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I. pu RAISONNEMENT ET DES ÉLÉMENTS QUI LE CONSTITUENT

3. La première opération de esprit est celle par laquelle il perçoit les objets qui s'offrent À lui, mais sans rien affirmer et sans rien nier; c’ ce qu’on appelle perception. Le résultat de cette opération est une reproduction idéale de l'objet perçu, reproduction qui s’appelle idée, Les idées sont exprimées par des mofs. ‘

4. Pour rendre les idées ct les mots clairs et distincts, on ge sert de la définition et de la division.

. La définition est le moyen explicatif le sens d'un mot ou la nature tions, la définition des mots OÙ nomina réelle.

6. La définition nominale est de tr Ex : Inretricence (du latin intus legere, lire dedans), intime ; — 9 par l'usage. — Ex : Tous entendent par infini ; — 39 par le sens que celui qui la fait veut attribuer au mot. Dans ce dernier Cas, il ne faut point

pousser l’arbitreire trop loin, et Pon doit garder au mot défini toujours le même sens.

üx sortes de définile, et la définition des choses ou

ois sortes: 10 par l’étymologie, —

origine de la engendre, — X. : La sphère est un solide engendré }

diamètre ; — 20 par l’ se, ce qui est proprement la définition scientifique. — Ex. : L'homme est un animal raisonnable.

On distingue encore la définition descriptive ou Oratcère, qui explique une chose cn la décrivant. — Ex. :

Prodige ? Est-ce un -assembla

8 SOn origine, un

conserve encore quelque chose de de sa première forme 2 Bossuer.

genre prochain et par la différence spécifique,

st qu'elle soit faite par le afin que le défini goit connu

290 Notions de logique.

dans ses caractères et puisse se distinguer de toute autre chose, Ainsi, dans la définition : Z/homme est un animal raisonnable, animal exprime le genre prochain, auquel ge rattache l'homme, et raisonnable, la différence spécifique qui le distingue des autres êtres animés, Cette règle renferme celle des modernes, que /a définition doit convenir à tout Le défini, et rien qu'au défini.

On donne encore ordinairement de la définition les trois règles suivantes : 1° la définition doit être plus claire que le terme défini; :0 Ja définition doit être convertible avec le défini (c'est-à-dire que l'un doit pouvoir se mettre pour l’aure. — Ex.: Dieu est l'Etre infini. — L' Etre infini est Dieu ); — 39 le défini ne doit pas entrer dans la définition.

9%. La division est la distribution d'un tout en. ses parties,

10. Pour qu'une division soit bonne, il faut qu’elle soit entière. distincte et faile par les termes les plus-universels. Ainsi, si l'on divisait /es triangles en isocèles et équilatéraux, la division ne serait pas entière. Si l’on divisait l'homme en âme, corps et bras, elle ne serait pas distincte; car le bras fait partie du corps ; et si l’on divisait /es êtres vivants en plantes, animaux et hommes; la division ne serait pas faite par les termes les plus universels, car les êtres vivants sont d'abord non sensilifs et sensitifs; les êtres sensitifs comprennent les animaux et les hommes.

11. La seconde opération de l'esprit est celle par laquelle il perçoit la convenance où la non convenance de l’attribut avec le sujet; c’est ce qu'on appelle le jugement.

12. La proposition est l'expression d’un jugement. Le jugement renfermant trois éléments, la proposition doit renfermer trois termes : le sujet, l’attribut, et le verbe qui les unit et donne l'être à la proposition.

13, La troisième opération de l'esprit est celle par laquelle, percevant le rapport qui existe entre deux jugements, il conclut un troisième jugement comme résultat des deux premiers ; c’est ce qu’on appelle le raisonnement.

14. Le syllogisme est la forme de raisonnement dans laquelle deux termes extrêmes d'une proposition sont comparés affirmativement ou négativement avec un troisième, pour conclure que leur rapport réciproque est affirmatif ow négatif. On voit d’après cette définition que le syllogisme doit nécessairement renfermer trois termes et trois propositions.

15. Le sujet de la proposition déduite s'appelle petit terme, et V'attribut, grand terme. Le terme auquel les deux autres sont Tapportés se nomme moyen terme. Les deux propositions dans lesquelles Îles deux termes extrêmes sont comparés avec le moyen, sont les prémisses ; celle qui contient lc grand terme se nomme majeure, celle qui contient le petit terme, mineure, et la proposition déduite, conclusion. — Ex, :

; ; MOy. terme. a majeure 1. Toute vertu est méritoire,

PRÉMIssES moy. terme.

mineure 2, Or l’obéissance est une vertu, Det. terme. gr. terme.

