‹ Leçons de logique [microforme] (volume 2)Chapitre 35 sur 51 · L'AUTORITÉ · texte numérisé non relu

L'AUTORITÉ

313. Définition de l'autorité. L'autorité est ce qui nous détermine à admettre nn enseignement écrit ou oral.

314. Les éléments de l'au > à. — L'autorité a deux éléments essentiels la science et la véracité. En effet on admet ce que quelqu'un dit ou écrit si l’on sait quil connaît ce dont il parle (science) et qu’il ne nous frompe pas (véracité).

315. L'autorité divine et l’autorité humaine. L'autorité est divine ou humaine selon que celui dont on admet l’enseignement est Dieu ou homme.

316. Foi, témoignage, témoin. —- La foi est l'adhésion de l'intelligence à un enseignement écrit ou oral. Cette adhésion est l'effet de l'autorité, elle est basée ROR pas sûr la connaissance que l'on a de la question, mais sur la science et la véracité de celui qui expose

cette question. — La foi est divine si l'adhésion est donnée à l’enseignement de Dieu ; elle est humaine, si l'adhésion est donnée à l’enseignement de l’homme. Le témoignage est l’acte par lequel quelqu'un raconte un fait ou expose une vérité. Le témoignage est divin ou humain si ce quelqu'un est Dieu ou un homme. Le téraoignage divin est appelé révélation. Ce témoignage est encore oral, historique et monumental suivant qu’il est donné par un geste ou la parole ‘oral), par un document écrit (historique), ou par un monument quelconque (monumental). Si la chose racontée est un fait, alors, plus strictement, le témoignage est historique. Ainsi l’histoire rapporte que Mgr. de Laval est le fondateur du Séminsire de Québec (témoignage historique). Si la chose racontée est un dogme, le témoignage se nomme témoignage dogmatique ou doctrinal. Le témoin est celui qui raconte le fait ou expose la question. S'il est Dieu, il est témoin divin, s’il est homme, il est témoin humain. Il est encore oculaire ou auriculaire selon qu'il a vu ou entendu.

317. Fait, dogme. — Le fait est un évènement quelconque connu par les sens. Il :st public ou privé, de grande ou de peu d'importance. Le dogme est une vérité immédiate ou médiate (275) d’ordre spéculatif connue par l'intelligence. Monsieur X est mort — voilà un fait. — T-ut effet a une cause — voilà un dogme.

318. :.'".utorité produit la certitude. — La certitude est l’assentiment ferme de l'esprit à une vérité, assentiment qui exclut toute crainte d’errsr. Or l’autorité produit cet assentiment ferme qui exclut toute crainte d’errer. L'autorité en effet a deux éléments essentiels : la science et la véracité. Là où existent la science et la véracité il y a ni ignorance ni erreur (opposées

de la science) ni mensonge (opposé de la véracité). Il ne reste plus que la vérité parfaitement connue et sincèrement exposée : tout ve qu'il faut pour rendre ferme l'adhésion de l'intelligence, c'est-à-dire pour produire la certitude.

319. Importance du témoignage, — L'importance du témoignage se Prouve par sa nécessité, Que l'on considère l'homme comme individu, comme membre de la famille et comme membre de la société, à ces trois points de vue, le témoignage lui est extrêmement nécesaire.

a) L'homme comme individu. Son éducation morale et intellectuelle nécessite le témoignage. Ses maîtres en effet, parents où étrangers, :ous les jours, ont besoin de mille renseignements dont ils ne contestent nullement la source et qu'ils acceptent sur les dires des autres. Les éducateurs vont-ils se mettre à refaire tous les travaux, à vérifier toutes les expériences de leurs prédécesseurs ? C’est impossible.

b) L'homme comme membre de la famille. La famille, Composée du père, de la mère et des enfants, ne pourrait pas exister sans le témoignage. Jusqu'à un âge très avancé, les fils et les filles admettent telle ou telle chose parce que leurs père et mère l'ont dit, Même, plus tard, ils font encore appel au témoignage de leurs parents. Sans le témoignage, comment croire aux vertus, aux belles actions, etc. des ancêtres ?

c) L'homme comme membre de la société. La société est basée sur un ensemble de relations, de lois, qui supposent le témoignage. Elle vit de traditions, de faits : autant de choses qu’on ne peut pas expliquer si l’on rejette le passé.

Et nous pouvons donc conclure que la croyance au témoignage est à la base de la vie individuelle, familiale et sociale.

Article VII

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