‹ Leçons de médecine légale (volume 2)Chapitre 24 sur 54 · IL · texte numérisé non relu

IL

Escaminer si V enfant n' était pas riibrt avant de. sortir dé V utérus.

Le fœtus peut périr dans la matrice à une époquequelconque de la grossesse ; rexpulsien du petit cadavre peut avoir lieu immédiatement après la mort., ou bien plusieurs jours et même plusieurs semaines, après : or, il est aisé de prouver que les caractères quïl pi'ésente , varient suivant l’époque de la mort et le temps qui s’est écoulé entre le moment où il a cessé . , de vivre et celui où il a été expulsé j il est donc ira-' possible de donner une description générale du cadavre d’un fœtus mort dans l’utérus. On ne saurait résoudre : complètement la questiQn qui nous, occupe , sans exa-

miner les signes fournis par la femme qui vient > d’aeeoucher ; 2® les variétiés que peut présenter le câdavrè.du fœtus;:;3° Fétat deTarrièré-faix. - / ; -

"Signes-Tournis par la J^émme qui vient accouchera ~ II est: perrnis de^ -soupçonner qiie le^feetus a pu périr dans d utérus J lorsqu’on- appréïid qu-avant l’aecouche- mentolajnièFe a "éprouvé une ou plusieurs maladies- graWs f Goiûrn e- d es^phlegmâsies y des convulsion s ^ dès hémorragies cônsidéràÈbles, iine forte cbmmôtion à la suite dune-chute ^ . d’un eoup, etc. ; ou Bien qu’elle a commis -des imprudences , soit en soulevant des fardeaux trop forts, ou en se livrant à un exercice iramodéré et force, soit en abusant d’ahmens excitans, de boisson^ spirituepsçs et des plaisirs de l’amour; ou bien enfin , qu elle a oté tourmentée par des: passions violentes. Toutefois, comme il est parfaitement avéré que des femmes enceintes soumises à la plupart de ces causes, sont accouchées à terme d’enfans bien pôrtans, il faut bien se garder d’attacher à de pareilles causes plus d importance qu’elles n’en méritent, et de conélürê que la mort du fœtus est constamment le résultat de leur action. N’y aurait-il pas de l’impéritie et de 1 injustice , par exemple , à déclarer dans certaines circonstances que la mort de T’individu a été occasionée par quêlquès coups portés, à la mère ?

On pourra établir des probabilités plus grandes en la femme assure

qu a une a^t^ion extraordinaire du fœtus à succédé la cessation de tout mouvement dans la matrice, et qu’au lieu dé âe sentir régèrë comme auparavant , elle a éprouve un poids incomméde tantôt sûr le rectum ,

tantôt sur la vessie , tantôt sur un des côtés du ventre, suivant qu’elle était debout ou couchée. Quelques auteurs ont encore joint à ces signes la-pâleur du visage, l’enfoncement des yeux , l’état plonabé et dividen des paupières, la mauvaise bouche , les bâillemens fréquens , les maux de tête , les tintemèns d'oreilles , l’ànoréxie , les nausées , les vomissemens , les syncopes ^ les lassitudes spontanées , l’affaissement du ventre , la rétraction du nombril, la fièvre , la^ fétidité’ -de rhaleine, l’humeur sombre ét mélancolique jnces caractères pris isolément n’offrent aucune valeur ; réunis , ik peuvent quelquefois servir à corroborer le jugement que l’on avait porté. - - ■

