TREIZIÈME LEÇON
De r accouchement.
L’article 34 1 du Code civil est ainsi concu ; « La recherche de la maternité est admise. L’enfant qui réclamera sa mère sera tenu de prouver qu’il est identiquement le même que l’enfant dont elle est accouchée. «
Indépendamment de cet article, qui réclame éviv demment le ministère de l’homme de l’art, pour savoir si une femme est accouchée , il en est d’autres tirés du Code pénal, dont nous parlerons plus loin et qui sont relatifs à l’exposition, à la suppression, à la substitution, à la supposition de part, à l’avortement et à l’infanticide.
Voici les objets que nous nous proposons de traiter dans ce chapitre : Comment reconnaître qu’une
femme est récemment accouchée ? a® Quelle est l’époque où il n’est plus permis de trouver des traces d’un accouchement récent.? 3® Peutron établir qu’une femme est accouchée, lorsqu’il n’existe plus de traces d’un accouchement récent.? 4° Est-il possible qu’une femme accouche sans s’en apercevoir? 5° L’accouchement se fait-il toujours à la même époque de la grossesse, ou bien y a-t-il des naissances tardives et
? La superfétation est-elle possible ?
Comment reconnaître une f.emme est récemment accouchée?
, La solution de cette question repose sur la connaissance des phénomènes qui suivent l’accouchement , tels que la délivrance ^ l’écoulement des lochies, les douleurs des parties sexuelles et des articulations du bassin , les changemens qui y surviennent et ceux qui s’opèrent dans la position des viscères, et notamment de l’utérus, la fièvre de lait, quelquefois les tranr chées, etc.
La délivrance.^ regardée par les^ccoucheurs comme faisant partie de racGOüchement, doit être considérée en médecine légale , comme un phénomène à part ; en effet, s’il est vrai que dans la plupart des cas l’expulsion du délivre a lieu peu de temps après la sortie du foetus, il arrive aussi, que plusieurs heures et même plusieurs jours peuvent s’écouler avant que l’arrièrefaix ne soit expulsé. Lorsque, par suite des contractions de l’utérus, le, délivre est détaché , décollé de la surface interne de la matrice , et qu’il est tombé sur le col de ce viscère, on sent entre le pubis et l’ombilic, une tumeur globuleuse qui durcit et diminue de volume à chaque douleur que la femme éprouve par suite des, nouvelles contractionsdelamatrice: sionintroduil alors le doigt dans le vagin, on trouve le placenta à l’orifice de 1 utérus, et 1 on voit qu’il affecte, la forme d’un cul de lampe ou d un bec de pot, suivant la partie par laquelle il s est décolle. Plus tard, le col de l’utérus, qui était revenu sur lui-même , se dilate, descend dans le
vagin et pèse sur la partie inférieure du rectum, ce qui engage la femme à pousser en avant pour chasser le délivre hors de la vulve. Il arrive souvent que le placenta, après son décollement , s’applique sur l’orifice interne de l’utérus et le bouche tellement qu’il empêche l’issue du sang; dans d’autres circonstances le décollement des bords du placenta se fait assez vite pour que l’écoulement du sang puisse avoir lieu aussitôt après ce décollement, et bien avant l’expulsion du délivre.
Ecoulement des lochies. On sait^qu’après la délivrance et l’issue du flot de sang qui l’accompagne, tout écoulement est suspendu ; mais bientôt après la femme perd du sang pur; cet écQulement sanguin , d’une odeur fade, dure ordinairement deux jours , quoique la consistance du sang soit moins grande et sa couleur moins foncée à mesure qu’on approche de la hn du deüxième jour : à cette époque , la matière prend une teinte roussâtre. Du troisième au quatrième jour, elle devient verdâtre; son odeur est semi-putride, ce qui paraît tenir à la décomposition et à la fonte des, lambeaux de la membrane caduque (épichof ion de Gh.) quiétaientrestés dans Tutérus; quelquefois l’odeur fétide dépend aussi de la, putréfaction de quelque caillot de sang; il n’est pas rare alors de voir les lochies prendre une couleur noirâtre. Du quatrième, au cinquième jour, l’écoulement acquiert une couleur d’un blanc jaunâtre semblable à celle, du pus pu du lait; son odeur, qui provient des mucosités qu’elle entraîne , a été comparée à celle d’ün civet de lièvre et à celle de l’huile de poisson, par d autres font regardée comme caracté-
ristiqtie deraccouclienieniet l’ont désignée sous le nom àé gravis ôidàr puerperii. Cet écoulement diminué par degrés et continue ordinairement pendapt un mois ou six semaines ; à la vérité il est difficilè de fixer la durée de ces lochies laiteuses ou purulentes ^ parce que l’bn a souvent de la peine à les distinguer des fiueurs blanches auxquelles beaucoup de femmes sont sujettes après raccouchement, et qui peuvent se prolonger pendant long-temps. LaJLevre de lait a le plus souvent lieu quarante-huit heures après l’accouchement; alors l’écoulement est supprimé ou diminué ; il reparaît lorsque la fièvre a cessé.
Quelquefois lès lochies sont sanguinoientes pendant plusieurs jours ; souvent dans le cours des premières semaines , et rneme de tout le prëmier mois , on voit le sang qui avait cesse de faire partie de la matière de l’écoulement , réparaître de temps à autre , ce qui tient à des écarts dé régime, à la faiblesse des vaisseaux utérins, ou à la largeur contre nature de quelques-uns d’entre eux. On a vu rarement , à la vérité, des femmes n avoir pas de lochies; chez d'autres l’écoulement se supprime dès le deuxième le troisième jour, par suite d’une irritation quelconque, et l’om peut voir après avoir combattu cette irritation par les moyens antiphlogistiques, dû sang pur couler pendant huit ou dix jours.
