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48. Est-ce à dire que ce dernier poème soit une œuvre irréprochable? La Harpe disait de VArt poétique de Boileau : « C*est une législation parfaite... un code imprescriptïble, dont les décisions serviront à jamais,,,. » Mais un tel code existe-t-il? Celui qu'a tracé Boileau n*est-il pas trop minutieux pour être éternel ? Il y a trois parties ou plutôt trois éléments dans \'Ârt poétique : Thistoirc littéraire, la théorie générale de la versification et des genres poétiques, les conseils philosophiques et moraux donnés aux écrivains. La première partie est très inégale ; parfois heureuse en ce qui concerne Tantiquité, surtout latine, elle est presque entièrement fausse en ce qui touche à Tancienne littérature française. La seconde partie n*a quelquefois qu'une justesse relative ; il arrive à Boileau d'y ériger en principes éternels des accidents de la mode et des règles très arbitraires, telles que celles de Tunité de lieu et de temps imposées aux pièces de théâtre. De même, par prévention littéraire et par scrupule janséniste, il proscrit absolument de la poésie épique ou dramatique Télément chrétien ; il conserve le langage et le merveilleux de la mythologie, mais il la réduit à une froide allégorie.
ta véritable épopée est pour nous le poème naïf et merveilleux d une civilisation primitive, qui raconte ses dieux, ses héros, ses exploits guerriers, ses arts naissants; telle est Ylliade, Un peu au-dessous nous plaçons cette épopée artificielle qui ressuscite, à force de génie et d'art, une partie des conditions où l'épopée primitive s'est produite; et qui groupe, autour du récit d'un grand événement national, les traits multiples d'un tableau où elle peint toute une époque de la vie d'un peuple; telle est \ Enéide, Boileau ne distingue pas ces deux sortes d'épopées, ni Homère de Virgile. Il prête au premier autant d'artifice et de science qu'au second, autant d'expérience du métier poétique :
sa conception de Tépopée, comme en général sa conception de tous les genres poétiques, est une. immuable, et s applique à tous les temps.
Le beau pour lui est quelque chose d'absolu, qui ne dépend en rien du pays ni du siècle où une œuvre se produit. Grand admirateur des Grecs et des Latins, il loue chez eux Tobservation de beaucoup de préceptes auxquels les anciens n*ont jamais pensé ; comme quand il excuse Homère d'avoir parlé de Tâne, dans VIliade et dans VOdijssée, « parce que, dit Boileau, l'âne était un animal très noble chez les Grecs ». La vérité est que la distinction des termes bas et des termes nobles n'était pas soupçonnée d'Homère.
49. En général, Boileau s'est trop attaché aux menues prescriptions qui touchent à la forme des ouvrages; il a tenu trop peu de compte de l'inspiration qui seule fait le poète. Au commencement du poème, il dit bien que le poète doit être inspiré; mais cette concession faite, il semble que tout le reste de Y Art poétique ait pour principal objet de diminuer la part du génie et d'agrandir celle du travail, du goût, et de l'art. L'objet de la poésie est, pour Boileau, d'exprimer la raison en vers :
Aimez donc la raison ; que toujours vos écrits Empruntent d'elle seule et leur lustre et leur prix. Tout doit tendre au bon sens...
Mais, s'il en est ainsi, n'est-il pas plus simple d'écrire en prose? L'objection n'eût pas troublé Boileau. Il eût répondu qu'en effet l'on doit écrire en vers les mêmes choses à peu près qu'en prose, et les écrire de la même façon ; mais que le vers a sa raison d'être et sa beauté propre ; entre les mains qui savent le faire de génie, il revêt une forme plus précise et plus durable que la prose ; il se grave
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mieux dans la mémoire et frappe davantage Tesprit. Sans se l'avouer peut-être, Boileau est à lui-même l'idéal du bon poète. Cet idéal est-il méprisable? Non, certes. 11 est vrai seulement qu'il est un peu étroit. Il y a deux sortes de poètes : celui qui satisfait notre esprit par une œuvre bien conçue, achevée dans toutes ses parties, irréprochable dans les détails, et celui qui nous émeut par une œuvre passionnée, ardente, peut-être inégale, et éveille en nous une foule d'impressions et de sentiments nouveaux. Il faut avoir le goût et l'esprit assez larges pour comprendre et pour aimer ces deux familles de poètes, sans s'étonner d'ailleurs s'ils se goûtent peu les uns les autres.
