‹ Leçons de médecine légale (volume 2)Chapitre 18 sur 54 · DIXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

DIXIÈME LEÇON

De la grossesse.

- La grossesse est l’état d’une femme qui -a eoneu , limité par l’instant de la conception, qui le commence , et- par celui de raccouehement , qui le termine.

Plusieurs’articles des Godes civil et pénal sont rédigés de telle sorte , que les femmes trouvent leur intérêt ù simuler la grossesse dans certains cas y et à la dissimuler dans d’autres. On voit dès lors combien les avis de Ihomme de l’art doivent être indispensables pour éclairer le magistrat. <

L'es dispositions législatives qui peuvent porter lés femmes à simuler la grossesse^ sont les suivantes : i":arhomme avant -dix-lmit ans révolus, la femme avant quinze ans révolus, ne peuvent contracter mariage. » ( Code civil, art. -144. Du rnariage.'y 2° « Néanmoins , il est loisible au roi d’accorder des dispenses d’âge pour desmotifs graves. » ( Code civil, art. 1 45. ) Il est évident que pour obtenir une dispense d’âge, Une fille qui n’a pas encore quinze ans pourra se dire enceinte. 3° « Pour succéder , il faut nécessairement exister à l’instant de 1 ouverture de la succession, j c!esl-à-dire. lors de la mort de l’époux. .»(Code civil, art. 725, liv. ni.) 4° « Pour être V capable du recevoir entre vifs , il suffit d’être concu au moluent de la donation. Pour être capable de recevoir par téstament, il suffit d’être conçu à l’époque du décès du tes fa - 'teur. M ( Code civil, àrt. 906. ) Ainsi il faut être conçu pour succéder : une femme qui vient de perdre son mari ne peutelle donc pas simuler la grossesse, pour garder les biens qu’il a laissés i et qui devraient retourner de droit à la femidé du défunt ? 5° « Le. mariage contracté par des époux qui n’avàiént point encore l’âge requis, ou dont i’un des deux n avait point atteint cet âge , ne peut plus être attaqué .

i “ lorsqu’il s’est écoulé six mois lïépuis qiié oét épotîî^y gu epoux , ont atteint l’âge ëcûnpétént f lorâ^quélâ ieinmo"quî!^c n’avait point cet âge â' conçu avant récüéànce de six Wois. »’

( Code civil, art. r85.) Ici la femme-q'ui désiré^ réstèr'mâriée’* ' pourra se décfarer enceinte. 6° «Lés épdùx- contra ctèiit enî"'' semble, par le. fait seul du ma riàgéV l’obligation -fldTroin'rir^’®' entretenir et élever leurs enfans. » ( Code civily ait.

7® « La- loi, n’acCOi^e que des aliihens aux enfans âduïtëimÇ et incestueux, » ('Code civil, art. 762. ] 'ïi est donc évident qüe^^ pour gagner, ces alimens j une feiîimé peut simuler là grds-^8 sesse. 8?. « Dans le cas où le ravisseur aurait épousé là fiile^‘ qu’ii.>à enlevée , il rté ;pburra être poursuivi que sur là plainte, des personnes qui , d’après le Æodé civil , ont le droit dé mander la nullité dû mariage ’, ni condamné apres qûeP^'nullité du mariage aura été j»ro«o«çée. -» ( Code pénaî'l .art.-357.) Or, comme, d’après l’article i85 du Code civil - déjà' ’ citéÿ -le mariage ne peut plus être attaqué lorsqu’une fille mineure a conçu avant Tecbéance' de six mois , il est certain que cette fille pourra avoir le plus grand intérêt à se diré^‘^“ enceinte. 9° « La recbercbe de la paternité est interdite. Dans le cas denlevement, lorsque l’époque de cet enlèvement se " ^ rapportera à celle de conception , le ravisseur pourra êtré^^"' sur la demande des parties intéressées, déclaré pèrè de'“" l’enfant. « ( Code civil, art. 840.) Une fille peut donc si-^-^’P muler la grossesse, dans le dessein de faire déclarer un indîvidu père de 1 enfant. 10® « L’action en divorce sera éteinté P par la réconciliation des époux , survenue, Soit depuis rés -"^' faits qui auraient pu autoriser cette action , soit depuis îà^'^ demande en divorce, » ( Code civil , art. ayà.)'! !® « Si lédemandeur eii divorce nie- qu’il y ait eu réconciliation, le dé"-'" ^ fendeur en fera preuve, soit par écrit, soit par témoins; dans la forme prescrite en la première section du présent ’ chapitre. » (Code civil, art. 274. ) Quoique le divorce ait été aboli par la loi du 8 mai 1816 , on sait cpxe les dispositioùs des deux articles qui précédent sont applicables à la sêparcté'' ^ tton de corps, qui est toujours autorisée. Or, la meiHç

