‹ Leçons de langue française [microforme]Chapitre 391 sur 579 · Le cygne · texte numérisé non relu

Le cygne

a beauté de la forme répondent dans le cygne

à la douceur du naturel; il plait à tous les yeux ; il décore, embellit tous les lieux qu'il fréquente; on l'aime, on l'applaudit, on l’admire. Nulle espèce ne le mérite mieux : la. nature, en effet, n'a répandu sur

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Les grâces de la figure, |

1 Chape; vêtement ceclésiastique en forme de manteau.

2 Conque, espèce de coquillage.

3, Botaniste, celui qui étudie la botanique ou science des plantes. matière de laquelle sont formées les défenses et les dents de l'éléphant.

4 Ivoire, 7 6 Corail, production marine pierreuse et de couleur rouge, rose, blanche ou noire.

6. Scarabée, insecte dont les ailes sont recouvertes par un étui corné. 1 Cuntharide, insecte çoléoptère, de couleur verte, employé en médecines

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Morceaux choisis. 345

aucune av ant de ces grâces nobles et douces qui nous rappellent l'idée de ses plus charmants ouvrages.

A sa noble aisance, à la facilité, à la liberté de ses mouvements sur l’eau, on doit le reconnaitre non seulement comme le premier des nävigateurs ailés, mais comme le plus beau modèle que la nature ait offert pour l'art de la navigation. Son cou élevé et sa poitrine relevée et arrondie semblent, en effet, figurer la proue d’un navire fendant l’onde : son large estomac en représente la carène ; son corps penché en avant pour cingler se redresse à l'arrière et se relève en poupe: sa queue est un vrai gouvernail ; ses pieds sont de larges rames, et ses grandes ailes deini-ouvertes au vent et doucement enflées sont les voiles qui poussent le vaisseau vivant, navire et pilote à la fois.

Fier de sa noblesse, jaloux de sa beauté, le cygne semble faire parade de tous ces avintages: il a l'air de chercher à recueillir des suffrages, à captiver les regards : et ;l les captive en effet, soit que, voguant en troupe, on voie de loin, au milieu des grandes eaux, eingler la flotte ailée, soit que, s'en détachant et s’approchant du rivage aux signaux qui l'appellent, il vienne se faire admirer de plus près en étalant ses beautés, et développant ses grâces par mille mouvements doux, ondulants et suaves.

Borron (1707-1788).

47, L’écureuil.

L'écureuil est un joli petit animal qui n’est qu’à demi sauvage, et qui, par sa gentillesse, par £a docilité, par l'innocence même de ses mœurs, mériterait d'être épargné : il n'est ni canassier ni nuisible, quoiqu'il saisisse quelquefois des oiseaux ; sa nourriture ordinaire, ce sont des fruits, des amandes, des noisettes, de la faîne et du gland ; il est propre, leste, vif, très alerte, très éveillé, très industrieux ; il a les yeux pleins de feu, la physionomie fine, le corps nerveux, les membres très dispos : sa jolie figure est encore rehaussée, parée par une belle queue en forme de panache, qu'il relève jusque dessus sa tête, et sous laquelle il se met à l'ombre. 1lest, pour ainsi dire, moins quadrupède que les autres : il se ticnt ordinairement assis presque. debout, et se sert de ses pieds de devant, comme d'une main, pour porter à sa bouche ; au lie” de se

“cacher sous terre, il est toujours en l'air; il approche des oiseaux par sa

légèreté ; il demeure comme eux sur la cime des arbres, parcourt les forêts en sautant de l’un à l’autre, y fait son nid, cueille les graines, boit la rosée, ct ne descend à terre que quand les arbres sont agités par la violence des vents. On ne le trouve point dans les champs, dans les lieux découverts, dans les pays de plaines ; il n'approche jamais des habitations, il ne reste point dans les taillis, mais dans les bois de hanteur, sur les vieux arbres des plus belles futaies.

