‹ Leçons de littérature françaiseChapitre 97 sur 106 · LE THÉÂTRE · texte numérisé non relu

LE THÉÂTRE

chez lui est trop souvent dirigée et rectifiée par la logique, soumise à la thèse qu'il veut prouver; car il est toujours didactique autant que dramatique. D'autre part les noires couleurs dont il peint le vice, suffisent-elles à rendre le tableau édifiant? 11 est permis d'en douter, si l'on ne croit pas l'homme si sage, que ce soit assez de lui montrer le mal, pour le lui faire haïr.

ti8. Beaucoup d'autres noms ont retenti à la scène avec honneur depuis quarante années * ; mais dans cette rapide revue à peine pouvons-nous nommer les maîtres. M. Sardou' a dépassé Scribe par l'extrême habileté de l'arrangement dramatique et n'a pas montré une imagination moins féconde en ressources. Ses plus grands, ses plus durables succès sont dans la comédie de mœurs; quoiqu'il ait abordé tous les genres. Il excelle à résumer vivement, dans un tabeau animé, sans confusion, toute une face mobile et brillante des mœurs, des modes, des travers contemporains. Labiche' a su quelquefois incarner dans la bouffonnerie un véritable génie comique et mérité qu'avec lui la farce obtînt droit de cité dans l'Académie française.

Combien d'autres encore ont obtenu de brillants succès, les uns par une gaieté spirituelle ; les autres par une rare entente de la scène ; plusieurs par mille inventions touchantes ou plaisantes. Car à aucune époque le théâtre français, pris dans son ensemble, n'a fourni plus d'œuvres agréables que dans cette seconde moitié du siècle ; jamais on n'a dépensé plus de talent et plus d'esprit à la scène.

1. Nommons au moins quelques-uns de ces noms: Jules Sandeau, Octave Feuillet, Théodore Barrière, Louis Bouilhot, Meilliac, Ilalévy, Pailleron, Henri de Bornier.

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