‹ Leçons de littérature françaiseChapitre 155 sur 187 · L'ANGE GARDIEN · texte numérisé non relu

L'ANGE GARDIEN

Dieu se lève, et soudain sa voix terrible appelle De ses ordres secrets un ministre fidèle, Un de ces esprits purs qui sont chargés par lui De servir aux humains de conseil et d'appui, De lui porter leurs vœux sur leurs ailes de flamme, De veiller sur leur vie et de garder leur âme. Tout mortel a le sien: cet ange protecteur, Cet invisible ami veille autour de son cœur; L'inspire, le conduit, le relève s'il tombe, Le reçoit au berceau , l'accompagne à la tombe, Et, portant dans les cieux son àme entre ses mains, La présente en tremblant au juge des humains. C'est ainsi qu'entre l'homme et Jéhovah lui-même, Entre le pur néant et la grandeur suprême, D'êtres inaperçus une chaîne sans fin Réunit l'homme à l'ange et Fange au séraphin; C'est ainsi que, peuplant l'étendue infinie, Dieu répandit partout l'esprit, l'àme et la vie.

De Lamartine. Nouv. Médit, poétiques..

Page 1