‹ Leçons de médecine légale (volume 2)Chapitre 13 sur 54 · CINQUIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

CINQUIÈME LEÇON

Des outrages Jaits à la pudeur.

Nous rangeons sous ce titre les divers attentats à la pudeur pour lesquels le magistrat invoque les iuinières du médecin. Ces attentats sont de* différente nature ,' et il convient de les distinguer. Tantôt ils constituent le 'viol, qui peut être défini, V effort fait pour abuser d’une fille ou d’une femme malgré leur 'volonté^ dans certains cas, ils consistent dans la simple application du membre viril sur les organes génitaux et sur les parties qui les environnent, sans qu’il y ait la moindre trace de violence; quelquefois enfin, il s’agit du crime de pédérastie ou dé sodomie. Avant d’examiner chacun de ces objets, voyons comment s’exprime le code pénal.

'< Toute personne qui aura commis un outrage, rpublic ià pudeur 5 sera punm d’pn emprisonnement de trois mois à un an, et d’urié amende de i6 francs à aoo Tràtiçs. ( 3^0. )

Quiconque aura commis îe crime de aifo/, ou siéfa eoüpablé' de tout autre attentât a îà pudèur , cônsômmc du tenté âvec violence , contre desûndividus de l’un et dé l’autre seœe sera puni de la réclusion. (A.rt^33 i-) Si le crime a été- commis sur la personne d’un enfant au-dessous de^Tage de quinze ans accomplis., le coupable subira la peine des travaux forcés à temps. (Art., 332. ) La pejne.sera celle des travaux forcés' à' perpétuité , si les coupables sont de la classe de ceux qui ont autdritéiSur la personne envers laquelle ils ont cdmUiis' l’attentat , s-ils sont ses instituteurs ou ses serviteurs à-gages-,- ou s il^jSqnt fonetionnaires publics, ou ministres :d’ un cnlté, ousi le coupable ,; quel qu'il soit,:; a été, aidé dans son. crime -par, une ou plusieurs personnes. >> (Art. 333. )

' ^ ' M F^iôi: -

S'il est vrai qne; l’on .désigne sous ie nom de 'viol.,. I effort fait pour abuser dune fille ou d’une femme malgré leur volon.téj il est également certàip..que clans 1 e plus.grand:nombre des cas , la personne abusée est une fille encore vierge il importe d’établir cette distinction.

Kiol chez uneJïlle:'vi,erge:^ T)ïms -une question de ce genre , 1 bômmé.- de 1 art doit: 'S attaclier .à .déterrniner , I si la fille a été .déflorée; a? si la défloration a été produite par le membre, viril, ou par un autre corps volumineux; 3^ si elle a été çonsentie ou foreéev

A. Mo.yens de r econn aitre s 'il y a éH dé^oratiô.ij, , . O n sait que dans le plus grand nombre des eaç, les oiv ganes génitaux des jeunes filles qui n’ont point été déflorées offrent une disposition, une couleur et tine tension particulières : nous croyons devoir décrire Vétat.

de leurs parties sexuelles, en ayant soin , toutefois, d’indiquer les circonstances qui peuvent les modifier , : et qui seraient propres à induire le médecin en erreur. Les parties dont nous parlons sont les grandes et les petites lèvres, la fourchette, la fosse naviculaire, l’orifice du- vagin , l’intérieur de ce canal, l’hymen, les caroncules myrtiformes et l’orifice de l’utérus.

Les grandes levres sont épaisses ,' fermes et -tendues ; leurs bords libres se rapprochent, et tendent à rècouvrir l’orifice de la vulve j leür face interne est lisse et vermeille. Mais si la personne est déjà d’un certain âge, si elle a éprouvé des maladies de longue durée , telles que les flueurs blanches , la chlorose, etc. ; ou si elle s’est livrée à des attouchemens indiscrets, ces signes pourroiït manquer, tandis qu’il n’est pas rare de les • rencontrer chez des filles qui n’ont senti l’approche de. l’homme qu’une fois ou qu’un petit nombre de fois.