Quelque grandes que soient lés variétés que présente ï écoulement des lochies , il ne doit pas moins èn êtî-e considéré Comme un des signés les plus importans de Façcôuchement : en effet , il existe le plus souvent tel que nous l’avons décrit d’abord ; il est doué d’une
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odeur particulière, et il est en général accompagné d’un afflux de lait aux mamelles; tandis que les pertes en rouge ou en blanc que l’on peut remarquer chez les femmes qui ne sont pas en couches, n’offrent point l’odeur dont nous parlons et produisent ordinairement le relâchement et la flétrissure des seins.
État des parties sexuelles et des articulations, du. bassin. On observe après l’accouchement chez une femme primipare , ou lorsqu’il y a une disproportion marquée entre le volume de la tête du fœtus et les parties génitales , que la vulve est fort dilatée; que les. grandes et les petites lèvres, la fourchette, le vagin , etc. , sont tuméfiés, rouges ou violets, contus et foulés: quelquefois on y remarque des déchirures; le bord antérieur du périnée peut également être déchiré, et dans des circonstances assez rares la lésion est telle que l’anus et le vagin ne forment plus qu’une seule ouverture; dans le plus grand nombre de cas, la fourchette est rompue après un premier accouchement. Le vagin est dilaté, phénomène que l’on peut remarquer aussi chez les personnes qui ne sont pas accouchées, et dont les parties sont habituellement abreuvées par des flueurs blanches , ou qui ont un relâchement de matrice. Les articulations du bassin sont douloureuses, et le sommet du coccyx refoulé en arrière; aussi la femme éprouve-t-elle beaucoup de difficulté à s’asseoir. Huit ou dix jours après l’accouchement, les organes dont nous parlons ne sont plus douloureux, à moins que la lésion n’ait été grave; alors ils sont pâles et blafards; les rides du vagin ont reparu. S’il est vrai que l’expulsion d’un débris du
germe, d’un polype, d’une concrétion sanguine, d’un amas d’hydatides, puisse occasipner un délabrement analogue des parties génitales externes , il est également certain que, dans la plupart des cas, ces substances ne font qu’effleurer les organes de la génération sans en changer la forme ni le volume.
État de l’utérus^ des-visceres abdominaux , de la peau et des muscles de l’abdomen. On peut, à l’aide d’une main placée sur l’hypogastre, tandis qu’avec le doigt indicateur de l’autre on repousse en haut le col de la matrice, sentir , pendant quelques jours après l’accouchement, le corps de 1 utérus au-dessus du pubis : ce signe est plus facile à apptécier chez les personnes maigres et chez celles dont la grossesse était plus avancée. Au bout de quelques jours les parois de l’utérus offrent plus d’un pouce d’épaisseur; il pèse alors ordinairement d’une livre et demie à deux livres (xojyez. p. 174)5 et reprend sa place dans la cavité pelvienne ; ses vaisseaux redeviennent tortueux. •
Ce n’est guère qu’au bout de deux mois qu’il a perdu 1 excès de son volume, de sa pesanteur et de sa mollesse ; il reste même plus gros, plus pesant et plus mou après plusieurs accouchemens. V orifice est fort dilaté après l’accouchement, et permet l’introduction dans la matrice d’un ou de deux doigts; ses bords minces et flasques sont pendans dans le vagin ; il revient ensuite sur lui-même et reprend sa forme labiée seslevres, surtout la postérieure, conservent plus de longueur et d épaisseur qu’avant la grossesse ; elles sont aussi plus écartées et présentent des inégalités ou des échancrures, si elles ont éprouvé quelque déchirure
lors du passage du fœtus. Les cbangemens de volume et d’épaisseur du col de l’utérus 5 dont il vient d’être fait mention , ne sont pas , il est vrai , tellement caractéristiques de l’accouchement , que l’on puisse d’après eux conclure qu’il a eu lieu; en effet le squirrhe les corps fibreux , etc. , peuvent augmenter les dimensions de la matrice; l’expulsion des débris de l’embryon, de concrétions .sanguines, etc,, peut occasioner des cbangemens dans la forme et dans la structure du col ; mais en général l’altération de cette partie n’est jamais aussi marquée qu’après l’accouchement.
U épiploon et les intestins redescendent occuper leur place naturelle. Les deux feuillets du péritoine qui forment les ligamens larges et qui avaient été entraînés avec le fond de l’utérus, se rapprochent; les ligamens ronds se raccourcissent. La peau de V abdomen y qui avait été singulièrement distendue, revient sur eilenqiêrae et se ride; on voit surtout dans l’espace compris entre les aines et l’ombilic, des petites éraillures ou des stries luisantes , d’abord livides , qui ensuite deviennent blanchâtres et qui ressemblent à des cicatrices; elles sont entrecroisées en différens sens et ne s’effacent jamais complètement. On remarque aussi une ligne brunâtre qui du pubis se dirige vers l’ombilic. Les muscles droits ^de F abdomen et la ligne médiane pi'ésentent un écartement marqué : observons toutefois que la flaccidité et les plis du bas- ventre peuvent être la suite de l’amaigrissemenî ou de la déplétion de l’abdomen après une hydropisie, qu’ils seront peu marqués chez des femmes jeunes, et robustes, surtout lorsque le foetus était peu volumineux ou qu’il
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n’était pas à terme, enEn cjuils peuvent dépendre d’un accouchement ancien.