La plus belle partie de VArt poétique est celle qui comprend les conseils moraux donnés au poète ; là, le fond est juste et bien pensé, la forme est achevée. Cette image d'un poète honnête homme, prise par Boileau sur lui-même et vivement retracée, fait doublement honneur au poète et à l'homme. Au reste il faut avouer que VArt poétique est peu encourageant pour les poètes ; d'un bout à l'autre Boileau semble leur crier : « Prenez garde où vous courez » . L'influence d'un tel ouvrage fut peu féconde dans la poésie ; presque tous les chefs-d'œuvre du siècle avaient paru quand VArt poétique vit le jour. Elle fut peut-être plus sensible dans la prose et d'une manière générale dans la littérature et dans la critique. Les fastidieux genre du burlesquey les romans en dix tomes, vides de choses, lourds de phrases, l'emphatique fatras de Brébeuf*, les mortelles épopées des rimeurs sans génie, furent à jamais discrédités. Le goût solide et sérieux se trouva fondé; il eut ses formules, ses règles, son code arrêté, trop arrêté peut-être.
1. Guillaume de Brébœuf (1618-1661), traducteur de la Pharsale de Lucain.
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50. Boileau semble avoir été plus sensible au dégoût qu'il ressentait en lisant les mauvais poètes qu'à l'admiration que devaient lui causer les chefs-d'œuvre de ses contemporains. En lui se personnifie cette critique qui est plus choquée des défauts que charmée des beautés. Il fut en somme, assez sobre d'éloges à l'égard des grands poètes de son temps. Il a loué Corneille et MoHère avec toutes sortes de restrictions; il les mettait tous deux fort au-dessous des anciens, dont il prit chaudement le parti contre Perrault, lorsque éclata la célèbre querelle des anciens et des modernes. 11 n'a nulle part nommé La Fontaine dans ses vers, et n'a pas même parlé de la fable, dans VArt poétique ; non pas, comme on l'a dit, qu'il craignît de déplaire à Louis XIV, peu favorable à La Fontaine ; Boileau est au-dessus d*un soupçon aussi injurieux ; mais probablement parce qu'il n*avait pas su estimer le genre et le poète à leur juste valeur. De tous ses contemporains, celui dont il devina le mieux le mérite et apprécia le mieux le beau génie, ce fut Racine, avec lequel il demeura jusqu'à la fin uni de la plus tendre amitié. Nous possédons une correspondance étendue entre ces deux grands hommes ; elle fait honneur à tous deux, et témoigne des sentiments généreux et désintéressés qu'ils professaient l'un envers l'autre*.
51. Boileau mourut Tun des derniers de son siècle, en 1711, un peu oublié et négligé quant à sa personne, mais
1. On a raconté que Boileau. à qui l'on demandait quels étaient, selon son goût, les plus grands poètes de son temps, aurait répondu sans hésiter : a Corneille, Molière et moi », sans nommer Racine, et comme on s'étonnait de cette omission, il aurait ajouté : a Racine n'était qu'un très bel esprit à qui j'avais enseigné difficilement l'art de faire des vers. » Mais cette anecdote, racontée par d'Alëmbert vers la fin du siècle dernier, manque d'authenticité.
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laissant une œuvre à jamais populaire. Il est, avec La Fontaine, le plus lu de nos poètes. Ce n'est pas à dire qu'on n*ait pas beaucoup discuté sur la valeur de ses écrits. Au xviiie siècle, l'opinion publique le prisait fort; déjà cependant l'école philosophique lui reprochait de n'avoir pas été sensible ; en ce temps-là, la sensibilité impliquait toutes les vertus. Mais qu'importe que Boileau n'ait pas été sensible, s'il a traité des sujets qui se passaient de sensibilité? s'il a écrit non des élégies, mais des satires? Au xix« siècle, on considéra d'abord Boileau comme personnifiant la poésie classique; et l'école romantique fit pleuvoir sur lui les coups, comme sur le principal obstacle qui s'opposait à sa victoire. Il n'était mauvaise querelle qu'on ne cherchât alors à Boileau. On lui reprochait de n'avoir connu ni Dante ni Shakespeare, de n'avoir pas aimé le moyen âge, de n'avoir pas deviné la théorie du drame moderne. Boileau devenait responsable de tout ce que son siècle avait pu commettre ou omettre. La critique de notre temps s'est montrée plus équitable à son endroit. Elle se borne à regretter que Boileau ait conçu et exprimé une théorie de la poésie insuffisante par certains côtés ; qu'il ait un peu trop vanté dans le travail poétique ce qui n'est que l'artifice consommé d'un versificateur habile ; et ti'op rarement la veine naturelle, le génie, l'inspiration. Au reste ses services furent grands : il est difficile de les mesurer, car on ne sait ce que cette période littéraire qui va de IftjO à 1690 aurait été sans lui; mais en voyant ce qu'elle a été, ce qu'elle a fait, on ne peut nier qu'elle en doive une partie à un homme dont l'influence était si grande, l'autorité si établie, le jugement si redouté. Boileau fut un bon professeur qui eut dans ses contemporains d'excellents élèves. On ne sait jamais quelle part faire au professeur dans le mérite de ses élèves : ce qui est certain toutefois, c'est qu'ils lui doivent quelque chose.