Les petites lèvres {^xïjTcv^es'). Elles sont petites, lisses , vermeilles , douées^ d’assez d’élasticité., sensibles et bien enfermées. Mais on aurait tort de croire qu’il suffit d’une simple introduetion , dans le vagin, d’un corps plus ou moins volumineux , pour leur faire perdre ees caractères ; d’ailleurs , les mêmes causes qui chez les filles non déflorées; relâchent les grandes lèvres, flétrissent celles-ci et les rendent molles , flasques et pendantes, . ^ ^ ^ ^ ^ ^ ^

Lafi>urcheUe est ordinairement entière et fort tendue, tandis quelle est presque toujours déchirée chez les femmes qui ont eu des enfans. Mais l’intégrité de cette qyartie n’est pas une marque infaillible de non défloration , puisqu’elle a lieu chez les filles qui ont exercé

leeoït , lorsque le meiïibre viril n était pas d’un volume disproportionné. îEn outre , il n’est pas encore prouvé qii e. certaines maladiesides:parties génitales ne puissent détruire cette bride membraneuse ohez les filles non déflorées. ^ i

LaJ'osse naviçMlainei^ ou respaGe renfermé entre la fourchette. et la partie postérieure ide.rorifice du vagin , conserve sa véritablé forme chez les filles non déflorées , tandis qujelfe est ^déformée après -kt. défloration , et n’existe >plua si la fourehette à été déchirée. Les restrictionsque nous avons mises en parlant de la fourchette s’appliquent don e naturellement à ce caractère.

iLi^dryîeé du ^ a gin est en général plus étroit avant qu^après la tléfloration ; mais , comme son diamètre ne présente rien'd’absoJn , et qu’il n’offre point les mêmes dimensions chez toutes les femmes, il est possible qu’il soit plus large chez une fille non déflorée que chez une autre qui l’aura été ; d’ailleurs plusieurs causes, telles que la leucorrhée, l’âge , la menstruation , l’abus deslotions ou des bains émolliens, peuvent avoir dilaté eet orifice chez celles qui n’ont pas été déflorées.

L’intérieur du vagin est parsemé de rides transversales , très - rapprochées et très - saillantes , tandis qu’il tend de plus en plus à devenir lisse, à mesure que la copulation a lieu. Mais ne serait-ce pas s’abuser que d accorder quelque valeur à ce signe pour déterminer si une fille a été déflorée, dans le cas où il n’y aurait eu quune seule introduction dans le vagin , d’un corps plus ou moins volumineux ?

La membrane se rencontre chez la plupart

oes fillés non déflorées, malgré l’assertion contraire

de quelques auteurs 5 mais on aurait tort de regarder son absence comme un signe infaillible de défloration , et vice j)ersâ ; en effet, on l’a observée chez des filles déflorées, et, ce qui paraîtra plus extraordinaire , chez des femmes qui étaient sur le point d’accoucher.; en, sorte qu.’il a fallu , pour livrer passage à la tête de ren- fant, l’inciser lorsque les efforts de cette tête ne ladérchiraient point. On concevra pourquoi cette mem-brane petit conserver son intégrité après là défloration^ . en sachant que sa densité n’est pas toujours la mênie.£ Fabricius d’Aquapendente ne fait -il point mentiqn dune fille que tous les écoliers d’une pension s’efforcèrent en vain de déflorer .? Ambroise Paré n’a-t-il pas vu l’hymen d’une consistance presque osseuse?

L’absence de cette membrane ne saurait être regardée comme une preuve de défloration , parce qu’elle peut avoir été détruite par des courses a cheval lorsqu’on monte en cavalier, par un saut brusque, par des coups, des chutes, par l’élargissement subit des cuisses, par l’effort delà première menstruation, par un caillqt de sang, par des ulcères , des flueurs blanches , des caustiques , par les descentes de matrice et du vagin.

