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SUTURES

de cet arrangement, et fait comprendre comment la présence de ces petits rouleaux de diachylon ou de bois permet d’affronter exactement les bords de la plaie dans toute son étendue.

La suture à point continu ou en surjet se fait avec un seul fil passé dans une seule aiguille, au moyen de laquelle on traverse à des intervalles égaux les deux bords de la plaie, de manière à faire décrire au fil une sorte de spirale autour de l’incision (voy. fig. 55). On moue le fil à chacune des extrémités de la suture.

La suture à points passés ou en zigzag diffère peu de la précédente; seulement, au lieu de se contenter d’un

Fig. 57. — Suture à points passés

Fig. 56.— Suture à points passés. (p0ur une incision cruciale).

point fait alternativement de chaque côté de la solution de continuité, après avoir traversé une des lèvres de la plaie, ou reporte l’aiguille à quelques millimètres de distance du point où elle vient de sortir et du même côté, puis on fait un nouveau point de suture, mais en sens inverse du précédent, c’est-à-dire de gauche à droite, si celui-ci avait été de droite à gauche (voy. fig. 56).

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Enfin on peut disposer, comme le montre la figure 57, la suture à points passés de manière à rapprocher à la fois les quatre lèvres d’une double incision, d’une incision cruciale.

Manuel opératoire des injections sous-cutanées. — Les mêmes instruments servent aussi bien pour les injections sous-cutanées que pour les injections dans les veines. Nous ne dirons ici que quelques mots des injections sous-cutanées, qui constituent une méthode générale pour introduire des substances dans l’organisme. L’étude des injections intraveineuses demande des détails spéciaux qui seront donnés dans le chapitre consacré à l’appareil circulatoire.

La seule raison qui nous fait étudier ici les injections sous-cutanées se trouve dans leur emploi plus général ; car, du reste, les injections sous-cutanées, comme les injections intravasculaires, font pénétrer dans le sang les substances que le torrent circulatoire va ensuite porter vers les éléments anatomiques sur lesquels elles exercent leur action. En effet, hâtons-nous de le dire, rien n’agit sur l’homme, sur le chat, sur tel ou tel animal. Mais telle substance agit sur tel élément anatomique de l’homme ou du chat, et cette action peut produire consécutivement un trouble plus ou moins général, mais toujours secondaire, de l’organisme. Le curare agit sur le nerf moteur l’oxyde de carbone agit sur le globule rouge. C’est toujours le sang qui nous sert de véhicule pour aller atteindre l’élément qui est du ressort de l’agent mis en expérience; mais, en dernière analyse, c’est sur cet élément particulier que nous expérimentons. Aussi

avons-nous depuis longtemps distingué pour les animaux deux milieux, auxquels ils empruntent leurs conditions d’existence : un milieu extérieur et un milieu intérieur (le sang). Le premier est celui où vit l’être total ; le second est celui où vivent les éléments anatomiques. C’est par l’intermédiaire de ce milieu que nous faisons arriver vers ces éléments les substances dont nous voulons déterminer l’action.

Les opérations par lesquelles nous injectons ces substances au niveau de la peau, c’est-à-dire au niveau des fines racines de l’appareil circulatoire, peuvent se diviser en trois classes, formant trois méthodes bien distinctes : la méthode épidermique , Xendermique et X hypodermique.

1° Méthode épidermique. — La méthode épidermique, par laquelle on cherche à faire pénétrer des substances en les déposant simplement à la surface de la peau, ne nous offre que peu de considérations intéressantes à notre point de vue. On pourrait croire que c’est un mode de pénétration normal, physiologique; mais en réalité cette pénétration n’a rien de physiologique, puisque l’absorption pure et simple par la peau, pendant un bain par exemple, est des plus contestables: elle est en tout cas si faible, qu’elle demeure toujours insignifiante. On sait seulement qu’on peut arriver à ce mode d’absorption, soit en dégraissant préalablement la peau, soit au contraire en incorporant les substances à absorber avec des matières grasses dont on enduit le tégument; encore dans ce cas, pour obtenir un résultat satisfaisant, doit-on avoir recours à des frictions, c’est-

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à-dire à une action mécanique. Chez les grenouilles, l’absorption cutanée (épidermique) est très-active.

2° Méthode endermique. — Par ce procédé on porte en réalité les substances dans les couches profondes de l’épiderme. C’est ce que l’on connaît sous le nom inoculation. On applique, par exemple, la substance en question sur le corps muqueux de l’épiderme, mis à nu par un vésicatoire; ou bien on va la porter jusque sous l’épiderme, au contact des papilles dermiques, comme dans l’inoculation proprement dite. C’est le procédé employé en médecine pour la vaccination et même parfois pour l’introduction de médicaments. Quelques médecins ont même tenté d’ériger ce procédé en méthode générale : on scarifiait la peau et appliquait sur ces légères blessures la substance médicamenteuse incorporée dans une pâte. En thérapeutique, Ce procédé est infidèle et a dû être abandonné ; mais pour la vaccine et X inoculation de divers virus, c’est'la méthode endermique qui est essentiellement mise en usage.

U instrumentation de la méthode endermique est fort simple : elle se réduit à la lancette à vaccin (fig. 58), munie, on le sait, d’une petite rainure destinée à recevoir le virus. Mais on peut aussi se servir avec avantage d’une fine seringue avec laquelle on peut pousser exactement et complètement une goutte du virus, ou même une fraction de goutte. C’est avec une fine seringue que Chauveau a fait ses expériences si précises et si délicates sur l’inoculation du vaccin.

Au point de vue des résultats expérimentaux, la méthode endermique est très-intéressante, surtout d’après les observations fournies par les expériences de Chauveau. Ce physiologiste a montré qu’il y a dans ces circonstances à la fois absorption et action locale. Nous avons déjà insisté sur ce fait que chaque substance agit sur un élément anatomique vers lequel elle est portée par le sang ; mais si on l’injecte directement au contact de cet élément anatomique, il y aura nécessairement action immédiate sur celui-ci, action locale; puis la partie absorbée, portée vers les éléments du même genre dans les différentes parties du corps, amènera une action générale. C’est ce qui arrive en effet : quand on inocule le vaccin, il' se produit d’abord, comme effet local, une pustule unique dans le point où a été déposé le virus ; si l’on introduit directement celui-ci dans le sang, on n’a pas d’effet local, mais une éruption générale magnifique. Ces faits ont permis à Chauveau d’expliquer comment une action locale, après inoculation, rend tout l’organisme réfractaire et lui donne finalement l’innocuité recherchée dans la vaccination : c’est que par la méthode hypodermique, en introduisant le virus au contact de l’épiderme et du derme, on obtient à la fois les effets locaux et les effets généraux ; la pustule locale se développe la première et se montre en pleine évolution dès le cinquième jour ; l’infection générale suit son cours, et devrait donner naissance à une éruption générale vers le dixième jour ; mais à ce moment le sujet y est rendu réfractaire par l’évolution de la pustule locale. Mais si l’on a arrêté le travail de celle-ci; si, par

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