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CHAPITRE Y 121e Leçon, — 1. L'Invention

105. L'invention consiste à trouver ce qu’il faut dire ou écrire But le sujet que l’on traite. Elle comprend la recherche et le choix des matériaux. 106. C’est la méditation aidée de connaissances suffisantes, qui féconde

le sujet, reconnait les éléments qu'il renferme et ceux qui peuvent s'y rattacher.

107. Dans le choix des rMériaux, l'esprit ne doit pas perdre de vue : l'unité, variété, l'utilité, la vérité, la proportion.

L'unité consiste à faire concourir tous les éléments d’un sujet à un même but. Les idées choisies doivent donc se rattacher toutes à une idée mère, et ne former ensemble, Pour ainsi dire, qu’une seule famille.

La variété consiste à plaire par la diversité des événements ou des idées, par les mélanges et les contrastes, Pour être varié, on admet quelquefois certaines circon. stances accessoires ou digressions ; des taits incidents ou épisodes ; mais il faut qu’ils soient tn qu'ils ne divisent pas l'intérêt, et qu’ils se rattachent visiblement au fait principa

L’utilité consiste à rendre le sujet que l’on traite moral, instructif ou agréable, On bannira donc tout ce qui pourrait porterla moindre atteinte à la religion ou à la vertu, et ce qui pourrait refroidir l'intérêt.

La vérité consiste dans l’exacte représentation des obiets réels Ou vraisemblables. On n’admettra donc que 'es éléments fournis par la réali.é Ou quine blessent pas la vraisemblance,

La proportion consiste à n’amplifier les idées que selon leur importance relative. On rejett: ra donc tout développement qui n’ajoute ni force ni lumière,

la

me I. Métaphore. — Employer l'adjectif une fois au propre, une fois au figuré. 1. — acéré. ?. — nébuleux, 3 — traînant.

— acérée, — nébuleuse. —. traînante.

— riche, — brillante. — rocailleux.

— riche. — brillante, — rocailleux,

— piquante, — enflée, — tempéré.

— piquant, — enflée, — tempéré,

IL. Traduction, — Traduire en prose et indiquer les principales figures,

...Inventer n’est pas en un brusque abandon, Blesser la vérité, le bon sens, la raison ;

Ce n’est pas entasser sans dessein et sans forme Des membres ennemis en un colosse énorme :

Ces transports déréglés, vagabonde manie,

Sont l'accès de la fièvre et non pas du génie... Ainsi donc, dans les arts, l'inventeur est celui Qui peint ce que chacun peut sentir comme lui !

Qui, fouillant des objets les plus sombres retraites,

Etale et fait briller leurs richesses secrètes, A. CHéNier.

Changer le verbe réfléchi en b:i8sif. — Par l'invention de nouveaux sujets se créent; et quand les sujets s'imposent ou sont connus, de nouveaux aspects s'y découvrent, de nombreux rapports s’y établissent, de nouvelles pensées s'y présentent, des incidents s’y rattachent, qui rendent les scènes plus animées, les Personnages plus intéressants.

Racines, — Epis Pendant, après; vers, sur, (. Démos, peupie; 9, glôtta, Bgut; 5. gramma, lettre.)

Analyse, — Le secret est d’abord de plaire et de toucher:

Inventez des ressorts qui puissent m’attacher. Borzxau.

om,

om om

256 128c Leg. —$ 8, Les moyens de se former à la composition

114. Les moyens principaux de se former à l’art d'écrire sont: l'étude des règles, l'étude et l'analyse des bons auteurs, la lecture des ouvrages de critique littéraire, l’émitation, la traduction et la Composition.

115. La connaissance des règles, formulées d'ailleurs d'après les modèles, est n& essaire à tous les esprits : aux esprits médiocres pour parvenir à un degré de correction convenable, aux hommes de talent pour tirer bon parti de leurs ressources naturelles, à l'homme de génie pour briller de tout son éclat.

116, L'étude des chefs-d’œuvre littéraires est indispensable pour apprendre à écrire, Mais on ne doit lire que des ouvrages irréprochables pour les pensées et pour le style, afin d'apprendre à penser avec justesse et à s'exprimer avec noblesse et précision, Il faut lire ces ouvrages, en se rendant raison du but de l'écrivain, du plan adopté, des beautés qu'ils contiennent; on revient sur les Passages qui ont le plus frappé et on les confie à la mémoire.

