I. L’ellipse est vicieuse lors
qu’on sous-entend un verbe à un temps différent de celui où ce verbe
: 1 se trouve déjà exprimé dans la phrase, — Ex. :
J''eusse vécu content près de ma famille ; malheureux, loin d'elle. Dites: Je vis malheureux, loin d'elle,
IT. Le pléonasme est vicieux quand il ne donne ni plus de clarté, ni plus d'énergie au discours. (Voir p. 87, n° 453.) — Ex. :
Vous n’Avez cessé d'avoir une CONSTANT£ application, On V'A FroRcé d'entrer MALGRÉ lui,
Dites: Vous n'avez cessé de vous appliquer, o On l’a forcé d'entrer, ou on l’a fait entrer malgré 1
III. C’est un véritable pléonasme vicieux que d'employer les pronoms
dont, en, où, pour rappeler un nom figurant déjà comme complément indirect dans la même phrase, — Ex. :
Ce n’est pas pr cela Doxr il s’agit. — Les juges, les avocats;-les huissiers et le public A’EN revenaient pas du silence obstiné de l'accusé. — C’est Là Où mes impressions ont commencé.
Dites: Ce n'est Pas cela dont il s’agit uges,... ne revenaient pas de... — C?
u votre application a été constante.
ui.
» Ou C6 n’est pas de cela qu'il s’agit. — Leg est là que nos impressions ont commencé;
IV. Il ne faut Pas ajouter un augmentatif à des adjectifs qui signifient dex qualités ou des vices extrêmes, — Ex. :
V. L'e nploi du Prenom est généralement vici rapport avec un nom qui n'est précédé déterminatif, ( Voir p. 1
Goyez pleins de BONTÉ: ELLE vous Sgnera tous les cœurs. Dites: Ayez une grande bonté: ELLE vous ga
VI. Le pronom le, quand il est attribut, ne pent tenir ja place que d'un nom, d'un adjectif ou d'un participe passé. — Ex. :
11 faut les traiter coin me ils mér ‘tint de L'être. — Nous admirons ce qui doit être.
Dites: Il faut les traiter comme 118 méritent d'être traités, ou il faut les traiter selon leur mérite. — Nous admirons ce qui doit être almiré, :
VII. On ne doit Pas faire figurer un mot comme sujet sans un verbe exprimé ou sous-entendu qui s'y rapporte, — Ex ;
Le P, Skcoui, qui fut un célèbre astronome, Rome lui a fait élever un magnifique re ait — L'étu le est comme l'horizon, QUI, plus on s'élève, plus la vue s'étend au loin,
Dites: Le P. Secchi fut
un célèbre astronome; Rome lui a fait élever un magnifique = ssh — L'étude est
Comme l'horizon: plus on s'élève, vins la vue s'étend au
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286 | Fantes de style,
VIIT. I faut que les diverses parties d'un complément multiple soient toutes des noms, ou des infinitifs ou des propositions de même nature. Pareillement, on ne doit donner à un nom que des qualiticatifs ou des déterminatifs semblables. (Voir p. 189, n° 173.) — Ex, :
Je crois \otre cause excellente et QUE VOUS GAGNEREZ. — Ces braves soldats, acca- Lis, pe le nombre, et QUI NE POUVAIENT s'ouvrir un chemin, se firent tuer jusqu’au
Dites : Je crois que votre cause est excellente et que vous gagnerez. — Ces braves
soldats, accablés par le nombre et ne pouvant s’ouviir un chemin, se firent tuer jusqu’Au dernier. 5 + :
IX. Quand les compléments sont d'inégale étendue, le plus court doit se placer ordinairement le premier. (Voër p. 182, n° 175.) — Ex. :
L'ambition est un vice qui entraîne souvent aux plus grands crimes L'HOMML. Dites: Qui entraîne souvent l’homn.e aux plus grands crimes,
$ 2. Fautes contre la clarté.
I. Une place défectueuse donnée au complément prod'iit parfois dans la phrase une amphibologie, c’est-à-dire un double sens (Voir p. -182, n° 177.) — Ex. :
Croyez-vous pouvoir ramener ces esprits égarés PAR LA DOUC.UR à l'obéissance ? — Les voyageurs écrivent tout ce qu’ils voient sur LEURS ALBUMS. — J'ai envoyé les marchandises que vous m'avez vendues À MARSEILLE. : :
Dites: Croyez-vous pouvoir, par la douceur, ramener à l'ob.issancé ces esprits égarés ?— Les voyageurs écrivent sur leurs a.bums tout ce qu’ils voient.— J'ai envoyé à Marseille les marchandises que vous m'avez vendues. ,
IT. Lorsqu'un verbe a un grand nombre de compléments de différente nature, la phrase gagne en clarté et en élégance à ce que quelques-uns de ces compléments soient placés avant le verbe, ou même entre le verbe et le participe. — Ex. : '
La Fontaine mourut, — regrettant de n'avoir pas toujours bien vécu et cependant rempli de confiance en la miséricorde divine, — muni des gecours de la religion, — âgé de soixante-quatre ans,— un mois après avoir écrit sa dernière lettre, le 13 mars 1695.