La j^&vre de lait paraît ordinairement ^uarante- .hnit heures après i accouchement; elle est câractétiseé par des élancemens dans les seins qui ne tardent pas a se tuméfier et à dureir; ce gonflement qui n est jamais plus considérable que vers le déclin de la fièvre, peut-être assez marqué pour &ire craindre que la peau ne se crevasse , et pour gêner la respiration. La femme éprouve une lassitude universelle, des pesanteurs et des douleurs de tête, et des picotemens sur toutes le» parties du corps; le pouls est fréquent et fort. La sé crétion du lait s établit ; un fluide séreux s’écoule par le mamelon , et inonde la chemise ou la garniture du sein ; la maladie se termine par une sueur d’une odeur aigre. La durée de cette fièvre n’est le plus souvent que de vingt-quatre ou de trente-six heures; elle se prolonge quelquefois pendant plusieurs jours; en général, comme nous l’avons déjà dit, les lochies sont supprimées ou considérablement diminuées , tant quelle existe; enfin il importe de savoir que loin d’être un phénomène constant de l’accouchement , la hevre de lait peut nè pas s’observer chez certaines femmes récemment accouchées.
La présence du lait aux mamelles, considérée isolement, ne peut être regardée comme preuve d’un accouchement récent, car on a vu des filles et des femmes qui n étaient pas récemment accouchées allaiter des enfans ; on sait même que des individus du sexe niMe ont présenté quelquefois ce phénomène. Cependant commé lès exèmpiés de ce genre sont fort rares ,
et que d’ailleurs il n’est pas commun de voir les seins gonflés et fournissant une humeur laiteuse, à la suite d’une hémorragie et d’une hydropisie utérine, de l’expulsion des débris d’un embryon , etc. , on ne doit pas regarder le caractère dont il s’agit comme indifférent.
Les tranchées utérines reconnaissent pour cause des caillots de sang placés sur l’orifice des gros vaisseaux^ ou la dilatation de l’orifice interne de l’utérus, au moment où ces caillots se présentent pour franchir cet orifice. On les distingue des autres douleurs parce qu’elles reviennent à des intervalles assez grands et. réguliers , à la dureté qu’acquiert le globe utérin chaque fois qu’elles se manifestent , et à ce qu’elles sont suivies de l’expulsion de quelques caillots ou d’un liquide. Les femmes qui accouchent pour la première fois en ont rarement, parce que chez elles les contractions de la matrice ayant été plus fortes, cet organe se trouve dégorgé lorsque l’accouchement a eu lieu. Chez les autres femmes elles commencent peu d’instans après la délivrance et continuent pendant deux ou trois jours.
On observe quelquefois à la suite de l’accouchement l’hémorragie utérine , la syncope, les convulsions, l’introversion de l’utérus, la suppression et l’incontinence d’urine, la chute du fondement, etc.; mais ces maladies ne doivent pas nous occuper ici, parce qu elles ne se manifestent pas habituellement.
Après avoir examiné les principaux phénomènes qui suivent raccouchement,- nous pouvons établir,-. I® qu’aucun des signes mentionnés, pris isolément, ne. suffit pour affiririer qu’il y a eu ou non accouchement
récem; 2® que leur ensemLle permet d’établir une eonvcdusion parfaitement fondée f 3«> qu’il îèst dieaucôup : ■plus facile de constater raccoücberîient lorsque la femme est primipare et que le fœtus est presque à terme, ou à terme; 4^ -que le diagnostic sera d’autant plus facile , que l’exploration de la femme aura lieu peu de temps uprès -.raccouchement, parce que plusieurs des caractères kuMqùés s’affaiblissent et finissent par disparaître au bout -de quelques jours; 5° que Ibommé de -L’art chargé de donner Son:; avis sur une question de ce^genre , doit s’enquérir de tout ce qui a précédé : il cberchera ; par exemple, à connaître si la femme n’était point jréglée depuis long-temps, si le. ventre ue s’est pas; affaissé tout à eoüp , etc.
Quelle est Vépoq^ue ou il jVest plus permis de trouver des traces d’ün accouchement récent.
Il est impossible de préciser cette époque , parce que le délabrement des; organes génitaux peut avoir été plus ou moins, çpnsidérable , et que la constitution , de la femme influe singulièrement sur le moment où les; traces de ce délabrement disparaîtront. Zacchiasy Albert^ Bohn et la. plupart des médecins français admettent que ce terme s’étend jusqu’au dixième jour; ils prescrivent de faire la visite au plus tard une semaine après Laceoucbement , parce qu’elle deviendraitinutile s il s’était déjà écoulé plusieurs semaines. Il est vrai que dans la plupart des cas où'l’homme de l’art examiné la femme apcèsdé.. dixième, jour de l’accpucliemeut , il obtient-, peu; dé lumières.,; mais, Gomm.e il n’est pas démontré qu il ne- puisse -pas en être auî;|;ement , nous .
nous garderons bien de pi-oclamer que la visite ifaita après le dixième jour n’est d’aucune valeur; il peut se présenter telle circonstance où les traces de l’accouche^, ment soient plus sensibles au quinzième jour qu’elles ne l’étaient chez une autre femme au huitième.
Peut-on établir qit* une femme est accouchée y lorsquHl
n^ existe plus de traces d’un accoixhemerit récent?
Le fait suivant prouve que la question qui nous occupe n’est point oiseuse.tJne jeune personne simule la grossesse et se dit enceinte dans l’espoir d’épouser son amant; vers le neuvième mois, elle tache son lit et le linge qu elle avait sur le corps avec du sang de bœuf, et reste couchée pendant plusieurs jours pour faire croire qu’elle est accouchée. Une dispute s’élève entre elle et son amant, et au bout de deux ans celui-ci réclame 1 enfant dont il croit être le père; la jeune personne refuse de le produire , et est aussitôt accusée de suppression de part. Appelée devant le juge d’instruction du département de la Seine, elle base sa défense sur ce qu’elle n’est jamais accouchée, ce qui fut constaté par MM. Capuron , Maygrier et Louyer- Villermay, qui furent chargés de la visiter. {Capuron y Médecine légale, relative à 1 art des accouchemens).
