DIX-NEUVIÈME LEÇON
Infanticide par commission.
■ Les causes violentes et criminelles qui peuvent déterminer la mort du nouveau-né sont fort nombreuses ; les plus remarquables senties plaies de tete, racupünd-^ ture . la détroncation , les vastes blessures , les fractures des membres ou leur section complète, la luxation des vertèbres cervicales, la torréfaction; l’asphyxiè résultat de l’enfouissement dans un cofb^e, 'de l'oblitération des cavités nasales et buccales, ainsi que des voies aériennes, et de la submersion; l’empoisonnement par des ^az délétères, etc. Les manœuvres auxquelles on a plus particulièrement recours pour arracher la vie à un exxidvax. naissant sont, récrasement^ de la tête entre les cuisses avant que l’adcouchement ne soit terminé, l’introduction d’une aiguille trèsdéliée à travers les fontanelles ou les sutures; la torsion du col après la sortie de la tête; la détroncation; l’étranglement avec les mains ou avec un cordon , etc. L’éxar^n détaillé dè chacune de ces causes doit être renvoyékux , à Y asphyxie et à X em¬
poisonnement par les gaz ; nous né devons faire mention ici que des objets qui se rapportent plus particuliè- ' rement à l’infanticide.
Blessures.^ On cherchera à déterminer si elles ont été faites avant ou apres la mort du nouveau né ; s’il y a des ecchymoses, on jugera, d’après leur Couleur, si elles ont ete produites peu de temps où long-temps
avant la mort et on évitera de confondre avec ces lésions , les lividités cadavériques , et les vergetures. (Voyez blessures et Ttiort. ) Les ecchymoses et les plaies de tête, avec ou sans fracture des os du crâne , pouvant être le résultat de. manœuvres criminelles , de Tapplication. -du forceps ou d.’autres instruraens employé;^ pour terminer raccoucliement, de ladongueur du travail, delà chtite rsypide sur le sol, etc,; on ne, se hâtera point de prononcer sur la cause qui, les a.pror duites j.et on n’oubliera point que la présence des tumeiu*s à la tète, inàïc^e en général que l’enfant, était sorti vivant de rutérus , et qu’il est souvent possible de distinguer St ces tumeurs, sont le résultat de la longueur du travail. ou d’une violence extérieurci ( Voyez pag. 291. ^ Une vaste plaie, contuse, compliquée de fracture des os et d’épanchement de sang dans le crâne sera presque toujours l’indice d’une manœuvre criminelle.
Lorsqu’on cherchera .à reconnaître si. la mort est le résultat AeX acupuncture , on examinera atten tivement,
si l’aiguille n’a pas été enfoncée dans, le cerveau par les narines, les oreilles , les tempes, les fontanelles , les sutures, ou dans la moelle épinière par l’espace qui sépare les vertèbres cervicales , ou dans le cœur par la région thoracique gauche , au-dessous du sein, ou dans les viscères abdominaux par le rectum et le bassin; , 2° si la partie piquée ,|)ré sente ou non des ecchymoses. On ne saurait prendre trop de précavitions ; on rasera les poils , on sondera attentivement les ouvertures , et si on n’apercevait à l’exterieur aucune trace de piqûre , on ouvrirait le cadavre pour s’assurer qu’un ou plu-
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^Bfe^’iprgk]^<éirit -;été .blessés^ .«^t.^o«ncj,supposant:.qttô l^^^^#^i%èîCTüii3e ÆésÉion >ide-x3©,geïîyfe lêl>tii^ês^<M<ÿ[êdàns3àb dehors jusqu’àj G^ qu^|l!^n,fût ]^^ft^éfâi#ladîîpbi*mestérieiîr par le>qiuel4’ijastrum^D^,a Mèm$h^^Sioi .v-.-v, .' .oJ ..mmoi)
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*' 4# 't$æüéioj€iÜ^S; ^'êrtèbmsî e&wî&al&j .f^u^est - ^ro î eïfetde&üràiflemeps yiGrte'a^i exfsi|é§ipg7 ^açgçÿu- ^ ^hètfr jî^ue deimanœHA^^^prjiBiBéites5 Âlj%q^r3aj%|ic -avatrt dè porter- : tm ^geiaeafe^ quellé a été TtâXure:;dje:^^ccoiich&^^%.JL§6'lu^ations des eîuiFés os ÿ - dorsrmêrtte t-tjîjtQ:jJ5éjîg^^^i^ ,Æon3?:ajpcu < = qiiéHes opt èu- lien dfil'yiçaûtcde^d’eRfi^È.,'-®^ prouvent point qu il- yf ait ed i violence exténifsurevy. puisqu’elles ^ peuvent sui^^ir ehezüe^ feetu^ éncore rertferu^és dans ■'^îè^êin deleurrSère:'-n’a=>tronîpas vujdes. epfaBs:^^naissans qui a valent les deu x etrisses^ les dfinx>genoux , les deux ^^ 'pieds ëf les trois doigts. :dea3AiââiOï gauche- luxés ? «“^siChauSsier rapporte ^u'il y ravak.t^O ^uxatipn çomplèt€‘de l’avant-bras gauche^ chefe 1411 "e^kant'vivant qui venait dethaitiee 1 accouoberoêpl av3it é,^, facile, '‘^^naatS'là iàtèi^ àvifijEessem VrVersdpjconainençpn^ent du ' %èd^4êine ihdis de la grossesseÿ;d«Si,ïqp}iy?Pinou^ trèsbrusques et très'-\iolens. 1 ou tefois, comme ces luxations
spontanées, sont ass^a rares , on devra être porté à présumer que le nouveau -né a été l’objet de quelque violence , si ôn découvre "une altération de,ee ^énre, et que Pon soit convaincu qu’Glieen;est ,j)asj Kggéfcdes efforts éxeâeés sur les membres pendant ,1e. travail. Comme les. luxations.^ les J'racturejs sont; ^ielquefois spÿH^âéés;^M;^Xlbaussier-a pu compten . cent, trente ^ésIbfe'Jdë^^Cê-^énressurcle squelette^Cune petite ÆUe ^«qâîqâ¥aÉi> ^ëu^ viiigtiquata-e heures^ raMscouçbement ' fâttlél' ïpiasreursijautres^ ob&ervat^rs . ont ^^^pn^<Éë§>-fâi¥s7 analogues . on saitrdliÿïe autre part longs-peuvent êteélaeuije: des " t^iiëiHéris.éSæré4épârd!accoucbeï0r^enEn^nous avons q«è^ie®t:ontrâCtiéns.uiérines. seides pêuvaîent ^^ 3etérëâmèr?te%.c£ure des pariétaux ^ête. , Iqr^ue le =^vâa aaitci^g^ (^^>rpa§e:n8S4 .^o. seràit3 doue à - Wt qùëi^H cbnaurâit:qtdily a;euinfantieide, d’après -dexïst^ée ^uîëde- ces> sortes, de lésions ; -ib faudrait "Want s’assurer que lacfraetuie.n est le résultat d’aucuîie des causes dont U vient d’être fait mention.
