‹ Leçons de langue française [microforme]Chapitre 618 sur 684 · XVIII. TRAIT DK BIENFAISANCE D'UN PRINCE FRANÇAIS · texte numérisé non relu

XVIII. TRAIT DK BIENFAISANCE D'UN PRINCE FRANÇAIS

Le duc de Berry, âgé de douze ans, marchant nn jour Join des pages de sa suite, est acuosté par un vieil officier dans le besoin qui lui remet un placer ra. contant ses services et sa triste situation. Le jeune enfant ému, mais n'ayant rien en ce moment, prie l'officier de venir le retrouver le lendemain à la chasse. Il peut, en effet, alors lui faire son aumône ; elle était de trente louis qui devaient servir à ses menus plaisirs du mois : le petit duc fit la chose sans être aperçu, e& recommanda le secret an vieil officier. Le soir de ce jour, le roi propose une partie de cartes ; le duo s'en défend. Etonné de ce refus, le roi presse le jeune

rince, qui avoue d'abord qu'il n’a pas d'argent, et est enfin contraint de dire ‘usage qu'il a fait de celui qu'il avait reçu la veille. Louis XIV le serre sur son cœur et augmente ses menus plaisirs de douze francs par jour.

Un vieil officier réformé et chargé de famille trouva un Ad le jeune duc de Berry, âgé de douze ans, dans l’orangerie de Versailles : comme il marchait isolé et loin des pages de sa suite, le vieux militaire lui remit un papier sur lequel il avait exposé en peu de mots ses longs services et la triste situation où il se trouvait depuis longtemps.

‘ Je n’ai rien sur moi en cet instant, répondit Fojeune prince d’un air affable et tout ému ; mais faites en sorte de me rejoindre lemain à la chasse, et je vous procurerai quelqu: secours, ?

Le pauvre milituire, comme où le pense bien, fut très exact au rendezvous, LA spé à se placer du côté où était le petit duc. Celui-ci ne l'eut pas plutôv aperçu, qu’il s’éloigna un peu ; puis, profitant du moment où personne n'avait les yeux fixés sur lui, il tira de sa poche une bourse qui contenait trente louis, et la lui glissa dans la main,

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C’étaient ses menus plasrs d’un mois: ce qui augmente surtout la prix de cette belle action, c’est le soin avec lequel le jeune bienfaiteur recommanda le secret à l’indigent chevalier ; de son côté, il tâcha aussi de la tenir cachée ; mais elle ne tarda pus à être divnlguée ; voici à quelle occasion. k Le soir même du jour de la Chasse, le roi proposa une partie de cartes et M. le duc de Berry fut invité à en être : il s’en défendit sous divers prétextes, Le roi, étonné d'un refns qui n'était pas ordinaire, le presse encore davantage. Alors le jeune prince se trouva dans un extrême embarras ; car d'une part il ne voulait point faire un mensonge, et d’une autre il craignait de s'expliquer.

Ne sachant plus quelle raison alléguer, M. le duc de Berry avoua qu'il n'avait point d'argent, “ Qu'avez-vors donc fait de celui que vous reçütes ier ? demanda le roi, — Mon papa, répondit je petit duc en rotigissant, je l’ai donné à un vieux chevalier de Saint-Louis qui est dans le besoin. Si j'avais eu avantage, je m'en serais privé de même en sa faveur : car rien ne me

fait tant de peine que de voir soufrir de braves militaires qui ont bien servi l'Etat.’

Egalement charmé, et de la candeur de son fils son âme généreuse, Louis XIV, qui n’était cepe serra à diverses reprises contre son cœur, Il l'invi

sa bourse pour faire la partie, et augmenta en out douse francs par jour.

, et de la sensibilité de ndant Pas caressant, le ta ensuite à puiser dans re ses menus plaisirs de

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