Sjil est très-difficile dans certains cas de reconnaître un accouchement récent, combien la difficulté ne sera-t-elle pas grande lorsqu’il se .sera déjà écoulé beaucoup de tenips. Les caractères qui pourront servir à résoudre cette question sont , i^^les rides du ventre qui sont ineffaçables ; 2^ quelquefois l’écartement des muscles droits de l’abdomen vers la région ombiH-
.eale, ee qui donne une plus grande largeur à cette portion de la ligne médiane; 3° dans certains cas une cicatrice qui atteste la déchirure du périnée, et une -OU plusieurs échancrures au col de l’utérus. Mais ces caractères né perinettênt point d’affirmer que raGcouchement a eu lieu; ils peuvent le faire présumer: leur absence au contraire sert à établir que la femme n’ést jamais accouchée. .
QUATORZIEME LEÇOK.
Est-^ilpossiblequ’unejremme accouche saris lèsâpotr?
Les douleurs produites par lès contractions delà mà-trice , surtout au moment où la tête de l’enfant franchit l’orifice de Tu téfüs , sont tellement vives, que Fon a de la peiné a concevoir que dans aucun cas raccoùehement puisse avoir lieu à rinsu delà femmé; il en est pourtant ainsi, et des faits assez nombreux que nous rapporterons plus bas, nous forcent à admettre qu’une femme peut accoucher sans le savoir si élle est îdiote, ou si elle est complètement ivre, ou sous Fin fluence des poisons stupéfians énergiques; l’apoplexie, le délire , la syncope sont encore des états qui peuvent empêcher la mère de conserver le souvenir de l’accouchement : toutefois comme les femmes ne manqueront pas dans plusieurs circonstances de baser leur défense -sur le fait dont nous parlons, il importe que l’homme de 1 art n eh établisse la possibilité qu’autant qu’il sera convaincu que la situation de l’accusée était telle qu’il n’y avait plus chez elle de sensibilité de perception.
{ ado )
Voici des observations 4 l’appui de ce que nous venons d^avanceri^
i® Hippocrate rapporte que la femme d’ Ofy-mpias parvenue au huitième mois de sa grossesse fut atteinte d’iirie fièvfé àîguf f* aü cîhqMèmè *joTif’'*éltë' était dans un était ü'éTnidft ap^i^té‘7 êt*^ti£bê'èha ''sans ^donner la nibindre f réuVé'^dè^séntifh^fr' ® no / . s
2® La comtesse*' de Saint -'(3érai#4&t-empoisonnéje par un breuvage stupéfiant qui déterj^îna un assoupissement profond, pendant lequel; elle accoucha d’un garçon; étonnée à sonïréveil de-s©3(ïoin baignécLdans son sang,- de la diminution de îmlume:;du; ventre j. et de répüisemént dans lequel elle -était; ' elle; demanda renfarit qu’on lui avait soustrait. ( Recueil de causés célèbres, tome XXVI..)' >
3® Une femme enceinte est regardée comnie^morte depuis deux heures. Rigaudeaux l’examin e et -lie peut parvenir à sentir les pulsations du cœur ni des artères ; la bouche est écninense , le ventre très-enflé, l’orifice de l’utérus fort dilaté, la poche des eaux formée; il se décide à retourner l’enfant et l’amène par les pieds ; on le croit mort; mais des , soins attentifs prodigués pendant trois heures et demie environ le raniment; cependant la mère , examinée une seconde fois par Rigâudeaux,ne donne aucun signe de vie ; mais^comme les membres ne présentent aucune raideur y quoique sept heures se soient écoulées depuis le moment: où l’on croit la femme morte , il défend de l’ensevelir) et prescritplusieurs moyens. Deux heures et demie après, on vient lui annoncer que la femme est- ressuscitée. ( journal dés savans , ; janvier i yép. ) - /> .
L’accoitchement se fait-il toujours h la même époque dè Iq, grossesse y pu biejz jr a-t-il des ncûssojzces tardives et préeôâés ?
Cette question a été la source de débats célèbres ■ îes opinions des médecins les plus illustres ont été divisées, et l’on a vu chacun apporter en faveur dù partiqu’il soutenait , des faits et des raisonnemens plus ou moins spéciéux : aussi , jusqu’à l’époque où la législation nouvelle a adopté la disposition du droit roniain et celle des douze tables , les jurisconsultes: ont - ils marché d uït pas incertain, , et basé leum < jugemen s^sùr des considérations sociales , étrangères à la médecine: Ici un enfant, est déclaré; légitime quoique né douze mois trois jours après la mort du mari ,, parce - quel ja conduite de la mère est irréprochable; là, au contraire, un autre enfant né dix mois quatre jours après la mort du mari est jugé bâtard à cause, de la mauvaise réputation de la. femme; plus loin , on regarde un enfant comme légitime, quoiqu’il soit né onze mois après l’absence du mari, parce que celui-ci n’était pas dans l’impossibilité de communiquer avec la mère , etc.