Il craint l’eau encore plus que la terre, et l’on assure que, lo squ'il faut la passer, il se sert d’une écorce pour vaisseau et de sa queue pour voile et pour gouvermuil. Il ne s’engourdit pas comme le loir pendant l'hiver; il est en tout temps très éveillé, et pour peu que l’on touche au pied de l'arbre sur lequel il repose, il sort de sa petite bauge, fuit sur un autre arbre, ou se cache à l’abri d'une branche. Il ramasse des noisettes pendant l’éic, cn remplit ies troncs, les fentes d'un vieux arbre, et a re- Cours en hiver à sa provision ; il les cherche aussi sous la neige, qu'il détourne en grattant. Il est trop léger pour marçher ; il va ordinaire.

Morceaux choisis.

ment par petits sauts, et quelquefois par bonds; il a les ongles si pointus et les mouvements si prompts, qu'il grimpe en un instant sur un hêtre dont l'écorce est tort lisse,

On entend les écureuils, pendant les belles nuits d'été, crier en courant sur les arbres les uns après les autres ; ils semblent craindre l’ardeur du sole ; ils demeurent pendant le jour à l'abri dans leur domicile, dont ils sortent le soir pour s'exercer, jouer et manger. Burron

48. L’éléphant.

L’éléphant est, si nous voulons ne nous pas compter, l'être le plus considérable de ce monde : il surpasse tous les animaux terrestres en grandeur, et il approche de l’homme par l'intelligence, autant du moins que la matière peut approcher de l'esprit,

Dans l’état sauvage, l'éléphant n'est ni sanguinaire ni féroce : il est d'un naturel doux, et jamais il ne fait abus de ses armes ou de sa force ; il ne les emploie, il ne les exerce que pour se défendre lui-même ou pour protéger ses semblables ; on le voit rarement errant ou solitaire ; il marche ordinairement de compagnie; le plus âgé conduit la troupe, le second d’âge la fait aller et marche l: dernier, les jeunes et les faibles sont au milieu des autres, les mères portent leurs petits et lss tiennent embrassés de leur trompe ; ils ne gardent cet ordre que dans les marches périlleuses, lorsqu'ils vont paître sur des terres cultivées ; ils se promènent ou voyagent avec moins de précaution dans les forêts et dans les solitudes, sans cependant se séparer absolument ni même s’écarter assez loin pour être hors de portée des secours et des avertissements : il y en a néanmoins quelques-uns qui s’égarent ou qui trainent après les autres, et ce sont les seuls que les chasseurs osent attaquer; car il audrait une petite armée pour assaillir la troupe entière, et l’on ne pourrait la vaincre sans perdre beaucoup de monde ; il serait même dangereux de leur faire la moindre injure ; ils vont droit à l’offenseur, et quoique la masse de leurs corps soit très pesante, leur pas est si grand qu’ils atteigaent aisément l’homme le plus léger à la course, ils le percent de leurs défenses ou le saisissent avec la trompe, le lancent comme une pierre et achèvent de le tuer en le foulant aux pieds. Mais ce n’est que lorsqu'ils sont provoqués qu’ils font ainsi main basse 1 sur les hommes ; ils ne font aucun mal à ceux qui ne les taquinent pas.

Ces animaux aiment le bord des fleuves, les profondes vallées, les lieux ombragés et les terrains humides ; ils ne peuvent se passer d’eau et la troublent avant que de la boire; ils en remplissent souvent leur trompe, soit pour la porter à leur bouche ou seulement pour se rafraichir le nez et s'amuser en la répandant à flots ou l’aspergeant à la ronde; ils ne peuvent supporter le froid et souffrent aussi de l’excès de la chaleur, car, pour éviter la trop grande ardeur du soleil, ils s’enfoncent autant qu'ils peuvent dans la profondeur des forêts les plus sombres ; ils se mettent aussi assez souvent dans l'eau: 1c volume énorme de leur corps leur nuit moins qu’il ne leur aide à nager; ils enfoncent moins dans l’eau que les autres animaux, et d’ailleurs la longueur de leur trompe, qu'ils redressent en haut et par laquelie ils respirent, leur ôte toute crainte d'être submergés, BurroN.

1 Faire main basse, piller, n’épargner personne,

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