caroncules myrtiformes. Les anatomistes ayant; émis des opinions diverses sur l’origine des caroncules myrtiform es , il est indispensable de les rappeler avant de faire connaître la valeur du signe fourni par ces tubercules. Les uns ont pensé que les caroncules n’existent jamais avec l’hymen , et qu’elles sont les débris de cette membrane : en adoptant cette opinion, qui nous paraît juste , la présence ou l’absence de pareils tubercules n’éclaire pas plus la

question relative à la défloration que .la présence ou TabsenGe de- rhynïen. D’autres ont cru que les caroncules^ myrtifôrmes existent naturellement et remplacent l’hymen : tout porte à croire que ces anatomistes ont été induits en erreur, et qu’ils ont pris pour des caFoncules quelques-unes des rides saillan%es" du vagin y qui s’étCndènt quelquefois jusque sur 1 hyrrieri-; àxL moins est - il certain qu’àyant fait des recheFchès sûr plus de deux eents cadavres de filles agees de deux à quatorze ans , chez lesquelles , il est vrai, l iiymerL existait encore, nous n’avons jamais pu découvrir de pareils tubercules. On ne les a pas vus non plus chez plusieurs petites filles qui venaient de naître, et chez lesquelles il n’y avait ^oint àe membrane à 1 entrée du vagin. Mais, en supposant que l’opinion de ces anatomistes dût prévaloir , il ne serait pas raisonnable de regarder rabsence de ces caroncules comme un signe de défloration , et -vice 'versa ÿ en effet , comme I hymen, elles pourraient ne pas s’effacer dans une première introduction d’un corps plus ou moins volumineux , et les mêmes causes qui détruisent cette membrane chez les filles non déflorées , pourraient les faire disparaître;

Que \ orifice d(î l’utérus soit fermé ou ouvert, que sa forme soit arrondie ou transversale, peu importe lorsqu on cherche à constater s’il y a eu défloration ; car les filles déflorées qui n’ont point fait d’enfans ressemblent à cet égard à celles qui ne l’ont point été.

Plusieurs médecins, jaloux de faciliter la solation de la question qui nous occupe, ont cherché ailleurs que dans les organes génitaux , des moyens de reconnaître

s’il y avait eu défloration ; l’énumération <ie ces moyens suffira pour faire sentir leur nullité, et l’on concevra avec peine, que , de nos jours, des hommes recoramatidables aient proposé sérieusement de pareils caractères : la voix grossit apres la déjloration; le corps et r urine exhalent une odeur particulière^ le visage est marqueté 'y le cou grossit ^ et, s’il peut être entouré par un fil qui s’étend depuis la pointe du nez jusqu’à la réunion des sutures sagittale et lambdoïde, la fille n’est point déûorée ; les jpeux sont cernés y et le blanc en est terni.

Les chairs et les mamelles sont fraîches et fermés chez les filles non déflorées. Mais ne sait-on pas, pmir ce qui concerne ce dernier caractère, que souvent le contraire a lieu, surtout lorsque la santé est dérangée;; d’ailleurs combien n’y a -t-il pas de femmes mariées qui ne le cèdent en rien sous ce rapport aux filles les mieux portantes?

effusion de sang dans le congrès, la douleur que la femme éprouve pendant le coït, et la résistance qu’oppose* le vagin à se laisser franchir, sont encore des signes de non défloration donnés par les auteurs, qui les ont même considérés comme des marques e^ïpérimentales. Mais il est certain que \ effusion de sang ne prouve rien , puisqu’on peut l’observer chez les filles déjà déflorées, et qu’elle peut manquer chez d’autres qui ne le sont pas , suivant que l’ouverture du vagin est petite ou grande, relativement au corps qui y est introduit, et suivant d’autres circonstances qu’il est inutile de mentionner : d’ailleurs, combien il serait facile à une femme déflorée et rusée de faire prendre

le change, soit en attendant Féppque de la menstruation, soit en tachant les linges de sang , etc. Nous en dirons autant de la douleur et à.e, \ai résistance première peut être feinte, et la seconde favorisée par 1 emploi de substances astringentes j lune et Fautre manquent quelquefois chez les hiles qui ont été déflorées par un corps peu, volumineux, tandis quelles peuvent se manifester chez une fille déhontée quia observé la continence pendant quelque temps.