Quel avantage retirerions-nous de l’exposition détaillée des argumens et des faits nombreux consignés dans les auteurs, soit en faveur soit contre les naissances prématurées et tardives ?. Qu’il nous suffise d’établir, 1 que des enfans peuvent xi&xvve natuj^eliernént et sans avant le neuvième mois de la gros-
^sse ; r a? que la possibilité des naissances , passé le
neuvième mois ne peut plus être contestée , et qu’il est
même difficile de ne pas admettre quelles aient lieu,.
dans certains, cas plusieurs jours après le .trois-cen- , tième jour révolu | 3® qu’il en est de même, pour une foule de femelles d’animaux que M. Tessier membre de l’Académie des sciences, a soumises pen^ dant plusieurs années à un examen attentif. D’ailleurs la législation actuelle a tranché toutes les. difficultés, comme on peut le voir par les articles suivans: - .
« Le mari pourra désavouer l’enfant, s’il prouve que pendant le temps qui a couru depuis le trois-centîème jusqu’aù cent quatre-vingtième jour avant la naissance de cet enfant , il était, soit par cause d’éloignement , soit par l’effet de quelque accident , dans l’impossibilité physique de cohabiter avec sa femme. » (.Code civil, art. Sia.) « L’enfant n’é avant le cent quatre-vingtième jour du mariage ne pourra être désavoué par le mari dans lés cas suivans : i® s’il a eu connaissance de la grossesse avant le mariage ; a® s’il a assisté à l’acte de naissance, et si cet acte est signé de lui , ou contient sa déclaration qu’il ne sait signer; 3° si l’enfant n’est pas déclaré viable. M ( Code civil, art. 3i4.) «La légitimité de l’en.fant né trois cents jours après la dissolution du mariage., •pourra être contestée.» (Code civil, art. 3i5.)
Il est évident d’après les art. 3i2 et 3i4, que les naissances prématurées qui arrivént au moins cent quatre-vingts jours après le mariage, ( six mois environ ) sont regardées comme légitimes ; il résulte aussi de 1 art. 3i5, que la naissance sera illégitime s’il est prouvéquelle a eu lieu trois cents jours révolus après la dis-, solution du mariage ( dix mois environ ). Cette dernière conséquence ne paraîtra pas d’abord aussi rigoureuse, parce que l’art. 3â 5 , n’est pas aussi précis qu’il aurait pu être; çn effet, il est dit : que la légki-.
xtàxéi pourrd être contestée ; raais îrest évident qtie le législateur â éntendii tjue l’enlant né trois cents jours révolus à^rès la dissolution du mariage , pourrait être considéré commelégitime si personne ne réclamait contre son état, mais qu’on devrait le déclarer illégitime dès qu’il y aurait une réelaination fondée sur des preuves non équivoques : telle est du- moins la manière <àont cet article a été presque toujours interprété par les tribunaux.. , . .. .
Admettons cependant que dans, certains cas particuliers.,,- les magistrats^ s’appuyant de ce que l’art. 3i5 n’est pas assez clair , soient portés à reconnaître l’enfant né trois cents jours révolus après la dissolution du mariaige, rbômmé de l’ai-t pourra être consuUé pour apprécier la valeur des .motifs allégués par la femme. Gette supposition n’a rien de choquant, puisqu’en 1808 , dans l’affaire de Catherine Bérard , veuve de François Chapelet^ un tribunal avait reconnu la légitimité d’un enfant né trois cent dix-buit jours après la mort du père, et que la Cour d’appel de Grenoble né le déclara illégitime qu’à la majorité d’une voix.
Quellë sera la conduite du médecin dans cette circonstance ? Adoptera-t-il que les naissances tardives lés mieüix constatées ont si rarement outrepassé un an , que ce terme Soit lé plus long qui puisse se présenter, ou bien que les femmes d’un tempérament lymphatique, habituellement faibles et par conséquent plus disposées à éprouver dès secousses physiques et morales, pourront accouchèr plus tard que les autres Tiendra-t^il Gompte de l’inflùéncè que les passions ont pu exercer sur la mèré , eiatlribuera-t-iile rétard dans.
1 accouchement aux chagrins qu’elle *a essuyés, ou bien s’appuiera-t-il de l’existence d"une maladie qui en dérangeant les fonctions, de l’utérus j recule indéfiniment l’époque de l’accouchement ? On sent facilement le vague et l’incertitude de pareilles considérations. Le fait suivant est le seul sur lequel il puisse être permis d’établir quelques conjectures. Il est rare que les femmes qui sont accouchées plus ou moins long-temps après le terme ordinaire de la naissance , n’aient pas éprouvé au neuvième mois des douleurs semblables à celles, de l’enfantement. .
La force et la grosseur du fœtus peuvent venir à l’appui des naissances tardives sans pourtant les mettre hors de doute 5 mais on aurait tort de regarder la fài^ blesse de l’enfant comme une preuve du contraire , puisque son développement peut avoir été contraiié par une foule de causes qu’il n’est pas toujours facile d’apprécier.
La superfétation est- elle possible, c^£st-a-dire doit-on admettre qu’une femme qui a conçu puisse être ff condée de nouveau ,^avant dl avoir eæpulsé le jéruitde la première conception ?
Ici, comme pour les naissances tardives, les opinions des hommes les plus recommandables sont loin detre d accord. Les partisans de la superfétation citent des faits nombreux parmi lesquels nous choisirons les deux suivans : i? On lit dans Buffon qu’une femme de Gharles-Town , dans la Caroline méridionale , accoucha de deux jumeaux, l’un nègre et l’autre blanc; interpellée sur la cause de cette bizarrerie , elle avoua
avoir accordé ses faveurs à un nègre, un jour que son mari venait de la quitter et de la laisser .dans son lit. 2° M. Desgranges, de Lyon , a bien vpulu nous transmettre les détails suivans , que plusieurs auteurs ont déjà pub liés: Benoîte Franquet, femme, mariée', accouche précipitamment d’un enfant de sept mois ; il ne se fait aucun; écoulement par le vagin ; on n’observe ni fièvreîj.hi sécrétion de lait, ni' diminution sensible du volume du ventre. Au bout de trois semaines j la femmè éprouve des mouvemens sensibles qui paraissent indiquer qu’il existe un autre enfant ; en effet, elle ^accouche d’un second enîaxit, bien portant , cinq mois seize jours après le premier accouchement i Or, ce dernier enfant n’a pu être conçu après raecouehement du premier, puisque: le mari n’a habité avec sa femme que vingt jours après l’expulsion du premier enfant, ce qui ne donnerait au dernier , que quatre mois vingtsept jours. Ce fait a été constaté par un acte passé le 19 janvier 1782 , par-devant MM. Caillat et Dusurgey, notaires à Lyon.