Dites: Le 13 mars 1695, un mois après avoir écrit ga dernière lettre, la Fontaine, muni es secours de la religion, mourut âgé de soixante-quatre ans, — regrettant de ME pas toujours bien vécu et cependant rempli de confiance en la miséricorde divine. + ‘
IIT. T1 faut éviter d'avoir plusiours noms compléments les uns des autres, précédés chacun de la même préposition, — Ex. :
J'ai admiré la première scène nu premier acte px la tragédie p'Athalie Ds Racine,
Dites: J'ai admiré la première scène du premier acte d'Athalie, tragédie de Racirs, ow: J'ai admiré la tragédie de Racine, intitulée Athalie, surtout la première scène du premier acte.
IV. On doit éviter l'emploi d’un grand nombre de propositions dépendantes, placées à la suite les unes des autres, et se rapportant à des mots différents. — Ex. : 3
Que de jeunes gens regretteront le temps qu’ils auront perdu à cet âge de la vie où l'intelligence peut si facilement acquérir des connaissances étendues, dont l'utilité n'est jamais si bien comprise que par ceux à qui elles font défaut, et qui ne peuvent que porter remède à une ignorance qui est aussi honteuse pour eux que nuisible à eurs intérêts!
Dites: Que de jeunes gens regretteront le temps perdu! A leur âge, l'intelligence * peut facilement acquérir des connaissances ttendues dont l'utilité n’est jamais si bien comprise que par ceux à qui ellss font défaut. Hélas! plus tard, ces jeunes gens ne pourront plus porter remède à une grande ignorance qui sera aussi honteuse pour eux que nuisible à leurs intérête, : ne
pie soient 1e nature, fs ou des
Idats, accaer jusqu'au
Ces braves nt tuer juse-
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fois dans ir p.182,
BSANCE ? — envoyé les
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ependant on, — âgé 1ars 1696.
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- Avant de leur parler de certaines récom,. nses qu’il a obte Bület blanc, etc.
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Fautes de style. 287
Les amis et Connaissances des famil!
de lettre de faire part... J'ai obte
reconduire en prison, il demanda la permission d’embrasser sa famille, Diles: Les amis et les connaissances des familles B et C, à qui, par oubli, on n’au-
rait pas envoyé de lettre de faire part...— Ces renseignements m’ont été fournis avec ue obligeance que je suis habitué. . -— Au moment où on le reconduisait. . ou quand On 8e disposait à le reconduire, ….
V. On ne doit pas commencer une Proposition par un qualificatif, s’il ne se rapporte au mot principal, qui est généralement le sujet. — Ex. :
la paix de Ja conscience est son partage.
Dites: Fidèle à tous ses devoirs, IL jouit de la paix de la Conscience.
VI. Le rapport du qualificatif avec le nom ne doit donner lieu à aucune équivoque, — Ex. :
Un certain 3ARGoN avait envahi le style de quelques (criv, cule de rom antique.
ites: Un certain jargon, décoré du nom ridicule de rom
VII. On doit veiller à ce que l’emploi des Pronoms personnels de la 3e personne, des adjectifs possessifs sn, sa, ses, leur, des pronoms con:
Jonctifs qui, que, ne donne point lieu à des équivoques. (Voir P. 155, n° 105.) — Ex. :
ains, DÉCORÉ du nom ridi-
antique, avait envahi, etc.
Fénelon eut à lutter avec le grand évêque de Meaux au sujet des erreurs d'un de SE8 livres; IL fit condamne
; ce livre de 80on adversaire, QUI lui paraissait nuisible à la religion; et 11, se rétracta aussitôt avec une soumission touchante.
ites: Féne'on eut, au sujet d’un de ses livres, à {ut Meaux; celui-ci fit con(lamner ce livre, qui.lui Paraissait nuisible à Ja religion, ct son adversaire se rétracta aussitôt avec i E
VIIL. Il faut, autant qu'on le peut, éviter l'emploi des termes génériques, c'est-à-dire des mots qui ont une grande extension, tels que les J'aire, dire, etc, -- Ex. Ha,
fossé, FAIRE un dessin, na Dites: ECRIRE une P88C; ÉLEVER un mur, CREUSER un fossé, TRACER un de'sin. IX. Dans l’em ploi des métaphores, il faut éviter d'unir deux termes qui supposent des comparaisons différentes. — Ex. : + Faisons de nos prières un FAISCEAU qui MONTE vers Dieu en ENCr
ENS d’agréab'e odeur.
Dites: Que nos prières MONTENT vers Dieu comme la FUMÉE d’un ENOENS d’agréable ODEUR.