Si en touchant la femme au moment du travail, on reconnaît que le foetus n’exécute aucun mouveinént, que les tégumens du crâne sont meus, sans élasticité', ridés et sur le point d’abandonner lés os; que ceux-ci sont mobiles, vacillans, que le cordon ombilical est flasque et n’offre point de pulsations, et qu'il s’écoule par la vtilve un liquide noirâtre, bourbeux, plus ou moins fétide, dans lequel nagent quelquefois dès portions de chair putréfiées; on sera autorisé à soupcohnér que le fœtus était mort avant de sortir de 1^ utérus. Mais il ne faudrait pas conclure quai est vivant; paree que les os, les tégumens du crâné et les eaüx dé l’âmnios ne présentent aucune altération ; on eOnèoit , éh effet, qu’il doit en être ainsi lorsque la inorta lieu peu de temps avant raccouchement, et que rééoiderhént des eaux né se fait pas attendre: ori voit même asSézé'ouvent les eaux de 1 amnios n être quelégèremênt troublés, jaunâtres, un peu visqueuses et pèu où point fétides

dans les cas ou le foetus reste long-temps dans l’utérus après sa mort. ; ;

Observons aussi que la fétidité des matières qui s’é» çoule,nt,par -la vulve j et la séparation de l’épiderme de la^ tete peuvent se remarqrier dans le cas où l’enfant est vivant j le premier de, ces, phénomènes tient quelquefois à une portion de sang putréfié qui est resté longtemps dans la matrice , ou à une certaine quantité de méconium expulsé par. la,, compression de rabdomen , ce qui arrive surtout lorsque l’enfant vient par les pieds. La séparation de l’épiderme peut dépendre de l’action prolongée de l’air^ atmosphérique sur la tête, longtemps retenue au passage, des doigts de l’accoucheur

qui a trop .souvent réitéré le toucher, etc.

:^]^arj.etés que présetUe le cadavre du fœtus. Notre objet n est point. do détailler ici les diverses monscomme 1 acéphalie , rhydrocéphalie , etc. , qui le plus souvent déterminent la mort du fœtus dans 1 Utérus ( uurez, yiabilité ) • il. ne sera point fait mention non plus des cas où la mort reconnaît pour cause, suivant quelques {èuteurs , la trop grande longueur ou la brièveté du cordon ombilical ( 'vojyez page 290); nous ne nous occuperons que des fœtus bien conformés qui périssent dans la matrice. Cette question a été robjet de recherches nombreuses, faites par M. Chaussier, que nous avons été souvent à même de vérifier.

Si un fœtus âgé au moins de cinq mois , meurt au miiieudes eaux del’amnios, et qu’il reste plusieurs jours Ou plusieurs semaines dans la matrice , on observeque son corps est peu consistant, flasque, et ses membres lâches; l’épiderme est blanc, épaissi et s’enlève par le simple

contact ; la peau est d un rouge cerise ou brunâtre tantôt dans toute son étendue, tantôt dans quelques uriés de ses parties séulement. Dans ce dernier cas, ’dn pourrait être tenté de croire, surtout si le fœtus n’a que cinq 6u six mois , quelle est reffet de Fâge et non la suite de la mort ; mais il sera facile de dissiper toute espèce de doute, en se rappelant que la cotileiif pourpre de la peau des fœtus de cinq à six mois, rie se remarque lé plus ordinairement que dans cértairies paffiès du corps. (^Vojrez page 470 tissu celtiilâifè sous-ciitané' est infiltré d’une sérosité rouge, sari guiriôlenfe • cette infiltration est surtout remarquable* sous le cuir chevelu, où l’on aperçoit assez souvent urie rnatièfe semblable par sa couleur et par sa consistance à la gelée de groseille; le péricarde et les cavités splànchniqües contiennent aussi de la. sérosité sanguinolënte; les artères, les veines et les diverses membranes sont également rouges ; la consistance des viscères est- singulièrement diminuée, au point qu’ils peuvent être diffluens; les os du crâne sont mobiles , vacillans , dépouillés de leur périoste ; les sutures du crânesont trèsrelâchées: aussi la tête se déforme ét s’aplatit-elle' par son propre poids; quelquefois le' cerveau est dans un état de colliquation.On n’obsèrvè en général, au centre du vertex, ni ecchymose , ni tuméfaction œdémateuse, ce qui n’arrive pas ofdinairernéiifXov&a^Q le fœtus sort vivant de l’utérus : toutefois nous avons vu , dansxertaines circonstances , des foétus morts dans la matrice plusieurs jours avant le corrimencement du travail, présenter une écchyiribse en tout sëmblable à éelle que 1 on remarque au vertex des énfâns nés vivans : cétte

