POSTFACE
nisme particulier et le mécanisme des corps qui nous soiiL palpables, nul lien n'a été saisi jusqu'à présent.
Par exemple encore, nous ignorons absolument le mécanisme intermédiaire qui, du frottement de certains corp?, fait do ceux-ci des corps électrisés, nous ignorons d'ailleurs ce qu'est le frottement.
Est-ce à dire qu'une philosophie naturelle, ayant la mécanique comine idée directricej soit détinilivement condamnée? Nullement! et pour ma part, je ne crois pas plus à la déroute de l'atomisme qu'à sa réahté essentielle. Il est plus juste d'avouer que si le déterminisme mécanique unitaire plaît à notre esprit, l'expérience ne nous révèle (jusqu'à présenl) que des déterminismes isolés non reliés encore entre eux.
Pour donner à ma pensée une forme abstraite mais précise, je dirai : soit S un système (coordonnées et horloge) où des phcncmènes de mouvements rapportés à S soient étudiés, et supposons ceux-ci soumis au déterminisme mécanique défini dans ces leçons.
Soit S' un autre système {coordonnées et horlojj;e) dans lequel des phénomènes de mouvement rapportés à S' soient soumis à un déterminisme anaiot^ue.
Ce que l'expérience (négative) semble autoriser parfois à admettre, c'est que les déterminismes isolés dans S et dans S' no sont pas modifiés par le mouvement relatif de S' par rapport à S : en d'autres termes les systèmes S et S' sont isolés. Les philosophes purs regretteront peut-être
qu'il en soil ainsi ; avouons pourtant que s'il en était autrement, la marche progressive des sciences eût été im-
Malgré tout, par un invincible besoin d'unité, l'esprit humain ne peut se résoudre à morceler l'univers en catégories séparées comme les vitrines d'un musée.
Physique, Chimie, Biologie, voilà nos grandes vitrines eonvenlionnelies, et sans la division du travail qui leur correspond, sans des spécialisations nécessaires, aucune de ces sciences n'eût prospéré.
Mais il n'est pas téméraire d'affirmer que, dans un avenir pltis ou moins éloigné, les découvertes décisives se feront sur les frontières plus ou moins factices de ces diverses sciences.
Quant aux notions de la mécanique ralionnelie, qui d'ailleurs affirment si peu, elles semblent destinées à servir longtemps encore d'image et de monnaie aux physiciens.
En tous cas, la mécanique rationnelle survivrait au principe de l'inertie si celui-ci venait à être abandonné à son tour par la Physique.