ONZIÈME LEÇON
signes de là grossesse utérine simple.
Cet article ayant pour objet de mettre le méilecin à même de décider si une femme est enceinte , quelleque soit 1 époque de la grossesse, et les moyens pro-
près à résoudre cette question n étant pas les mêmes poùr toutes les époques , il cotivient d’établir différentes périodes. Cette marche nous paraît plus conforme au but que nous nous proposons, que celle qui à été suivie par les auteurs qui ont examiné sépàrëment les s\^n&s équivoques et les signes sensibles.
Depuis le rnoment de la conception jusqu à la fin du deWxiénternois.VaTriii les caractères établis par les médecins, pour résoudre la question pendant l’époque dont il s’agit, il en est une foule dont la simple énumération fera sentir la nullité. La plupart des femmes éprouvent des sensations extraordinaires au moment de la conception; il survient un ébranlement y un frémissement involontaire et universel rhélé de xiolupté .) auquel sitccéde un état de langueur du corps et de V esprit. (Hippocrate.}- — Il fàun mouverhent de resserrement au moment de la conception. {GsXieia.')^ La femme à concu si elle ne sent rien couler par le x agin , et si le meinbre viril sort plus sec que de eOuturne. ( Aristote. ')~Peu de jàuTs après timprègnaition oh sent un niouvement le long des trompes utérines et de légères coliques mers la région hypogastiéque. — Le col se gonfle. ( Démocrite.) — Le pouls est plus fort plus vif plus développé. (Galien et Savon arola. )—// y a des palpitations ^ des syncopes^ des hémorrhagies du nez et de la bouche, de là toux , des hoquets , des baillemens , de V oppression , des çhangemens dans là voix, de la soif, de la diarrhée, delà constipation. La peau change de couleur ; le visage se couvre de taches de rousseur. Les papilles et V auréolé dès seins bruhiss'ent. — L'urine , claire , citrine , blanchâtre, présenté Un nUage et un énéorémè.- — Les yeuoé
sont câvès\, langütsshhsy ternes-^ ët bordés d'un cercle bteuâirel ^ Le caractère de la fomme change ; sesjacidtés intèllëctuèlles orit rhoirts d activité f dn ohservepar Jbis des névrosés dés organes des sens. Il y a d,es crampes, dé l’èngduï’âis s erhent dans les membres^, etc. ll\
Quel pacrti pourra-t-on tirer du oaràcftère donné par Mi- Ghâmbon , et qui consiste à constâter à l’aide d^n instTÜmènt en forme de cure-oreille , si les follicules muqueux de Torifiee de l’utérus ont sécrété le muGus épais-dont nous avons parlé à la page lyo. M’estil pas évident que ce moyen est insuffisant, ét qu’il peut etre. souvent dangereux d’y avoir recours ? J-i Les signes équipoques propres à faire présumer la grossesse pendant la période dont il s’agit sont : jo la suppression de la menstritation. Ghe^ la plupart des fefnmes réglées et bien portantes , l’écoulement menstruel est supprimé dès qu’il y a eu conception : ce phénomène est tellement général, que dans les circonstances. ordinaires de la vie, les femmes mariées se croient enceintes aussitôt qu’il s’est manifesté , et nma versa. Mais il est aisé de prouver qu’il ne suffit pas en médecine légale : d’une part, il existe des femmes qui conçoivent avant d’être réglées ; il en est chez lesquelleàcet écoulement a lieu malgré la grossesse; on en a même vu qui n’avaient leurs règles que lorsqu’elles étaient enceintes ; d’une autre part les menstrues peuvent être supprimées par une foule de causes sans qu’il y ait grossesse, et cette suppression détermine souvent les autres signes équivoques de la grossesse dont il nous reste a parler. On a cru pouvoir distinguer si la cessation des menstrues dépendait de la conception
ou d une autre cause, en ce que, dans le premier cas , la femme se trouvait d’autant mieux qu’elle s’éloignait davantage de l’époque où l’écoulement avait cessée tandis que les accidens allaient toujours en augmentant lorsque la suppression était la suite d’une autre cause.- Nul doute que les choses ne se passent ainsi dans beaucoup de circonstancès j mais il n’est pas rare de voir des femmes grosses beaucoup plus incommodées que d’autres qui ne sont pas dans cet état, et chez lesquelles’ il y a suppression de la menstruation. 2° Le développement des mamelles , V augmentation de leur sensibilité^ le gortflement de leurs veines. Ges phénomènes s’observent souven t; mais comme iis peuvent manquer, surtout chez les femmes faibles et chez celles qui continuent d’être réglées pendant la grossesse, et que d’une autre part ils existent souventlorsque la menstruation.est supprimée par toute autre cause que par la conception , ils sont loin de pouvoir être regardés comme ayant une grande valeur. On doit encôre atîacher beaucoup moins d’importance à la présence d’une humeur laiteuse qui s’échapperait par le mamelon; car nonseulement ce phénomène se manifeste rarement pendant la période dont nous parlons, mais il peut exister chezrdes femmes atteintes de certaines maladies de matrice, chez celles dont le mamelon est souvent chatouillé, et même chez certains hommes. 3° Les nausées , \es -vomissemens , M anorexie, Aés appétits dépravés et insatiables , la salivation , la céphalalgie et les maux de dents. Sans doute que beaucoup de femmes grosses éprouvent quelques-uns de ces accidens dans la première période de la gestation ; mais ils peuvent
tenir à d’aiitres causes, ou ne pas se nranifester cîu tout. Nous en dirons autant de la décomposition dés traits de la Jace. ,
Pendant le troisième mois. Admettrons - nous avec Stein qu’au troisième mois de la grossesse la paroi antérieure du segment inférieur de la matrice forme une tumeur molle, hémisphérique, que l’on peut reconnaître en introduisant le doigt jusqu’au fond du vagin , indice certain de la grossesse ? Ce caractère est loin d’être constant, et lorsqu’il existe, il n’est souvent pas facile à apprécier par les hommes qui ne sont pas très-exercés . au toucher ; d’ailleurs iîpeut tenir à une autre cause que la grossesse. Nous n’accorderons pas non plus une grande valeur au signe suivant, indiqué par quelques aateiirs : « la femme étant couchée sur le dos, les muscles abdominaux dans le relâchement, une main portée sur cette région, et le doigt indicateur de l’autre main dirigé dans le vagin , bn s’assure que le corps arrondi qui s’offre sous la main de l’accoucheur est la matrice. Supposons^ en effet, que l’on parviejine par ce moyen à saisir, la matrice; on pourra conclure que son volume est augmenté , mais on ne prouvera point que le développement quil présente ne tient pas à lin état morbide ; il est évident, d après cqîa,, que l’on aurait tort d’attacher une grande importance à la saillie que fait la régipn hypogastrique à la fin du troisième mois de la gestation , et qui dépend de ce que l’utérus remplissant l excavatipn pelvienne , les intestins se trouvent;, refoulés vers 1 abdomen. Chez certaines. personnes nerveuses , on observe des la fin de ce mois des niouvemens actifs.