Parmi les objections présentées par les adversaires de la superfétation, objections plus ou moins spécieuses, mais qui ne reposent sur aucun fait incontestable, nous remarquercns les suivantes : On a admis la superfétation quand il n’y avait que grossesse double, c’est-àdire lorsque deux fœtus , conçus en même temns , a étaient bien développés-, mais que l’un d’eux était sorti de la matrice avant l’autre. 20 II en æ été de même dans le cas où de deux fœtus conçus en raême-tèmps, lun s était développé jusqu’à terme , tandis que l’autre avait cessé de s accroître au bout d’un mois ou deux :
l’expulsion de ces foetus ayant eu lieu dans des temps différens , on a pu croire , avec une apparence de raisoa que le dernier sorti n’avait été conçu qu’après l’autre.
Les auteurs qui ont rejeté la possibilité de la superfétation ont pourtant admis qu’elle pouvait avoir lia* chez les femmes qui ont deux matrices et chez celles dont l’utérus est partagé en deux cavités par une cloison ; mais il n’a pas encore été constaté qu’une pareille disposition existât chez les personnes qui ont offert des exemples de superfétation , quoiqu’on ait fait ùû examen approfondi des cadavres de plusieurs d’entre elles.
H n’est guère permis dans l’état actuel de la science, de ne pas admettre la possibilité de la superfétation ; mais nous croyons quHl est extrêmement difficile d'établir qu’ elle a eu lieu dans beaucoup de cas ^ les erfans sur-conçus pouvant être facilement confondus avec les avortons ou avecles jumeaux. Nous savons bien que plusieurs auteurs, et notamment M. Fodéré, ont cherché à éclaircir la question ; mais les bases sur lesquelles ils ontfait reposer la solution de ce problème sont souvent inexactes et presque toujours insuffisantes. Voici comment s’exprime le" professeur de Strasbourg : « La superfétation est sujette à des règles qui en paraissent inséparables, et qu il pourra etre necessaire d’avoir ren^^ contrées dans des circonstances analogues pour ne pas être dupe de quelque stratagème : chez les deux
femmes qui font le sujet des deux observations précédentes de superfétation , les lochies s’arrêtèrent bientôt après la: venue du premier enfant, quoiqu’elles eussent coulé à 1 ordinaire dans les couches précé-
dentes; 2° point. 4e îail aux sf ins, point 4o fièvre, de lait, quoique les naamelles fussen t développées ; 3° elles on t senti remuer et les mêmes mouvemens que durant la grossesse, peu de temps après leur délivrance - 40 grosseur du ventre et tous les symptômes de la-^grossesse continuèrent; 5o des gens de l’art expérimentés se sont assurés par le touclier de la présenee d’un sé>cond enfant ; 6° à cette seconde déliwanee , les lochies -ont coulé abondamment, les femmes ont pu nourrir, et elles ont éprouvé d’ailleurs toutes les suites prdil mires de l’enfantement , et pour ainsi dire le complément des fonctions de la maternité ; 7® en réfléchissant sur l’époque-à laquelle sont venus au monde ces seconds enfans doués de viabilité, ainsi que leurs aînés, on voit que leur origine correspond vers la moitié de la gestation de ces derniers; qu" ainsi ce n^st guère que du quatrième au sixième mois qu’imje smr-conception peut avoir lieu sans nuire a V existence ni de Vun ni de Vautre fœtus. A part quelqués exceptions, il est assez ordinaire que les jumeaux soient de la meme grandeur et de la même grosseur; au contraire dans la superfétation , le dernier confcu est plus fort et plus rigoureux, parce qu il a été plus à l’aise, et mieux nourri dans la seconde moitié de la gestation, b il est vrai que les peuvent avoir des en¬
veloppes^ différentes et des placentas entièrement sépares un de 1 autre, cela pourtant n’est pas commun, et il est plus orduiaire qu’enveloppés chacun de leurs membranes, ou bien renfermés dans un amnios commun , ils n aient pour fous qu’un seul et même placenta ; tandis que ^ns la superfétation , chaque enfant est néces-
sairement séparé et greffé à un placenta particulier^ Enfin le grand intervalle observé entre les deux actes de ces enfantemens, prouve a lui seul que les deux fœtus étaient dage différent et n’avaient pas le même degré de maturité. Sans doute il peut arriver, parla faute de l’accoucheur, que le second enfant jumeau ne vienne au monde que le lendemain ou le sur-lendemain du premier , etc. » ( Dictionnaire des sciences médicales, art. Superfétation,) -
B.emarquons d’abord que M. Fodéré fixe l’époque où la sur-conception peut avoir lieu sans nuire à l’existence des fœtus, entre le quatrième et le sixième mois. La Glosse, au contraire, indique le terme de quarante jours depuis la première conception. Zacchias prolonge ce terme jusqu’au soixantième jour. Hippocrate et Mauriceau estiment que le second enfant ne peut être conçu que six ou sept jours après la première conception. Toutes ces observations sont vagues et démenties par l’exemple cité de lafemmede Charles-Town. ( V. page 234.) L’opinion de M. Fodéré s’accorde encore moins avec celle de plusieurs auteurs , lorsqu’il dit que l’enfant sur-conçu est plus fort et plus vigoureux que l’autre. D’ailleurs, en supposant qu’il en fût ainsi , ce caractère ne serait applicable qu’aux cas où la sur-conception aurait eu lieu à une époque trèséloignée du commencement de la grossesse. Comment admettre, avec M. Fodéré, que le grand intervalle qui sépare les deux naissances suffit pour prouver la superfétation, lorsqu on sait que des jumeaux peuvent naître à un ou deux jours d’intervalle, soit par la faute de l’accoucheur, soit par toute autre cause, tandis que
cliezla femme de Charles-Town , la naissance de l’en» fant sur-conçii a eu lieu en même-temps que celle du premier enfant? Nous adopterons avec le professeur de Strasbourg que le foetus sur-eonçu^a un placenta partieuher et des membranes différentes, et que pareille chose ne s observe pas communément cher, les jumeaux ; mais quelle peut-être la valeur de ce caractère, dès qüe l’on est obligé dudmetlre que chaque jumeau peut avoir son placenta et ses membranes ? Comment le médecin appelé pour juger un cas de ce genre , pourra-t-il présumer dans un' accouchement double, où chacun des enfans a son placenta, qu’il y a eu sur-conception plutôt que grossesse double?
