S III
Etablir, dans le cas oîi un fœtus sei'ait sorti vivant de l-utérus^ s-il a vécu apres l’accouchement, ou s’il est mort en naissant.
Déterminer si le fœtus a vécu apres l’accouchement. Est-il nécessaire - de faire sentir l’importance de ce sujet?. Ke voit^on pas qu’il est impossible de soupçonner que. le crime a été commis après la naissance, s’il est- prouvé ; que l’enfant n’a point vécu.? Ici, vivre et sont synonymes J attachons-nous donc à établir si le fcètus a respiré.; - .
La solution de cette question repose tout entière sur l’examen - du ïÂ'o/Æia? y d.es> poumons ^ du cœur, du canal artériel canal veineux ^ du cordon ombi-
‘ lical et -du diaphragme^.
Examen iiu thorax. Il est impossible d’admettre que la respiration ait ^lieu j sans que le thorax augmente de volume; 1 pbs^vatitm prouve encore qu’il change de fornae ; ainsi il était plus ou moins aplati avant la resî.il offre un plus grand degré de voussure après. Zïareie/: avait proposé de mesurer avec un cordon la cirçonférence du thorax, ainsi que la hauteur de la portion dorsale des vertèbres, et la distance qui les séparé du sternum; des observations faites comparativement sur des enfans qui auraient respiré , et sur d antres qui seraient mort-nés, auraient pu, suivant cet auteur, fournir des résultats numériques propres à eclairer la question. Ce travail n’a pas été fait, et l’on
«n est réduit à juger la plus ou moins grande voussure du thorax, d’après la simple inspection. Pour peu que l’on réfléchisse aux nombreuses irrégularités que présente cette partie du tronc chez plusieurs individus, et à la difficulté que l’on éprouverait à établir quelques données positives , on sera convaincu que le caractère dont nous parlons n’offre qu’une valeur secondaire , et que l’on ne doit pas regretter que le plan conçu par Daniel n’ait pas été exécuté.
Examen des poumons. Les poumons, pendantlaresph ration, augmentent de volume, changent de situation et <ie couleur; leur poids se trouve augmenté, parce qu’ils reçoivent une plus grande quantité de sang; leur pesanteur spécifique est moins considérable, parce qu’ils ont ■été dilatés par l’air. Etudions chacun de ces phénomènes.
A. Eolume et situation. En générai, avant la respiration les poumons sont flétris et n’occupent qu’un petit espace au fond du thorax. Si le foetus a respiré pendant plusieurs jours y ils sont assez dilatés pour recouvrir presque la totalité du péricarde; si la respiration, quelque libre qu’on la suppose, n’a pas été de longue durée ^ le péricarde est loin d’être entièrement couvert : assez souvent la partie droite de ce sac membraneux est plus recouverte que la partie gauche , ce qui tient sans doute à ce que le poumon droit est plus volumineux que l’autre , et à ce que la bronche droite est moins longue, plus large et moins oblique que celle du coté opposé. Toutefois il résulte des observations faites par le docteur Schmitt, qu’il ne faut point regai‘d,er les résultats dont nous parlons comme constans : en effet, il a vu plusieurs fois les poumons
de fœtus mort-nés remplir toute la cavité thorachique, tandis que cliez un enfant qui avait respiré pendant trente-sixlieures , les poumons étaient si petits, quoique remplis d’air, qu’on eut de la peine à les apercevoir. Daniel avait conseillé de déterminer comparativement le volume des poumons des fœtus mort -nés, et de ceux qui ont respiré, en suivant le procédé que nous allons décrire.
Après avoir séparé les poumons du cœur et lié les gros vaisseaux qui s’ J rendent ou qui en partent, on les fixe à un trébuchet très-sensible, que l’on met en équilibré, puis on les plonge dans un vase gradué, assez profond et rempli d’eau : le volume de liquide déplacé sera égal à celui des pournons, en sorte que le degré d élévation de l eau dans le vase indiquera la différence dans les volumes. Si les poumons appartiennent à un fœtus qui a respiré, et qu’ils ne plongent pas, on les place dans un petit panier en fil d’argent dont on connaît le volume, afin de pouvoir le déd?aire de, celui de leau déplacée. Ces expériences comparatives n’ont pas été faites, et il est évident, d’après les observations déjà citées de M. Schmitt, qu’elles seraient de peu d’utilité.