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Ld Fontaine.
5S. La Fontaines seul entre nos grands poètes classiques, paraît avoir manqué de fortes études premières et s'être élevé un peu au hasard et sans maîtres. Il compléta plus tard son éducation par les livres ; il lut beaucoup et bien, quoique avidement, prenant de chaque auteur la fleur et le suc, et formant en lui ce génie d'imitation originale qui lui est propre. Son père lui avait transmis sa charge de maître des eaux et forêts ; il la conserva vingt ans, mais en s*occupant beaucoup plus de ses vers et de ses plaisirs que du domaine royal, et même de son domaine particulier; il s'est dépeint lui-même dans une épitaphe célèbre :
Mangeant le fonds avec le revenu.
La protection du surintendant des finances, Fouquet, mit La Fontaine en lumière ; Fouquet protégeait les poètes par goût, par politique et par ostentation. La Fontaine lui dédia plusieurs Épîtres et le Songe de Vaux, où il décrivit les splendeurs du château du surintendant. Peu de temps après, Fouquet fut disgracié. La Fontaine s'honora en lui demeurant fidèle et en essayant de fléchir la colère de Louis XIV contre le favori déchu : c'est l'objet de la touchante Élégie aitx Nymphes de Vaux, Cette fidélité courageuse déplut au roi, qui tint longtemps rigueur au poète et ne l'aima jamais. Il est juste d'ajouter que la conduite de La Fontaine donnait prise à d'assez graves reproches. L'insouciance de son caractère plutôt que la corruption de son cœur l'avait jeté dans une vie peu réglée,
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i. Jean de La Fontaine, né à Château-Thierry (1621), mort à Paris (1695). Douze livres de fables, I à VI (1668); VII à XI (1678); XII (1604). Contes (1665-1671-1685). Plusieurs pièces de théâti-e. Psyché, roman mêlé de prose et de Vers (1660).
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qui nuisit à sa considération. Marié, père de famille, il vivait éloigné de sa femme et de son fils, et sans s'occuper d'eux. On lui reprochait ses Contes, imités des Italiens, surtout de Boccace, et malheureusement plus licencieux parfois que leurs modèles. Si grand qu'y soit d'ailleurs l'agrément de la forme, les Fables leur sont bien supérieures, à tous les points de vue.
5S. Le premier recueil (livres I-VI), dédié au Dauphin, vit le jour en 1668 ; le second (livres VII-XI), dix ans plus tard. Le douzième livre ne parut qu'en 1694.
Le titre primitif du livre est modeste : Fables choisies mises en Ders par M, de La Fontaine, Un autre chefd'œuvre, dans le même siècle, s'offrira également sous l'aspect d'une traduction : les Caractères de La Bruyère.
Cependant la fable est devenue un genre tout neuf entre les mains de La Fontaine. Les anciens l'avaient conçue comme un simple apologue orné d'une morale. La Fontaine en fait un cadre où toute poésie peut entrer ; mais surtout la satire et la comédie. Son recueil est
Une ample comédie à cent actes divers Et dont la scène est Tunivers.
Il y faut « de la nouveauté et de la gaieté », dit-il luinoème dans sa Préface ; il ajoute : « Je n'appelle pas gaieté ce qui excite le rire, mais un certain charme, un air agréable qu'on peut donner à toutes sortes de sujets, même les plus sérieux » .
En ces sortes de feinte il faut instruire et plaire :
Une morale nue apporte de Tennui.
Le conte fait passer le précepte avec lui.
C'est ainsi que La Fontaine sut triompher d'un préjugé hostile au genre (ju'il allait transformer ou plutôt créer.
L'avocat Patni*, qui était toutefois homme d'esprit et de goût, lui avait conseillé d'écrire ses fables en prose ! On ne dit point qu'il n'ait pas changé d'avis après avoir lu le premier recueil.
