‹ Leçons de médecine légale (volume 2)Chapitre 15 sur 54 · II · texte numérisé non relu

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cas de ce genre, examinera attentivement l’anus. L’ouverture du rectum présente, chez les personnes entachées de ce vice, la forme d’un entonnoir, remarque due à M. Cullérier , qui , en sa qualité de médecin de l’hospice des vénériens, n’a que trop souvent eu l’occasion de la vérifier. Le bourrelet de l’anus est gros , boursoufllé et lâche; le sphincter se contracte difGcilement, et le doigt entre sans effort. Il est vrai que cette disposition de l’anus suppose en général un certain nombre d’introductions; mais la disproportion entre le membre viril et l’orifice peut être telle, que la forme de l’ouverture du rectum soit changée, même par suite d’une première tentative. Des hémorrhoïdes considérables , des fistules profondes , le renversement , le squirrhe , et même le cancer du rectum ; telles sont les maladies qui peuvent accabler les personnes qui se livrent habituellement à la sodomie.

L’inflammation, les déchiremens, les rhagades, et une multitude de végétations de diverses formes, que l’on observe au pourtour de l’ouverture anale, doivent être pris en grande considération , surtout lorsqu’ils coïncident avec les indices fournis par les autres circonstances de l’instruction juridique. 11 y aurait cependant de l’impéritie à regarder de pareilles marques comme le’résultat constant d’une introduction contre nature, car elles peuvent être produites par la sortie de matières fécales dures et inégales, comme on le voit dans les fissures à l’anus. Elles sont quelquefois syphilitiques, et annoncent qu’il y a eu introduction illicite, ou bien que la maladie ayant été contractée par une autre voie, des symptômes vénériens consécutifs, se

sont manifestés ^ Vanus ; d’où il suit qù’avànt de conclure à la pédérastie, d’après l’existence de la maladie vénérienne, il faut s’assurer rpie les symptômes syphilitiques sont le résultat d’un contact immédiat.

RAPPORTS SüR XA DÉPXORATIOîr ET XE ^lOX.

Premier rapport. Nous soussigné, docteur en médecine de la. Faculté de Paris, sur la réquisition de M.le procureur du roi, à nous signifiée par le sieur X ,

Wssier,nous sommes transporté aujourd’hui, 20 mai’

4 dix heures du matin, accompagné de M. R . . commissaire, de police, dans la maison de madam’e *** sise rue de €lichy, no . , an troisième étage, pour y

visner la fille de madame âgée de treize ans, qu on nous a dit avoir été déflorée et violée , la veille à huit heures du soir. Arrivé dans la chambre, nous nvens trouvé ladite fille assise sur une chaise, se plaignant de douleurs vives aux' parties génitales et aux cuisses: on nous a rapporté quelle n’avait jamais r e.te reglee, et qu’elle jouissait habituellement d’une bonne santé ^ que la veille au soir elle avait été violemment saisie par M. N . . . , âgé d’environ vingt-cinq ans

qui en avait abusé après l’avoir maltraitée.

Après avoir constaté que mademoiselle * * * n’était atteinte d’aucune affection catarrhale, et qu’elle exécutait parfaitement toutes ses fonctions , nous l’avons fait coucher sur le bord du lit pour examiner les organes de la génération : les grandes lèvres, légèrement

ecartées,étaient tuméfiées et rouges àleur face exte™ -

les petites le vres, évidemment gonflées, offraient cà et

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là des traces de déchirure recouvertes d’une sorte de mucus ; 1 hymen était déchiré , et ses lambeaux sanglans; il s’écoulait par le vagin un liquide d’un blanc jaunâtre ayant la consistance d’un mucus épais 5 on voyait au-dessus de la symphyse des pubis , à la partie interne et supérieure des cuisses, et aux fesses, des ecchymoses dont la couleur, uniformément rouge foncé, annonçait des traces de contusion récente.

Ces faits nous permettent de conclure qu’il y a eu introduction , ou du moins tentative d’introduction d’un corps assez volumineux dans le vagin de mademoiselle * * * • que l’entrée de ce corps n’a pu avoir lieu sans effort , et qu’à moins qu’il ne soit prouvé que les ecchymoses que l’on remarque sur diverses parties du corps sont indépendantes de l’acte par lequel le corps étranger a été introduit , il paraîtrait que l’introduction a eu lieu malgré la résistance opposée par mademoiselle * * *.

En foi de quoi nous avons dressé le présent rapport; etc.... Fait à Paris , le 20 mai 182a.

