‹ Leçons de médecine légale (volume 2)Chapitre 14 sur 54 · SIXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

SIXIÈME LEÇON

Les détails qui précèdent sur la défloration ne sont pas encore suffisans pour résoudre la question du chez une fille vierge; on s’exposerait à commettre des erreurs graves si , au moment de porter son jugemen t on ne se rappellait point les propositions suivantes, 1° On peut observer un écoulement blénorrhagique purulent , sans qu’il y ait eu viol , dans les affections catarrhales des voies Urinaires et génitales à l’époque de la dentition, dans certaines phlegmasies de la peau„ telles que la rougeole , la scarlatine , etc. ; aux approches dé la première menstruation , aux premières approches conjugales , à la suite de titillations fréquentes, de l’abus des lavemens irritans , lorsqu’il y a suppression des règles , quand il y a des calculs dans la

vessie, ou que la nialàdé est- sous l’influence d’üù vicé dartreux , rhumatismal ou goutteux : l’état de grossésse peut égàleniënt le détërminêr. Voici un fait propre àéclaifer ce ^ jî? jt ; :

Une jeunè fille de qUàtré ans , attëirite d’ùn catarrhe - pulmonaire avec fièvre , rendait par Ta vulve unémucc^ site hlàu châtre fort âcrë 5 lès grandes lèvres- et le mont dë Vénus étâientrOugës, tuméfiés et dôulouf eux ; dn voyait en outré 'quelques ulcères assez profonds fournissant unéUiaïièrë |rariilëntë^ Semblable aüi rnucosités ddhfll a déjà été fait mention. Les parens aîarinés , jugeàiîl que f affection des parties génitales était vëfaérienne; crûrent quel enfant avait été viole. Les remèdes adôùcissans ânienèrent assez promptement la guérison pour qu’il fût aisé de se convaincre que récoulement et 1 ulcération des parties sexuelles dépendaient de raffection catarrhale qui régnait alors épidémiquement à Pàris. {Cdpuron, Médecine légale relative à l’art des accQuchemehs. )

Mais si Thomme de l’art doit être blâmé de considérer tout écoulement par la vulve comme une preuve de vkd, la faute est bien plus grande lorsqu’il regarde cet écôulemèni comme vénérien , parce qu’alors il se croit autorisé à prononcer qu'il y a eu , ou quil ny a pas eu viol, suivant què l’in dividù accusé est ou n’est pas atteint de la maladie vénérienne. Ainsi, il peut se faire que, l’écoulement étant le résultat dé 1 introduction dans le vagin d’un étui d’aiguilles ou d un corps dur autre que le membre viril , on fasse planer injustement les soupçons du viol sur un individu, parce qu’il a la gonorrhée; tandis qu’il peut arri-

■ver tl ujje autre part que l’on écarte mai a pro|‘>os icvi'te idée de viol, par cela seul que récoulement a été jugé yénérien, et que l’accusé ne présente aucun symptôme de syphilis.

Les plaies et les ulcères que l’on observe à la raembrane hymen ont été souvent confondus avec les chancres vénériens, et donnes comme signes du viol, surtout lorsque l’accusé avait la syphilis V o~r, ces lésions pouvaient dépendre de l’introduction volontaire d’un corps dur, autre que le membre viéif;'"il suffisait alors du repos, de quelques bains et de lottons , pour faire disparaître ces accidens en peu- de jours. Le médecin qui croirait devoir tirer parti de pareils symptômes pour établir le viol, serait donc tenu' de suspendre son jugement jusqu’à ce qii’il eût été éclairé par l’emploi des moyens que nous avons conseillés; et il ne sera peut-etre pas inutile de rappeler ici que chez la femme , les chancres vénériens ont ordinairement leur siège à la face interné des grandes lèvres sur toute l’étendue des nymphes, sur le clitoris et à l’orifice, du vagin. -

