‹ Leçons de langue française [microforme]Chapitre 394 sur 579 · Le corps humain · texte numérisé non relu

Le corps humain

Il n’y a guère de machine qu'on ne trouve dans le corps humain. Pour sucer quelque liqueur, la bouche sert de tuyau, ct la langue de piston. Au poumon est attachée la trachéc-artère comme une espèce de flûte douce, d'une fabrique particulière, q'i, souvrant plus ou moins, modifie l'air et diversific Les tons. La langue est un archet qui, battant sur les dents et sur le palais, en tire des tons exquis L'œ1l a ses humeurs et son cristallin, Les réfractions s’y ménagent avec plus d'art que dans les verres les mieux taillés : il a aussi sa prunelle, qui se dilate et se resserre ; tout son globe s’allonge ou s’aplatit, selon l’axe de la vision, pour s’ajuster à la distance, comme la lunette à la longue-vue.

Morceaux choisis. 347

348 | Morceaux choisis.

L'oreille a son tambour, où une peau aussi délicate que bien tendue résonne au bruit d'un petit marteau que le moindre bruit agite: elle a dans un os fort dur, des cavités pratiquées pour faire retentir la voix de la inéme sorte qu'elle retentit dans les rochers et dans les échos. Les vaisseaux ont leurs soupapes tournées en tous sens ; les os et les muscles ont leurs poulies et leurs leviers. Les proportions qui fent et les équilibres et la multiplication des forces mouvantes y sont observées dans une justesse où rien ne manque. Toutes ces machines sont simples; le jeu en est si aisé et la structure si délicate, que toute autre machine est

grossière en comparaison.

Bossuer (1627-1704).

52, Le travail.

On a épuisé toutes les formules de la louange pour célébrer l'antique usage établi dans l'empire de la Chine, qui veut que chaque année, à un jour déterminé, le chet de cette vaste monarchie, entouré des officiers et des princes de Fa cour, et en présence de tout le peuple assemblé, touche un moment la charrue et trace de sa main souveraine un sillon dans le champ spécialement uffecté à cette cérémonie. Nous ne cuntesterons pas ce qu'il peut y avoir dans cet usage de haute moralité et surtout d'habile politique, ni tout ce qu'un auguste exemple peut ajouter de considération et d'encouragement at premier et au plus nécessaire de tous les arts, l’agriculture. Mais louvrier chrétien! Oh! ce n'est pas un prince de la terre qui lui est présenté pour modèle, un fastueux empereur qui vient, une fois l'année, dans l'appareil de la majesté royale, toucher du bout du doigt le fardeau qui fait plier ses épaules. C'est le divin Fondateur de notre religion, Jé-us-Christ, Fils de Dicu, Dieu luiméme, qui a voulu, dans un excès d'amour, porter sur lui tous les travaux comme toutes les douleurs de l'homme, ‘Lravailleur, qui que tu sois, et à quelque labeur que s'emploie ton activité, considère ton maitre etton Dieu, occupé durant trente années dans l'atelier d'un artisan, polissant le bois, maniant le rabot et la scie, se laissant nommer par dérision le fils du charpentier, et donnant désormais au travail, sanctifié par son exemple, non plus une valeur appréciable à l'estimation de l'homme, mais une valeur divine, Comprendras-tu que CC nest plus le travail qui dégrade, qu'il est au contraire lonnête, honorable, consacré, et que le vice seul avilit? Que ceux done qui vivent d'un art mécanique, s'écrie le grand Bossuet, se consolent et se réjouissent | Jésus- Chrigt est de leur corps.”

Le cardinal Grau (1791-1850).

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