Alexis Piron. né à Dijon (1089), mort à Paris
à Fagrément de celte comédie. Gresset*, dans le Méchant (joué en 1747), semble avoir mieux réussi à étudier et à peindre un caraclêre : mais l'intrigue de sa pièce est faiblement conduite ; en revanche la versification est souvent excellente, et le dialogue est tout à fait spirituel et piquant. C'est ce mérite que Voltaire lui-même ne pouvait refuser à l'auteur du Méchant, lorsqu'il lui retirait tous les autres*. En effet, c'est par l'esprit, au sens le plus fin mais le plus léger du mot, que Gresset survit dans ses œuvres; c'est pour ainsi dire à force d'esprit qu'il est poète. Vert-Vert (1734), poème badin sur les aventures d'un perroquet, le Carême impromptu, et même la Chartreuse (un peu gâtée par une philosophie intempestive), sont des œuvres charmantes que l'agrément du style sauvera toujours de l'oubli.
iSi. Ainsi plusieurs bons auteurs conservaient dans la comédie une partie des traditions du grand siècle, mais affaiblies ; ils avaient tous plus d'esprit et de finesse que de vraie force comique. Nivelle de La Chaussée*, sentant que le genre s'épuisait, tenta de le rajeunir en substituant au comique l'émotion et le pathétique ; c'est ce qu'on appela la comédie larmoyante ; tentative intéressante, moins pour
1. Jean-Baptiste-Louis Gresset, né à Amiens (1709), mort en 1777. Le Méchant (\U1). Vert-Vert (1734).
2. On prétendait que Gresset, devenu très pieux, demandait sans cesse à Dieu de lui pardonner ses comédies. Voltaire écrit dans le Pauvre diable :
Gresset se trompe, il n'est pas si coupable ; Un vers heureux et d'un tour agréable Ne suffit pas, il faut une action.
De l'intérêt, du comique, une fable, Des mœurs du temps un portrait véritable.
Pour consommer cette œuvre du démon.