. j certaines cirçonstances, de com¬

parer la force respective de 1 accusé efde Ta plaignante,

. et surtout les organes génitaux dés deux individÛs^ pour éloigner toute idée de viol; on conçoit, enefie^' qu’une jeune fille bien portanté parviéncira facilement à repousser un vieillard , et même un jeune hômme valétudinaire. Ôn sait combien une première copülation esLdi^ile lorsque la femme s’y refuse , et Ton cÔnnait Ihistou’C de cette reine qui, au rapport de Voltaire , éluda l’accusation idSine plàîgnànté, en remuant

toujours un fourreau d epée , dans lequel il fut impos- 5^® faire entrer rinstrument , par <îela seul que le fourreau était toujours en mouvèment; d’aillems nous savons , â ne pas en ^outefv qui! a ete Impossible de de violer certaines filles, quoique leurs bras, leurs jambes et leùrtôte fussent maintenus par trois ou quatre personnes. Mayart*de-Vouglans rapporte dans sonTraité des crimes, qu’un jeune homme accusé de viol fut condamné à donner un sac d’argent à la plaignante, en présence des juges; on lui permit ensuite d’user de sa force pour le reprendre; mais il lui fut imposvenir à bout: les juges furent alors persuadés que celle qui avait résisté à la force pour ne pas se laisser enlever le sac d’argent, pouvait bien plus facilement opposer assez de résistance pour rendre et ils acquittèrerit ràécüse. Mais ^ c est surtout de la comparaison des drganes'séxuèls , peut tirer quelquefois de grandes lumières: - manque de membre viril , ou que celui-ci

^9^ <^tî‘emément petit , ou incapable d’érectioü , et que d ailleurs l’orifice du vagin ne soit pas très-res- . il çst éyiden t que le viol , s’il existe , a été produit

. autre individu , ou du moins par un corps

autre que le mem})re viril.

i s accusé d’avoir violé une fille non dé-

: sages-femmes appelées pour constater l’état

r ^%s parties sexuelles , trouvent qu’elles sont tirés- rouges , et croient découvrir d’autres signes de vîol. L’accüsé émit en prison lorsque Zacchias déclara qu’il n’y avait aucqn rapport entre le pénis exigu et fiasque de cet ^^ndiyidu, et les organes sexuels de la plaignante , qui

étaient fort amples et abreuvésid’un flux blanc; et par conséquent; qü’en - supposant que la fille eût été récemment déflorée , îce qu’il n admettait pas, on ne; pourrait pas en accuser lê prévenu. ^^ Quœstionum me^ dico-legalîum^ tom. JM ^ Cônsiliujn ^^^-ç. y

4® bors même que la défloration est consentie^ il peut y âvoir ùn délabrement -Considérable -des organes génitàtix de la jeune fille : par exemple, quand la disproportion entre les organes mâles et femelles est très-marquée, et que les individus , loin de procéder avec modération , sont impétueux et impatiens. Le délabrement des parties sexuelles pourra même, dans ces cas de défloration consentie , être beaucoup plus considérable que dans une autre circonstance où il y aura eu viol , mais où la disproportion des organes ne sera pas aussi sensible. Sans doute que lorsqu il y aura consentement tacite des deux amans, on n’observera point des meurtrissures au delà de la vulve, et sur les autres parties du corps; mais, ne peut - il pas arriver qu’une fille , décidée d’abord à résister , commence par se défendre , se laisse même meurtrir , et que bientôt après , loin d’opposer de la résistance , elle sè prête de bon gré aux désirs de son amant. Les exemples de ce genre ne sont point rares : on a vu même des filles assez perverses ou assez mal cdnseillées , accuser leurs amans de les avoir violées, parce quelles avaient été délaissées après le coït, et faire servir, comme preuves du viol, des meurtris—sures aux diverses parties du corps , qui n’étaient que le résultat d’une première résistance.