- ha connaissance -de^a disposition ,• de la couleur, de la tension des parties sexuelles d’une fille non déflorée , et des divers caractères donnés par les auteurs pour juger s il y a eu défloration , nous permet d’établir un eertain nombre de propositions qui doivent servir de guide lorsqu il s agit de résoudre le problème qui nous ocçupe(i). 1° Parmiles signes qui peuvent annoncer la

(i) Nous omettons à dessein de parler de la 'virginité, comme le font tous les auteurs de médecine legale, pour ne pas compliquer davantage une question qui l’est déjà assez par elle-meme. En effet, en adoptant les idées de ces auteurs qui définissent la virginité, l’état d’unè fille qui n’a point encore senti rapproche de Vhomjyie, il est, évident que la virginité n’existera pas chez une fille dans le.vagiii de laquelle on aui’a introduit un membre viril exigu, quoique les parties sexuelles aient conservé la disposition , la couleur et la tension - qu elles présentaient avant l’introduction. Àu contraire, la ■virginité existera, chez les filles dans le vagin desquelles il aura été introduit un doigt, lin pessairé ou un corps plus. volumineux autre que le membre -viril , quoique les parties génitales offrent une disposition , une couleur ' et une tension semblables à celles que l’on remarque chez les femmes qui

tdéÜoration , ceux qui sont tirés de l’état des parties sexuelles seulement offrent une certaine valeur. 2° Il ne suffit pas d’un de ces signes pris isolément, mais il faut leur ensemble pour qu’on puisse les prendre en considération. 3® A la vérité, rbjmén existant chez le plus grand nombre ries filles, non déflorées , son existence ou son absence méritent la plus grande attention. 4*^ Malgré la réunion de tous ces signes, il estimpossibîè dé affirmer que la fille a été déflorée , à moins que l’on ne détermine qu’il y a eu accouchement : hors ce cas , la réunion des signes! dont nous parlons ne permet que d’élever présomptions plus ou moins fortes en faveur de la défloration, et l’hommé de l’art Serait coupable si, cédant aux instances du magistrat, il affirmait ce dont il ne peut pas être convaincu. 5® On est plus autorisé encore à. soupçonner la défloration, lorsque les signes qui l’annoncent coïncident avec des contusions j des plaies et des marques de sévice aux parties génitales. 6° La plus grande décence et le plus grand ménagement doivent présider à des visites de ce genre, qui, pour être de quelque utilité, doivent être faites, en général, peu dé temps après l’époque présumée de la défloration , parce qu’il suffit souvent d’un ou de deux jours pour faire disparaître les traces que le coi*ps introduit dans le vagin laisse après son passage. 7° Il

ont joui des plaisirs de Famour. Ces conséquences , qui découlent nécessairement de la définition dont il vient d’étre parlé, n’étant propres qu’à compliquer la question, nous avons cru devoir nous dispenser de traiter ex-professo de la virginité.

n est pas inutile, avant de porter son jugement, d’exa~ miner le caractère, les mœurs de la personne, son âge, sa^onduite, ses occupations, réducation qu’elle a reçue, tes mœurs des individus qu’elle fréquente, l’impression que la visite produit sur elle - mais l’on ne doit avoir ^ardà des considérations morales de cergenre qu’au- 1^5?; s accordent avec les données fournies par

Le médecin n’oubliera jamais quep prononçant légèrement il s’expose à.déshonorer une. fille dont la conduite a été irréprochable.

iMpje^s de. reconnaître si la dj^oratiouy que nous ^MPiP9Jons. avoir .ete constatée ^ est lé résultat de l’introduct-ion du membre 'viril ou d’un autre corps ^ An cm.ou& 1 impossibilité dans laquelle nous sommes de résoudre cette question dans le phis grand nombre de cas. Comment établir une différence entré le délabrement des parties sexuelles produit par le membre viril, par un pessaire pu par tout autre corps que des personnes lascives auraient introduit dans le vagin P On ne pourrait pre~ le coït que dans le cas où la défloration n’ayant pas été consentie, les organes sexuels et d’autres parties du. corps seraient meurtris, ou lorsqu’à des signes de défloration récente se joindraient des écoulemens ou d’autres symptômes vénériens.