Deuxième rapport. Nous soussigné etc.... ( Voyez le premier rapport, pour le préambule.^ Arrivé dans la chambre, nous avons trouvé la fille N . . . , âgée de seize ans , réglée depuis dix mois, robuste , bien constituée et jouissant de la meilleure santé ; elle se plaignait d’avoir été violée deux jours auparavant parM. S..., âgé de trente ans , et elle disait ne plus éprouver autam de douleur que peu de temps après avoir été violentée

Nous avons procédé à la visite des organes de la génération , et nous avons vu que les grandes lèvres étaient écartées et d’un rouge vermeil à leur face interne • les

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petites lèvres et les caroncules rayrtiformes étaient un peu tuméfiées , d’un rouge vif ; la membrane de l’hymen n’existait plus; le clitoris , le canal de l’urètre, et la fourchette paraissaient dans l’état naturel ; il n’y avait aucune trace d’écoulement par le vagin, ni de meurtrissure aux pubis, aux cuisses , etc.

Ges observations nous portent à croire que des tentatives ont pu être faites pour introduire forcément dans le vagin de mademoiselle N .... un corps plus ou moins volumineux j ce qu’il aurait peut-être été permis d’affirmer si la visite eût été faîte trente ou trente-six heures plus tôt; mais que lors même qu’il serait prouvé qu’il y a eu défloration récente , on ne pourrait pas établir qu’elle ait été produite par le membre viril , et encore moins qu’elle a eu lieu contre la volonté de mademoiselle N . . . En foi de quoi, etc.

Troisième rapport. N ous soussigné , etc. . . Arrivé dans la chambre, nous avons trouvé madame ***, âgée de trente ans, veuve depuis quatre ans, et mère de deux enfans , qui se plaignait d’avoir été violée la veille par M. X ...,, âgé de quarante ans.

Les organes de la génération ^ ayant été visités , n’ont rien présenté de remarquable; ils étaient tels qu’on les trouve chez les femmes du même âge qui sont accouchées deux ou trois fois ; les environs de la vulve , les cuisses et les fesses étaient le siège d’ecchymoses faites depuis peu.

11 résulte de ce qui précède, que rien ne démontre quil y ait eu introduction récente d’un corps quelconque dans les organes génitaux de madame * * *, et qu’il serait par conséquent impossible d’affirmer quelle a

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été violée la veille; qu’il serait également impossible de nier qu elle ne l’a pas été , les organes sexuels n’éprouvant en général aucun changement sensible par le coït, chez une femme déjà mère ; mais qu’il est pourtant pefmis de soupçonner qu’elle a été l’objet d’une violence quelconque , à en juger par les traces de contusion observées sur différentes parties du corps. En foi de quoi , etc.

i Quatrième rapjoori:. Nous soiissigné, etc.... Arrivé dans la chambre , nous avons trouvé ime petite fille, âgée de six ans, alitée, et que l’on nous a dit avoir été violée la veille.

Nous avons procédé à la visite des organes de la génération, et nous les avons trouvés rouges, tuméfiés et douloureux ; il s’écoulait, par la vulve , un liquide d’un blanc jaunâtre comme grumelé , d’une odeur désagréable , tachant le linge ; on voyait çà et là , à la face interne des grandes lèvres , de petits ulcères assez profonds, dont les bords étaient rouges , tuméfiés, irréguliers, et dont le- fond était recouvert d’un liquide séreux, opaque, assez consistant , mêlé de sang, et qui formait des croûtes en se desséchant : un de ces ulcères, long d’environ quatre lignes sur trois de large , oécupait la grande lèvre gauche. La membrane hymen était intacte. Les cuisses et leS parties qui avoisinent les organes de la génération n’étàient le siège d’aucune ecchymose. L’enfant était d’ailleurs atteint d’une afféétion catarrhale ; caractérisée par les symptômes suiVâhs : larmoiement, eiïchifrenement , enrouement, rdügèûr et gonflement de la face, douleur et pesanteur' de tête, toux révéïiarit par quintes, douleur

3e poitrine^ difficulté de respirer ,, envies de vomir , peau chaude et halitueuse , membresibt'isés , pouls fort et fréquent.

Ces faits nous permettent d’établir que la fille dont il s agit est atteinte d’une affection catarrhale semblable à celle qui règne-épidémiquement., et qui est .probablement le résultat de l'action du froid et. de rhupiidité sur le coips; que la lésion des organes génitâxix paraît être dé la‘ même nature que celle desf poumons i - ou ^ en d autres termes, qu’elle constitué Une léucbfrh'éè aiguë, et qu’il est par conséquent inutile, pour se rendre raison de l’état dans lequel . se trouve, cette jeune fille, d.admettre qaLeile a. été déflorée. En foi de quoi , etc. . , .

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