5” La malveillance et la cupidité peuvent être portées

assez, loin, de la. part. des mères OUjdes femmes à qui l’on a confié des jeemies filles y pour ^ que les ^organes géniraux et les autres parties du g^rps j de celles-ci soient meurtris ÿ .dilacérés y: etc. , dans l’espoir de faire condamner, par haine ou par intérêt, des individus qui ne sont aucunement coupahl es . N’a-t-on pas vu aussi des femmes se mutileE:elles-mêmes les organes de la génélation, et se plaindre d’avoir été violées par un homme dont .elles n’avaient jamais éprouvé-que des refus.

-Plusieurs individus furent accusés par une femme d’avoir violé dans une auberge, sa petite-fille, âgée de neuf.ans et demi. A. la visite, on trouva les parties sexuellesj sans excepter l’hymen, parfaitement intactes j

le:petit doigt ne pouvait pas entrer dans lè vagin ; toutefois, il. y avait.au pubis et àla partie supérieure de, la vulve , un cercle rouge , de la largeur d’un écu de six francs, qui paraissait avoir été fait récemment , et dont 1 intensité et l’étendue diminuaient insensiblement. Il était hors de doute que l’aïeule avait meurtri cet enfant dans l’espoir d’avoir des dommages-intérêts ; elle - fut emprisonnée et chassée de la ville. { Fôdéréy Médecine légale J toiti; IV. )

Fiol cheZ: une fille déjà, d^orée. Nous avons supposé, jusqu à présent que le viol s’était consommé sur des jeunes , filles non déflorées ; il faut maintenant examiner ce que présente dé remarquable le viol chez les personnes déjà déflorées, les ïfiiles publiques et les femmes qui ont fait des enfans^dho'st évident qu’ici la femme s étant livrée 'jîlusieurs fois aux jouissanees vénériennes, il ne; doit être nullement question de rechercher sil y a eu défloration et si -elle a été opérée

par le menubre viril ou par un autre corps : toute la question consiste à sayair si \di. ^(^oFàiïàn d ete fo féee.

Quelles inductions tirer, dans ce càs , de l’étàt dès parties sexuelles? Le vagin et son orifice présentèhti un diamètre tel, qu’à moins de supposer uné grosseur démesurée du membre viril, celui-ci a dû se loger sans ocçasioner la moindre rougeiir, ni la;moindre déchirure des organes génitaux. L’absenbé de l’/y^/weM ne prouve rien en faveur du viol, puisqu’il avait pu être détruit lors de la défloration. L’existence d’un écoulement ou de quelques autres symp-' tûmes vénériens pourrait tout au plus établir qu’il y a eu coït. Les meurtrissures à la vulve, aux seins, aux cuisses, aux bras, etc., peuvent faire soupçonner la' violence, à moins qu’il ne soit prouvé qu’elles sont le résultat de coups que les femmes se seraient portés pour en imposer, ou qu’elles datent d’une époque antérieure à celle où la femme dit avoir été violée. {Voy. Ecchymose.) C’est ici surtout qu’il convient de comparer les forces de l’accusé et delà plaignante; car on ne peut pas se dissimuler combien il est difficile, pour ne pas dire impossible, qu’un seul homme parvienne à abuser d’une femme adulte bien portante; il n’en est pas de même si l’attentat a été commis par plusieurs personnes.

Conduite a tenir, lorsqu’ on est. appelé a faire. un rapport sur le -vi£)L' a% On examinera attentivement la forme et la disposition des organes génitaux; on tiendra compte du gonflement,. fle l’inflammation, des délabremens, des écoulemens, etc.; on notera exactement les meurtrissures faites aux environs de la vulve

