‹ Lec̜ons de mécanique analytiqueChapitre 31 sur 144 · PRÉFACE. XXXIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXXIX

Saint- Venaut jouit à Tétranger d'une réputation que nous oserions appeler grandiose.

Dans le champ des théories et des calculs relatifs à l'élasticité^ aux pressions, aux torsions, aux flexions avec glissement, il a devancé tous les autres, et il n'est personne au delà de la Manche et du Rhin qui ne le place au premier rang. Toutes les fois que, pour ces matières si délicates, je me suis adressé à un savant anglais ou allemand, je recevais toujours la même réponse : «Vous avez prés de vous Tautoritépar excellence, M. de Saint- Venant, consultez-le, écoutez- le, suivez-le. » C'est, par exemple, ce que m'écrivit un jour M. von Ettingshausen à qui je demandais s'il avait achevé sa Théorie de V élasticité ^ il ajoutait que notre Académie des Sciences a grand tort, très-grand tort, de ne pas ouvrir son sein a un géomètre si haut placé dans l'opinion des juges les plus compétents. Espérons que ce tort sera bientôt réparé. La rédaction des vingt et unième et vingt-deuxième Leçons de ce volume ne peut qu'ajouter a sa réputation ; je l'aurais comprise peut^'ètre autrement, mais je ne l'aurais certainement ni mieux, ni même aussi bien faite.

Encore quelques souvenirs d'amitié reconnaissante et une justification. M. Radau, mon collaborateur habituel, élève de la grande école de Kœnigsberg, si riche des traditions des Bessel, des Jacobi, des Richelot, des Neumann^ m'a plus d'une fois aidé de la sûreté de son jugement et de l'habileté de son analyse.

Deux amis dévoués qui m'ont souvent donné des preuves de leur aiTection, M. Henri Giffard, l'inventeur heureux et à jamais célèbre de Tinjecteur, M. Hippolyte Marinoni, un de nos plus habiles mécaniciens, le chef en France de la grande industrie des presses typographiques et lithographiques à grande vitesse, à qui l'Exposition de 1867 devait la plus élevée de ses récompenses, ont

XL PRtFÀCE.

bien voulu faire pour moi la plus grande partie des frais d'impression de ce volume; je ne l'oublierai jamais. M. Gautbier-Villars m'a rendu facile l'impression du reste du volume, et M. Bailleul, en me harcelant sans cesse, m^a enfin arraché les derniers feuillets de copie. Je les remercie de leur bon concours.

On trouvera étrange que le nom de M. Poncelet, le législateur en France de la Mécanique appliquée, ne soit pas prononcé dans cet Ouvrage-, cela vient de ce que j'ai dû faire ici et que j'ai fait de l'analyse, de Téquilibre et du moment virtuel, tandis que M. Poncelet est le chef d'école de la synthèse, du mouvement et du travail.

Mais j'ai pour M. Poncelet une admiration sincère, une estime profonde, une affection reconnaissante et j'espère lui causer bientôt une agréable surprise. J'ai dit que je publierais la Mécanique rationnelle et physique d'Ampère; or, la Mécanique de mon second maitre fut et sera un triomphe pour M. Poncelet. Ampère le comprenait et relevait à sa grande hauteur, quand Cauchy, empêché par une différence énorme de tempérament scientifique, hésitait et faisait des réserves.

La Dynamique analytique pourra paraître prochainement en trois grosses livraisons : i° Cinématique '^ 2° Djnamique proprement dite^ 3° Equations générales de la Mécanique.

En tout cas la Statique forme un tout complet.

Au Coslen, près Guéméné-sur-ScoriT (Morbihâo), 3i âoût 1867.

LEÇONS

DK

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