‹ Leçons de littérature françaiseChapitre 99 sur 106 · LES HISTORIENS. — LES CRITIQUES · texte numérisé non relu

LES HISTORIENS. — LES CRITIQUES

déploie, elle se veut resserrer. Le romancier procède par analyse minutieuse ; et l'auteur dramatique, le plus souvent, par large synthèse.

Les historiens. — Les critiques.

«««. De toutes les études où l'esprit humain peut s'appliquer, celle de l'histoire a été, sans doute, la plus complètement renouvelée dans ce siècle, qui s'appellera peut-être un jour le siècle des historiens. Une vaste et patiente enquête se poursuit, qui embrasse toutes les époques et éclaire les moindres détails. On sait mieux les faits, et surtout on comprend mieux le véritable esprit des sociétés et des civilisations différentes. Mais le temps n'est plus, dans les études historiques, aux généralisations hardies et aux synthèses éloquentes. Chacun s'attache plutôt à creuser profondément le champ restreint qu'il s'est choisi. L'histoire ainsi s'est écartée un peu de la littérature et rapprochée de la pure érudition. Plus d'un historien éminent a fait trop bon marché du souci d'écrire et de composer, sans lequel il n'est pas d'œuvre littéraire. La postérité les estimera comme savants sans les connaître comme écrivains.

D'autres, en plus petit nombre, non moins épris de à vérité, ni moins attentifs à la trouver et à la dire, ont cru que l'exactitude pouvait se conciher avec le goût d'une forme simple, mais belle; et qu'après tout les choses ne peuvent rien perdre à être bien dites. Ils ont continué avec éclat, dans la seconde moitié du siècle, les traditions des grands historiens qui avaient illustré la première*.

1. Les principaux historiens français (depuis 1850) sont : M. Victor Duruy, né à Paris en 1811 [Histoire des Romains, 1870-1876) ; — M. le duc Albert de Broglie, né en 1821 : l'Église et V Empire romain (1856); Le Secret du Roi (1885); — M. Camille Rousset, né en 1821 . HiHnirc de J^uvois (1861-1863); — Fiistel de Coulanges« né à Pari»

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