^'«9 -On nlgnorepas que l’emploi des. doigts, des lacs, ^9 des CFocliers mousses, etc., a^été quelquefois suivi de ^^contusiohsGaux^pcâgnets,. aux malléoles, aux aines, aux aisselles ,- etc. ; il serait par conséquent absurde de regarder de pareilles traces comme étant cons- ^^amment le résultat de manœuvres ^criminelles^, mais ^ee qull importe surtout de savoir, c’est qu’une femme 5“ seule peut innocemment meurtrir le
nouveau - né avec ses mains^ et il faut alors^^ de la ^^p^-du -médecin ^grande sagacité .pain rapporter 9^? lém-^veritabie Cause les blessures, quR a, constatées.
souvent même il est obligé d’avoir recours à une fouie de- considérations quai serait impossible de détailler ici , t^nt elles sont variées. Le fait suivant , célèbre dans les fastes de l’art, est relatif à rin cas de ce genre. , ' :
Granger J accusée d’infanticide, avait déclaré- qu’elle était tombée, neuf joxirs avant ses couèhës, n’étant pas tout-à-fait à terme, et qu’elle était accouchée seule dans son lit , une heure après s’y être '' mise , et quatre heures après la première douleur. Elle . prétendit qu’elle n’avait pas entendu crier son enfant au moment delà naissance, qq’elle ignorait comment elle avait rompu le' cordon omh^icdXy quels ejjforts elle avait pu J'aire sur l’enfant, en l’arrachant elle- même de son sein. C’était sa première couche. On la vit les mains teintes de sang après l’accouchement , et la délivrance eut lieu quatre heures plus tard. Elle déclara quelle n’avait pas été bien sûre de sa grossesse , et que son chirurgien avait partagé son opinion. Nulle trace de sang n’avait été reconnue par le juge de paix dans aucun endroit, ni sur aucuns des meubles du cabinet où cette fille couchait, et d’où elle n’était, pas sortie. Le rapport des médecins portait, « que le corps de « l’enfant était sain et sans corruption; qu’il leur pa-.
« raissait être venu à terme , que le cordon n’avait été « ni lié ni coupé , mais déchiré à un pouce et demi du « ventre; qu’il existait une ecchymose répandue tant « sur la tête qu’au cou et à la poitrine, principalement « du côté gauche ; qu’ils avaient observé 'vitigt-quatre V a. vingt-cinq blessures ou meurtrissures , longues la ^ plupart de quelques lignes 4 les plus longues n’excé-
« tîant pas dix-lmit lignes, dont quelques-unes àffec- « taient une forme circulaire; les autres étaient droites, « n ayant pas toutes plus d’une ligné de largeur, situées « sur les diflérentes parties de la face, excepté sis, répandues au col et à la partie supérieure de la poi- « trine : ce qui leur avait fait présumer que la tête de « ceti enfant -avait pu . etre lancée contre quelque corps « étranger et ducf dô-iit les impressions étaient iriegales ; « qu’ayant examiné ia bouche, ils avaient vu la mâ- « choire inférieure^ drvisée' en deux, et fracturée à sa sjta^h.jse ^ daqiCelle ^séparatiom avait pu provenir des a ffortsfaits pour ^pêcher Verfant de crier , ou pour r étouffer; qu’ils avaient aperçu au-dessus de l’oreille « gauche une dépression ou enfoncement qui n’exis- « tait point au coté droit , et n’étalt pas ordinaire ; « qu’ils s’étaient déterminés à ouvrir la tête, et avaient reconnu le pa.rietal gauche enfoncé dans sa partie « inférieure ; qu’à Couverture du crâne , il s’était écoulé « beaucoup de sang liquide, ce qui n’aurait "^^as eu « lieu si l’enfant fut mort avant que de naître, et s’il « n avait pas eté îeoaîus, paree'qu’on avait trouvé beau- « coup de sang extravasé à la base du crâne; que pour « s’assurer davantage si l’enfant était vivant, en venant « au monde , ils avaient ouvert la poitrine , à l’inspec- « tion de laquelle ils s’étaient convaincus que lé poumon avait été dilaté et gonflé par l’air extérieur : ce « qui prouvait qu il était né vivant en sortant de la « raatrice-^ jx En conséquence , les médecins prononcèrent quil y avait eu infanticide , et la femme fut condamnée à mort par le tribunal criminel du département de l’Yonne.
« MM. Bourdois , Baudelocque, six médecins et trois chirurgiens^ de Ti’oyes , ainsi que M. Fodéré , furent consultés en même temps : leurs rapports offrant les mêmes conclusions, nous nous bornerons à faire connaître celui de M. Fodéré , qui chercha d’abord à établir que les vingt-quatre ou vingt-cinq lésions peu étendues auxquelles les experts donnaient indifféremment et mal à propos le nom de pu ,
n’avaient rien de commun avec un choc, et quelles annonçaient plutôt la -manière dont la fille s’était délivrée et les. armes dont elle avait fait usage pour cela ; que la division de la symphyse . de la mâchoire inférieure attestait seulement les efforts que f accusée avait dû faire, au milieu des plus violentes douleurs, pour se délivrer par tous les moyens , possibles d’tm premier enfant; que l’enfoncement du pariétal et la dépressièn observée au-dessus de l’oreille étaient un effet asséz ordinaire de raccouche,ment;,que le sang fluide épanché à la base du crâne se rencontrait chez tous les ehfans dont la tête était restée long-temps au passage , et qui avaient péri dans cette pénible fonction ; que, d’ailleurs, les ventricules cérébraux des nouveau-nés contenaient ox’dinairement beaucoup de sérosité rougeâtre, et le cerveau beaucoup de sang; qu’ainsi il était absurde d’en inférer que l’enfant était né vivant ; que le défaut des épreuves respiratoires empêchait d établir cette dernière conséquence, laquelle était, d ailleurs, écartée par l’état du cordon ombilical, rompu très - près du ventre, qui , aurait sans doute donné lieu à une hémorragie dont on aurait observé les traces si l’enfant était né vivant; mais que précisé-
qu’il n’avait pas donné une seule goutte c’était une preuve que l’enfant était mort eh^nàissant , s^’il ne l’était pas déjà avant que de naîtp. La Temmefut acquittée. » {Capuron , Médecine légale, p. âSo:}
Ispture dû mëmdiré^ eonsultatif fdrè M. Fodéré n^aître^de’ îibnibré-àses réflexions: On- voit d’abord
d^’aixfbKser les èencîüsiôns qui le terc'àussî devàrf-on ^art^enir facilement à en faire sentir t6uf(^a nullité; tes mdyëns^èniplbÿés par le professcuyde Strasbourg pour rendre la libea-té à l’accusée sont en génerarbësés sur des'faîts-dont on ne saurait contester rim^pffàtrcééf lavéfîté'; il en est cependant quelques-uns doni Îa-valèur^euî être discutée , et il nous paraît autant jflus 'èàentleP^e'le'‘faîre que là réputation dont jouit fauteur" qui les u-mis en avant pourrait porter les médecins qûi seraient appelés dans des cas analogues , à prendre pour modèle le mémoire qu’il a rédigé. Apres avoir établi que les vingt-quatre ou vingtcinq blessures n’avarent rien de commun avec un choc, ^I. Fodére ajoute quelles annoncent plutôt la maniéré
