Adieux d’un jeune poète à la vie
J'ai révélé mon cœur au Dieu de l'innocence ; Il a vu mes pleurs pénitents ; UOHÉ. Il guérit mes remords, il m'arme de constance : Les malheureux sont ses enfants,
1e: Mes ennemis. riant, ont dit dans leur colère : Qu'il meure et sa gloire avec lui!
Mais à mon cœur calmé le Seigneur dit en père : Leur haine sera ton appui.
J'éveillerai pour toi la pitié, la justice De l'incorruptible avenir; Eux-même 1 épureront, par {eur long artifice, Ton honneur qu’ils pensent ternir,
Soyez béni, mon Dieu! VOUS qui daignez me rendre L'innocence et son noble orgueil ; Vous qui, pour Protéger le repos de ma cendre, —————— Veillerez près de mon cercueil!
or —
1 Eux-même, Suppression de l’s par licence poétique,
Morceaux choisis.
Au banquet de la vie, infortuné convive, J'apparus un jour, et je meurs!
Je meurs, et sur la tombe où lentement j'arrive, Nul ne viendra verser des pleurs.
Salut, champs que j'aimais | et vous, douce verdure, Et vous, riant exil des bois!
Çiel, pavillon de l’homme, admirable nature, Salut pour la dernière fois!
Ah! puissent voir longtemps votre beauté sacrée Tant d'amis sourds à mes adieux | Qu'ils meurent pleins de jours, que leur mort soit pleurée, Qu'un ami leur ferme les yeux | Gisert (1751-17°0).