LES DEUX ÉPIS
Dans les beaux jours où l'on s'apprête À moissonner les blés qui dorent les sillons,
Au-dessus de ses compagnons,
Un jeune épi dressait la tête.
C'était un pauvre sot, ridiculement vain
D'un avantage imaginaire ;
Il ne parlait qu'avec dédain
Aux autres courbés vers la terre.
‘€ Je plains cette hauteur dont tu t'enorgueillis, Lui dit un vieil épi caché presque sous l'herbe ; Si ton front, comine nous, était chargé de fruits, Tu descendrais plus bas ct serais moins superbe.”