QUINZIÈME LEÇON
Sommaire : Étude expérimentale de l’appareil circulatoire. — Importance des expériences faites sur le système capillaire. — Les capillaires sont par excellence les agents de V absorption. — Absorption par les surfaces externes et internes. — Des injections locales à effets locaux. — Expériences prouvant qu’on peut produire à part l’effet local et l’effet général. — Différentes phases à considérer dans l’absorption.
Capillaires sanguins et lymphatiques. — Idées ' anciennes sur les voies de l’absorption. — Découverte des vaisseaux lymphatiques. — Expériences de Magendie. — Expériences nouvelles. — Les veines sont les organes les plus essentiels de l’absorption.
Messieurs,
D'après ce que nous avons vu précédemment sur les origines et les fonctions du système capillaire, il est facile de comprendre que ce système est le siège essentiel des phénomènes de nutrition, d’absorption, de sécrétion, etc. C’est donc à ce niveau qu’il faut chercher à étudier les actes intimes de la vie.
Parmi ces actes, celui qui doit nous arrêter tout d’abord est celui de Y absorption, par lequel les matériaux de la nutrition, les substances toxiques aussi bien que les substances médicamenteuses, sont introduites dans l’organisme. C’est au contact dès capillaires pulmonaires qu’est absorbé l’oxygène destiné à aller entretenir les combustions dans tous les tissus; ©’est au niveau des capillaires du canal intestinal que sont absorbées les
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substances alimentaires, principaux matériaux de ces
combustions.
Mais ces exemples ne nous donnent qu’une faible idée de l’étendue de l’absorption, que nous devons diviser, dès maintenant, en absorption externe et absorption interne.
L’ absorption externe est celle qui s’exerce sur les surfaces communiquant librement avec l’extérieur : le type serait fourni par la surface cutanée. Mais si, chez certains animaux, la peau est très- absorbante, chez d’autres animaux et chez l’homme, la texture de son épithélium atténue ou éteint cette fonction; l’absorption quia lieu sur les membranes muqueuses digestive, pulmonaire et autres surfaces muqueuses, rentre également dans la classe des absorptions externes.
L 'absorption interne a lieu par les surfaces des cavités closes, telles que celles des grandes séreuses péritonéales, pleurales, etc. ; dans cette classe rentre l’absorption qui se produit dans le tissu cellulaire sous-cutané et interstitiel, car nous avons vu que les mailles de ce tissu peuvent être, au point de vue anatomique, regardées comme les analogues des cavités séreuses. Des expériences physiologiques, que nous reproduirons bientôt devant vous, vous démontreront également les ressemblances entre l’absorption par les surfaces péritonéales et pleurales et l’absorption par les mailles du tissu cellulaire sous-cutané ou interstitiel.
Nous verrons en outre que l’absorption qui a lieu dans les cellules pulmonaires ou dans les culs-de-sac glandulaires se rapproche par beaucoup de caractères de l’ab-