Cliarles-Guillaume Etienne, né en 1778, mort en
son bien : il feint devant eux d'avoir conservé quelque chose, un gros coffre tout plein d'écus; il les ramène ainsi par Tavarice à feindre au moins laffection. Piron, dans les Fils iîigratSj avait déjà exploité cette invention qui est, on peut le dire, à tout le monde. Il fallut le désœuvrement littéraire de l'époque, la maladresse de l'auteur qui crut être habile en niant qu'il eût jamais connu Conaxtty et la jalousie de ses rivaux pour soulever autour d'un événement aussi ordinaire une telle nuée de pamphlets. Plusieurs mois durant, Paris ne parla d'autre chose ; on n'avait rien vu de semblable depuis la Querelle du Cid.
lei. Pourquoi la comédie, sous l'Empire, vaut-elle mieux, en somme, et beaucoup mieux que la tragédie du même temps hautement préférée du maître et encouragée, mais sans fruit, par de magnifiques récompenses? On en pourrait alléguer diverses causes dont la meilleure est peut-être la plus générale. La comédie en France, en dépit des alternatives que traversa la fortune du genre, s'est toujours soutenue dans la voie constamment suivie dès sa naissance, en ne laissant rien perdre des richesses accumulées par une tradition vieille aujourd'hui de six siècles. Au contraire, le drame sérieux ballotté du mvstère à la tragédie, de la tragédie à la pièce romantique, aujourd'hui ramené du romantisme à la psychologie, n'a pas encore réussi en France à fonder une école vraiment nationale; et dans les intervalles où il n'est pas porté au plus haut par des écrivains de génie, il tombe au plus bas entre les mains de leurs imitateurs. Mais la tradition comique est si solidement implantée chez nous et si forte de sa continuité, si riche de cent chefs-d'œuvre, qu'à toute époque un homme d'esprit et de talent, pour peu qu'il y joigne une certaine connaissance du théâtre, peut encore cueillir sur cet arbre fécond, des fruits au moins estimables.
LES nOMANTIQlJES. — SECONDE PÉRIODE. 241