‹ Leçons de littérature françaiseChapitre 48 sur 106 · CRÉBILLON · texte numérisé non relu

CRÉBILLON

maïs négligée, écrite au courant d'une plume aisée et légère, reproduit dans sa trivialité naturelle et crue la conversation de ses divers personnages, marchands, bourgeois, financiers, hommes de loi, aventuriers, paysans, soldats, comédiens, valets.

On ne lit plus, on joue encore moins les contemporains et rivaux de Regnard et de Dancourt : DufresnyS qui semait Tesprit dans ses pièces, mais à qui cette qualité ne peut tenir lieu du talent dramatique dont il est dénué; Boursault*, qui, sans grande dépense de style ou d'esprit, sut faire réussir au théâtre des comédies à tiroir où il raillait doucement les travers du jour ; Brueys et son fidèle associé, Palaprat^, qui eurent Theureuse idée d'exhumer une vieille farce du moyen âge {Maître Pathelin), et, tout en la gâtant un peu par des enjolivements au goût de leur siècle, surent en tirer une comédie amusante (l'Avocat Patelin) et rappelèrent ainsi aux Français que leurs pères avaient possédé quelque instinct comique avant Molière.

Grébillon.

115. Après la retraite de Racine, la tragédie était tombée tout à coup dans une décadence profonde ; parmi les successeurs du grand poète, plusieurs étaient ses ennemis, comme Pradon ; d'autres ses disciples, comme Campistron et Danchet; disciples et ennemis, Pradon, Danchet, Campistron se valaient. Entre Racine et Grébillon une seule pièce tragique parut, dont le nom sur*

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