‹ Leçons de littérature françaiseChapitre 98 sur 187 · HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE

L'histoire de la philosophie est le tableau de la marche de l'esprit humain, ou du moins elle en occupe la portion la plus élevée; car non seulement elle comprend ses plus nobles travaux, mais elleem-

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brasse ïe genre de recherches qui ont dû exercer la plus puissante influence sur toutes les branches des connaissances; non-seulement elle se lie étroitement à riiistoire des mœurs, mais elle s'unit encore par celle-ci à l'histoire générale. La philosophie, dans ses progrès ou ses écarts ., prend ou suit les révolutions de la civilisation; tour à tour y prenant une part essentielle, ou en ressentant les effets.

Quel est l'homme doué de quelque élévation dans l'esprit qui n'éprouverait une juste respect en ouvrant les annales où se trouvent consignées tant de traditions antiques, tant d'importantes découvertes, tant de profondes controverses , et qui ne suivrait avec une juste curiosité les travaux par lesquels les plus illustres génies de tous les pays et de tons les âges ont éclairé les doctrines de la sagesse? Le commerce qu'il entretiendra ainsi avec eux allumera en lui une passion généreuse: ses vues s'étendront par de vastes comparaisons, seront fécondées par de grandes expériences. C'est dans l'application et l'emploi que la raison humaine a faits de ses facultés et de ses forces , qu'il apprendra à mieux connaître les lois qui le régissent , et les prérogatives dont elle jouit ; c'est là quïl découvrira les causes des progrès obtenus et des écarts commis ; c'est là qu'il puisera des règles certaines pour apprécier le mérite ou les inconvénients des diverses méthodes , qu'il verra se peindre sous une forme sensible toutes les opérations de l'intelligence, qu'il observera les secours mutuels que les sciences se sont, prêtés les unes aux autres; leur commune subordination à l'égard de cette science qu'on a justement nommée la science -mère j c'est là enfin qu'il pourra apprendre à juger les diverses doctrines, non plus seulement par leurs principes, mais encore par leurs effets; à reconnaître et à circonscrire le domaine réel de la philosophie, à découvrir les vides et les desiderata qui restent encore à combler , et surtout à distinguer, par des caractères positifs, la fausse philosophie de la véritable.

Si les moindres phénomènes de la nature matérielle nous offrent un intérêt toujours renaissant !, pourrions-nous demeurer indifférents au spectacle des plus beaux phénomènes de la nature morale, des opérations de cette raison qui est comme le reflet de l'intelligence suprême, et qui semble interposée entre le créateur et la création , pour révéler l'un à l'autre, pour expliquer celle-ci par l'idée de celui-là?

De Géràsdo. Histoire comparée des systèmes de phi'

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