l’on .^.uisjse ,don,n6Eide. la^EécpjnGÎUat^ est la gro^^e^sÇ;, dè% Jo^ ,pTi’goniçCH|;>qiEie- la femme e^t intéressée ’ à la "fimpîer, ^i2\a 3i.;jPpp .^mw^e^ppndamnée à ms>ï t se déclare ■VLérifîé g^’eUe est, ençeintejôeUe-iie. subira la

pein% ^l^’î*fiÇès.sg.d^yjr^çe^3^ !(^Qjde,pénal-5r:.art3;ï^7.:)^Ici.le

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yaî>£)eîer,ime=dispQsitiQo.âmpQftante VCf ) abrogé^, à la ^yérité^ par la îé^' : gislatiop actueUe , mais quijnpps semblerait devoir être rétablie.

“ i^Ç^^fi-.femmevpréyenue'd’un crime emportant '

peine. , de. mort ^ne popr-rg .êtve /nise ieTt juggment ,jf:^x\,xC.sSt s.

'IÉnÆ??A9'l^™^“^'èi^® 0-ï‘4iiiaire, qu’elle n’est pascenceinte.:»..! L’intérêt de la société réclame que l’on diffère des débats , et surtout ,unn condamnation à la peine capitale ,■ lorsqu’il s’agit d’une-femme enceinte jebez laquelle de.s émotions fortes peuvent détej^miner l’avortement et d’autres effets^ iâcbeux. ?

Yoici. maintenant les ^lispositions législatives qui peuvent, engager, la femme à dissimuler la grossesse. i° Les art. 27a et 279- du Code civil déjà cités: en effet, il yi est dit que l’action^en divorce (séparation de corps d’après da loi actuelle )igera .éteinte s’il y a eu réeoneiliation 5 or la grossesse : est la ipeilleure, preuve, de, Jla réconciliation : donc la femme - 9^L.dé^içe sejSéparer a. de l’intérêt à dissimuler; qu’elle est enceinte. 2° «Le mari pourra demander le divorce ;( séparation de corps aujourd’hui ) pour cause d’adultère de- sa femme.,>?,^(:ode civil , art. 22g. ) Il est donc à présumer qu’une femme soupçonnée d’adultère dissimulera sa grossesse , lors- LfPP; ? absent depuis long-temps , ne pourra pas être ■ considéré comme le père de l’enfant. Un autre motif, sur lequel , il estjvral Code garde un silence absolu , peut ' déterminer la célation delà grossesse c’est lorsqu’une fille a ete abusée, et qu’elle ne veut pas compromettre sa réputation : elle conserve alors l’espofe d’accoucher clandestinement, et de sauver les jours de son enfant j ou bien elle prémédite le crime de l’infanticide. Dans aucun de ces deux

cas, lé magistrat ne peut ordonner la visite de la femme , si elle refuse son consentement; mais ü doit à se laisser

visiter par l’homme de l’art, s’il la présume.enceinte, et si elle est déjà soupçonnée d’avoir voulu détruire un autre de

ses enfans à une époque: antérieure. . ■

Ge n’est pas seulement lorsqu’il s’agit de constater si la grossesse est simulée ou , dissimulée, que le mév décin est requis de donner son avis; il peut aveir encore a résoudre les questions suivantes : Unefemmeest-elle dâge a avoir pu concevoir? Une femnie péutrëlïe ignorer constamment sa grossesse? Une femme enceinte a-t-elle des penchans tellement irrésistibles, quelle soit portée a commettre des actes contraires a Tordre social ? La solution de ces diverses questions doit nous oct cuper maintenant.