54. Le second, publié dix années plus tard, lorsque le génie de l'auteur était encore dans toute la vigueur de sa maturité, oflfre encore plus de variété que les six premiers livres. La plus haute poésie y trouve accès dans ce cadre heureusement élai^ de l'apologue. Tantôt c'est une dissertation philosophique où le poète s'attaque à l'automatisme des bêtes, affirmé par Descartes, tantôt une page d'histoire et d'éloquence (comme le discours du Paysan du Danube) ; tantôt une élégie touchante où s'exprime un amour passionné de la nature (sentiment assez rare chez les hommes du xvii« siècle). La Fontaine, qui, malgré son air de négligence, est un des écrivains qui ont le plus réfléchi sur leur art, avait très bien compris la nécessité de se renouveler en se répétant ; il dit dans la préface du second recueil : « J'ai donné à la plupart de ces fables un air et un tour un peu diflTérent de celui que j'ai donné aux premières... J'ai tâché d'y mettre toute la diversité dont j'étais capable. »
Ainsi s'est formé ce second recueil où l'auteur se dépeint lui-même avec sa vive humeur et sa féconde imagination; où il prend la parole en son nom et se met en scène plus volontiers que dans les premières fables, et disserte avec un charme exquis sur tous sujets dont il prend la fleur : vive image, harmonieux écho de ces conversations variées, qu'il aimait à poursuivre sans fin sur
i. Olivier Patini (1604-1681), avocat, célèbre par la pureté de sa langue écrite et parlée, et par la sûreté de son goût littéraire. De lui date l'usage des nouveaiix académiciens de prononcer un discours le jour où ils sont reçus solenneUeriient dans la Compagnie.
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mille propos divers, légères ou profondes, gaies ou sérieuses, émues ou piquantes, graves ou folâtres ; telles qu'il les dépeint si joliment dans le beau Discours à Madame de la Sablière.
Propos, agréables commerces, Où le hasard fournit cent matières diverses ;
... La bagatelle, la science, Les chimères, le rien, tout est bon; je soutiens
Qu'il faut de tout aux entretiens; C'est un parterre où Flore épand ses biens; Sur différentes fleurs Tabeille s'y repose,
Et fait du miel de toute chose.
Lui-même, dans son roman de P-eyche', s'était mis en scène sous le nom de Polyphile, parce qu'il « aimait toutes choses » . Ailleurs il avait dépeint son âme, vraiment poétique, ouverte à toutes les impressions du beau :
Je puis dire que tout me riait dans les cieux ; Pour moi le monde entier était plein de délices. J'étais touché des fleurs, des doux sons, des beaux jours.
Le même accent d'universelle sympathie résonne aux derniers vers de Psyché' :
J'aime le jeu, l'amour, les livres, la musique, La ville et la campagne, enfin tout; il n'est rien
Qui ne me soit souverain bien ; Jusqu'au sombre plaisir d'un cœur mélancolique.
Ce dernier trait nous surprend; car notre siècle s'imagine volontiers qu'il a découvert le premier ce que la mélancolie pouvait receler de douceur. Nous avons seulement abusé de l'expression d'un sentiment qui, chez La Fontaine, se laisse parfois deviner, mais avec une discrétion contenue et voilée. Mais par ces rapides échappées, ces lointains aperçus qui s'ouvrent tout à coup
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vers des horizons sans limites et infiniment variés, La Fontaine est peut-être, ne disons pas le plus grand poète de son siècle, mais au moins le plus naïvement et naturellement poète.
55. Dans ce roman de Psyché, mêlé de prose et de vers, La Fontaine a célébré lamitié qui l'unit aux trois plus grands poètes de son temps : Molière, Boileau, Racine. Cette liaison célèbre eut une influence réelle et heureuse sur le génie de tous les quatre. Mais elle dura fort peu de temps, contre Topinion courante, et fut loin de remplir leur vie. Racine blessa Molière en portant sa tragédie d* Alexandre (1665) au théâtre rival de THôtel de Bourgogne. Boileau suivit son ami Racine, auquel il resta toujours étroitement uni. La Fontaine s'isola dans sa vie décousue et paresseuse, quoique féconde. Il fallut qu'une amitié discrète et dévouée se chargeât de veiller sur lui. Mme de la Sablière le recueillit chez elle, et le garda vingt ans. Quand elle mourut, Mme d'Hervart la remplaça dans le rôle de tutrice du vieux poète. La fidélité de ses amis est un témoignage touchant de son mérite et de ses qualités. Ils lui demeurèrent attachés jusqu'à sa mort, qui arriva en 1695 et fut précédée d'une conversion sincère.
56. La langue de La Fontaine est singulièrement riche; non seulement il admet celle de tous ses contemporains jusqu'aux provincialismes et même jusqu'aux patois, mais il se plaît à reprendre au xvi® siècle une foule de vieux mots excellents que Malherbe et l'Académie avaient évincés ou laissés périr. 11 les emploie toujours avec une propriété rare ; d'ailleurs hardi et neuf dans les tours de phrase et les alliances de mots. Son style a été admiré de tous; la morale de ses fables n'a pas été aussi universellement louée. Plusieurs ont reproché à La Fontaine le