( iSa )
semblables à ceux que lè foÈtus exécute ordiiiàiremênt plus tard. - '
Pendant le quatrième mois. La situation de la matrice est telle à cette époque ( pàg. ijS) , que si
les parois de^l’abdomen ne sont pas trop épaisses ou trop tendues, on peut rèconnàîtré sa forme et son volume en appliquant la main sur l’abdomen. L’expansion du ventre est encore trop peu marquée pour qudn puisse en tenir compte: la valeur de ce signe sera èxaniinée plus loin. Chez la plupart des femmes, le fœtus :exérçe des mouvemens que l’on a appellésrtcÿÿ^ : c’est particulièrement vers la fin du quatrième mois , lorsque les organes de la locomotion jouissent déjà d’une certaine, énergie, que ces mouvemens sont sensibles;, ils deviennent quelquefois si forts par la suite, qu’on les aperçoit même à travers les vêtemens , et que la femme en est réveillée pendant la nuit : l’homme de lart parvient souvent à les provoquer en appliquant sur les parois du vèntre la main préalablement trempée dans 1 eau froide. Ce gigne, qui paraîtrait au premier abord devoir permettre d’affirmer que la femme est ou n’est pas enceinte, présente pourtant beaucoup d’incertitude : non-seulement il y a des femraès qui n’ont senti de pareils mouvemens à aucune époque de la grossesse , mais il en est beaucoup d’autres chez lesquelles des contractions -spasmodiques de l’utérus et des intestins simulaient tellement les mouvemens du fœtus, quelles se disaient enceintes; M. Dubois, que l’on n’accusera certainement pas d’observer légèrement , rapporte qu’ayant appliqué la'main sur l’abdomén d’une femme qui se croyait au cinquième mois de sa gros-
s’çsse » il sentit ces mpuveitiens spasmodiques , qu’il prit pour ceu3ç de l’enfant.
S’il est vrai que pendant cette époque la cessation des règles continue le plus souvent, il n’est pas rare de ne plus observer nausées -, les y pmissemens ^ les appétits ■Aéprai>és^., etc. Quant au gonfleinent des manaelles j il est plus considérable , et la sécrétion laiteuse plus abondante que dans les deux premiers mois. Il est inutile dp daive mention du ballotternent, parce qu’on né l’aperçpit . guère avant le cinquième mois.
Pendant le cinquième mois. L’expansion de .l’abdomen est un peu plus marquée , parce que le fond de Tutérus approche déjàdela région ombilicale,* l’élévation du yeptre vers le nombril contraste alors avec une sorte de vide qui a liep du côté des lombes. Mais à aucune époque ce signe ne peut être donné pomme ayant une certaine valeur ; en effet l’imperforation de Thymen , la suppression delà menstruation, l’hydropisie, la tympanite , rhystçrie, certaines affections spasmodiques, etc., peuvent distendre l’abdomen autant qu’il l’est dans, la grossesse j ne voit-on pas d’ailleurs des femni es dont le veiitre se tuméfie considérablement à l’époque critique , par cela seul qu’elles cessent tout à epup.d’être réglées , et qui éprouvent en même temps des nausées, des vomissemens , etc. P D une autre part combien n est- il pas facile aux femmes de, dissimuler le développement de 1 abdomen à l’aide, d’une, compression , soutenue, d une disposition particulière des vêtemens, ou d’une démarche étudiée.
Indépendamment des mouvenaens actifs du fœtus, qui sont encore plus prononcés qu’au quatrième rnois ,
pn peut déterminer à cette époque des mouvemens passifs ou de ballôttement ; c’est à eux qu’il faut rapporter la sensation qu’éprouve la mère en se remuant, d’un corps étranger qui tombe sur la partie la plus déclive de l’utérus. La femme étant debout , et la main gauche de l’accoucheur appliquée immédiatement sur les parois de 1 abdomen afin de saisir la matrice , si l’on introduit le doigt indicateur de l’autre main jusqu’au :: fond du vagin , et qu’on cherche à soulever l’utérus en ; >f' frappantsur rextrémité vaginale du çpl de ce viscère,, r il est évident que le fœtus, qui nage librement dans . v l’eau de l’amnios , sera soulevé , montera jusqu’à la s partie supérieure de la matrice, puis tombera à raison ^ de sa pesanteur, et viendra frapper le doigt indicateur toujours placé à l’extrémité du col de la matrice, comme le ferait une substance solide quelconque contenue dans une cavité remplie de liquide; il faut bien prendre garde de ne point confondre avec le ballottement, le mouvement de totalité de l’utérus. Le mouvement passif dont il s’agit, peut ne pas être sensible au cinquième mois, tandis qu’il le sera plus tard; dans d autres circonstances le médecin est dans l’impossibilité de le constater à aucune époque de la grossesse , ce qui peut tenir à ce qu’il n’est pas exercé au toucher , à la faiblesse ou à une maladie du fœtus, ou à d’autres causes.