- s ’ était délivrée , et les armes dont elle avait usage pour 5 ces armes étaient sans doute les
ongles; et dès lors n’était-il pas nécessaire si les 'coups d’ongle avaient été donnés dessein criminel? Nous avons été chargés , il i J ^ ^ ans , de déterminer la nature de dix ou douze
- „^|®f sufès semblables que présentàit le bras gauche d’un
fœtus dé huit mois; nous reconnûmes quelles avaient été faites par des ongles , et le magistrat ne tarda pas à
se convaincre que les coups avaient été portés parla mère, après la naissance de l’enfant. M. Fodéré ajoute que si renfant et ait lié -vivant ^ il aurait perdu ibeaucoup de sang par lé cordon ombilical ^ qui avait été rompu trèsprés du ventre^ et que pr'écisémenf parce qu' Un’’ avait pas donné une seule goutte de sang V enfant était mort en naissant ou peu avant de naître. Mais il est dit exprès-^ sèment dans le rapport des premiers médecins , que le cordon ombilical n’avait été ni lié ni coupé mais déchiré à un pouce et demi du ventre : or la déchirure du cordon peutn’être pas suivie d’un écoulement sanguin considérable , si l’extrémité déchirée présente des traces d’ecchymose et de coagulation. Et comment M. Fodéré a-t-il pu assurer que le cordon n’avait pas donné une seule goutte de sang ; est- ce parce que le juge de paix n’en avait reconnu aucune trace sur les ' meubles du cabinet ? Cette preuve est loin d’être concluante , parce qu’on aurait pu laver les taches formées parle sang qui se serait écoulé. Mais admettons qu’il en fût ainsi, serait-il permis d’affirmer qu’un enfant serait mort-né, parce que la portion rompue du cordon ombilical n’aurait point fourni une seule goutte de sang, lorsqu’on sait que dans beaucoup de cas où le le cordon n’est coupé qu’après que la respiration a été parfaitement établie, il n’y a aucun écoulement de sang par l’extrémité coupée du cordon ?
La torr faction est encore un des moyens que la scélératesse pourrait mettre en usage pour détruire le nouveau-né ; les ravages occasionés' par le feu peuvent être tels que le corps soit entièrement consumé; s’il n’en est pas ainsi, on cherchera à découvrir s’il y a des
phlictènes, altération] qui dénote manifestement que l’enfant était vivant lorsqu’il a été brûlé 5 , il peut se faire aussi qu une assez grande, partie-des poumons ait échappé à l’action du feu pour que i’qn puisse jConstater qu ils sont plusj léger^^ qug ; l’eau, et présumer parlà qu’il y avait eu respiration. ï)u reste, il est^vident que . dans des cas semblables: tous les efforts^de l’homme de 1 art ne peuvent servir qu à établir si le nouveau-né a été brûlé avant ou. après sa rmortp cÿes.fc au magistrat à chercher , ailleurs: que dans les sciences médicales s’il y a eu meurtre, et quel en a, été l’auteur, r-, -
Asphyccie^JX: est des, cas où il est impossible -de méconnaître qu’il y a eu asphyxie, et que la: mort du nouveaur-né a été. criminelle', ;c’est:lorsque Gelui-ci a été trouvé enfoui dans un coffre, noyé dansî-une^ liqueur quelconque , ou lorsque la bouche et les narines ont. été bouchées par du foin j de la paille, de la boue , etc. La cause de la mort est plus difficile à découvrir si 1 enfant sur lequel on n’a aucune espèce de renseignement a été suffoqué sous des couvertures ou des matelas, par la compression de la trachée-artère avec des doigts, avec un lac, ou par l’application de 1 épiglotte sur la glotte. Il faut alors examiner attentivement si l’enfant a vécu, si le frein de la langue n’est pas déchiré, si la langue n’a pas été repoussée, renversée suri épiglotte, s’il n’y a point des signes manifestes de congestion cérébrale , si les tégumens du col n’offrent point d excoriation, de taches brunes , etc. ( Voy. Asphjæie.y La forme et la situation de ces taches devront surtout etre notées avec le plus grand soin j sont-
elles cirfculiiites , ôbliqu es , ou vressemblen t-relles ^ des empreintes digitales ; sontrelles «itiiees à da partiqjip. férieure, moyeppe, pu supérijeure dq corps * spnt-elles larges GU éKçoites. Mais fa udra-tdl conclure de la seule présence de ces fâches que l’enfant a été assassiné^? |^on certes, car elles peuvent être le résultat de la compression exercée sur le col par l’orifice de l’utérus ou,du vagin, ou par le cordon ombilical ; 4’ où il suit qu’if^mporte de distinguer la cause qui les a produites. 0 a^res Pleucquet, l’étranglement ppr J’ orifice, deTutérus ou vagin et par le cordon orabilicalj, aceoniçagné dé f excoriation de l’épiderme et l’ecchymosé qui en résulti, est unifornie sur tous les points^ ^l^dis que si Ipii a fait usage d’un lacet, d’un cordon^ îepiderme est excorié, et l’ecchymose est inégale dans sa formé et sa profondeur. Plusieurs auteurs, mais surtout Rose et MM. Marc et Capuron, se sont élevés contre l’assertion de Ploucquet ; il n’est pas prouvé, disent- ils, que, dans l’étranglement qui a eu lieu pendant Té travail, ^a, peau ne puisse jamais être excoriée et l’eccliytnosé inégale ; en effet, il suffit pour produire cé dernier effet que la main de l’enfant soit placée à côté du col loi’sque celui-ci est serré par l’orifice de l’utérus : d’une autre part, il est possible d’admettrè que, dans le cas de violence extérieure, lorsqu’on apporte toute l’attention convenable, la compréssiôn par un laéét tfès-üiii ^sbit aussi uniforme et aiissi égale que celle quéxercèftt ïnPol de l’utérus ou le cordon ombilical, tes caractèréà'iridiqués par Ploucquet étant évideminèiit insuflisânls pchjr résoudre la question , dans beaucoup dé cas il faudra
nécessairement avoir recours à des moyens d’un autre gfenré que nous ferons- connaître au , mot Asphyxie.- - Si, comme il est arrivé quelquefois “'lésion veaui-né ayaft été exposé à raction du gaz" acide sulfureux k soufre qui brûle), il faudrait examinér attentivement la couleur et 1 odeur deia bouche et des voies aèrieTines, s il y a ou non cl e^ traces d’inflammation^ étC; Il a été qne le cœur des animaux empoisonnées par ce gaz est peut, contracté, dur et d’un 5^ toutefois ce caractère n’est psfs assez tranché |)our'quéTÔn puisse en tirer grand parti en médecine l^alë.‘ ' ^ ^ ,
déterminéé'par le gaz des dbsses' d’aisance serait rééônûue aux signes- indiqués à la page 33o du tome II. ^
39 eéljr. . ^
.-c - a.s.S-JII.