et aux autres parties du corps. Cette visite^, comme nous rayons déjà dit, ppur être utile, sera faite le plus tôt possible, et au moins dans les trois jours après l’action , vu que la plupart dés lésions dès parties génitales peu-v,ent guérir dans iin très-court espace de temps , ^oit par les seuls efforts de la nature, sôit'à l’aide des émoiliens. 2® S’il s’agit d’une puhere, ét que le délabrement des parties génitales' soit assez marqué pour faire croire à une d^o ration récente, on sé gardera bien ^offirnier, d’après ce seul caractère, qu’il y a eu. -viol ^ car il faudrait, pour être en droit de tirer cette con~ clusiqn, établir encore, ce qui est impossible, que la défloration n’a pas été consentie, et qu’elle n’ést poinÉ le résultat de 1 introduction dans le vagin, d’un corps autre que le membre viril ; le 'jugement de l’homme de 1 art, dans ce cas, sera vague ; il ne chargera ni fun' ni 1 autre individu; il déclarera que l’altération des parties sexuelles n’a pas une corrélation nécessaire avec hne cause déterminée. 3® Si tout annonce une d^o~ ration rpcerite chez une fille^M^ère, et que l’On observe Gn oqtre des rnarques de sévices aux cuisses, aux jambes, aux seins, etc., on pourra établir des probabilités ëh faveur du viol, pourvu que les ecchymoses que rêh remarque sur les diverses parties du corps aient été f peu près à où la fille dirâvdir été

soit pas démontré que c’est élle- ”^enie qui s’est porté dès coups pour en imposeirî 4 soit Tè^ombre et là grahdeur des cohtü-

déflorée depuis long-temps, les organes génitaux paraissent sains, ôn ne pourra meme pas établir des probabilités en. ïz.y eux du

viol, les marques de sévices pouvant être la suite d’une querelle entièrement étrangère à des débats amoureux^, mais aussi on n'' affirmera pas qu’il n’ait pas eu lieu; A plus forte raison ces considérations sont applicables à une femme adulte , à laquelle on doit supposer plus d’expérience, d’adresse et de force pour résister aux tentatives de viol; dans ces cas le crime doit êti’e coîisr; ta té par des témoins et par d’autres moyens qui sont; du ressort des magistrats. On userait encore de la mémo circonspection, lorsqu’aux contusions dont nous parlons se joindraient des traces d’inflammation et de délabrement aux parties génitales ; en effet, il est extrêmement rare que des lésions de cette nature, qui peuvent bien être le résultat d’une maladie des organes génitaux, surviennentà la suite du coït chez une femme: qui a déjà joui plusieurs fois des plaisirs de l’amour. ::

5° On se gardera bien d’éloigner toute idée de -viol chez une fille pubere , parce que les parties génitales ne présentent aucune trace de violence ; en effet, il est possible qu’une personne atteinte de chlorose, de flueurs blanches, etc., ait été déflorée malgré elle, et que le relâchement des organes sexuels ait permis l’introduction du membre viril , sans qu’il s’en soit suivi le moindre délabrement. Si, dans des cas, de ce genre, des meurtrissures faites aux diverses parties du corps annonçaient qu’on aurait pu user de violence, il faudrait inviter le magistrat à épuiser tous les moyens propres à l’éclairer.

6^ Si la fille chez laquelle on obg^ve un délabrement des parties sexuelles, pouvant faire croire à une défloration récente^e?,iL impubère et âgée seulement de cinq, sept, neuf, ou dix ans, on pourra éxohXvc probabilités de'

'viol, si l’on est certain que le délabrement n’est point la suite^d’nne affection catharrale ou de toute autre maladie des/organés génitaux J en effet , il est difficile de supposer ici que la défloration ait été consentie, ou qu’elle ait . été produite par uu corps dur que la fille aurait cherclié à introduire elle-même dans lé vagin. Les probabilités seront plus grandes si on découvre , chez cette fille ^ outre le délabreràènt qui annonce la défloration récente., des marques 'de sévices aux environs de la vulve et sur les autres parties du corps. •

