‹ Leçons de logique [microforme]Chapitre 36 sur 49 · CHAPITRE XIV La science · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV La science

268. Définition de la science. — La science est une connaissance var les causes. C’est ce qu’a exprimé Aristote lorsqu'il écrivait : « Nous savons une chose d’une manière absolue lorsque nous savons quelle est la cause qui la produit, et pourquoi cette chose ne saurait être autrement.»

269. Caractères de la science. — Les caractères ‘le la science sont la certitude et l’universalité. La certitude : le propre de la certitude est d’exclure toute crainte d’erreur. Et cette peur de se tromper, quand on saît la cause, le pourquoi d’une vérité, n’est plus possible. Or la science donne la cause, le pourgoui de ce que l’on connaît. L’universalité : la science, étant une connaissance certaine, suppuse de la part de l'intelligence un assentiment ferme, stable à la chose connue. Celleci, pour produire dans l’esprit cette adhésion qui exclut toute possibilité d'erreur, doit être aussi stable, im- - able. Or, dans les choses, ce qui est stable, immuable,

* ne sont pas leurs qualités extérieures, lesquelles changent sans cesse, mais bien leur essence, ce par quoi elles sont cv qu’elles sont. Cette essence, universellement la même, est l’objet de la science. Celle-ci a donc l’universalité comme caractère. Aiusi avoi: la science de l’homme, ce n’est pas connaître sa forme extérieure, son nom, le milieu où il vit, mais bien, son animalité et sa raisonnabilité, les deux caractères essentiels qui le constituent comme homme, caractères immuables, indépendants de ce qui le fait un tel et qu’on retrouve dans tous les hommes.

270. La science et les sciences. — La connaissance de la vérité par ses causes, s’appelle la science. Mais l’ensemble des vérités connues par leurs causes et partagées en différents domaines se nomme les sciences. Ainsi nous avons les sciences théologiques, les sciences naturelles, les sciences physiques, les sciences historiques, etc., etc. Chacune de ces sciences forme une science particulière, laquelle se définit comme suit : un ensemble de connaissances certaines, universelles, méthodiques, se rapportant à un même objet.

271. Avants:zes de la science. — Les avantages que procure la science sont théoriques et pratiques.

I. AVANTAGES THÉORIQUES.— La science met l’intelligence en possession de la vérité. Celle-ci, méditée, coutemplée sans aucune préoccupation d’ordre pratique, est pour l’esprit humain une source de jouissances indicibles, puisqu'elle nous rapproche de Dieu ia vérité même. La simple vision de la lumière, dit Bacon, est quelque chose de plus beau et de plus grand que toutes les utilités que nous en retirons.

II. AVANTAGES PRATIQUES.—Auguste Comte énonce les avantages pratiques de la science dans la formule suivante : savoir pour prévoir, afin de pouvoir.

a) La sience nous rend capables de prévoir. — Comme la science est u:e connaissance des choses par leurs causes, du moment que les causes sont connues, on peut prédire, prévoir les effets qui en découlent nécessairement.

b) La science augmente notre pouvoir. — C’est le propre de la science de nous faire connaître les causes. Or la connaissance de la cause d’un effet, c’est la connaissance du moyen de produire cet effet, puisque la cause

est ce qui produit ou est capable de produire l'effet. Voilà pourquoi, selon Bacon, savoir, c’est pouvoir (1).

272. Division des sciences. — La raison distinctive des sciences c’est le point de vue (objet formel) sous lequel elles étudient la matière (objet matériel) qui fait le sujet de leurs investigations. Et tout ce qui constitue l’objet des recherches scientifiques peut être considéré sous cing aspects différents. Les sciences se divisent donc en cinq grandes classes bien distinctes qui sont la Physique, les Mathématiques, la Métaphysique, la Logique et la Morale. Chacune de ces classes se divisent en plusieurs autres qu’il serait trop long d'énumérer ici (*.

Page 1