En admettant ^u’un enfant dont on a trompé le corps *- tue^ est-il possible de prouver qu’il appartient
la femme que Von accuse, et qu’elle est l’auteur ^■dumeurtreP .
On sent cpmbien il serait important de pouvoir décider ces deux questions; mais malheureusement tous les efforts des médecins échouent pour résoudre la -dernière; et, relativement à l’autre, ce n’est qu’avec .kr.P^P/:,.§ï’ande difficulté qu’il parvient à établir quel- ' 9îl:®^®3S qti un erfant n’appartient pas a la femme qu on ou qu il peut lui appartenir. Voici les cas où il cat permis à 1 homme de l’art de porter un pareil juge-
nlént. S’il recbïinaît qti’une femme est accôucHéé dépiiit deux ou trois jours setilèm eut, tandis que la riaissanèS deT l’enfant date de cinq, huit, douze ou quinze j<)urs‘;\ ou, ce qui revient au même, que l’âge, du. nouveau-né ne se rapporte aucunement à l’époquë où l’accouchement â eu lieu, il déclarera que l’accusée n’est point la mêré ; â plus forte raison il se conduira de mémé s il trouve que", loin d’être accouchée, la femme n’a jamais été éhcéîntè. Sij au contraire, le nouveau-né est âge de deux ou trois jours, et que l’accouchement soit récent, ou , en d’autres termes, si l’âge de l’enfant siérkppofte à l’époque présumée, il sera permis de dire qulï' appartenir à' la femme accusée. D’où il résulte;quë" là solution de ce problème repose tout entière sur lea faits dont nous nous sommes déjà occiipés dans plu;^* sieurs autres questions que nous nous bornerons à rappeler. Comment reconnaître , s’il jr a eu grossesse f 2° si une femme est accouchée? 3® l’époque de l’accouchement? cé que l’on détermine en ayant égard aux suites dés couchés et à l’état des organes génitaux.^ 4° le moment oii l’erfant est né ? ce qui suppose que” l’on connaît pendant combien de temps il a vécu, et depuis' quand il est mort. Il est même nécessaire dé déterminer si ï’enfant était a terme au moment de la nàissancé, quelles étaient ses dimensions, etc.j admettons en 'effet que I on éprouve d’assez grandes difficultés à. reconnaître si la femme est accouchée depuis^ peu de jours, pour etre porté à nier l’accouchement, n’é faut-il pas, avant dénoncer un pareil jugement, examiner si l obscurité ou l’absence des signes de raccoüclîemént né tient pas à ce que le produit ex-
pulsé étânt un avorton, ou un fœtus à terme,- peu développé , les organes de la génération n'ont pas souffert une grande dilatation, etc.
Résumé sur Vlr^anticide.
L’importance du sujet que nous venons de traiter mérite que nous lui consacrions encore quelques lignes; une analyse rapide des objets qui doivent fixer l’attention du médècin dans une question de ce genre, ne sera pas sans intérêt. Pénétrons-nous bien de cette vérité, que, dans la plupart des cas, le sort des accusés est entre nos mains; et quelle que soit l’horreur que nous inspire le crime d’infanticide, n’oublions pas que nous ne devons jamais conclure qu’il a été commis , qu’autant que nous en sommes convaincus. Sans doute que certains coupables échapperont au glaive de la justice, parce qu’il nous aura été impossible d’établir l’existence matérielle du crime , mais aussi serons-nous assurés de n’avoir jamais contribué à la condamnation d’un innocent.
I® Quand on est appelé pour faire un rapport sur le cadavre d’un nouveau-né, inconnu et abandonné dans un champ, une rue, une place publique, etc., on doit l’examiner avec autant d’attention que dans le sas où la mère serait connue; en effet , il serait possible que le zèle des magistrats ne tardât pas à être couronné d un plein succès, en découvrant qu’une femme est récemment accouchée, et que toiït porté à croire que l’enfant délaissé lui appartient.
