CHAPITRE X
Dix-neuvième siècle. — Seconde période (1820-1848)
195. Le second quart de notre siècle appartient au romantisme. Ce terme de romantique autour duquel on s'est battu vingt-cinq ans en France n*a jamais été bien clair. Au xYin** siècle ce mot nouveau apparaît d*abord comme un synonyme de romanesque; une imagination romantique est une imagination chimérique et aventureuse. Dans la langue de Jean-Jacques Rousseau il prend le sens de pittoresque avec une teinte de mélancolie sauvage; les rives du lac de Bienne sont romantiques. Mais Mme de Staél paraît avoir donné la première à ce mot une signification littéraire ; dans son livre De l Allemagne elle oppose l'une à l'autre deux poésies : l'une classique née de l'imitation des anciens ; l'autre romantique née du christianisme et de la chevalerie. Plus tard la littérature romantique fut simplement celle qui prétendait abolir les règles classiques. Le mot prit une signification pour ainsi dire négative, et d'autant plus, vague*.
Mme de Staél avait dit : « La littérature des anciens est chez nous une littérature transplantée. » Ce n'est pas tout à fait juste : nous avons reçu des Romains un peu de notre sang, beaucoup de nos institutions, presque toute notre langue; nous n'avons pas le droit de traiter Rome en étrangère.
Mais l'auteur ajoutait avec plus de raison : « Cette imitation a donné tout ce qu'elle pouvait donner, rien ne peut