorrhagies.

Lorsqu'on veut surtout combattre l'acidité des sécrétions vaginales et leur action nocive sur les zoospermes, on emploiera, outre les injections alcaUnes, une solution contenant de 15 à 25 pour cent de sucre dont l'action sur la vitalité des spermatozoïdes a été reconnue favorable. Ces injections seront conseillées avant le coït et elles devront toujours être pratiquées pendant les quelques jours qui précèdent la fécondation artificielle.

Lorsque la sécrétion utérine est acide, la stérilité est abso-

lue. Il faut s'efforcer de rechercher les causes du catarrhe utérin et modifier la muqueuse.

Nous conseillons dans ces cas de dilater l'utérus et de faire des injections intra-utérines avec un liquide contenant par litre un blanc d'œuf et 10 grammes de phosphate de soude.

Nous ne pouvons aborder ici le traitement de la métrite, de l'cndométrite et de toutes les affections de la muqueuse utérine qui occasionnent la stérilité.

Nous avons déjà parlé de la stérilité qui résultait de la rétention de l'œuf dans l'utérus par suite de l'état de la muqueuse qui ne lui fournissait pdiS un habitat convenable.

Il s'agit, dans ces cas, soit de Vendométrite exfoliatrice (dysménorrhée membraneuse), soit de Vendométrite fongueuse.

Le traitement de ces deux affections a donné lieu à de longues et vives discussions. Aujourd'hui encore la Société obstétricale et gynécologique de Paris discute si l'on doit employer dans le traitement de l'cndométrite les cautérisations intrautérines ou la curette.

Ce que nous avons dit dans la leçon consacrée au curage de la cavité utérine nous dispense d'entrer dans de longs développements sur cette question qui nous parait aujourd'hui tranchée en faveur de la curette.

En ce qui concerne la stérilité, nous devons dire que chaque fois que la stérilité est due à un état morbide de la muqueuse utérine qui s'oppose à la rétention et au développement de l'œuf, le curage est indiqué. Il est en effet rationel d'enlever une muqueuse malade afm qu'il en repousse une saine qui permette la greffe de l'œuf. La pathologie aussi bien que la clinique sont d'accord sur ce point.

Disons un mot, en terminant, de Vinfedion blennorrhagique, qui est une cause très commune de stérilité. Le praticien devi'a toujours soupçonner la présence de ce désagréable gonococcus blennorrhagique et lui faire une chasse vigoureuse à

l'aide d'injections vaginales parasiticides, parmi lesquelles la solution de sublimé au 1000» occupe le premier rang.

Adhérences, exsudais — Lorsque la stérilité reconnaît pour cause des états inflammatoires anciens et passés à l'état chronique, il faut avant tout provoquer la métamorphose régressive des exsudais péri-utérins qui en sont la conséquence. Le massage, dont nous avons exposé les règles trouvera ici son application.

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