a Après avoir noté tout ce qui est relatif aux ob-
jets qui eütoirrerit le cadavre, â sa situation, au lieu où il à été trouvé et aux autres circonstances qui seront indiquées avec soin à l’article Ouverture des ca~ davres {^vofez mort.); on examine attentivèinent la longueur, le poids de l’enfant , la peau, le cordon ombilical , les cheveux , les ongles, les paupières et tout ce qui peut contribuer à déterminer son âgé au moment de la naissance ( pag. 5 r )f ;'“6n tient
compte des lésions extérieures , de l’état plus ou moins avancé de putréfaction, etc. ; si on négligé cëé détails et que l’on procède de suite à l’ouverture du cadâvre , on s’expose à ne plus pouvoir constater plus tard les caractères que la surface du corps présente , pour parvenir à résoudre plusieurs questions importantes:
3° On cherche à découvrir la cause de la mort,' Le nouveau - né a pu périr avant de sortir de V Utérus y ce que l’on reconnaît quelquefois à la simple inspection du fœtus, tandis qu’on' ne peut y parvenir dans certaines circonstances quen examinant avec la plus grande attention les signes fournis par la feiiime qui vient d’accoucher, l’état des divers organes du cadavre et de l’arrière-faix. On aurait tort de croire qu’il suffit d’établir qu’il n’y a au sommet dé la tête du fœtus ni tuméfaction ni ecchymose , oü qué les poumons sé précipitent au fond de l’eau , jpoüf être certain que la mort à eu lieu dans l’utérus , puisque d’une patt on â vu des altérations de ce genre sur la tête d’èhfans morts dans la matrice , tandis qu’ellés mànquéht s'ouvent chez d autres qui Ont vécu après la' haissaricé, et que d Une autre part on sait que lés poümOhs'peuvent se précipiter au fond de l’eau , quand l’enfant est "mort
-eii naissant et meme quand il a respiré après la naissance, Le npupeau-^é a pu pérù' pendant, rcLccouche- .ment^ ce qui dépend de la difficulté et de la longueur du travail, de la compression du cordon ombilical, ou de son entortillement autour du col, de l’hénrorragie qui suit le décollement du placenta , de la faiblesse du foetus , des manoeuvres que raccoücbéür n tentées pour délivrer la femme et qui' ont exigé remploi du forceps, des crochets, des peree-crânés , etc, ;Ou de tentatives criminelles comme racupuncture , la torsion de la colonne vertébrale ^ la suffocation , etc. Des notions précises sur la nature, le mqdeet la dm^e de ràcequchement, pourront seules guider l’homme de Fart dans la solution d’un problème aussi épineux. Rappelons toutefois "que Fenfànt'peut avoir respiré au passage , et par conséqueiit que la surnatation des poumons ou de leurs fragmens ne suffit point pour prouver qu’il nest pas mort avant de naître- Ze nouveaUné, a pu périr apres la naissance : a parce qu’il était monstrueux, faible, atteint d’une maladie grave, ou parce qu’il a été lancé sur le pavé , dans un accouchè- •ment très-prompt , qu’il y ait eu ou non rupture du r cordon ombilical ; b parce qu’on a omis de lui donner des secours nécessaires, et qu’il a succombé à l’asphyxie , inanition, à l’hémorragie ombilicale, ou à Faction froid trop vif ou d’une chaleur trop intense. Il -unporte alors de rechercher si l’omission des soins a été volontaire, ou si la mère se trouvait dans l’impossibilite^de -leSj^. prodiguer, comme cela pourrait arriver, , si. elle avait ignoré sa grossesse et quelle eût été surprise par les douleurs de l’enfantement dans un lieu
isolé ; si elle était accouchée sans le savoir par une des causes 'indiquées'^' la page'-' 229 ; '<r parce" ^rm a exercé dèâ^adfe^ de^violence que 1 on 'peut--rappdfter' :^^i■i'hVeisWésY'^^ta^ph^ et à X'émpoii^onntem'eni'pkFlègazjW est indispensable d'ans ee Cas, de côh'sfatéï’lèi^î marques de sévices, et de ne point lês confondre âVec^^ cëlîes qtii soïït le résultat du travail dé raébôuchem'ênÉ" oli'de toute autre cause naturelle et spdhtanéeV Nôus‘ n adopterons pas avec certains auteurs, qu’il foille poiiK' étabîif i’mfânticide après la' naissance , prouvér que' rétîfaht est né èi&n. conformé y a 'ternie et exempt de mai' ladies ( Capuron ) ; car il existe une foule de vices de conformation qui n’entraînent pas nécessairement la rhort ; dune autre part, desenfans nés entre le septième et le neuvième mois de la grosSessfe peuvent vivié ^é développer parfaitement ; il en est de même dépliî- ÆÎeurs de ceux qui lors de la naissance sont atteints dè; quelque maladie : là femme qui vient d’accouchér 'ët* qui depuis long-temps a conçu le projet dé détruire le nOuveau-né , est aussi coupable ën ' portant sa maîii' homicide sur un enfant dé sept à huit iridié, ou sur un autre qui est à terme et mal confonrié du atteint ' d’tine maladie qu elle est censée ne qias cdnnaffrè'*^* qiié sur un foetus de neuf mois ^ bien conformé et joüià-' sàrit en apparence ‘dé là meilleure 'santé. Nous- adme^-^ trous volontiers qu’une irière^peut être excusée d’aOdir idissé périr son eiïfarit; faute de sduis’, 'lOrsquè^célui-'"' ci ri’étâit âgé que de cinq à six.nroîs, oumêmellors’^^é-' tarit plu'é près da rireuvièmé mdi^ j^il étaît'exéi^^vémèh¥l dif formé" ou '^^#%S-f^aî6Vé^ oiî*ilt€ân^;’'dfe"'lquéïque^-uriS^ dés symptômes qui ânWdncerix unurifdîFpPdcïîairiléi^^^^
/ T-es, observations f^tes, sur les poumonsc/le ç^uc, le^diapbra^^e, le thorax^ etc., clans le clesseinxle savoir si lenfant ^a'espir^endant ou après la naissance, fc^ur- ,-^9W.yent des rés uitats propres à induire le, roeT ép eyreu^ , si elles^ n’ont pas été rec,ueillies ave^, la plus grande attention ot appréciées à leur juste valeur.. Quand même il serait rigoureusement prouvé /expiration a eu lieu, il ne faudrait jcoiiQlure P <1^ autant qu’il .serait établi
Jji^lque,oinission ou d^,qu.elquQ *¥&’^^^T»re^CJin^inelle. pag.,285,.J ,
. 4'- dDn ^ att^c^e, à déterminer depuis quand l’enfant <^^,,pé.. 5 d' pn.pîçamine.. d’abord quelle a pu être la durée df^ia vjp extra-utérine, en ayant, égard à 1 état delà ppaii, dirçordon ombilical, etc.,^on eherche. ensuite à reconnaître, d’nprèsla rigidité ou la flaccidité clés membres, la paotréfactionplus ou moins avancée du cprps,,,etc. , depuis quand il est niort. Il est inutile de/ rappeler combien il importe pour juger l’époque de la mo^t, d’après l’état de décomposition putride, de connaître la température,, et de savoir si l’enfant a été.déiaissé dans un xoffre où l’air n’était point renouvelé, dans du, sable, dans de l’eau limpide ou bourbeuse , d^ans du fumier ou dans une fosse d’aisance, la putréfaction ne marchant pas avec, la même rapidité dans ces différens milieux et à toutes, les'^mpératures. — Si l enfant est ntqrt-né,, on parvient à, déterminer à peu.^ près d époque rie la naissance, par , des moyens ana-^ lognes. Ces recherches , sont utiles lorsqu’il s’agit de;^ décider si . Je . nouveau T né appartient, à, une femm.e, que 1 on sait être accouchée depuis peu de jours et
qüe i’Qn soTjpçApne d’avoir. commis le crime d’infanti-^ eide : la nécessité, d’explorer attentivement cette femme.; dans lespremiers jours qui suivent l’accouchement, est tropmanifestepour que nous appelipns de nouveau l’at' tentipn de l’homme de l’artsur ce point. p. 22^}.
P-A P P O R T a s U R li’l JS F AÏS T I C I n E.
Premier rapport soussigné, docteur en médecine de la Faculté de Montpellier, habitant la ville de Paris, sur la réquisition de M. le procureur du B.oi , qui nous a été signifiée par M. X, huissier, nous sommes transporté aujourd’hui la avril, à midi , avec M. F, élève en médecine, à la Morgue, pour visiter le cadavre d’un enfant du sexe masculin , que l’on nous a dit avoir été retiré tout nu d’une fosse d’aisance, et pour constater la cause de sa mort.
