‹ Leçons de littérature françaiseChapitre 59 sur 106 · I. Marianne (1731-1741). Le Paysan imr venu · texte numérisé non relu

I. Marianne (1731-1741). Le Paysan imr venu

DESTOUr.HES. 181

récits et des analyses morales ; au théâtre, une mesure fixe imposée l'empêchait de s'embarrasser dans ses propres subtilités ; plus libre dans le roman, il ne sut pas se contraindre; il travailla quinze ans à l'histoire de Marianne sans parvenir à l'achever.

Destouches. — Piron. — Gresset. — NiveUe de la Chaussée. — Prévost.

150. Dans le même temps la comédie en vers conservait quelques-unes des bonnes traditions de Molière et de Regnard. Destouches* écnyaii le Glorieux (1732), agréable et discrète satire des goûts de luxe et de vanité que la Régence et Téclosion subite de beaucoup de grandes fortunes au temps du système de Law avaient fort développés en France dans la haute société, et dans celle qui aspirait à se hausser. Le Philosophe marié (1727) et même V Irrésolu (1713) sont aussi d'estimables comédies, rimées avec élégance et développées avec agrément ; mais la force comique et l'étude approfondie des caractères y font également défaut : Destouches n'a ni la gaieté de Regnard, ni cette fine observation des mœurs qui distingue Marivaux. Piron*, fameux par sa verve caustique, dépensa surtout son esprit en épigrammes et en conversation ; il donna force parodies et bouffonneries au théâtre de la Foire; il écrivit même des tragédies; mais son œuvre la plus durable est une comédie, la Métromanie, jouée avec un très grand succès en 1738. Le sujet n'en était pas parfaitement inventé ; si le « métromane » est un vrai poète, il n'est pas ridicule; s'il n'est qu'un sot, son travers n'offre rien de bien dramatique. Piron a su rendre intéressante une donnée difficile, exceptionnelle ; sa versification brillante et vive contribua ausssi beaucoup

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