B. La couleur des poumons est en général brune ou violette cbez les fœtus mort -nés, Qt rosée cbez ceux qui ontrespiré^ mais on observe quelquefois ririverse; les enfans qui, après avoir vécu un ou plusieurs jours, périssent suffoqués , offrent des poumons d’un rouge brun, tandis que d’au très, surtout s’ils ne sont pas à terme, présentent des poumons tirant plus ou in oins sur le rose j quoiqu’ils soient évidemment mort- nés ;
iel p<5ümon , dont la, çpulenr- «tait b, tune avant l’ou^ vet ture du tborax, /change <le nuance aussitôt après le contact de l’air, en sorte qu’il est difficile d’avoir une itlée exacte de sa couleur. Nous pourrions encore ajouter d’autres faits qui nous permettraient d’établir que le caractère dont il s’agît offre peu de valeur quand il est, considéré isolément', mais que, réuni à d’autres, il peut être Utile. ^
. C. Pesanteur absolue des poumons. Le poids des poumons est plus grand après la respiration qu avant , parce qu’ils contiennent une plus grande quantité de. sang: en effet, avant la respiration , le sang renfermé dans le ventricule droit du cœur arrive presque en totalité dans l’aorte au moyen de l’àrtère pulmonaire et du canal artériel; celui que l’oreillette droite reçoit de la veinecave inférieure , passe dans l’oreillette gauche au moyen du trou interoriculaire (de Botal) et de là dans le ventricule gauche et dans l’artère aorte sans parcourir les poumons ; ces organes ne sont donc traversés que par une petite quantité de ce liqmdq vivifiant. Quand la respiration s’établit , au contraire ; et que les communications par le canal artériel et le trou interoriculaire sont interceptées, le sang contenu dans l’oreillette et le ventricule droits ne peut pai’venir à l’aorte qu’après avoir traversé les poumons , comme le savent tous ceux qtii possèdent les premières notions de physiologie. Gela posé , rien ne devrait sembler plus facile que de déterminer si un fœtus a respiré ou non , puisqu’il suffit de connaître le poids dés poumons d’un fœtus avant et après la respiration ; mais il n’en est pas ainsi ; ce poids , loin d’être constant, offre des variétés infinies, ce qui
rend te problème beaucoup plüs compliqué qu'on ne l’aurait cru d’abord. Voici lés moyens qui ont été proposés pour le résoudre. H, ;
Ploücquèt voulait qu’on pesât le corps entier du Fœtus, et qu’après avoir fait l’ouverture du cadavre ^ on prit -exactement le poids des pèümOns séparés de leurs annexés j puisque; suivant lui , le corps entier pesant 70, les poumons pèsent i, si le fœtus n’â point resr pîré,%t a^si la fespiration a eu lieu, tes expérienceiqui avaient Conduit PlouCquet à admettre Ces résultats tnétaient pas assez nombreuses pour qu’on dût en adoptée lés résultats sans lès répéter : en effet, il ne les a^ait tentées que sûr deux fœtus mort-nés, et sur un autre qui nntâît pas à terme, mais qui avait respiré. MM. SCbmitt et Ghaussier, l’uri à Vienne et l’autre à -Paris i pénétrés ÿé rimportancè de ce sujet , ont enrichi ta> science de plusieurs centaines d’observations anateg'ueS , q-ui{ prouvent non -seulement que les rapports de pesanteur entre les poumons et le corps àuquel ils appartiennent sont inconstans, comme Jœger l’avait déjà vù , mais encore que le rapport de 1 k y o et même ait-dessàspeMt se rencontrer chez des fœtus qui ont respire ^comme celui de a k 70 s’cbserve chez d'autres qui n ont pas ï^spiré, êLes tableaux suivans , extraits du Dictionnaire des sciences médicales (art. Docimasie ), meltront celte vérité hors de doute. /
Expériences sur des fœtus qui avaient respiré]