Comme pendant l’époque précédente , la femme
continue en général à ne pas être réglée et à ne plus avoir autant de dispositions aux nausées-, aux vomissemens, etc. Le gonflement des seins et la sécrétion du lait sont plus marqués.
Pendant h sixième niois. De quel secours peurent etre les signes suivans , donnés par quelques auteurs ? le pouls est petit , faible et tardif , il est souvent gastrique; le sang; est plus couenneux ; Furine est plus rouge que pendant les six premiers mois , et sa couleur tend à devenir de plus en plus foncée.
G- est -ici le moment de rapporter les observations curieuses faites dans eês derniers temps par le docteur Kergaradec sur les du fœtus , et sur
d’autres pulsations qu’i t a appelées placentaires. Lorsqu’on applique l’oreille sur l’abdoidën d’une femme encëtnîé de six mois ^ revêtue de ses vêtemens, oulorsqu’On'è^lore cétte partie du êorps à l’aide du stéthoscope jOtïéntend dans l’espace situé entre l’oinhilic et l’arcade crurale, un bruit semblable à celui que produirait une montre placée très-près de Fpreille; c’est le plus souvent du côté opposé à celui vers lequel les extrémités inférieures du fœtus se dirigent plus spécialement, que ce bruit se fait entendre ; il est le résultat des contractions du cœur du fœtus, dont les pulsations doubles, au nombre de cent vingt à cent soi^xànte environ par minute , reviennent à des temps réguliers, et ne sont point isochrones au pouls de la mere. La fréquence de ces batîemens ne permet point de les confondre avec ceux que l’on sent quelquefois a la partie inférieure droite ou gauche de l’abdomen des femraes grosses.
Sur une autre partie dï l’abdomen que noua ne dé- Signerons point, parce qu’elle peut varier beaucoup, on entend des pulsations simples régulières, parfaitement isochrones au pouls de la mère , et dont le bruit
est analogue au souffle que l’on observe dans certaines maladies du cœur ou des gros vaisseaux. Ces pulsations, que l’on sent déjà quelquefois au-dessus des pubis, « la fin du troisième mois de la grossesse, ont été nommées placentaires, parce qu’elles paraissent avoir du rapport avec le point d’insertion du placenta dans là matrice; elles semblent être le résultat du battement des artères dont le calibre est augmenté.
Il est souvent difficile de discerner les batlemens dont nous parlons au moment où l’exploration commence ; les borborygmes produits par la circulation des gaz dans les intestins masquent tous les autres bruits ; il est donc important de laisser séjourner l’oreille pendant quelque temps sur les points où il est ordinaire d’entendre ces battemens. On conçoit également qu’il ne serait pas aisé de sentir les pulsations placentaires , si le placenta était inséré à la paroi postérieure de la matrice , et que le fœtus ept le dos immédiatement en contact avec lui.
Voici les conséquences que l’on peut déduire de l’application de l’auscultation, relativement à la question qui nous occupe. La femme est enceinte si l’on est parvenu à entendre les doubles battemens du cœur du fœtus; 2 a plus forte raison on affirmera que la grossesse existe, si, indépendamment de ces battemens, on a senti ceux que nous avons appelés placentaires; 3° l’absence des pulsations doubles du cœur du fœtus ne suffit point pour conclure que la femme n’est pas enceinte : en effet, le fœtus pourrait être mort ou trèsfaible, ou tellement situé qu’il fût impossible de saisir ces battemens ÿ 4. la suspension des doubles puisa-
tions <lù cœur, après qu’on ies avait entendues j est un phénomène a:ssez commun ; il faut alors explorer la femme à plusieurs reprises; 5° les battemens placentaires civec souffle^ con^xàèxés isolément^ peuvent tout au plus faire la grossesse ; en effet, rien ne prouve qu’on ne puisse entendre de pareils battemens chez une femme qui n’est pas enceinte, et dont la matrice, contiendrait une production accidentelle avec un développement considérable des vaisseaux utérin^.
^ La tuméfaction des mamelles et du ventre est plus inarquéê au sixième mois; en général la femme continué à ne plus être réglée; elle a moins de dispositions a;ux nausées et aux vomissemens. Quant à la saillie qiie peut faire alors le nombril, elle reconnaît quelquefois tbute autre cause que- la. grôssese.
Pendant les trois derriiers mois. A.u septième mois , si l’on introduit le doigt dans le vagin , dn peut distinguer la tête du fœtus au détroit supérieur, à travers l’épaisseur des parois de la matrice. Les mouvemens actifs du fœtus sont quelquéfois tellement forts à cette époque, que l’on avait cru pendant long-temps que 1 enfant faisait la culbute. La démarche est gênée, les. envies d’uriner fréquentes , et chez certaines femmes les membres abdominaux sont déjà œdématiés. Au huitierrie mois ^ la tete de l’enfant est plus grosse, plus solide, et parait plus basse; le doigt introduit dans le vagin sent manifestement les membranes, si l’orifice de 1 utérus est ouvert; l’estomac et le diaphragme sont refoulés en haut par suite de la plus grande élévation du fond de 1 utérus; aussi la respiration est plus dif-^ ficile, et assez souvent la femme éprouve de nouveau
des dégoûts 5 des nausées, des t^omissemens. Axi neuvième mois, la partie inférieure de l’utérus, entraînée par le fœtus, plonge dans l’excavation du petit bassin. Il n’est pas rare, à cette époque, de voir l’orifice de la matrice assez ouvei; tpour. que le doigt in^troduit dans le vagin puisse atteindre les membranes qui enveloppent le fœtus. La compression exercée par rutéms sur la vessie, le rectum, les nerfs sacrés, etc., rend raison^ des^envies fréquentes d’uriner, des ténesmes, des hémorrhoïdes , des varices, des douleurs dans les jambes , et de l’engourdissement que la femmé éprouve.