G. La défloration a-t-elle été consentie ou forcée. Avant de nous occuper de ce sujet , examinons si la législation actuelle punit la défloration d’une personne mineure n’a opposé aucune résistance. On trouve «ians quelques ouvrages de médecine légale, que la loi sévit dans ce cas contre l’aùteur de la défloration, et l’on donne pour preuve les articles 354, 355 et 356

du code pénal, relatifs à l’eniéyement des mineurs, et ainsi conçus ;

« Quiconque aura , par fraude ou par violence, enlevé ou fait enlever des mineurs , on les aura entraînés, détournés ou déplacés, ou les aura fait entraîner, détourner ou déplacer des lieux où ils étaient mis par ceux à l’autorité ou à la direction desquels ils étaient soumis ou confiés , subira la peine de la réclusion. — Si la personne ainsi enlevée ou détournée est une fille au-dessous de seize ans accomplis , la peine sera celle des travaux forcés à temps. — Quand la fille au-dessous de seize ans aurait consenti à son enlèvement ou suivi volontairement le ravisseur, si celui-ci était majeur de vingt et un ans ou au-dessus., il ‘sera condamné aux travaux forcés à temps. Si le ravisseur n’nvait pas encore vingt et. un ans, il sera puni d’un emprisonnement de deux à cinq ans. » '

Mais 1 enlèvement des mineurs ne suppose pas toujours la défloration, et comme, en matière pénale, on ne doit jamais cliercher ce que la loi a voulu dire, mais bien ce quelle a dit, il est évident que la loi punit le rapt, et non la défloration consentie. Cette opinion est implicitement exprimée dans le passage suivant, tiré des Œuvres d’un jurisconsulte célèbre :

« ba défloration est l’action par laquelle on prive une fille de sa virginité. — Un fait pareil est regardé parmi nous comme un crime capital dans deux cas ; le premier, quand on attente à la pudicité d’une personne du sexe malgré elle , et cest ce qu’on appelle exactement un iriol ; le deuxième, lorsque sans voies de violence on fait des entreprises contre la virginité d’une personne non encore nubile. Le code pénal ne punit la défloration dans le cas de viol , que de la peine de la réclusion ou des travaux forcés; il ne la soumet , dans le second cas , tantôt à la peine des travaux forcés , tantôt à

un simple emprisonnement, que lorsqu’elle a. été précédée de rapt avec violence. {Merlin, Répertoire de jurisprudence. )

Voyons maintenant s’il existe des moyens propres à faire distinguer la défloration consentie, de celle qui est J^orcée. Dans le plus grand nombre des cas où l’intervention du médecin est réclamée , la défloration forcée d’une jeune fille a été opérée par un individu dont le membre viril offre des dimensions considérables , surtout lorsqu’on les compare à celles des parties sexuelles de la jeune personne; dès lors il ne faut pas s’étonner que cette défloration soit accompagnée d’un délabrement plus ou moins considérable, qu’il importe de faire connaître, parce qu’il peut jeter un grand jour sur la question qui nous occupe.

Les organes génitaux sont loin de conserver leur intégrité ; l’hymen peut présenter des solutions de continuité qui se dirigent suivant l’axe du vagin , et qui paraissent récentes; les lambeaux de cette mem^ brane sont sanglans ou cicatrisés ; les grandes et les petites lèvres sont rouges , tuméfiées , douloureuses, et quelquefois sanglantes; rorifice du vagin, le méat urinaire et les autres parties externes de la génération peuvent participer à ce désordre : il n’est pas rare aussi de découvrir des meurtrissures aux cuisses, aux bras, aux seins, aux lèvres, aux joues, etc, résultat de la résistance opposée par la jeune fille ; il y a par fois un écoulement purulent non contagieuse produit par le froissement des parties génitales, qui peut exister lors meme qù il n’y a eu que des tentatives de viol. Les altérations dont nous parlons sont surtout I. 7 ■

imnifestes , quünd la v^rge. a été introduite plusieurs fois. , ,

Si , au lieu de. supposer le membre . viril trop gros , on admet qu’il offre des dimensions proportionnées à celles des parties sexuelles de la jeune fille , ou même qu’il est petit , il est évident que la défloration aura pu êtreyô/Wô, quoique les organes génitaux ne présgutent aucun des caractères indiqués^ seulement alors il pourra y avoir des meurtrissures aux cuisses, aiiç seins, etc., à raison de la résistance opposée par la, jeune fille. Nous ne reviendrons point sur ce^ qui a été dit à la page pS , relativement aux moyens de dis^ tinguer si la défloration forcée a été le résultat de 3’introduction du membre viril ou d’un autre corps plus ou moins volumineux.

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