Voyons maintenant quels sont les cas où la question de superfétation pourra être agitée. Ici c’est un mari qui élève des doutes sur la vertu de sa femme, parce que, peu de temps après un premier accouchement , elle met au monde un second enfant dont il ne croit pas être le père. Plus loin c’est une veuve qui vient d’accoucher, et qui peu de temps après accouche d un second enfant à terme et viable, que l’on veut faire passer pour illégitime : cette question rentre dans celle des naissances tardives {Voy. page aSi ); c’est-àdire que l’enfant sera légitime d’après la loi s’il est né. dans les trois cents jours qui suivent la mort du mari , et qu il pourra être déclaré illégitime dans le cas con- ' traire. Enfin il n’est pas impossible qu’une veuve qui vient d accoucher, se marie bientôt après ses relevailles, malgré l’article ^28 ducodecivü (i),et quelle
(1) La femme ne peut contracter ün nouveau mariage
( Mo )
accouche quelque te aips après ce second mariage, d’un enfant à terme .et bien portant; auquel des deux maris appartient celui-ci ? Etablissons un exemple pour mieux faire comprendre la question. Une femme enceinte perd son mari dans le courant du neuvième mois delà grossesse ; elle accouche au bout de quelques jours et se remarié vingt jours après l’accouchement ; huit mois après ce second mariage , elle met au monde un enfant bien portant ; on demande si cet enfant n’appartient pas au premier mari ( dans lequel cas il y aurait eu superfétation ) , ou bien s’il est fils du dernier epoiix. Cette question sera examinée à l’article de la paternité et de la maternité.
Nous pourrions encore rattacher à l’histoire de Faccouchement les problèmes suivans : Une femme
qui accouche ou qui vient d’accoucher est - elle en état de prévoir et de donner à son enfant tous les soins nécessaires.^ 2° Quelles sont les causes innocentes qui peuvent faire périr l’enfant pendant l’accouchement ; 3® lorsque la mère^et l’enfant meurent pendant raccouchement , lequel des deux a succombé le premier ? Nous préférons cependant ne traiter cette dernière question qu’à l’article et renvoyer les
autres à l’article Ir^anticide^
B.A.PPOB.TS SUR u’aCCOUCHEMENT.
Premier rapport. Nous soussigné, etc. (/^. page2ï2 pour le préamhule. ) Arrivé dans la chambre , nous
qu’apres dix mois révolus depuis la dissolution du mariage précédent.»
avons trouvé îa demoiselle R. âgée de vingt ans, que i on présumait être accoucRée depuis trois ou quatre jours.