Le cadavre était froid et sali par l’eau de la fosse dont il offrait l’odeur ; il n’était plus recouvert de cet enduit sébacé que l’on remarque chez les fœtus à terme nouveau-nés ; nous l’avons lavé et nettoyé avec soin. Sa longueur était de dix-huit pouces, il pesait six livres et demie 5 le thorax était bombé; le cordon ombilical était flétri et prêt à tomber; son insertion répondait à peu près à la partie moyenne du corps ; les testicules étaient dans le scrotum; les membres abdominaux étaient plus courts que les thorachiques ; les uns et les autres étaient flexibles; la peau de la partie intei’ne des cuisèes, des bras et des parties latérales du thorax et de l’abdomen, offrait unè teinte violacée, et l’épÜdérme cori’espôndant à dés parties s’enlevait par une for té jifes^ion deS pinces'; partout ailleurs la peau
paraissait de couleur naturelle et adhérait à l’épiderme j on ne voyait aucune trace d’ecchymose ni
d autre blessure à la surface du corps ; on s’assüi ■ rait en palpant les membres, que les ôs qui en font partie n étaient ni luxés ni fracturés ; des incisions assez profondes pour mettre ces os à nu, prouvaient' qu il n y avait point de sang épanché dans le tissu cellaire intermusculaire; l’extrémité postérieure et inférieure du fémur offrait un noyau osseux.
, cadavre faite suivant les règles dé
lait ( voyez Ouverture des cadavres') ^ a démontré : I® pour le crâne, qu’il n’y avait au sommet de la tête ni bourrelet ni infiltration sanguine ; que les os du ciane se toucbaient presque par leurs bords, excepté dans les endroits correspondans aux fontanelles ;^que la matière grise du cerveau était parfaitement distincte; que les vaisseaux de cet organe n’étaient point engorgés; que les ventricules liè contenaient point de sang, et que l’on' n y voyait qu’une pètîte quantité de sérosité jaunâtre et limpide ; que le cervelet paraissait dans 1 état naturel, enfin qu’il n’y avait aucune trace d’épanchement sanguin dans la cavité du crâne ; a® pour /è canal vertébral, que la moelle épinière n’était le siège d’aucune altération sensible ; pour la bouche et le . que les dents étaient encore contenues dans les alvéole^,, et que leurs couronnes étaient ossifiées; qu’il y a^alt. dans la bouche quelques atomes de matière excrémenli tielle demi-fluide ; que la langue, le voile du palais h amygdales et le pharynx semblaient plus ronges que dans létal naturel; que le larynx et les vertèbres cervicales n’étaient le siège d’aucune altération, èt qu’il n’y
i fSaS )
èivait aucune ecchymose; .‘profojacie dans ces pœrtîes j 4^ pàür le thxyroâc J queles poumons^ i’un louge pâleçrfec’ouvraienten -grânde partie le péricarde^rqu’ils étaièiM; ctépitans et qûHls nageamnt sur i'eau^ilors m ifu’iis étaient mis sur ce liquide avec le cœur; qu’ils fraient aucune trace de putréfaction y mais qu’ils étafent gorgés de sang verdâtre fluide, -que tous leurs fcagï-, mens surnageaient encore après avoir été; long-temps comprimés sous l’eau ; on pouvait' en retirer par eetté expression une quantité notahle de sang; ils pesaient deux onces et un grain , c’est-à-dire cinquante-deux fois moins que le corps entier environ ; qu’il y avait dans la trachée-artère et danS'les bronches une petite quantité de matière semblable -à celle de la fosseÿ ét beaucoup d’écume; que la membrane muqueuse qui tapisse ces parties était rouge par plaques; que le ventricule droit du cœur contenait beaucoup de sang fluide d’un brun-verdâtre , qu’il y en avait à peine dans le ventricule gauche et dans les oreillettes ; que le canal artériel et le canal veineux étaient vides , et leurs parois rapprochées; que le trou de Botal était encore perméable; que le diaphragme était manifestement refoulé . vers l’abdomen ; 5® pour le bas - ventre , qu’il y avait dans l’estomac un peu de matière demi-fluide à d’une odeur fétide, qui paraissait être la même que celle de l’eau de fosse; que les intestins et la vessie étaient vides ; qu’il n’y avait aucune trace de phlogose
dans le canal digestif ; que les autres, viscères abdoroir naux paraissaient dansl’état naturel ÿ excepté qu’ils: présentaient ça ht; là une; cojoleur verdâtré>; ù%pour hsjor^ que tGutlbppareifgéhérateur était sai hi.
j gals’Æxamen ie >plus: scrupuleux des viscères contenus i^i dreersesjjcavxtésL n!a peint permis: de décotir ;?mfe3è^ uièindre signe de blessure #? faite^vec un instruyaüen^ pi<ptaut:,ctranc3aàat‘:<>.u: contondant . ^ ni avec une àînneà feu., .
^at!Noïis pouvons conclure- de ;ce ,quL précède! i.®,que fenÊuit,,dontïntïous nvons-examiné le corps j est né à termè et vivant,* que sa naissance date; d’environ sept è. huitîjoursj'du.; moins l’état du cordon ombilical semble faire croire rqi^il a vécu trois ou quatre jours, et Ion peut juger- par les changemens ,survenus à la peau, quil est mort^ depuis trors:ïOu quatre . jours environ.
Putr^action~. d^ la Jhssei d’’ aisance , article Mort); 3° qu’il était parfaitement constituéj.et par consequent, viable 4^' quetout annonce quil a été iplongé dans 1 eau de da fosse, lorsqu’il était; encore vivant ^vojeï ^sphy'æie^-’ 5-- que la mort paraît devoir être attribuée au défaut de respiration et à l’action délétère de. 1 hydro-sulfate d’ammoniaque contenu dans l’eau; ; 6® que tout porte- à croire que; racGOuchement* de la mère a été facile. En foi de quoi, etc.
- Deii^wmc rapport. soussigné , etc. , requis
par, etc. , pour constater la cause de la mort d’un enfant du sexe féminin, nous sommes transporté dans
la chambre occupée par IVE"* N , dans la rue . ,
maison n°-..i; O® nous avons trouvé ladite :deraoiselle ai îtée ; elle no u s â> dit ê tre âgé e de a o a n s? e t , a voir é té surprise par les douleurs de l’enfantement la veille à six, heures du soir-; qu après-, avoir- soufferr; pendant deux heures, -elle était accoucliee-, qu elln s’était efforcée en vain appeler à son secoui s , qu’elfe était
déjà mère d’un autre enfant et qu’elle n’ignorait pas' qu’il fallait couper et lier le cordon ombilical , qu’elle avait pratiqué la première de ces opérations avec des ciseaux , mais que, n’ayant point de lien à sa disposi- * tion , elle n’avait pu faire la ligaturé; que d’ailleurs il lui aurait été impossible de s’occuper de son enfant y, parce qu’elle s’était délivrée elle-même peu de minutes après l’accouchement, et qu’un instant après elle avait perdu connaissance; enfin qu’elle n’avait recouvré ses sens qu’au bout de deux heures, lorsque l’en- . fant était déjà mort. Les draps du lit étaient ensanglantés.
