‹ Leçons de littérature françaiseChapitre 13 sur 106 · Yoy. ci-dessous · texte numérisé non relu

Yoy. ci-dessous

Il n'est facile en aucun temps de fixer les limites où commence et finit le bon usage ou le mauvais. On ne saurait même accepter sans quelques réserves ces assertions de Vaugelas sur l'omnipotence et le droit absolu de l'usage. On peut réclamer modestement contre l'usage, quand l'usage a tort ; on le peut faire au nom de la raison, et surtout au nom de l'histoire de la langue et de l'étymologie des mots, que Vaugelas ignore ou dédaigne à l'excès. Ainsi l'usage de son temps autorisait certaines locutions ou certains termes barbares que Vaugelas accepte par respect pour ce tyran : reœuvert pour recouvré; paralelle, orthographe absurde (pour parallèle) ; il permet aux femmes de dire : Voilà une belle ouvrage! Il condamne des mots excellents, comme magnifier, seulement parce qu'ils sont vieux.

te. Malgré ces petites faiblesses, Vaugelas a certainement rendu service à la langue française. 11 l'a défendue, après Henri Estienne et Malherbe S contre l'invasion étrangère des mots italiens et espagnols, contre celle des locutions provinciales, contre la vogue du langage burlesque ou trivial, qui gagnait jusqu'à la cour. Il a eu un souci exagéré de la noblesse du langage; mais à ce prix il a beaucoup contribué à en assurer l'unité ; il a ainsi sa part d'honneur dans l'établissement de cette belle langue classique qu'ont parlée nos grands écrivains dans la seconde moitié du siècle ; mais pour n'avoir pas su assez bien le passé de la langue française, il lui a donné dans le présent cette base trop étroite et trop mobile de l'usage. L'ignorance absolue de l'histoire de la langue est le plus grand défaut de Vaugelas. 11 croit le français issu du gauloisl Heureusement pour sa renommée, l'érudition était en dis-

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