Nous avons procédé à la visite, et nous avons reconnu que la face était pâle , l’œil vif et nullement cerne , la peau légèrement cRaude , souple et moite ; la moiteur offrait une odew aigrelette assez marquée f le pouls paraissait un peu plus fréquent que dans l’état naturel; il était ample et onduleux. Les seins étaient ^douloureux , durs et excessivement tuméÜés ; le gonflement s’étendait jusqu’aux aisselles; il s’écoulait, par le mamelon, un fluide laiteux qui avait déjà tacRé la cRemise dans la portion correspondante aux mamelons, et que l’on pouvait faire sortir en plus grande abondance , en pressant légèrement les mamelles. La peaiusde rabdomen était .souple et ridée; on voyait surtout dans respacè èpmpris entre les aines et l’ombdlie, des petites éraiilures , ou stries luisantes, livides, semblables à>des cicatrices s’entio-çroisant en différens sens. La ligne qui, du milieu des pubis, sé porte à 1 ombilic , était brunâtre. Les muscles droits de l’abdomen et la ligne blanche présentaient un écartement remarquable , surtout dans la région de l’oîfibilic , ce qu il était facile de juger, en parcourant cefr j portion de rabdomen avec les doigts. La main gauche étant ^acee sur l’hypogastre, tandis que le doigt indicateur de 1 autre main, était introduit dans le vagin, on sentait en repoussant en haut le col de la matrice , que le corps de oet organe était assez volumineux, et placé au-dessus des pubis; qu’il était solide, arrondi, èt qu’il ^e contractait lorsqu’on pressait avec la main; l’orifice *“'"4 x6
était assez dilaté pour permettre l’introduction dans la matrice de deux doigts : les bords de cet orifice étaient minces et flasques ; il n y avait aucune trace d’écoulement par les parties génitales; mais nous avons pu nous assurer par ce qui nous a été rapporté et par l’inspection des lingeà avec lesquels; la femme avait été garnie les deux jours précédens, qu’il était sorti parlé vagin une quantité considérable de sang et d’un liquide sanguinolent, dont l’écoulement n’était supprimé que depuis vingt-quatre heures, c’est-à-dire depuis l’invasion de la fièvre. Les parties génitales ex-v ternes étaient légèrement tuméfiées, et très-dilatées , la fourcbétte était déchirée. Le bassin était large, bien conformé et disposé pour un accouchement nullement
laborieux. . . . - ^
Nous pouvons conclure de ce qui précède, que tout porte à ci'oire que la demoiselle R. est accouchée depuis deux ou trois jours , et que l’accouchement a été facile ; que cependant nous désirons avant de prononcer affirmativement, la visiter encore lorsque la fièvre sera tombée et que l’écoulement par la vulve aura reparu. En foi de quoi , etc. . , . . ^
Nous s-~ussigné , etc. Nous étant transporté de nouneau che^z la demoiselle R., deux jours après avoir fait la première visite, nous ayons reconnu que le gonfle-^ ment des seins était considérablement diminué , et qu’il n y avait plus de fièvre : il s’écoulait par les parties génitales un liquide d’un blanc jaunâtre offrant l’odeur caractéristique des lochies , comme il- était aisé dé s’en convaincre en examinant les linges qui étaient sous la malade. ,
Ce qui nous permet d’établir que la demoiselle R. est accouchée à l’époque Indiquée dans lé premier rapport. ïln foi de quoi, etc. ' ’ ’’
Deuxième rappôrû Nous soussigné, etc.' Arrivé dans la chambre n® 2, de la prison X, nous avons trouvé la dame V., âgée dè trente ahs^ qui nous a paru bien portante ; on éroÿair quellë était accouchée quatre mois auparavant. - >
Nous avons procédé à la visite, et hoüs âvohs reconnu que lés parties' génitales n’étaient point tuméfiées , et n’offraient aucune trace de déchirure , de cicatrice, ni d’écoulement J la formé, le volume et la situation de luférus nous'ont paru tels quîls sont chez
les femmes qui ne sont jamais accouchées^ le col dé cet organe n était pas échancré ; la peau du ventré lissé et fermé , n était le siégé d’aucuné^ éraillure ni d’aucune ligne bfunâtre/‘6n ne rêmarqüâit point d’indice département de la ligné blanche ni des muscles droits de l’abdomen. Les mamelles, d’un volume médiocre , étaient fermes et ne fournissaient aucun liquidé par la ■pression. ^ ‘ . - - -
Ges faits nous permettent dé conclure que rien h’annorice que la 'dame V, soit âceohchée d’un enfant à terme ( i ). En foi de quoi etc'.'
(i) Nous disons , rien n’annonce^ ce qui est loin de signifier que la. femiae n’est pas. accouchée ^ et nous ajoutons d’un enfant à terme : on conçoit en effet que eette femme pourrait etre accouchée à l’époque présumée , ,d’un fœtus de trois a quatre mois, peu volumineux : alors les tracés dé, son séjour dans l’utérus et de son expulsion auraient été peu sensibles , et auraient promptement disparu. '
Wrois tenté ràpp&r^él^<)im sou^si gné , etc ; A rriv ë da h s là cliàmïjr'&s nous avotis trouvée la damë F.^ âgeè de ving^Cfn^ âds Vque tdn croyait dire accouëhéè depuis ijüin^d jdurs^ elîé ëtàit assise sur ünè'chaisë hlongüte:^ ©t nous d déclaré n’ayoir jamais été ëiiceinte. .
Nous a\^ons procédé à la visité apîPês l’avoir fait coucher, et nous ayons reconnu que les parties génitales n’étaient poîn t tuméfiées, qu’elles paraissaient dans l’état naturel, qu’il n’y avait aucune trace de cicatrice au périnée, qu’il s’écoulait par la vulve un liquide épais de cquleup hlanche , ayant une odeur f aible , semhlable à pelle des lochies , ce que l’on a vérifie en examinapt les linges dont madame F. 'était garnie. La peau de l’abdomen était ridéè, et présentait surtout entre 1 ombilic et les aines un très-grand nombre de stries luisantes , blanchâtres 5 les muscles droits de l’abdomén et la ligne blanche étaient sensiblement écartés dans la région ombilicale. On ne voyait aucune trace de rendant des pubis à Fombilié. Les seins, dun volume ordinaire, ne laissaient écouler apcun liquide par la pression. La main gauche étant placée sur I hypogastre , tandis que le doigt indicateur dé l’autre main était introduit dans le 'Vagin,' si on repoussait en haut le col do la matridé, il était impossible de sentir distinctèmerit lè-éOrps dé'dé viscérè air-dessus des pubis; son orifice légérémeht échancré à gauche^ était entrouvert; ses bords minces et moyennement flasques, offraient là formé labiée; En faisaHtrnarcher madame F., on vit quelle éprouvait de légères douleurs dans les articulations du bassin. /
Nous croyons pouvdimoncliire de cequi précède:
si ia dame Fiicst aGCouckée à une époquè queîçpnque, comme cela paraît probable ^ W est permis de supposer que l’accouchement à eu lieu depuis quinze pu vingt jours; 2° qu'il aurait fallu, pour pouvoir donner une; réponse affirmative , , visiter cette dame dix ôn douze jours plus tôt. En foi de quoi , etc.