Nous ne rappellerons pas les cbangemens considérables et importans qui surviennent pendant ces trois mois dans la situation de la matrice , et dans la structure du col. (F-ojr. page 173.) Dans le plus grand nombre des cas, la femme continue à ne pas être re'glée ; il arrive cependant , lorsque le placenta est inséré sur l’orifice de l’utérus (ce qui est fort rare) , que vers la fin du sixième mois , ou au commencement du septième, époque à laquelle la portion utérine de cet orifice s’éDrgit, il y a un écoulement sanguin, même chez les personnes dont la menstruation avait été supprimée jusqu’alors. Le gonflement des mamelles et 1 expansion du ventre sont en général plus considérables pendant cette époque qu-’à aucune autre; toutefois l’abdomen change de forme au commencement du neuvième mois , lorsque l’utérus paraît s’abaisser.
De la grossesse utérine composée.
L objet de cet article n’est point de rechercher combienil y a de fœtus dans l’utérus ; là solution de cette question n’intéresse en aucune manière la médecine légale; ^5 importe d’établir^ c’est que dans le cas de grossesse composée, plusieurs des caractères indiqués dans l’histoire de la grossesse utérine simple suivissent des moseraient propres à jeter de l’incertitude , SI elles n’étaient pas prévues. Ainsi le ballottement esx plus ^ dans les derniers mois que
lorsque la grossesse est simple, parce qu’il y a moins de îiq^uide dans l’utérus, et que le fœtus que l’on a déplacé parle choc ne s’agite point facilement à cause de. 1 obstacle que lui présente l’autre fœtus. En appliquant la main sur le ventre de la femme, on peut distinguer deux fœtus dans le cas de grossesse double, SI l’iaérus offre des parois souples et peu tendues^ tout comme on reconnaît les pieds, les genoux et les coudes du fœtus dans îa grossesse simple , si les parois de la matrice , n’ont point beaucoup d’épaisseur. A l’aide du stéthoscope on peut sentir quelquefois les doubles pulsations du cœur dans plusieurs points de l’abdomen à la fois; la naissance des jumeaux a déjà été prédite par ce moyen.
Indépendamment de ces modifications, il en est d autres qui , pour être moins importantes , n’en doivent pas moins être mentionnées , parce qu’on peut les observer quelquefois : lo mouvemens du fœtus se font sentir en même temps dans plusieurs régions de abdomen; 2° dès les premiers mois de la grossesse,
la matrice offre uii volume' considérable ; 3° au liéu d’être élevé en pointe, l’abdomen est aplati et divisé longitudinalement en deux tumeurs séparées par un sillon quelquefois oblique ; 4° 1® gonflement et l’œdé' matie des membres abdominaux ont déjà lieu vers le ' troisième ou le quatrième mois.
De la grossesse utérine compliquée, '■ - . ^
Indépendamment d’un ou de plusieurs foetus, Tutérus peut contenir des gaz , des hydatides , des polypes sarcomateux, etc. Des faits nombreux viennent à l’ap^' pui de cette proposition ; nous nous bornerons à citerle suivant. Un chirurgien appelé chez une femme qüî est sur le point d’accoucher , croit que le placenta est' décollé, et qu’il franchit le vagin; il fait rentrer ce prétendu placenta ; M. Dubois ne tarde pas à reconnaître un énorme polype qui sortit pendant raccouchement, et se plaça à la partie antérieure de la . vulve; le travail fut terminé heureusement , et l’extirpation du polype fut faite aussitôt après le rétablissement de la femme. ( Leçons orales du professeur Dubois. )
Dans le plus grand nombre des circonstances, il est impossible d’apprécier, pendant la grossesse, les complications dont nous parlons : aussi nous abstiendrons-nous de rapporter les caractères vagues et incertains donnés par les auteurs qui ont traité cette matière; nous nous bornerons à dire que le médecin charge par le magistrat de- prononcier sur l’existence de la grossesse, dans un cas de ce genre, doit se
( Ipl )
conduire comme si la grossesse utérine était simple.
{ ^ojrez -psige
De la grossesse extra-utérine.
L’embrybtt peut se développer hors dé la cavité de i’utérus ; son accroissement se fait alors tantôt dans les trompes de fallbpe, plus rarement sur un pbint de l’abdomen , ét plus rarement encore dans Tovaire (i). On a également cinq exemples de foetus développés dans le tissu propre de la matrice ; iis ont été décrits
par dans lès Mémoires de l’Académie impériale
Joséphine de Vienne; par Hederick, dans le Muséum de Dresde ; par Albers de Brême ; par Lobstein , dans le Rapport sur le cabinet de Strasbourg; et en dernier lieu par M. Breschet , qui a trouvé un fœtus d’environ trois mois dans la portion du tissu de i’utérus qui avoisine la trompe gauche ; celle-ci était oblitérée dans toute son étendue, et le fœtus n’avait aucune, communication ni avec elle , ni avec la cavité de la matrice.