7 L existence de la maladiè vénérienne né peut etre considérée comme preuve accessoire de viol , dans les diverses Circonstances qüi précèdent , qu’autant qu elle coïncide avec le délabrement des parties génitales , et que l’accusé est atteint de syphilis. Mais ce cas ne se présentera que fort rarement, parce que les symptômes vénériens ne se manifestent ordinairement qu’après.le troisième jour à dater de celui de l’infection , et qu alors le plus souvent il ne reste plus de traces de meurtrissure aux parties génitales. D’ailleurs est-il toujours facile d’affirnier que îês écoulemens et les ulcères sont vénériens .î* ( Voyez page ioo.) Enfin, la plaignante peut très-bien n’avoir contracté cette maladie qu’après l’époque où elle dit avoir été violée.

8° La femme pouvant concevoir à son insu, et malgré elle, comme nous le dirons plus tard , il est evMent que la grossesse ne prouve point que le coït a ete consenti, et par conséquent qu’il n’y a pas eu viol . à plus forte raison on ne saurait arguer du défaut de grossesse au viol de la femme ; ainsi les preuves tirées de l’existence ou de la non existence delà gros-

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sessé ne sont d’aucune Valeur dans la question qui nous occupe.

9 Si la femme qui fait le sujet du rapport a succombé, et qüé^sâ iriort soit attribuée par les intéressés ou par le ministère public aux violences opéréés pour lui arracher une jouissance illicite, ce qui n’est pas sans exémplè, on examinera scrupuleusement toutés les parties clü corpS : peut-être découvrira-t-on des marques de sévices à la peau, des fractures , des luxations, des corps étrangers dans la bouche , introduits alans le but d’empêcher la femme de crier, dès traées dune défloration récente -çt forcée. Il est possible, au contraire, que l’on soit conduit à admettre par Fexamèn des divers organes , que la cause de là mort est indépendante du viol, ou que la femme déflorée déjà depuis long-temps , est même accouchée et ne présente aucun indice de violence faite aux organes génitaux. <i:;^oyez Accouchemeist, pour les signes qui annoncent qu’lia eu lieu.) Le jugement porté par le médecin dans ces différens cas, variera et ne saurait être indiqué ici sans entrer dans des détails qui nous paraissent inutiles.

T O° hors même que tout annoncerait qu’il y a eu viol,

.1 homme de 1 art ne pourrait pas affirmer que le crime a été commis par l’accusé que l’on soupçonne : la science ne possède aucun moyen propre à résoudre cette question. Mais, dans certains cas, il lui serait permis d’établir, en comparant les organes sexuels mâles et femelles, que l’accusé n’est point coupable. {Voyez page loi .)

11° La difflculté est quelquefois assez grande pour que le médecin soit extrêmement réservé dans 'ées

ct>nc] usions. « Dans le cas, mémo où il serait probable que l’individu qui est accusé a déflor^ la fille, dit 3VI. Gardien,, , il n’est pas pour cela certain qu’il l’a ^^lée : comme il : appartient à l’homme , de fbrmm> l^taque, «nejégqi^ et f^uce violence ne qieut pas i^gardée comme criminelle j ^a iémme n’eût-elle i Tassaillanl^ que sa vertu , elle est sûre de ^^^^çerter et 4e triompher. Cette décision instruit ^l^^inmentjes juges: c’est à eux de .aas^rer si la ^eflmation qiip le, médecin a reconnue est le produit d’un homme, o d’un acte opéré avec .If mfWenîent tacite de la plaignante , qui le'fint comme opéré malgré sa résistance, ou ,,|en enfin si m ^ produit de la rpse et de la ûné-