ConcLusion 3 Donc l’obéissance est méritoire,

16. Les deux principales règles du syllogisme sont celles-ci : 1° Tout syllogisme doit contenir trois termes et rien que trois termes, Cette règle résulte de 1 essence même du syllogisme,

se,’ Ainsi, xprime le différence renferme ni, el rien

ègles suini; 0 Ja l’un doit — 1} Être tion.

e. distincte triangles à divisait bras fait nimaux et aiversels,

S sensitifs

>erçoit la c'est ce

ugement termes :

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le deux ment ou ort réci- 1 que le s propo-

altribut, nomme : termes elle qui le petit

termes,

Notions de logique. 291

2° Nul terme ne doit avoir dans la conclusion plus d’étendue que dans les prémisses. Sinon on aurait un conséquent qui ne serait pas

contenu dans l'antécédent, un effet qui dépasserait sa cause, Le syllo- &isme suivant serait donc faux.

Quelques soldats ont été des héros j Or les héros méritent la décoration ; Donc tous les soldats méritent la décoration.

17. L’enthynième est un syllogisme dont l'une des prémisses est sous-entenduc. — Ex.: Dieu est juste, donc il punit les méchants.

18. Le prosyllogisme est composé de deux éyliogismes dont la conc'usion du premier sert de majeure au second. — Ex.: Zoute vertu est récompensée de Dieu ; or l'humalité est une vertu ; donc l'humilité est récompensée de Dieu; mais le support des injures est de l'humilité ; done le support des injures est récompensé de Dieu.

19. L'épichérème est un syllogisme dont une prémisse, au moins, est accompagnée de sa preuve. — Ex. : Diu doit être adoré; or Jésus- Christ est Dieu ; sa vie, ses miracles Le Prouvent ; donc Jésus-Christ doit être adoré.

20. Le sorite est un raisonnement composé de plus de trois proposit ons, dans lesquelles l’attribut de la première sert de sujet à la deuxième, ctainsi de suite, jusqu'à ce que l'attribut de la dernière s’unisse au sujet de la première. — Ex.: Le péché ofense Dieu; ce qui offense Dieu nous sépare de lui; ce qui nous séjare de Dieu nous prive du souverain bien ; ce qui nous prive du souverain bien est Le plus grand des maux ; donc le péché est le plus grand des maux.

21. Le dilemme est un argument par lequel on offre à son adversaire deux partis entre lesquels il faut qu'il choisisse, et qui, l’un comme l'autre, assurent sa défaite, — ix.: Un géncral disait à un soldat qui avait laissé passer l'ennemi : Ou tu étais à ton poste cu 11 ny étais pas ; si tu y étais, tu mérilcs la mort pour ne pas avoir signalé l'ennemi ; Si lu n'y élais pas, tu la mérites pour avoir manqué à la Consigne.

2°. À ces arguments, on peut encore ajouter l'exemple, espèce de raisonnement dans lequel on montre les conséquences d’un fait en s'appuyant sur un autre fait avec lequel le premier à un rapport de ressemblance, d'opposition ou de supériorité. Dans le premier cas, on conclnt a pari ; dans le second, ab opposito ; dans le troisième, a fortiori.

23. L'argument ad homineim ou argument personnel est un exemple thé des paroles ou des actions de l'adversaire, pour s'en servir contre lui-même,

21. On appelle lieux communs des répertoires où se trouvent les principes de tous les arguments. Ils sont intrinsèques s'ils sont pris dans le sujet même, et extrinsèques s'ils sont pris en dehors du sujet.

*». Les principaux lieux communs intrinsèques sont : la définition, l'énumération, les semblables et les contraires, 1eS circonstances. les antécédents et les conséquents, la cause et l’efet, le genre et l'espèce.

C’est ainsi qu'on peut prouver qu'une chose est bonne ou mauvaise, vraie où fausse, en la définissant bien, ou en énumérant tous les éléments qui la constituent ct indiquant quel est leur caractère ; en la comparant à des choses qui lui sont semblables, où en la mettant en opposition avec des choses contraires; en aïalysant les circonstances qui l'ont accompagnée, Les faits qui l'ont précédee, ceux qui l'ont suivie ; en indiquant le

ceuse qui l'a produite, ou les effets qu'elle a elle-même engendrés ; en montrant qe ce qui est vrai du genre auquel appartient la chose, est vrai aussi de l'espèce, et que souvent aussi ce qui est vrai de l'espèce l’est

u genre.

26. Les lieux communs extrinsèques sont des autorités prises en dehors de la chose et qui servent souvent à la constater ; ce sont : la doi, ies litres écrits, les témoins, le serment, la renommée ou le bruit public qui prend quelquefois le nom de notoriété.