Nous ne rechercherons point si la grossesse extra utérine reconnaît pour cause un vice de conformation ou un état morbide des ovaires ou des trompes , une
(i) La grossesse extra-utérine abdominale , admise par tous, les auteurs , ne semble pas parfaitement établie à M. Dubois :
Le désordre et les altérations de l’abdomen sont telles, dit ce professeur, que l’ouverture des cadavres n’a jamais prouvé que e^fus se' fût développé plutôt dans l’abdomen que dans la tron®e 9». dans l’ovaire. »
trop grande densité des membranes des ovaires, un défaut de rapport entre la trompe et Tovaire , l’adhérence de ces organes, l’oblitération des trompes , etc. ; nous passerons également sous silence tout ce qui concerne les annexes du fœtus extra-utérin, c’est-àdire le cordon ombilical , le placenta , l’eau dans laquelle il nage, le sac membraneux qui le contient, et le kyste qui constitue sa dernière enveloppe et qui fait office de matrice : nous nous attacherons spécialement à faire connaître les signes de cette grossesse, parce qu’ils diffèrent sous plusieurs rapports de ceux qui ont été décrits à l’occasion de la grossesse utérine.
La difficulté du* diagnostic est tellement grande ici, qu’il ne fout pas s’étonner que les auteurs aient donné comme signes de la grossesse extra-utérine une fouie de caractères erronés ou insignifians, que nous nous contenterons d’énumérer ; la femme continue d’être réglée pendant la grossesse ecçtra-utérine ,* elle ne 'vomit pas dans les premiers mois ÿ il n’y a ni gonflement des mamelles , ni sécrétion de laity V abdornen ne se développe que d’un seul côté ^ les mouvemens du fœtus sont plus forts que dans la grossesse utérine^ et ils se font sentir
sur d’autres parties du 'ventre.
L’utérus, a-t-on dit, n’éprouve d’autre changement, quelle que soit l’époque de la grossesse extra -utérine, V qu’une légère augmentation d’épaisseur dans son col. Ce caractère , s il était vrai , serait précieux , puisqu’il suffirait de le constater, pour affirmer, lorsqu’il y a grossesse, qu’elle est extra-utérine j mais il n’est pas exact. DéjàBertrandi, Sanctorius , Weincknecht , Foart Simmons, Hartmann, etc, avaient annoncé que dans
îa grossesse des trompes, la matrice a^ait un volume triple dre celui qu’elle offre chez une femme; qui n’est pas enceinte;, lorsque M. <[]haussîer publia une observatibn de grossesse tubaire , dans laquelle l’utérus, trois fois plus volumineux que dans l’état de vacuité, était un peu abaissé et porté à droite; son col était souple , allongé et tellement ouvert ^ que l’on pouvait facilement y introduire ledoigt et parçpurir toute la cavité; dq- la matrice, qui était tapissée d’une tunique semblable à la membrane caduque qui ^ forme, pendant la grossesse utérine. (Bulletin de la J^aculté de
médecine, n® 6. , année J .
Voici ce que 1 pn peut établir 4é>pln.s précis sur les signes des diverses espèces de grossesse extra-utérine. Lorsque l’embryon se développe dans la trompe, la femme éprouye dans la partie profonde du bassin et dès les premiers temps de la grossesse , un sentiment de gène , de pesanteur toujours fixe^dans le même endroit, qui parfois s’étend au rein du même coté. Bans 4a suite on observe une tumeur mobile, arrondie, qui, du fond du bassin , et toujours -du même côté, s’élève progi essivement dans l’abdomen , et est accompagnée dnn sentiment de tension, de douleur plus ou moins vive. Par le toucher on trouve l’utérus déprimé, déjeté du côté opposé à la tumeur , à laquelle il adhère cependant. A travers les parois du vagin et de l’intestin rectum , on peut reconnaître la saillie formée par la trompe plus ou moins distendue. A une certaine époque, on sent dans cettè tumeur, d’une manière positive, les mouvemens de l’enfant. (Ghaussier Bulletin déjà cité.) L auscultation ne peutfournir aucun caractère certain , ^ i3
parte qù’il est Fiwe que le fœtus qui, s<5.<léyeloppe4ii«î^ la trompe vive plus de trois mpis;f,,^ que jusqu’^tl^fll Jes liattemens du- cœur sont im perceptibles ite aeq îae'iî il est probable que tout cé que uous^ venons . dé. s’applique .également au cas- où iembryôn- prend sure accroissement dans -rop’ff/re. ' ' - ertoB
Si le fœtus se développe dans lubdomene, la tumeürl est, dit-qn , située plus haut que dan^ les deux espèces précédentes, les douleurs abdominales sont plus vives, la pesanteur plus incommode, les niouvemens du fœtus plus sensibles pour la piére; "cés caractères sont trop^ vagues pour servir à établir le diagri^sticr ie seuî £4^ imp ortant à n oter es t que ^ler fœtus pouvan t .'s’aearoître c et vivre pendant plus de neuf mcûs daais rabdomençü* est possible que l’on -entende , àd’aidedtr^tétlioséopè^" les doubles pulsations du cœur dans un^ point du'ventre^ où il n’est pas ordinaire de Tes remarquer.
