XIX" SIÈCLE. LES CONTLMI'OR A I^S
tt4. Est-ce trop présumer de notre époque et s'y complaire à l'excès que d exprimer cet espoir : la littérature du siècle qui s'achève excitera dans l'âge futur, sinon une admiration sans réserve, au moins un intérêt très vif et une curiosité durable? •
11 est vrai que nous ne parlons plus, nous n'écrivons pas davantage la belle langue classique du xvn® siècle; et notre idiome tend certainement à se déformer par l'abus du néologisme scientifique, et par l'invasion do beaucoup de mots étrangers. Mais n'est-il pas vrai, en revanche, que les origines de la langue, sa formation, son histoire sont mieux connues, mieux expliquées tous les jours, et n'est-ce pas une heureuse conquête que d'avoir arraché l'œuvre artistique et littéraire de notre moyen âge à l'oubli, au dédain, dans lequel les deux derniers siècles l'avaient comme ensevelie?
Notre époque ne fait plus aux lettres pures autant d'honneur qu'elles en ont obtenu dans d'autres temps, qui furent leur âge d'or. La tournure générale des intelligences devient de plus en plus scientifique et pratique. La vulgarisation des sciences occupe l'activité de beaucoup de bons esprits et suffit à remplir les rares loisirs d'une foule de lecteurs. Le journalisme, de moins en moins littéraire, fait tort au livre. L'apparition d'un écrit purement littéraire n'est plus jamais un grand événement, comme il arrivait jadis; des querelles littéraires, comme celles des anciens et des modernes à la fin du xvii® siècle, celle des classiques et des romantiques sous la Restauration, ne seraient plus possibles aujourd'hui ou laisseraient tout le monde indifférent.
— M. Ferdinand Brunetière ; — M. Francisque Sarcey, qui s'est acquis une autorité particulière dans la critique théâtrale ; — M. Gaston Boissier (études sur la littérature et l'archéologie romaine); — Saint- René Taillandier (1817-1879) et M. Alfred Mézières (études sur la littératui^e angolaise et allemande); etc., etc.