‹ Leçons de logique [microforme]Chapitre 27 sur 49 · CHAPITRE V La solution sceptique · texte numérisé non relu

CHAPITRE V La solution sceptique

205. Le scepticisme. — Il n’y a rien de certain : telle ct lu formule chère à tous les sceptiques. Ils ne nient pas pour cela l'existence de toute certitude. Comnic tout le monde, 1:s admettent que nous sommes en possession d’une foule de croyances auxquelles spontanément l'esprit adhère sans aucune crainte de se tromper. Mais, cette certitude, patrimoine de tous, n’est qu’implicite selon eux, et mérite, tout au plus, le nom d’aveugle crédulité. Les sceptiques contestent donc la valeur motivée, légitime, de n:3 adhésions à la vérité : en d’autres termes, ils rejettent la certitude philosophique, scientifique ou explicite ; ou encore, ils contestent à la raison ::umaine le puissance d'arriver à la connaissance scientifiquement démontrée et réfléchie de la vérité. Ils déclarent toutes nos facultés cogniives, sensibles et intellectuelles, absolument incapabies d’atteindre la certitude philoscnliique.

206. Le scepticisme dans l'histoire. — Au cinquième siècle avant J.-C., les sophistes Gorgias et Protagoras prétendent, contre les physiciens de leur temps, que la recherche de l'essence des choses n’aboutit à rien. Au reste, selon les besoins de la cause, ces s0phistes soutenaient indifféremment le pour et le contre sur toutes les questions. Deux siècles plus tard, Pyrrhon et Arcésilas, suivant l'orientation morale et utilitaire qu'avait prise la philosophie, déclarent impossible et inutile la recherche d’une certitude théorique ; le mieux, c’est de suspendre son jugement sur toutes choses. La Nouvelle Académie, avec Carnéade, prêche la probabilité, c'est-à-dire une sorte de scepticisme relatif. Les néo-pyrrhoniens, Ptolémée de Cyrène, Aenésidème et Sextus Empiricus font litière de toute certitude.

« Au moyen âge, le dogmatisme règne universellement dans les écoles philosophiques.

« Dans son engouement pour l'antiquité, la Renaissance essaya de faire revivre le scepticisme antique ; les noms de Montaigne, de Charror du Portugais Sanchez, etc., sont associés à cet effoit, ui fut d’ailleurs, sans grande importance. Les systèmes du XVIIe siècle, que l’on taxe parfois de scepticisme, sont plutôt des formes du dogmatisme : tel le scepticisme philosophique de Pascal qui, désespérant de la raison raisonnante laissée à elle-même, interroge les « raisons dun cœur » et les inspirations de la grâce surnaturelle ; tel encore le scepticisme moral et religieux de Huet et de La Mernais qui, désespérant de la raison naturelle, deinandent à la foi de suppléer la philosophie ». (

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