‹ Leçons de médecine légale (volume 2)Chapitre 16 sur 54 · SEPTIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

SEPTIÈME LEÇON

Du Mariage. ‘ ^ ^ - '

On peut réduire les questions médico'drrdicraires relatives au mariage aux deux suivantes : ; quels

sont les motifs d’opposition au mariage quels sont lés cas de nullité du mariage Examinons chacune dé ces questions. , ;

Motifs d'opposition au Mariage.

L article 17/j du livre du Code civil est ainsi concu ; « A défaut d’aucun ascendant, le frère ou la sœur, l’oncle'ou la tante , le cousin ou la cousine germaine , m^ijeurs , ne peuvent former aucune opposition au mariage que dans les deux

eas suivahs : t“ lorsque le consentement du conseil de famille , requis par l’article iSo, n’a pas été obtenu; a'’ lorsque l’opposition est fondée sur l’état de démence du futur époux; cette opposition , dont le tribunal pourra prononcer mainlevée pure et simple , ne sera jamais reçue qu’à la charge par l’opposant de provoquer l’interdiction, et d’y faire statuer dans le délai qui sera fixé par le jugement. » Il est évident, d’après cet article , que l’état dè démence est la seule maladie pouvant formër opposition au mariage , et que le médecin requis dans nu cas de ce genre doit se borner à statuer sue l’existence de cette aliénation mentale, qui peut êtresimulée- ( Folie. )

Mais si la législation actuelle ne reconnaît parmi les maladies pouvant s’opposer au mariage que la démence, n’est-il pas du devoir du médecin consulté par les parens ou par les conseils de famille, de les avertir ^s dangers auxquels ils exposent les futurs époux s’ils sont atteints dè certains vices de conformation ou de quelques maladies graves? Faudra- t-il, parce que la loi rie s’oppose point à la célébration du mariage, cacher aux contractans les malhéurs qui peuvent le. suivre , et,jsi la déirierice forme une opposition les maladies et les vicés de conformation dont nous parlons lie doivent41s pas être regardés comme de véritables oppositions? Nous le pensons, et c’est ce qui nous engage à eri faire l’énumération.

1° La difformité du bassin peut être telle, que l’accouchement naturel soit impossible ; alors les femmes périssent ou sont obligées de subir l’opération césarienne , ou leurs enfaris sont dépecés et retirés par parties. Toutefois rious ne partageons pas l’avis de Si. Fodéré, qui veut que l’on interdise de rigueur le

mariage aux filles dont le diamè^tie sacro-pubien du détroit supérieuTr du bassirr n’offre pas quatre pouces; car on sait que raccouchement naturel n’est pas impossible , mais seulement plus long et plus douloureux, lorsqu’au, lieu de quatré pouces , cé diamètre présente quelques lignes de moins ; dn a même ^yu l’accouchement se terminer naturellement., ce diamètre nétant que de trois pouces moins un quart; à la vérité, dans ce cas, la tête de renfant était plus petite et beaucoup plus molle qu’elle ne l’est ordiriairéraent. Baudelocque ne regarde l’accouchement comnié étant eonstamment impossible sans les secours extrêmes de 1 art; qu’au tant que les degrés de. resserrement .ne laissent pas deux pouces et demi de diamètre. Nous pensons, d’après cela , que l’on doit interdire le mariage dans un cas d etrOitesse du diamètre sacro-pubien du détroit supérieur, si ce diamètre n’offre pas trois pouces. .

Nous ne parlerons pas des autres vices de conformation du bassin, tels que l’étroitesse du détroit inférieur la trop grande capacité du bassin, les exostoses qui s’élèvent quelquefois à la surface interne de cette, boîte osseuse, etc. ^ parce qu’ils sont en général moins redoutables que le précédent, et que le médecin jugera facdement du degré d’importance qu’il doit accorder à ces obstacles.

2° L épilepsie. Il est malheureusement trop certain que 1 épilepsie résiste presque toujours aux moyens curatifs les mieux combines. (Quelle que soit la cause qui 1 a produite , elle est aggravée par les plaisirs da iatnour; les enfans nés, de païens épileptiques peu-;

vent être atteints de cette maladie qui se manifeste même quelquefois chez l’autre époux. Nous avons été témoins du fait suivant : une demoiselle de dixneuf ans,, très-bien portante et éperdument amoureuse, est saisie de terreur en voyant son amant foudroyé par une attaque d’épilepsie ; le lendemain elle éprouve un accès de cette maladie : cet accès se renouvelle tous les joiu's pendant dix-huit mois, et finit par céder à des saignées souvent réitérées; au bout de six mois la maladie recommence. Nous ignorons ce qui est arrivé depuis.

3° La phthisie pulmonaire. Cettf. affection est évi-, demment exaspérée par le mariage ; et, lors même qu’il; serait démontré qu’elle n’est point contagieuse pour l’autre époux , on sait que la plupart des enfans des. phthisiques naissent avec de grandes dispositions à la contracter.

'4*^ La carie des vertèbres, des Os du bassin, etc., suite d’une affection scrofuleuse invétérée, et assez grave pour faire supposer que les enfans qui naîtraient de ce mariage seraient chétifs , mal conformés et peu propres à parcourir une longue carrière.

5° U anévrysme du cœur et des. gros 'vaisseaux. Lorsque cette maladie est assez avancée pour qu’il n’y ait aucun doute sur son existence, elle doit être regardée comme un motif d’opposition au mariage, parce quelle est incurable et susceptible d’être aggravée par le coït.

6® La syphilis invétérée ,, et résistant à toute sorte dp traitement. Ici le danger de la contagion est tellement évident, qu’il est inutile de nous en occupe?- : que si, la, maladie cédait aux moyens convenables , lors.

Blême qu’elle se manifesterait pour la vingtième fois , on devrait bien se garder de là considérer comme un motif d’opposition au mariage.

7® La lepre, qui, à la vérité, ne se communique pas toujours par le contact immédiat, mais qui se développe tôt ou tard chez les enfans des lépreux.

Plusieurs auteurs, et notamment M. -Fodéré, ont encore rangé parmi les maladies que l’on doit considérer comme^ des motifs d’opposition au mariage , les affections suivantes : l’asthme sec et humide , l’hypochondrie, l’hystérie, la pierre et la colique néphrétique, la goutte, les rhumatismes chroniques , violens et continuels , et les dartres d’une espèce maligne. Nous sommes loin de partager cette opinion , nonseulement parce que plusieurs do çes maladies peuvent être guéries, et quelles ne s’exaspèrent point sensiblement par le coït, mais encore parce que les en fans dès, parens qui en sont affectés n’en sont pas toujours atteints.

Page 1