$ 3. Fautes Contre le naturel,
I ©: doit s'abstenir de l’exagération, — Ex. »
Il fait un temps ÉPOUVANTABLE. Je Suis FURIEUSEM MENT OCCupé. C’est un dessin ADORABLe,
. Dites: Il fait mauvais temps. Je suis’ fort inquiet. Il est très occupé, C'est un beau dessin.
IT. On ne doit employer des termes scientifiques qu'autant qu
ENT inquiet. Il est HORRIBLK-
’on parle des personnes à qui ils sont familiers. Il en est de même de certains termes techniques ou de certaines expressions particulières à un pays . Ou à un établissement,
Ainsi un botaniste, à moins qu’il ne parle à d’autres botanistes, n’appellera es fleurs que par Jeur nom usuel: Pensée, Pâquerette, etc., et non par leur nom £scienifique: Vioa tricolor, Bellis Perennis, etc,
e même un écolier, écrivant à ses parents, devra leur donner quelque explication, nues, telles que : Billet rose,
mes relations avec les Savants, — Au moment de le .
PUS ee eee
288 Fautes de style,
$ 4. Fautes contre la variété,
On doit éviter de commencer constamment la proposition par le sujet du verbe ; on tomberait dans une monotonie, fatigante. — Kx.
L’EspéRANCE nous aide à supporter la vie, ELLE s’embarque avec nous: ELLE nous montre le port dans les tempêtes; ELLE est également douce et secourable aux voyàce célèbres et aux Passagers inconnus,
îtes: L'espérance nous aide à supporter la vie, s’embarque avec nous pour nous
montrer le port dans les tempêtes, également douce et secourable sux voÿageurs
célèbres et aux paësagers inconnus, $ 5. Fautes contre l'élégance.
I. Il faut éviter d'employer plus de deux infinitifs de suite. (Voir P. 194, n© 207.) — Ex.:
Je ne crois pas POUVOIR M'EMPÊCHER DE BLÂMER vôtre imprüdence.
Dites: Je ne creis pas que je puisse m'empêcher de blâmer votre imprudence.
IT. Afin de rendre la phrase plus vive et plus élégante, il est souvent mieux d'employer un simple adjectif qu’une incidente, De même on
préfère l'infinitif au subjonctif, l'actif au passif, — Ex. :
Il faudrait Qu'on RENONÇàT à ‘a société, si l'on ne voulait voir que des gens QUI FUSSENT exempts de défauts. — L'homme xgr CONDUIT à sa perte par l'orgueil.
Dites: 11 faudrait renoncer à la société si l’on ne voulait voir que des gens exempts de défauts, — L'orgueil conduit l’homme à sa perte.
III. La tournure passive est moins élégante que la forme active et réfléchie, — Ex. :
Le jugement est formé par l'exrérience,
Dites : L'expérience forme le jugement, ou le jugement se forme par l'expérience,
IV. Le nom abstrait est souvent plus élégant que l'adjectif ou le verbe auquel il correspond. — Ex. :
Votre bon naturel vous rend compatissant ; mais cessez d’être soucieux,
ZLa Fontaine a dit: Votre compassion part d’un bon paturel; mais quittez ce souct.
$ 6. Fautes contre l’harnionie.
1. L'harmonie demande qu’on évite la répétition des consonances semblables ; les articulations dures, telles que d, k, r, 8,1, trop multipliées ou trop rapprochées ; les mots rudes, difficiles à prononcer, tels que certains adverbes trop longs ( révérencieusement, malencontreusement, etc.) ; certains temps de verbes, peu harmonieux (que je lançasse, que NOUS prononçassions, etc ). On doit aussi éviter les rimes, lorsqu'on écrit en prose, — Ex. :
Je suis, Dieu merci, arrivé ici à bon port. — Un bourgeois, dans la journée des Barricades (1648), impatient de voir tendre les chaînes à l’entrée des rues, s’écria : QUE NE LES TEND-ON DONC TÔT ? QU'ATTEND-ON DONC TANT ?
Il faudrait : Grâce à Dieu, je suis arrivé ici à bon port. — Pourquui ne pas les tendre tout de suite ? Pourquoi tarder davantage ?
IT. L’harmonie et la clarté de la phrase veulent qu'on évite de multiplier les que, les qui, les dont, et qu'on supprime le plus possible tous les mots parasites, les relatifs, les auxiliaires, les conjonctions inutiles. — Ex.:
Les hommes QUE nous avons cru QUE nous verrions réussir, sur QUI nous comptions beaucoup, et QUI promettaient un brillant avenir, n’ont pas toujours réalisé les espé- Tances QUE nous fondions sur eux. — Notre cœur ne peut se contenter des biens d'ici-b88, PAROE QU'IL est fait pour Dieu. :
Dites: Les hommes dont la réussite et les succès s’annonçaient brillants pour l'avenir, van Pas, eto. — Notre cœur ne peut se contenter des biens d'’ici-bas: il est
fait pour LA a () Om
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ELLE nous aux voyà-
JOUr nous voÿageurë
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2e souci. :
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QUELQUES NOTIONS USUELL