117. La lecture des ouvrages de critique littéraire développe le geût et forme le jugement, Un judicieux critique nous aide à pénétrer les secreis des maîtres ; il nous fait remarquer un grand nombre de beautés de détail qui échappent à une simple lecture, comme aussi

des fautes qui passent inaperçues où qu'on pourrait même prendre pour des qualités.

a Ï. Figures. — Employer le nom une fois au propre, une fois au figuré,

1. Tour de —, 2. Fleurs du —, 3. Souplesse du —, Tour de —, Fleurs de —, Souplesse d’ —, Equilibre d'un —. Transparence de l —, Lourdeur du —, Equilibre du —, Transparence du —, Lourdeur d’un ——, Nuage du —., Moelle des —. Finesse d'un —, Nuage de la —, Moelle du --, Finesse du —,

TL. Traduction. — Traduire en prose et indiquer les principales figures. Faites choix d’un censeur solide et salutaire, Que la raison conduise et le savoir éclaire, Et dont le crayon sûr d’abord aille chercher L'endroit que l’on sent faible et qu'on veut se cacher, Lui seul éclaircira vos doutes ridicules, De votre esprit tremblant lèvera 158 scrupules, C’est lui qui vous dira par quel transport heureux Quelquefois dans sa course un esprit vigoureux, Trop resserré par l’art, sort des règles prescrites, Et de l’art même apprend À franchir leurs limites, Mais ce parfait censeur se trouve rarement :

Tel excelle à rimer qui juge sottement. BoïLeAU.

Remplacer le présent par le passé indéfini. — C’est par l'étude des chefs. d'œuvre que les grands auteurs eux-mêmes se forment, qu'ils acquièrent la connaissance parfaite ce la languv, que toutes les finesses, que toutes les délicatesses du style se dévoilent à leur génie, et qu'ils produisent à leur tour ces ouvrages qui font l'admiration des écrivains qui viennent après eux.

Racines, — Dis ; deux fois. (1. Phthoggos, son; 2, sullabé, syllabe ; 9, kotulédon, coty.édon.)

Analyse, — Quand une lecture vous élève l'esprit, et qu’elle vous inspire des sentiments nobles et courageux, ne cherchez pas une autre règle pour juger de l'ouvrage ; il est bon et fait de main d'ouvrier, LA BRuyüRe,

Qi

position 124e Lec. — Les moyens de se former à la Composition, 257

b: l'étude 113, L'analyse littéraire étudie une Composition littéraire pour

ouvrages en apprécier les idées, le plan et le style, et pour examiner non seule. ! ment si elle est en tout conforme aux règles de l’art, mais encore pour. 1.

s d’après quoi elle intéresse le lecteur Ou excite son admiration. |;

es pour Pour analyser un texte, il faut d’abord en dégager, l’idée mère et le résumer en ll

cres p quelques mots, afin de le mieux pénétrer. On examine ensuite leg idées qu’il renferme, il

le talent | Our juger si elles sont conformes à la vérité, à la Convenance et méthodiquement }

de génie ispostes. Enfin On passe chaque phrase, chaque mot en revue, afin de se rendre 1 Compte des beautés comme des défauts du style. l

pensable 119. L'imitation Consiste à se pénétrer d'un Passage d'un bon au- |

irrépro- teur, et à le reproduire pour le fond, ou à composer un sujet analogue,

< On doit imiter d'une manière originale et pleine de liberté, s’efforçant toutefois de il

RO AVEC conserver à son sujet la couleur générale du style de l'auteur qu’on imite, |

| ces ou- 120. La tra uCtion consiste à rendre une œuyre littéraire d'une |

Fe ces langué dans une autre, ou un texte de lan |

, le plus

£age ancien en langage mo. H derne, ou encore à mettre en prose des idées exprimées en vers, Pour bien traduire, il ne suffit e déve.

pas de rendre fid:lement et exactement la pensée de | À l'écrivain, il faut encore, autant que possible, en reproduire le style ave: sa simpli. 1E aide à ‘ cité, sa grâce, sa richesse OU son énergie, nombre

1e aussi

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