Mais il s’en faut de beaucoup que- J’^n parvienne -à. r décider aisément à l’aide de ces différons signes, si l’accroissement de l’embryon se fait xlans: la trompe^ dans les ovaires ou dans l’abdomen , -puisque / dans ié* plus grand nombre des cas,l>rré'prouve lés,j}lüi '^^andes' difficultés à constater sejulemeht qug ïa^^rossesse ésjt, extrarutérinef et si nous avons par^ de-chacune de çe^
trois espèces j-G’étaitdansb’intention demieüxfaire-con^ ■
naître les phénomènes que présente la femme chéi quelle le fœtus sc dé veloppe hors de rutérus. decin chargé de faire un rapport sür îîne grd^sessé de'^ ce genre, en supposant même qu’il parvienne à soupçonner qu elle est extra-utérine , n’attachera aucune importance à décider le siège qu’occupe le fœtus; il cher-
«hera^'S^û'lënreftit’à ^latUîr- pâr^^è^'ifieiyeiï^ indignés ‘à ^’dcCÆsioTi dëîÿ giftjssësse litéiïnëi^ <(néfâsefe'miiSë"ëst'oô. n’est pas eneeiot&Æasphts grande -circonspectidti doit présider.^an jagfânent-qa’ii: portera , la questioniætaat souvent -fort éginÎBtisë rjc’est-ici', pltts'quë;'dans aucune autre circonstance , qu’il devra: attendrê que.le' temps'. luipecraeïtefdiQbtbnir^Æe aouv.elljes lumières: (i). .
r^Uôças) ^ireb aaf ansfa si,-’ èhzi i ^ - c. : 1: ,
çâsviveiîlqsnoa eelsft.mcLJ^ isl
pubere et non déjîorée , on découvrît un fœtus-ou des parties s/sos gsasîos'îBD gS3.: sasin.Bl 'rijo" d un enfant qui se seraienraeyélogpes sur uU deif points' dê^ra^
câVi1té-aÊâon3inafe?î)èEtÿieîâ py^brihè pas eté''dé£Ebréev
ih'ifelC'^vtdêsrf rcpr?iî Qpq a^ anSÀsfeij^irê iKese^àT-dièe' qùe' deuS ' embrj^srayAnt éJéà>Bcwsi T^ptdkyj&aiétéjco^ enfermé- 5?èi^auçf:dê4’gutr^ (^^eç^^toNSTRupsir^.), Gom-^., XbpW«ie de l’ait ne ^s^rait-il pas répréj^ensîble^ si , dans son rapport , il faisait naître des soupçons sur la moralité dé cette personne, en confonïïàatla'ïnônstrüo'sîté dont nbiîs parlons, a^c la grossesse exfiit ¥të]tîie. lie diagnostic , eii patéil caè, rïpôseu‘>sttïd’état ^Tiaérüs", qui,- dans la 'grossesse exti“?*^Mri»e épma^e tQnj^Sïs q^elques-cbangemens j soit ';dans spn yiolume, soit , pans, sa . eayité sur l’état des- parties
Xap,^ès leqqpl pu pourra prèsumer que la personne ^ sur les signes'coinmémoratifs : ainsi, là jeune
fille aura présente dès son ènfance une tumeur abdbif.inaîe pîùs ou moins douioureusé , s’il ÿ a monstruosité , tandis qn^bn aura observé quelques-uns des signes de la gi-ossësSe exti<à -ulérine si elle est réellement, enceinte ; et la tumeur, n’aura paru que depuis peu;, 4° sur la. situation de cette Itnneni,.
.rapports.qu’elle peut avoir avec les parties environ,nantes, etc. - -
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DesV^wêrsr états; cômré n dtur^
Il arrive souvent que des femmes éprouvent la plupart des signes équivoques de la grossesse, sans pourtant être enceintes. On en a vu qui disaient sentir les mouvemèns dé I enfant , èt qui étaient en ^roie à des nausées, â dés vbmissém élis j etc. ; la inenstruatipn était supprimée depuis plusieurs mois 5 les' seins tuméfiés laissaient suinter un liquide laitéiix/ l’expansion de l’abdomen était considérable, “la matrice était plus volumineuse , et son col. efface et éntrdüvèrt. Cet ensemble dé pHénùmen es, désigné par lés auteurs sous le nom de grossessê appârénte'j T^ cause
l’un ou l’autre des états suivans
I® La tympahîté afféction dans laquelle Fu-
térus est distendu par des gaz : à- Ta vérité, tous les médecins n’admettent pas l’existencé de cetté maladie, parce qu’il est difficile, de -concevoir que le-tissu serré et très-epais de la matrice soit dilaté par des gaz au point de simuler Ta grossesse ; ils peusent que l’on a désigné sous le nom de tympanite utérine des collections de gaz dans les intestins. '
2® Iæ présence d’>^a?Æj{za?és: dans, l’utérus ^ et surtout
(0 fl serait superflü et déplacé de décrire avec délail les étla éiarcbe dés afféÇtîpiïs dont nous allons parler, leur étude étant dû ressort dë îa pâtfibftfgfe. "
àacéphalocjr'Stes {^^^'0rnQ^ de quelque»
autetirs ) ; que ces vers vésicirlaires soient isolés , roulans, ou que plusieurs d’entre eux tiennent par leur pédicule a une, tige eonamune formant une.espèce ils distendeut gf^uellementrabdonien, et peuvent simuler la grossesse.
L de l- utérus i^hydronietre') ^ maladie
^PPt'ceï'taih-? pi^atjciens ment l’existence , parce que la n^atrip^ n’est point revêtue d’une membrane séreuse; jls pensent que. Ton a donné ce nom à des masses a%aatîdés>i\
(Tæ matrice ; Vhydropislc
d^s oi>dires et des trompes. - ' ' •
«s'il .= ,vi ^ siiAi " ■■■'T
5 d engorgement chronique de l’ utérus.
la matrice.^ dont le volume aépuis, celui d une" lentille jusqu’à celui de la tête d uri homme, et même plus : on en a vu qui pesaient livres. Ils sont charnus, fibro-cartilagineux .3P se d/-,veloppent dans le tissu fibreux de la
m^atrice, entre ce tissu etla tunique péritonéale, ou entre
Fyant rapporte, dans son article de Hydrometra, qu’une princesse, allemande , d’un âge avancé, et qui n’était plus réglée, fut déclarée enceinte' par son médecin et par un âccoucheur; elle rendit par la vulve one énorme quantité d eau ^ et 'râ--^ màriicè né tarda pâs a s’affaisser. TUn peu après les- mêmes s5unplQiaes-sejien.QjiKeiè.tén.Ltons’àtt^^^ çjg meme
^Aaturç que la premier^ fois,; elle accouchad'nn enfant viable ,
. W des accoucîieurs les plus expé¬
rimentés. ( Traité.,^de médec^ç pratique de P. Frank ^ traàxnt
par Coudereau, tdm. IV, pàg. 1814. ) ^ ' '
lé tissu fibreux et la isürfàcè interné de Tutërüs : dans ce dernier cas, 6n lés désigne souSlè nüin dé fihrèiicic. '
Les polypes niôus y vêsiculeux.