PREMIÈRE QUESTION. — La femme est -elle enceinte?

Celte question, en apparence fort simple, estsouvent hérissée de difficultés; en effet, le produit de la conception peut se développer dans l’utérus seul ou avec uii autre corps ; cette circonstance fait déjà varier les signes de la grossesse : en supposant même que l’utérus ne contienne que le produit de la conception , il est des époques de la gestation où il est. extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible, de prononcer sur l’existence de ce produit : chez certaines femmes , le développement de l’embryon se fait ailleurs que dans la cavité de l’utérus, et alors les caractères de la grossesse présentent des modifications qu’il faut connaître: d existe enfin des maladies de l’utérus , de ses annexes

et de quelques-uns des organes qui les avoisinent , dont les symptômes simulent jusqu’à un certain point les signes de la grossesse , et qu’il faut bien se garder de confondre avec ce dernier état. Il résulte de ces considérations:, que , pour décider si une femme est enceinte, il faut avoir présent- à l’esprit tout ce qui a rapport à la grossesse utérine , à la grossesse eætra-utérine et aux maladies qui peuvent simuler ces états. Exami-, nons chacun de ces points.

■ ^ §1. Hé la grossesse utérine,

La grossesse utérine, celle dans laquelle le produit de la conception se développe dans l’utérus, est simple lorsqu’il n’y à qu’un embryon ou un îcet\i.s ., composée quand il y en a un plus grand nombre, ex Compliquée lorsqu avec un ou plusieurs embryons, il y a dans la cavité de là matrice un polype, des débris d’un autre germe, etc. -

" De la grossesse utérine simple.

Les signes de la grossesse utérine simple ont été distingués par lés auteurs en rationnels et sensibles ;les premiers sont pour la plupart infidèles et devraient k.Xte rxo\-û:m.és équivoques : il en est parmi les autres que l’on peut regarder comme indiquant poszV/éemeraï ■ la gfôsséssê. Nous croyons devoir faire précéder leur exposition de quelques connaissances anatomiques sans lesquelles il serait difficile do les bien saisir.

Des changemens que l utérus et les parties enviromiantës éprouvent pendant la grossesse.

Utérus. L utérus éprouve des cbangeméns dans s»

situation, sa forme, son volume, sa texture et ses ipro-' priétés. . ; ,

Situation, forme et 'volume. Pendant les deux premiers mois^lê volume de Tutéfus augmente graduelle^ ment , son corps s’arrondit et se porte en arrière j tandis que le Gol's’ avance vers la vulve et est plus accessible aïi toucher,- toutefois le développement dontnous parldM> ne peut être constaté qu’en introduisant le doigt dans* le vagin, parce qu’il n’est pas assez, considérable potu' qued’utérus sorte dé: l’excavation pelvienne (i). AjoU-q terons-nous quaprès l’acte fécondant, l’orifice de l’uté*-; rus se contracte et se ferme ( Hippocrate ) ; que les bordsl de eét orifice sont plus rénitens, et offrent une chaleui* plus grande ( Levret); que dans les premiers temps dë^ la grossesse les deux lèvres de l’orifice utérin forraentf un plan égal, tandis qu’avant la gestation la lèvre anté*5 rieure était plus prolongée en bas; que la fente de oetî orifice , qui était triangulaire , devient circulaire (Stein) ?Q Lors même que ces cliangemens seraient constansj ef "> qu ils ne se rencontreraient pas dans d’autres circbns-’^ tances, ils seraient trop difficiles à apprécier p o ur que^ noüs dussions en tenir compte.