Le cadavre de l’enfant était froid et enveloppé dans un linge ; on voyait sur l’abdomen et sur les fesses plusieurs plaques de sang desséché, d’un brun-noirâtre; -il était recouvert d’un enduit sébâcé fort épais, et n’exhalait aucune odeur putride. Après l’avoir bien nettoyé arec de l’eau , nous nous sommes assuré qu’il était long de i5 pouces 6 lignes, et qu’il pesait 5 livres 1 2 onces 3 gros ; la tête était garnie de cheveux noirs , longs d’environ un pouce; on voyait à son sommet une ^ petite tumeur comme œdémateuse; le thorax était bombé , le cordon ombilical de grosseur ordinaire , n ullement flétri ni affaissé , avaitété coupé à un pouce environ ded’abdomen , avec un instrument trauchant ; en. effet, la section était lisse et unie; il n’offrait aucune, trace de sang liquide ni coagulé ; on voyait qu’il n’avait pas été lié, son insertion répondaitàurie ligne au-dessus delà moitié du corps. Les membres abdominaux étaient raides et sensiblement plus courts que les thoracliiques qui étaient flexibles ; ils n’étaient ni luxés ni fracturés, .
coitime on s’en est assuré en pratiquant des incisions profondes ; l’extréinité inférieure du fémur offrait un noyau osseux à sa partie postérieure; les ongles parfaiternéht formés , reèduvraient l’extrémité des doigts. La surface du corps était l’emarquable par sa pâleur semblabîe à cellè=dè la cire ; il en était de même des lèvres; répîdèrme në sè •détachait point ; il n’y avait aucune tracé d%éehymbsè ni d’autre blessure.
L’ouverttirè du Cadavre , faite suivant les règles de 1 art, a prodvé que les muscles et les viscères étaient décolorés , qüe tes ventricules et les oreillettes du cœur, les vaisseaux artériels et veineux étaient vides, et qu’en général tout le système sanguin était affaissé ; on ne découvrait aucunlndice- de blessure ni de congestion ■ dans le cerveau, dans Ic jcervelet , dans la moelle épinière, ni dans aùc Un des organes thoraChiques et abdominaux, qui du reste étaient parfaitement conformés ; on apercevait déjà la matière grise du cerveau ; les os du crâne se toüchaient par leur^ bords, excepté dans leur portion correspondante aux fontanelles; les poumons, d une couleur pâle , r'ecouvraient en partie le péricarde; ils étaient crépitans et nageaient sur l’eau lorsqu’on les avait séparés du cœur , même après avoir été comprimés sous ce liquide ; ils pesaient i once 3 gros, cest-à-dire yo fois moins que le corps environ; le canal artériel, le canal y,eineux et le trou de Botal .étaient perméables; le diaphragme était légèrement refoulé vers 1 abdomen; l’estomac était vide; lè gros intestin contenait beaucoup de méconium d’un brunverdâtre; la vessie était vide; l’arrière-faix semblait êtredans l’état naturel.
(;33iV . . . I
Nous croyons pouvoir conclure de ce qui précède j '
1 ° que rênfant qui fait le sujet de ce rapport , est né à terme;, 2® qu’il était viable ; 3° qu’il a vécu pendant uu' certain temps ; 4° qu’il a succombé à une hémorragie i ombilicale > résultat de l’omission de la ligature du cor-'^ don ombilical ; 5° que la demoiselle N, qui avoue né' pas être primipare, ne doit être excusée d’avoir omis de pratiquer cette opération , qu autant qu’il sera' 1
prouvé qu’elle a perdu connaissance peu de tem ps après !
1 aceouchèment , ou qu elle à été dans l’impossibilité ■
de se procurer les liensnééèssaîres. En féi de qiio^ '
Troisième rapport. Nous soüssî gné , etc. Arrive dÿs ' la chambré , nous avons trouvé la demoiselle X; âgée" de ry ans, alitée, qui nous a dit être accouchée déiix^ jours auparavant d’un enfant à 'terme , mort ; que les 1 douleurs de l’enfantement avaient été vives et avaient duré pendant cinq’heures; qu’elle accouchait pour la première fois et quelle n’avait été secourue que par sa femme de chambre , qui attestai tégàlement que l’enfant- n’avait donné aucun signe de vie, malgré tout ce qu elle avait pu faire pour le ranimer. Interrogée sur les moyens qu’elle avait mis èn usage pour exciter la. respiration chez le nouveau-né , elle nous a répondu avoir fait des frictions sur la partiè antérieure du tho-- ^ rax , sur l’épine du dos , sur bi paume des mains et sur'" la plante des pieds, avoir parcouru l’intérieur de la bOucheuvec Ses doigts pour ènleyer les nuieosités et^ avoir /W de bouche à bouche. "
Nous avons d’abord procédé à l’examen de la femme
et nous avons reconnu . ( On parle ici de 1 état des
mâniellés; de la pééu et des mtiiscle^ de l’abdomen dï
î' utérus, de son col, des parties génitales, des tranla bonne ou de la mauvaise confirmation du bassin, de récoulement qui se fait par la etc.; nous nous bornerons à ce simple-énoncé, parce que déjà nous avons donné, à la page 240 , quelques modèles de rapport sur raccouehement.)
i) où il rësuke que la demoiselle X, est accouchés dépuis .deux ou trois jours environ.
On nous a présenté le cadavre d’un enfant du sexe masculin , enveloppé de linges propres, nullement ensanglanles , et.pret a etre inhume; après l avoir retiré ■de cette enveloppe nous avons reconnu qu’il était froid, et'long de a6 pouces 10 lignes , qu’il pesait 6 livres lÿros, que la tête était garnie de cheveux assez longs et né présentait aucune trace de tumeur à son sommet; que le thorax était aplati ; le cordon ombilical frais , sans la moindre apparence de sang liquide ni coagulé, était de grosseur ordinaire ; il avait été coupé avec un instrument tranchant à trois polices environ de l’abdomen ; en effet , la section était lisse et unie; son insertion répondait à peu près à la moitié du corps; près de son extrémité libre, on voyait un fil double disposé en forme de, lien; les membres étaient flexibles, et les ongles parfaitement formés; la surface du corps, recouverte sébacé fort épais, était pâle , excepté dans la région abdominale qui offrait une couleur verte ; le cadavre n exhalait une odeur légèrement fétide que dans cette région ; (la température de l’atmosphère jo'uKs.à environ 8°^tberm, pentig.) ; détachait point ^ ü nj^ fvpit aucrmetracé dbcchymbse ni^ d’autre bles>ure ^ comme, on s’en.