L’hydrÔpïsiè àscité (^ly, lès tulneià^s du mésentère^ ïdfyrnpdniiè intèstinale. v .
g^Là rétention, dündrutéric$,dii sang qui devait sortir "Oh 'côitçoit que le'sang des règles s’accumule" dâtis ta" matrice , par suite dé' rbblitération bu <ië rirnpérfbràtioh du vagin , ou dé toute autre cause : il est ëgàlehiént aîsë dé voir quééé lic^idé-, abaudbhnë à lui-rïiérnè,'në doit pas tardér à sé coaguler. Ces concrétions Sanguines présentent des caractères qu’il- importe de connaître^ pour rie pas les confondre avec les débris du germe dont nous parîérons bientôt. Quoique
' {i) Une femme affectée d’une hydropisie ascite, consécutive delà phtltisie pulmonaire, mère Je huit enfans^af%mait qu’elle était enceinte ; en appliquant les denx mains froides sur le bas-yentre , on sentait des mouvemens.. assez forts dans la région de Tutérus , commê si rérifant donnait' dés coups de genou bu dé coude ; le toucîiér fàisàit^ poriii^t réconriàître que Tutérus était vide. Le docteur Frant annonça des lors que là fèmriie n’était pas grosse i nu autre médecinjfnti d’un àvis can^raire, L» malade mpurnt an de trois semaines- On pratiqna Idpçr^tion césarienne, çt ifsortit de la cavité abdorqîpdlp. pne grande , quantité d’eau. L’utérus étdt racorni^et rapetissé comme chez les femmes avancées en âge ; quelques tumeurs dures , anguïeuses', étaient adhérentes au péritoine par des pédicules' membraneux assez longs : ces tumeur.s libres et' flottarités dâris-Ià' cavité , -avâiént:isirnutéiles :mouvemens dufœtusifJ^nkprmx^^,(Mé^, t^ ÏV, pagi 1 70. )
dj’y.ne fpj*;îjie v;ai;iable,^ elles offrent souvent la configuf^tio.n^defla Gavitéitfe l’utérusjJeur couleur^ esç blanche, verdâtre, brune ou pâle; ces dernières sont enduites d’une matière visqueuse ,;gélatineu^^, oU;purulenfe et fé>ticlp.4,il,en:. es.t qui sont friablejs^^et fapjles à écraseientre les doigts; leur structure varie beaucoup; les -mies par^issept fibre,nses et vaspuleuses^; d’autres,res^ sp^bleut aux Jiss us glajndiileux., graisseux ou ineniliranet^^leur siirfaçe^^eule présente quelques traces d’orga- :, Jjsur^(jenfr^^n’ offre, emgén^ral cjua du san^ noir: fiaagulé^ ce^n’est que dans des. eas/ort rares que l’on y. trouve une vésicule- remplie, de matière gélatineuse, j^uus tirerons parti.de ces . faits à l’article ai’ojrtemënt. *5 ; \G%rLosi^éi>ris-d&^r^embrjCiri..0.vi admettra facilemen t que. l’embryan pe.ut périr dans lutérus .et n’être ,ex.pulsé qu’au bout d’un certain temps; les débris de ce corps organisé continueront à ”récevdir~ ilù sang, se développeront^ 'et qiGurront finir. . par produiie une masse d’un volume eonsidérable.. Pendant le séjour tîe cette, masse dans la matrice , la femme éprouvera des phénomènes qui tendront à faire croire qu’elle est jsnçeinte : il importe, donc de fixer l’attention du méadecin sur ce points . ■
- ’ La masse dont il.s’agita reçu le nom.de moley. mais il en “adtdde ce moten médecine légale comme de celui de fièvre puerpérale en pathologie; on l’a employé pour désigner des productions qui ne se ressemblent point, telles que les débris de l’embryon, les” Concrétions , des polypes, des bydatides, -etc.; aussi pensons-uous. qu’il, doit être rayé du langage médical. 0n doit entendre débris dé Venxhryon y un coi-pa
organisé^ ordinairement charnu, et recouvert d’une membrane., instmsible, presque toujours mollasse,, quelquefois dur j d’une forme variable , régulière ou irrégulière, offrant constamment a son centra une cavité revêtue dune membrane lisse, qui contient souvent un liquide, quelquefois des vestiges de l’embryon qui a été détruit, et d’autres fois rien. Il est évident que les propriétés physiques et la strucUire de ce. corps varie-ront suivant que l’embryon aura été détruit dans lapremière période de la grossesse ou ù.nne époque plus éloignée , et suivant qu’après sa destruction les débris , seront restés plus ou moins de. temps dans la matrice.^^ Il importe beaucoup en médecine, légale, surtout pour la question de l’avortement, de bien connaître ces différentes variétés.
