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CHAPITRE III

Diz-septiôme siècle. ~ Troislôme période (1661-1700).

Boileau.

46. En commençant vers 1660 la troisième période littéraire du xvii* siècle, l'histoire n'adopte pas une division simplement commode, mais arbitraire. Quelque chose do nouveau commence vraiment cette année-là, ou bien peu avant et après. C'est le 24 octobre 1658 que Molière débute à Paris devant le roi. En 1660 Boileau écrit sa première satire, et Racine la Nymphe de la Seine, premiers vers qui attirèrent sur lui l'attention. En 1661, La Fontaine écrit les Épîtres à Fouquet et l'année suivante V Élégie

54 XVir SIÈCLE. — TROISIÈME PÉRIODE.

aux nymphes de Vaux. Bossuet prêche au Louvre pour la première fois à TAvent de 1661. Les Mémoires de La Rochefoucauld paraissent en 1662 ; dans le même temps il écrit ses Maximes (publiées seulement en 1665). A cette époque appartient la plus ancienne partie de la correspondance de Mme de Sévigné, les Lettres à Pomponne sur le procès de Fouquet (1664).

L'époque qui commence alors s*est appelée particulièrement le siècle de Louis XIV, du nom du roi qui a exercé sur les écrivains de son temps une influence indirecte, mais réelle, et qui a contribué à leur donner à tous un caractère commun qui est la marque propre de cette époque féconde en chefs-d œuvre. Alors Molière écrit ses comédies ; Racine, ses tragédies ; Boileau, ses satires, ses épîtres, son Art poétique ; La Fontaine ses Fables. Retz écrit ses Mémoires ; La Rochefoucauld, ses Maximes ; Bossuet prononce ses sermons et ses oraisons funèbres, écrit le Discours sur VHistoire universelle ; Bouixlaloue monte après Bossuet dans la chaire chrétienne ; Fénelon écrit le Traité de V existence de Dieu et le Télémaque ; Mme de Sévigné nous conserve dans ses lettres la chronique de cette société brillante et ingénieuse ; et La Bruyère en trace dans les Caractères la plus fine satire. Tant de merveilles ont vu le jour en moins de trente années! Tel est en effet le bonheur propre aux grandes époques classiques et telle est même une des marques qui les distinguent : les chefs-d'œuvre s'y accumulent ; il a fallu le long travail des siècles pour préparer cette moisson; mais l'heure venue, tous les épis germent ensemble. On l'a vu dans Athènes, au temps de Périclès ; à Rome, au temps de César et d'Auguste ; en France, au temps de Louis XIV.

Boileau n'est ni le premier-né ni le plus grand de cette génération merveilleuse ; toutefois, comme il est peut-être

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