"Dix deucvieme au. troisième xaoïs , l’utérus continue 'à^augmenter de volume, s’élève et se porte sur la partie ; antérieure du bassin, en sorte que le col est déjà plus

(i) Ce que nous allons dire de la situation de l’utérus s’applique à une première grossesse : on suppose également que le fœtus est' Ken placé-, en effet, le fond de la matrice s’élève beaucoup moins dans les grossesses subséquentes , surtout lorsque l’enfant est situé en travers.

arrière. L’axe ide-la- matrice fait alors avec la perpendiculaire un angle d’environ 45°- -A. la fin du troisieiTie mois , le fond de l’ utérus dépasse un peu le; bord du détroit abdominal. Pendant le quatrième mois , le fondsde rutérus arrive jusqu’à deux pouces £^u-dessus d^ ^pubis j aon ï col continue à s’élever;, il est incliné oldiquement en arrière. Du cinquième au sixième mois , le^ fond de eet organe s’approche de da région ombilicalo,5èt le col, 'qui a continué à s’élever et à se porter en arrière, commence à devenir plus- gros et plus mou, surtout vers sa base , c’est - à-dire vers la portion .qui tient au corps de l’utérus : on dirait qu’il affecte, la forme d’un entonnoir dont la base rest en arrièrC'et le bee en avant : l’orifice ne snntr’ouvre que quand le développement est parfait (r). K six mois, le fond; de futérus correspond à peu près à l’ombilic ; la mollesse et l’évasement de la partie utérine du col sont plus marqués- A mois, le fond de l’utérus se trouve élevé d’environ deux pouces au-dessus^ de l’ombilic;; le col est encore plus mou; il est aussi moins long et, assez élevé, pour que le vagin soit allongé et tiré en haut. A huit mois , le fond de, la matrice n’est guère éloigné ay la région épigastrique ; le col n’est ja'mais plus élevé qu’à cette époque; mais il s’àplanit el tend à seffacer* K jiei^ mois, le fond de rutéru3,,lQin de se placer dans l’épigastre, semble s’abaisser; d’pù il suit

(i) On a remarqué que l’orifice de l’utérus s’ouvre, beaucoup plus tôt, dans les, grossesses subséquentes, et que, le museau de tanche reste plus gros dans les derniers mois. .

,;ique le col doit être plus près de la vulve 5 alors il est raou et tellement mince qu’il n’offre quelquefois qu’une^ ligne d’épaisseur. 11 est évident, d’après ce qui vient <rêtre dit, que l’utérus est dirigé de manière à porter sur l’ombilic j indépendamment de cette obliquité, il en offre encore une autre à gauche ou à droite, mais^ surtout de ce dernier côté, en sorte qu’il est . comme tordu sur lui -même, le côté droit étant incliné , en devant, ■

La forme delà matrice, à là fin du neuvième mois;, est à peu près ovoïde ; sa grande circonférence ,est en haut ; elle est d’environ vingt-six pouces , prise à la hauteur des trompes; la petite circonférence répond au détroit abdominal du bassin , et offre trei2.e pouces àla hauteur de la portion utérine du col ; le diamètre lonc^b tudinal est ordinairement de douze pouces ; le transversal en a neuf, et l’antéro postérieur huit et demi. Sonpoids varie d’une livre et demie à deux livres , tandis qu’il est d’environ quatorze gros chez les vierges , et de dixhuit chezles femmes qui sont accouchées plusieurs fois.

Texture. Le tissu de l’utérus devient plus mou, plus' spongieux, et l’on voit qu’il est formé d’un grand nombre de fibres blanchâtres , cotonneuses, r<ranies par ' du tissu cellulaire, tandis qu’avant la grossesse il était inextricable. Les artères ne sont plus flexueuses; leur calibre, ainsi que celui des veines, des vaisseaux lym, phatiques ét des nerfs, est beaucoup plus grand, -surtout là où s’insère le placenta : c’est dans cet endroit que l’on remarque des ouvertures nombreuses, connues sous le nom de qui sont le résultat de la

communication des artères avec les veines. L’épaisseur

ilès parois de la matrice est plus considérable sur le point où lé placenta est implanté ; elle varie aussi aux différentes époquès de la gestation : on â pu se convaincre que chez plusieurs fëmmes elle était de cinq lignes dans les trois premiers mois de la grossesse, de • trois lignes dans les trois derniers mois , et de cinq à f^eîidroit où s’insérait le plàcenta; la portion voisine 40 l’ôriùêe tt’avàit guère qu’une ligne, tandis que dans 1 état de vacuité, cbëz une fille adulte, l’épaisseur est d’environ quatre lignes. Au reste , on remarqué de nombreuses variétés à cet égard, et l’on sait que Hunter à vu la moitié postérieure de l’utérûs d’une femme morte à une époque assez avancée de la gestation , être extrêmement mince, tandis que la paroi antérieure était fort épaisse. '

