‹ Leçons de la physiologie opératoireChapitre 85 sur 152 · NERFS VASO-MOTEURS · texte numérisé non relu

NERFS VASO-MOTEURS

Mais s’il est aujourd’hui important de tenir compte de la contraction des vaisseaux, il est non moins indispensable d’étudier les effets de la paralysie de ces parois contractiles ; ici le système nerveux agit en cessant d’intervenir, la tonicité du muscle artériel est supprimée comme par Une section expérimentale, et les vaisseaux se laissent distendre en donnânt passage à une quantité bien plus considérable de sang. Cette paralysie est un procédé physiologique de l’organisme, et les nerfs vaso-moteurs agissent aussi bien et plus encore par la suppression de leur action que par leur influence excitante de la contractilité vasculaire.

Ces phénomènes sont si importants et en même temps si évidents, surtout dans certains états pathologiques, qu’ils n’avaient pu échapper à la sagacité des médecins observateurs. Depuis longtemps on avait remarqué que dans nombre d’inflammations, le sang paraît trouver un passage plus facile à travers les tissus enflammés ; que non-seulement le malade sent les pulsations cardiaques dans les capillaires des parties malades, mais que ces pulsations s’observent jusque dans les veines, tant la vis à tergo agit ici avec intensité, de façon à porter jusque dans le système veineux non-seulement le résultat général de la force impulsive du cœur, mais encore chaque battement de cette impulsion.

Mais à l’époque où les médecins s’inquiétèrent de l’explication de ces phénomènes, ils en cherchèrent la cause uniquement dans des changements de composition du sang, et non dans une dilatation paralytique des vaisseaux, dilatation sur laquelle la physiologie

APPAREIL CIRCULATOIRE

expérimentale était seule capable de fournir les données nécessaires à la théorie. Comme dans ces circonstances le sang des veines était presque aussi rouge que celui des artères, on vit dans ce fait une nouvelle confirmation de l’idée d’une altération du liquide sanguin, tandis que nous n’y voyons aujourd’hui qu'une preuve de plus de ce fait que le sang passe plus facilement des artères dans les veines, et y passe si rapidement, qu’il n’a pas le temps de perdre, au contact intime des tissus, ses propriétés de sang artériel pour prendre les caractères du sang veineux.

Après l’action du cœur et l’action des parois vasculaires, nous devons encore tenir compte d’autres puissances capables de favoriser et de modifier la circulation du sang veineux.

La respiration ne saurait être oubliée à ce point de vue : le vide thoracique qui tend à se produire à chaque inspiration, et qui appelle par suite le sang dans le cœur droit, produit une aspiration, une pression négative dans les gros troncs veineux qui sont à la base du système de la circulation de retour aussi bien lymphatique que pulmonaire. Nous ne nous arrêterons pas à analyser en détail les effets de cette influence aspiratrice, bien connue dès longtemps, et dont on avait même exagéré l’importance, puisqu’à une certaine époque on avait voulu faire du jeu mécanique du poumon la cause des mouvements du cœur.

L’influence pulmonaire ou, pour mieux dire, thoracique, n’existe que chez les animaux pourvus d’une cage thoracique, se dilatant et se resserrant alternative-

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