1° Si 1 expulsion a lieu immédiatement ou peu de temps après la: destruction d’im embryon fort jeune, on verra qu’il présente ra îoxv&e êê\ra.Q poche- ovoïde ^ transparente J contenant une petite quantité de liquidcj.i et semblable, au premier abord, à une hydatide : cette poche offrira sur un de ses points quelques blamens blanchâtres , véritables débris de l’embryon qui a été détruit. 2° Si l’expulsion de ce jeune embryon n’a lieu que Ipng-temps après sa mort, et que ses débris aient continué à s’accroître, au lieu d’une poche transpa-Irente j ce sera une masse d’apparence charnue, d’un tissu semblable au placenta , dans laquelle on rencontrera quelqu'efois des kystes bydatiques rsa ressemblance avec le placenta sera d’autant plus grande, qu’elle aura séjourné moins long- temps dans l’utérus après la mort de 1 embryon. Si la sérosité que contient ordinairement
( ÏOI )
là cavité è%nfràlè-n '^t p^às éVacüéë^^ àvati^ la masse dont il s’âgit','6u%l iéllé^e l’èft qüê pêü dé tetrips avant , le vokiriïèdeéeîte^^sé^sefdassèzlcrôiisidérablé, sdh lissti Huriiidé , ^s^iéis dé^saiig^J ét sa càvité trè^
appafénfe';^j;^k cddtt’âîi^ lé liquidé %érétix s’èst écoulé plûsiêurS‘sém aidés ôt§ plusi^rs mois àvarit Fëxpirlsion: des débris dé FéndjtyoS^ ïà^ câfîté sera à peine sensible * bd coheÔit'édéfï^ qde daiidéé dernier càs la masse i|uï dbntîniié â sef nbunîr se durcisse , Sè peletbnné sûr éHédiiettié J ét îjüe la cavité se rétrëcisse| mais on poüérà toujéiïrs édnstater la présence dé cette cavité. 3**' Si la mort du fœtus arrive à une époque déjà avancée dé la grossesse , et que rexpulsiôn n’ait lieu qu au bout d un éeitain temps, il est impossible d’admettre que la dissolution du produit de la conception atira ete aSsez' éomplete poiii* qu’on ne découvre' pas des vestiges du fœtus, tels qué des os, des poils , etc. : il peut méiné 'se faire alors que le cadavre se soit conservé dans! eau de l’amnios, comme dans une saumure, lors mmne que le placenta a continué de s’accroître.
Riéii n est aussi variable que le volume et le poids deé défariS dé 1 embrÿon; on en a vu qui étaient de là' grosseur du poing et qui pesaient d’une à deux Onces, tandis qüé 'cFautres offraient le volume d’une télé d’àdulté, et pesaient jusqu’à quarante onces. Ces différences dépéndént particuliérement de la durée du séjour dans 1 Utérus^ qui varie depuis deux jusqu’à quatorze mois' lés auteurs qui ont annoncé que ce séjour pouvait être de plusieurs années^ ont évidemment confondu la masse dont nous parlons , avec d’autres tumeurs.'
Il iésülfë de Ce qUé lions vénons d’établir, ' que ss
( -aoa )
tiue femme-, que4 on supposerait û-yoit ét<é^f^^{>n(àéê^, rendait par fë vagin üné'-rnasse^’dappar^n<îe on reconnaîtrait que ce -corps •■est'fe «^brisp^ d'ùïï- embryon , à l’existence - d’une cdmté iîkritraîè f tapisi'ée d'une mèjnbj'anè seréuse, tandis que? lés "eoncrétièlns. sanguines n’offriraient, en général y- ''siH’'tMfsr€Ûfe points, que du sang noir et cbaguléV- -- ’ i
1 1® La grjpssesse apparente ' nerveuse y - c’est-à-difé-,, l’état d’une femme y ordinairement - bystérique , qui sans être enceinteprésentepreSquè-teus lès signés éqtlivoques de la grossesse, et dit même sentir- remuer le foetus entre le quatrième et le einquièmè mois, v
Conclusions sur la grçssesse.
1® Depuis le moment de - la cornception jusqu'à lajîn du deuxieme mois.,i\ n’existe aucun signe qui pèrmette ^ajjirmer que la femme est enceinte : ôn peut, dans certaines circonstances , établir de lég'erei probûhxlités en faveur de la grossesse ; mais l’bomme de l’art serait blâmable s’il n’engageait pas rautorité à- attendre que de nouveaux phénomènes missentle fait hors de doute.
Le toucher peut-il être de quelque utilité à l’époque dont nous parlons? Il est évident, si la grossesse existe , que le volume et la situation dé l’utérus ne sont plus à la fin du deuxième . mois ce qu’ils étaient avant la conception; d’où il résulte que sL l’on parvenait à trouver une diflérence entre ces deux états de l’utérus , on serait même d’établir des: présomptions plus fondées em faveur de là grossesse. Ainsi, supposons qu’une femme chez laquelle on : remarque quelé ques-uns des signes équivoques "qui peuvent annoncèr
pa&- 179 ) se, tlisa enceinte depuis quiîiMjpursjÆtqu’elle^se laisse visiter, le médecin introduit; ledoig^t dans le vagin, et s’assure du volume et .de, la situation du corps et du col jde d’utérus : à la fin -d^u premier mpis, il explore de npuv^u cet organe:; il ^.ecommencp^ quinze jours après ,- et il fait un dernier examen à la fin du deuxième mois. Si les ehangemena observés -.son t-les mêmes que dans la grossesse; si la .femme a continué -à éprouver quelques-uns des accidens qui constituent les signes équivoques décrits à la ?79 isi enfin il n’existe chez elle aucun symptôme qui annqnce une, maladie à .laquelle on pourrait attribuer ces changemens, l’homme de l’art peut établir probabilitef en favèur de la grossesse , et doit engager l’autorité à attendre.