sans doute à ce que , pendant les mouve- ?^en? actifs du foetus , la tête avait frappé sur le détroit supérieur du bassin. Le thorax est affaissé, très-resserre, aplati; il suffit d’un léger examen des organes ^P.M ï’f spiration et de la circulation , pour être conyainçu que le foetus n’a point respiré. {Voy pag. aSa.) Le cordon ombilical est le plus souvent gros, mou , infiltré de sucs rougeâtres ou livides, et facile à déchirer; on aperçoit quelquefois des crevasses, des gerçurel autoiir du nombril. L’abdomen est aplati. 11 n’est pas rare de voir le périoste séparé des os longs, par la sérosité rougeâtre dont nous avons parlé; souvent aussi fes épipiiyges de ces os sont désunies.

Les altérations que nous venons de décrire, caractérisent un mode de décomposition particulier, dij[fé~ rent de la putréfaction, des fœtus qui sont exposés à l’air; il suffit d’avoir été à même de les constater une pq. deux, fois , pour être convaincu ,de cette vérité, 1 assertion contraire de plusieurs auteurs. Toutefois, il est assez commun de voir des cadavres ainsi altérés, se pqurir plus facilement que les autres lorsqu’ils sont exposés à l’air.

A un fœtus âgé tout au plus de trois mois, meurt au milieu des eaux de l’amnios, le cadavre ne présente apne trace d’infiltration ni de rougeur; mais il est

plus pu moins ramolli.

Quelque soit l'âge d'uTtft^tus, s’il est etcpulsé peu de .temps apres la mort , on ne remarqua aucun changement dans sa forme, sa couleur, sa consistance, son volume, etc; mais il est aisé de s'assurer qu'il n'a

: TBfPt respqé. (

Si la mort du foetus 2. lieu peu dé temps avant uiiac^ couchement laborieux, pendant lequel là motrice sè contracte fréquemment et avec force , et que les eaux soient écoulées , il devient noirâtre et ne tarde pas à se pourir ; il y a quelquefois même dégagement de gaz fétides par le vagin.

Dans des circonstances assez rares, le fœtus utérin ou extra-utérin, dont lexpulsion n a lieu que longtemps après la mort, se dessèche, devient compacte, plus dur, et se trouve transfoi-mé en état qué

nous décrirons en parlant de la putréfaction ; il acquiert quelquefois une consistance pierreuse, et sé consér^e dans l’utérus jusqu’à la mort naturelle de la mère'; enfin; on a encore observé, dans des cas de ce genre, qui! pouvait tomber dans un étàt de éolliquation putride.

Caractères deV arriéré faite. Ilest ditficile d’adiriettrè^ avec certains auteurs, ' que dés foetuS soient nés vivans lorsque l’arrière-faix était gangrené ; aü contraif e l’observation démontre que la désorganisation du plàcènta , à la suite d’une maladie quelconque, entràînè nécéss'âi- ^ rement la mort det^fœtus datts la matrice ; il en est de ' même dans le cas de décollement dü placënta ave^^ hémorragie considérable ; mais, il - faut Favôuer , il est; extrêmement difficile de juger, à l’aspect du q)lacenta, s’il a été décollé avant l’éxpulsion dufoetus.Un ramollissement considérable de l’arrière-faix peut faire pré- . sumer que lé fœtus a péri dans Tutérus.

C’est dans rensémb}.e des ednsidérations que nous venons d’émettre , que lé médecin doit- éhèreher les preuves delà mort du fœtus dan s la màtf ice; vouloir

décider la question d’après un petit nothbrè de carac-

tères , ce serait évidemment s’exposer à commettre des erreurs graves. . - ,

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