Tendresse d’une mère pour son enfant
Quels tendres soins ! Dort-il : attentive, elle chasse
L'insecte dont le vol ou le bruit le menace ;
lle semble défendre au réveil d'approcher.
La nuit même d’un fils ne peut la détacher :
Son oreille de l'ombre écoute le silence;
Ou, si Morphée 1 endort sa tendre vigilance,
Au moindre bruit Louvrant ses yeux appesantis,
Elle vole, inquiète au berceau de son fils,
Dans le sommeil longtemps le contemple immobile,
Et rentre dans sa couche, à peine encor tranquille
: Séveille-t-il : son sein, à l'instant présenté,
4 Dans les flots d’un lait pur lui verse la santé, Qu'importe la fatigue à sa tendresse extrême ?
* Elle vit dans son fils, et non plus dans soi-même,
Bientôt d’autres bontés suivent d'autres besoins : L'enfant, de jour en jour, avance dans la vie; Et, comme les aiglons, qui, cédant à l’envie De mesurer les cieux, dans leur premier essor | Exercent près du nid leur aile faible encor, ‘1 Doucement soutenu sur ses mains chancelantes, Ii commence l’essai de ses forces naissantes. Sa mère est près de lui ; c’est elle deut le bras, ) Dans leur débile effort, aide ses premiers pas; Elle suit la lenteur de sa marche timide ; Elle fut sa nourrice, elle devient son guide ; Elle devient son maître au moment où sa voix Bégaye à peine un nom qu'il entendit cent fois : Ma mèrel est le premier qu'elle l'enseigne à dire. Elle est son maître encor dès qu'il essaye à lire. Lugouvé (1764-1812).
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1 Morrhée, dieu du sommeil chez les païens,
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