‹ Leçons de logique [microforme] (volume 2)Chapitre 31 sur 51 · LA VÉRITÉ · texte numérisé non relu

LA VÉRITÉ

245. Définition de la vérité. La vérité est l'équation entre la chose connue et l'intelligence. Cette définition classique de la vérité demande quelques explications. La vérité est une équation, et donc, un rapport entre l'intelligence et la chose connue. Ici, par intelligence, on n'exprime pas la faculté elle-même, mais le fype mental, l'idée qui :svrésente la chose connue. Ainsi, on dit de quelqu un qu'il est un vrai saint. C'est parce que sa manière de faire, sa conduite est conforme à l'idée, à la définition d'un saint.

246. Vérité ontologique — Vérité logique — Vérité morale. — La rérité ontologique est la co. ormité d'une chose avec l'intelligence divine. — La vérit -ogique est la conformité de l'intelligence créee avec l'objet perçu. La vérité morale ou la véracité, est la conformité du langage avec la pensée.

247. La vérité consiste dans un rapport. — La définition de la vérité prouve suffisamment cet énoncé. Et d’ailleurs les affirmations de la conscience et le langage le confirment davantage. Ainsi, le bureau sur lequel j'écris, je ne dis pas qu'il est vrai, mais je dis qu’il est véritablement, vraiment un bureau. Par conséquent, les attributs vrai, véritahle ne sont pas affirmés du bureau, en tant qu'il est corsidéré en Zuimême, à l’état absolu, mais en tant que je le réfère, le rapporte à l’idée, à la définition d’un bureau. C'est cette référence, c’est ce rapport qui est la vérité. On ne dit pas aussi que le nombre 20 est vrai, mais que

10+10 égalent vraiment 20. C'est le rapport entre ces deux chiffres qui est la vérité.

248. La vérité est objet du jugement. — Une chose est vraie lorsqu'elle est conforme à l’idée qui représente sa nature. Cet homme, par exemple, est vraiment un bon père de famille parce qu’il réalise l’idée, ou qu’il est conforme à l’idée de bon père de famille. Quand on affirme que, vraiment, cet homme est bon père de famille, on place le sujet homme sous l'extension de l’attribut, bon père de famille. D'un autre côté on applique l’attribut bon Père de famille au sujet homme. C’est là faire une synthèse, une composition, c'est juger. Le jugement s’appelle composition. — Donc le rapport de conformité — c'est la définition de la vérité — est objet de jugement, ou encore, n’existe que dans le jugement.—N. B. Quoique n’existant parfaitement que dans le jugement, la vérité cependant existe d’une façon initiale, imparfaite dans la simple appréhension.

249. Toute vérité dépend de Dieu. — La vérité morale consiste dans la conformité du langage avec la pensée, de la parole avec l’idée. Pour être vraie, l’idée doit être conforme à la chose qu’elle : :présente—c’est la vérité logique. Et la chose elle-même représentée par l’idée est nécessairement conforme à l'intelligence divine, puisque tout ce qui existe est la réalisation des idées éternelles — c’est la vérité métaphysique.

250. L’opposé de la vérité. — L'absence de conformité entre l'intelligence et la chose Perçue est l'opposé de la vérité, c’est la fausseté. Comme la vérité, la fausseté est ontologique, logique ei morale suivant qu’elle est le manque de conformité entre la chose et l’intelligence divine (fausseté ontologique où métaphysique),

entre l'intelligence humaine et l’objet perçu (fausseté logique) et entre le langage et la pensée (fausseté morale, mensonge). Il est évident que la fausseté métaphysique n'existe pas. Il y a toujours conformité entre la chose et l'intelligence divine, puisque tout ce qui existe, est la réalisation temporelle d’une idée éternellement conçue.

Article II

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