LE LAOCOON
Saisi par d'énormes serpents qui l'enchaînent, qui l'oppressent, qui sont prêts à l'étouffer; plein d'une vigueur que la force des serpents surmonte, et qui doit bientôt défaillir, Laocoon,dans cette lutte mortelle, fait voir, par des mouvements énergiques, mais décents et retenus, la grandeur de son àme
92 descriptions.
et son respect pour les dieux. Les nœuds que forment les serpents autour de ses fils, les soulèvent et les attachent contre lui: il ressent leurs souffrances. Ses yeux cherchent le ciel, sa douleur est profonde; elle est noble. Il se plaint, il ne crie pas. Dans le soulèvement et la contraction de tous ses muscles, la vérité, la beauté des formes n'ont été altérées en rien. La vie et la douleur circulent dans tous ses membres , et tous présentent l'image de la beauté. Les sentiments différents qui agitent les enfants et le père produisent des mouvements variés, qui développent partout des beautés nouvelles. L'artiste est arrivé par conséquent au sommet de l'art, puisqu'il a excité la pitié, l'amour et l'admiration par la représentation fidèle de la vie, de la beauté, de la douleur et de la vertu.
Le même.