‹ Leçons de langue française [microforme]Chapitre 393 sur 579 · Le désert · texte numérisé non relu

Le désert

La Providence, qui a répandu tant de richesses sur le sol que nous habitons, semble s'être montrée plus avare à l'égard de quelques points du globe. Là, au lieu d'une terre téconde, un sable toujours stérile qu'une goutte d’eau n’humecte pas ; 1à, aucune herbe qui puisse nourrir nos animaux domestiques. Pas un être vivant n’y interrompt la solitude et le silence ; l’homme n'y fixe pas sa demeure, il passe en fuyant, et c’est à peine s’il laisse l'empreinte de ses pieds sur la poussière qu'il soulève. C’est le désert. S'il y a un désert que nous devons aimer, celui de la solitude avec Dieu, il y en a un autre que nous devons craindre, celui que Dieu fait en nous quand il s'éloigne de nous Là où Dieu n’est pas, c’est Le désert ; et ni l’éclat des assemblées humaines, ni la multitude des hommes ne peuvent combler ce vide immense, C’est en ce sens qu'aux yeux du chrétien ce monde est un désert : il y cherche son Dieu ct il ne l'y trouve pas. Il aspire vers le ciel où Dieu habite avec ses saints. Oh! que cette compagnie lui paraît meilleure que la société des hommes!... .

Mer pe LA BouiLLeris (1810-1882),

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