Propriétés de l’^iterus. Cet organe acquiert la propriété de se contracter comme la fibre musculaire, et cette faculté finit par être assez développée pour que Tutérus puisse être regardé comme la principale puissance qui détermine l’accouchement. Mais ce qu’il nous intéresse de constater, c’est que dès les premiers instans qui suivent la conception, les follicules muqueux qui gafnissent l’orifice de l’utérus sécrètent ab ondamment un mucus blanc, consistant, d’une odeur particulière, qui s’épaissit, devient plus tenace à mësure que la grossesse avance, et bouche l’orifice de 1 utérus : la consistance de ce fluide peut être telle, quil forme une sorte de membrane qui se détache sous forme de lambeaux ou de flocons, ou reste jùs-qu’à l’époque de l’accouchement, et alors on est obligé de‘la déprimer ou de la rompre pour livrer passage à

ia tête de l’enfànt. Nous indiquerons à la page le parti que l’on a cru pouvoir tirer de l’existence de ce mucus pour reconnaître si la femme avait conçu.

Les annexes de F utérus et les parties qui l’environnent éprouvent également des changemens im^ortans. Les ovaires deviennent plus volumineux et s’approchent du corps de la matrice dans une direction presque verticale ; on remarque souvent sur celui qui a été fécondé une petite fongosité molle, jaune ou rougeâtre, qui finit par s’affaiser et laisser une petite cicatrice, tjcs trompes de Fallope ne conservent plus les rapports qu’elles avaient avec l’utérus; elles correspondent, vers la fin de la gestation , au point d’union du tiers supérieur de la matrice avec le tiers moyen; leur direction est presque verticale , et elles se sont évidemment rapprochées de l’utérus. Le ligament rond ( cordon suspuhien) est devenu fibreux comme la matrice; celui du côté droit est en général plus gros, plus court et plus fort que l’autre. Les replis du péritoine, qui forment les ligâmens larges, s’effacent progressivement à mesure que l’utérus se dilate. Les vaisseaux du vagin, des trompes, des ovaires, de la vulve, etc., sont beaucoup plus volumineux , et deviennent quelquefois variqueux.

Les muscles droits de l’abdomen (sterno-pubiens), ■ ainsi que la ligne blanche, sont distendus, élargis et amincis par suite de la pression que l’utérus exerce sur eux en s& portant en avant; et, comme cette compression a lieu pendant plus long- temps sur la région ombilicale. que sur les autres, c’est là que l’on en observe plus particulièrement les résultats : dans cet endroit la ligne blanche présente, vers la fin de la ges-

tation, un élargissement ovale ou rhomboïde de deux à trois pouces de large, et les parois du ventre qui J correspondent ont à peine trois lignes d’épaisseur. Les 'visceres de l’abdomen éprouvent aussi quelques changemens dans leur situation : comme dans le plus grand nombre de cas l’utérus est déjeté à droite, les intestins grêles sont refoulés à gaucheÿ l’épiploon se place le plus ordinairement derrière la matrice ; le foie , la rate, l’estomac et le. diaphragme sont poussés vers le haut, ce qui, dans certaines circonstances, détermine un léger déplacement des organes contenus dans le thorax, et même un changement de direction du contour cartilagineux des côtes.

symphyses du bassyn sont évidemment relâchées et legerement mobiles vers la fin de la grossesse : le relâchement est plus grand à la symphyse des pubis qu’aux symphyses sacro-iliaques, et il est souvent plus apparent à la symphyse sacro-iliaque du côté gauche qu à celle du côté droit. M. G’tiaussier , à qui nous devons ces observations , a vu chez des femmes dont l’accouchement avait été prompt et facile , la symphyse du pubis écartée depuis deux jusqu’à douze lignes j et même plus.

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