4^pté de la fine». (Traité d’accouchemens , p. aoù,

^édition. ; ( ;; , . ;/ ■ ;; : ; ; ' ^

femme peut-elle être violée sans le savoir?.. Dès P^^’^^demem prouvé qu^une fém me qui est .f^^f'Jwfluence d’un poison stupéfiant peut accoucher sans e savoir, à plus forte raison elle pourra élre violée fepon la placera dans les mêmes circonstances, les .^puleuTs de 1 enfimtement étant beaucoup plus intenses ^pue celles qm accompagnent le viol , mêmechez une jeune ^11^ non déflorée. On doit encore admettre la possibilité du vipl chez une fémmedéjà déflorée, qui ^rait prprpndément endormie ; mais il est difficile^e .apposer qu’qne jeune fille non déflorée et plongée --«P^m#l u.turel, puisse éprouver sans se ré. veiller les douleurs qu’occasione l’introduction du

.pmbre vu.il,,surtoutlorsquecelui-ci est d’un volume

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Nous avons dit au commencement de cet article j que les attentats à la pudeur pouvaient être de différentes sortes, et qu’ils ne consistaient pas toujours dans la tentative d’introduction du membre 'viril ou d'un autre corps volumineux dans le vagin, ce qui constitue le viol. Il n’est pas sans exemple , en effet , que les tribunaux aient été saisis de plaintes portées par des jeunes filles, ou par leurs aÿans - causé , dariÿ lesquelles un individu était accusé d’avoir .exercé des frottemens à la surface des organes sexuels et des parties qui les avoisinent , sans qu’il y eût eu la moindre tentative d introduction , et sans que la. plaignante présentât ni délabrement des parties génitales , ni aucun signe de meurtrissure : or, il est évident que si les attouchemens dont nous parlons n’ont point été consentis, il y a eu attentat a la pudeur. L’avis du méh decin , dans des cas de ce genre , sera rarement utile pour éclairer la justice, les organes sexuels ayant con-. servé leur intégrité, et la surface du corps n’offranfi dans beaucoup de circonstances, aucune trace de contusion qui annoncerait la violence. Toutefois, si la plaignante accusait l’individu qui l’a approchée, de lui avoir communiqné la maladie vénérienne, l’homme de l’art serait requis pour constater l’existence de la syphilis. Voici un fait de cette nature. Il y a à peine quelques mois, que le^ tribunaux de Paris condamnèrent aux travaux forcés le père d’une jeune fille de neuf à dix ans , convaincu d’avoir attenté à la pudeur de son enfant, en appliquant à plusieurs reprises le membre viril à la surface des organes génitaux. Il n’y avait pas la moindre trace de violence; mais outre

que des témoins certifièrent le fait, le médecin ràp'^ porta que la jeune fille avait un écoulement vénérien, et qu elle avait probablement été infectée par son père, actuellement -atteint d’une blennorhagie syphilitique.

Des détails plus étendus sur cet objet nous paraîtraient xléplacés après avoir tant insisté sur la question relative au viol, dans laquelle nous croyons avoir posé les, bases propres à résoudre les différens cas de ce geni'e qui pourraient se présenter.

De la- Sodomie ou de la Pédérastie (i).

- Quoique la loi n’inflige que les mêmes peines pour les crimes de viol et de sodomiè , les individus convaincus de pédérastie se trouvent , par le fait, bien plus sévèrement punis , puisqu’ils encourent la disgrâce de la société tout entière, qui ne saurait jamais les mépriser assez. L’attentat dont nous parlons, produit d’une imagination déréglée et de la plus scandaleuse débauche , doit exciter d’autant plus l’animadversion publique, qu’il est ordinairement commis sur de jeunes enfans dont ôn empoisonne la vie, et qui sans cela auraient peut-être augmenté le nombre des citoyens vertueux. Cette considération doit faire sentir combien la punition de pareils misérables est loin d’être en rapport avec l’intensité du crime.

Le médecin appelé pour donner son avis dans un

(i) é’oi/oTTz/e vient de Sodome , capitale de la Pentapole, première cité où le crime dont nous parlons ait été commis.. Pédérastie ^ mot dérivé de Ti-ctt^os, enfant, et tpetstis, amateur.

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