2. L'induction est ce procédé de l'esprit par lequel, après avoir affirmé ou rié un attribut de toutes les parties d’un tout, on porte Je même jugement sur le tout. — Ex. : L'Evangile à pénétré dans l'Europe, PAsie, l'Afrique, l'Amérique, et l'Océanie; or ces cinq parties constituent Le monde connu; donc l'Evangile a Pénétré dans tout le monde connu.

2». Le légitimité du sy logisme inductif repose sur ce principe que, la totalité des parties d’un tout étant identique au tout lui-même, ce qui ést affirmé 0": nié de toutes ces parties peut s'affirmer ou se nier du tout lui-même.

29. Il n’est pas nécessaire que l’énumération des parties soit com plète d’une manière actuelle, il suffit qu’elle le soit d’une manière virtuelle, c'est-

à-dire que l'attribut que l’on a vérifié seulement dans un certain nombre des parties du tout, puisse stre supposé applicable aux autres parties, en Sappuyant sur le principe d'analogie ( V.n© 51.)

30, Quand l'induction est réellement incomplète, elle ne donne pas le droit de conclure à quelquê chose d'universel ct d'absolu ; elle n'offre qu’une probabilité plus ou moins grande, en raison directe du nombre des parties dans lesquelles l’attribut a été vérifié,

Notions de logique.

31. Le sophisme est un syllogisme qui induit en erreur, tout en ayant l'apparence de la vérité, Il s'appelle paralogisme, quand il est cmployé par inattention ou par ignorance des règles,

32, Les principaux sophismes sont :

1° L'équivoque, qui consiste à se servir d'un terme à double sens. — Ex. : Le OHIEN est une constellation ; 0r de dogue ‘est un CHIEN ; donc le dogue est une constellution. :

#° Le scohisme d'accident, quand on affirme ce qui n’est qu'accidentel comme étant nécessaire. — Ex. : Les orateurs induisent, souvent en erreur ; donc l'éloquence est condamnable.

A ce sophisme se rattache celui qu'on appelle le dénombrement imparfait, qui consiste à affirmer de tous les individus d’un corps indistinctement, ce qui a été constaté d'un seul ou de quelques-uns. — Ex. : Un général a trahi ; donc tous les généraux sont des traîtres,

3° L'erreur sur Ia cause, quand on assigne pour cause d'un cffet ce qui ne l’est pus, — Ex, : L'ivresse est Mauvaise ; or le vin entvre ; donc de vin est mauvais.

On peut rapporter à ce sophisme l'erreur qui fait dépendre un effet de ce qui a précédé sa production: Post hoc, ergo propter hoc. (Après cela donc à cause de cela). é

49 L’ignorance de la question, quand on prouve autre chose que ce qui est en question, comme ferait un ministre qui, pressé de modifier certaines lois, démontrerait la nécessité de La loi en général,

5° La pétition de principe, quand on pose, en fait ou en principe, la chose qui est en question ou qui elle-même n besoin d être

Prouvée ; Ainsi, lorsque lo /4on de la Fontaine dit } ses associés i Ce

Notions de logique. 293

droit, vous Le savez, c'est le droit du plus fort Quand ce sophisme prouve - l’une par l'autre, deux propositions contestées, il s'appelle cercle vicieux; ainsi: Se après m'être appuyé sur la véracité d'un témoin pour conclure la vérité d'un Jait, je n'appuie sur la vérité du Jail pour conclure la véracilé du témoin.

IT. DE LA vérirÉé gr pe LA SCIENCE

33, La vérité est la conformité entre l'intelligence et la chose.

34. L'esprit eut se trouver dans trois états par rapport à la vérité : 19 la certitude ou l'adhésion. à l'objet connu, sans crainte que l’cpposé soit vrai. Elle n'admet pas de degrés ; 2€ l'opinion on robabilité, ou l'adhésion à l’oujet connu, avec crainte que l'opposé soit vrai. Elle admet des degrés, mais L'atteint jamais la certitude ; 3° le doute ou le défaut d'adhésion à l'objet proposé, soit dans un sens, Soit clans l’autre. IL est négatif, quand l'esprit ne voit point de motifs pour adhérer, soit à la négation, soit à l'affirmation de l'objet ; il est positif, si l'esprit a autant de motifs pour adhérer à l’une qu'à l’autre,

+ 35. L’ignorance est l'absence de la vérité dans l'esprit,

#6. Les causes de l'ignorance sont: 10 les bornes naturelles de notre esprit; 2° le manque de culture intellectuelle.

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