EXPÉRIENCES SUR ^OESOPHAGE
la totalité de l’œsophage, ils finissaient par atteindre l’orifice supérieur du larynx : leur présence à ce niveau provoquait nécessairement des accès de suffocation.
Ce résultat paraît singulier, à première vue. En effet, bien qu’à l’état normal les contractions de l’œsophage contribuent à chasser les aliments vers l’estomac, comment se fait-il que, lorsque sa tunique musculeuse est paralysée par lasection de ses nerfs moteurs, les contractions du pharynx ne communiquent pas une impulsion suffisante à la masse alimentaire, qui tend, par son propre poids, à descendre dans la cavité gastrique? La raison, c’est qu’une contraction spasmodique de l’orifice stomacal de l’œsophage s’oppose au passage des aliments dans la cavité gastrique, et fait équilibre aux contractions du pharynx. Mais, au bout d’un jour ou deux, cet état particulier de contracture cesse, et l’animal est généralement capable de manger au bout dé trente-six heures après l’opération. Il est dès lors évifL dent que la section des pneumogastriques n’exercé^ aucune influence, quelle qu’elle soit, sur les sensations x qui se rapportent à l’état de vacuité ou de plénitude de l’estomac. Nous allons faire l’expérience devant vous, et l’animal va présenter les phénomènes que je viens de vous décrire.
Nous coupons ici les deux pneumogastriques d’un très-gros lapin à jeun depuis vingt-quatre heures. On lui présente alors des aliments qu’il avale avec la plus grande voracité. Des symptômes de suffocation apparaissent rapidement. L’animal se remet bientôt et essaye de nouveau de manger, ce qui amène un autre accès.
APPAREIL DIGESTIF
A la fin de la leçon, on le tue et on l’ouvre. L’œsophage est entièrement rempli d’aliments non digérés du cardia au pharynx, tandis que l’estomac ne renferme que quelques traces du repas précédent. Chez les rongeurs en effet, même lorsqu’on les a fait jeûner pendant un certain temps, l’estomac n’est jamais complètement vide.
Ces expériences, messieurs, ne sont pas les seules que l’on ait tentées sur l’œsophage. On a ouvert ce canal pour en extraire le bol alimentaire dans l’état où il se trouve en quittant la cavité buccale. Cette expérience permet de déterminer la quantité de salivé qui imprègne les aliments pendant la mastication. Cette quantité est facile à calculer, en donnant à l’animal un aliment sec que l’on pèse avant et après l’opération. Ainsi, si l’on donne à un cheval 10 grammes de fourrage que l’on a eu soin de faire sécher avec soin, la masse extraite de l’œsophage pèse 100 grammes. Il en résulte que l’animal ajoute neuf cents parties de salive à cent parties de matière alimentaire. Cette proportion varie toutefois avec la nature de l’aliment. Lorsqu’on ouvre les deux conduits parotidiens, le produit de la sécrétion n’étant plus déversé dans la bouche, la mastication est plus difficile et dure beaucoup plus longtemps : la soif est aussi augmentée. Tous ces résultats sont faciles à expliquer par la nature des fonctions de ces glandes, que nous avons étudiées dans la précédente leçon.
Le mécanisme de la déglutition a été également étudié au moyen d’expériences semblables. Si l’on ouvre l’œsophage d’un cheval, et si l’on applique une ligature au-