■est assuré en examinant attentivement 1 extérieur, du corps et en pratiquant des incisions profondes ; l’extrémité inférieure du fémur offrait un noyau osseux à sa partie postérieure. '
; L’ouverture du cadavre, faite suivant les règles; de l’art, a prouvé que les os du crâne se touchaienfcpar leurs bords, excepté dans les fontanelles ; -que la matière grise du cerveau et du cervelet était formée ÿ .que l’estomac et les intestins grêles étaient vides ; quje le gros intestin contenait beaucoup de méconium verdâtre; que la vessie renfermait une quantité notable ai’ urine; que le diaphragme était refoulé vers la poitrine; que lespoumons, d’un rouge^brun, quoique bien conformés, étaient assez peu développés pour. ne. recouvrir le péricarde qu’en partie , qu’ils contenaient fort peu de sang , et ne pesaient qu’une, once iS grains, qu’ils étaient crépitans dans quelques-unes de. leurs parties seulement et qu’ils se précipitaient au fond de l’eau , lorsqu’on les plaçait entiers sur ce liquide ; toutefois en les coupant en plusieurs tranches , qn voyait quelques petits fragmens du poumon droit, dont la teinte était moins foncée , nager sur l’eau , même après avoir été comprimés sous ce liquide ; le canal artériel, le canal veineux etle trou de Botal étaient perméables ; le cœur contenait fort peu de U était impossible
de découvrir sur aucun point la moindre trace de blessure ni de congestion; l’arrière-faix était dans l’état naturel. r
Il ré.sulte de ce qui précède : que. Ten faut qui fait
le sujet de ce rapport, est né à terme; a®. qu’il était viable ; 3" qixe tout porte à croire qxi’il n’a point res-
pire : en effet, la surnatation de quelg^ues petits frag* mensdu poumon droit , qui ne contiennent qu’une petite quantité de sang, coïncidant avec l’aplatissement du thorax et le refoulement du diaphragme en haut, paraît dépendre plutôt de l’insufflation artificielle que delà Fespirationj d’autant mieux que le rapport entre le poids du corps et celui des poumons est à peu près tel qu’on lé trouve souvent chez les enfans qui n’ont point respiré * 4° qüe rien n’annonce qu’il soit mort pendant raCCÔtlchérhent , ni qu’il ait été tûé après la naissance ;
qu’il est prohablement mort dans Tutérus peu de temps avant Taccouchement. En foi de quoi, etc.
Quatrième Nous soussigné , etc. Arrivé dans
la chambre , du nous a représenté le cadavré d’un enfant dti'sèxemàsculinj que l’on avait trouvé mort sur la voie publique f il était renfermé dans une espèce de sac en toile grise , nullement taché fia tête était enveloppée d un bé^in de toile commune , à l’extérieur duquel on voyait -quélquës traces de sang-; la surface du corps était recouverte- d une chemise de peftale ensanglantée sur plusieurs poin ts , et notamment dans la partie correspondante à l’ombilic : aucûn de ces objets ne portait , ni chiffre ni lettre. .
Nous avons procédé à la visite, et nous avons reconnu que 1 enfant était encore chaud, fort bien conformé, long de 17 pouces 2 lignes, et du poids de j livres I once 2 gros ; la peau , d’un blanc légèrement jaunâtre, n exhale aucune odeur fétide; elle est enduite de la- matière sebacee que l’on remarque chez les foetus âges de plus de sept mois ; elle offre çà et là quelques stries de sang ; le thorax est bombé; le cor-
4on ombilical , inséré à la partie moyenne du corps , est long d’environ a pouces , il n’est point flétri et ne présente aucune trace de ligature ; on voit qu’il a été coupé d’une manière nette par un instrument tranchant ; le scrotum renferme deux testicules ; les mem-^ bres sont flexibles, les inférieurs sont plus courts que les supérieurs; ils ne sont le siège d’aucune lésion, comme on s’en assure en pratiquant des incisions profondes : l’extrémité inférieure et postérieure du fémur offre un noyau osseux ; les ongles sont bien formés et recouvrent l’extrémité des doigts; la tête, garnie de cheveux noirs , longs d’un pouce environ , est plus colorée que les autres parties du corps : on voit sur le front, sur le côté gauche du sourcil, de la paupière supérieure et de la pommette gauche , des contusions et des ecchymoses d’un rouge-brun , de forme irrégulière, longues de deux lignes sur une ligne et demie de large; l’oreille gauche est rouge, contuse et ensanglantée; les yeux sont dans l’état naturel, excepté que la conjonctive gauche est rouge; la lèvre supérieure est recouverte d’une matière sanguinolente qui coule par les narines; la cavité buccale ne contient qu’une quantité notable de sang; le crâne est mou, allongé d’avant en arrière, et fortement déprimé, dans les régions temporales , dont les pièces osseuses sont trèsmobiles : on ne découvre aucune trace dè blessure sur les autres parties du corps.
L’ouverture du cadavre , faite suivant les règles de Tart, démontre que les vertèbres , les ligamens qui les unissent et les muscles qui les recouvrent sont dans 1 état naturel ; qu il y a du sang épanché entre le canal
yèrtébral et la dure-mère, dans toute rétendue du rachis ; que la moelle épinière n’est le siège d’aucune altération ; qu’il y a un épanchement considérable de sang liquide et coagulé entre la peau et le péricrâne , surtout vers les pariétaux, qui sont fracturés en plusieurs endroits; on remarque surtout deux fractures anguleuses sur chaque pariétal qui s’étendent l’une de la bosse pariétale jusqu’à l’ps frontal, et l’autre du même point à la suture sagittale ; il y a en outre, à l’extrémité d’une des fractures du pariétal gauche, une esquille d’environ un tiers de ligne : le périoste est déchiré et décollé dans toutes les parties fracturées; la partie antérieure gauche du coronal est également le siège d’une fracture anguleuse ayéc esquille et décollement du périoste ; la dure-mère est ecchympsée dans toute son étendue , et notamment aux parties correspondantes aux fractures; une quantité considérable de sang noir, en grande partie coagulé , est épanchée entre l’arachnoïde et la dure-mère , entre cette même membrane etla pie-mère , dans les anfractuosités de la face supérieure et postérieure des hémisphères cérébraux; , dans les ventricules latéraux , à la hase du crâne, et surtout dans les cavités moyennes et postérieures ; la consistance du cerveau, dont la matière grise est parfaitement formée, paraît naturelle ;1, es viscères abdominaux ne sont le siège d’aucune altération ; 1 estomac et les intestins grêles ne contiennent qtre des mucosités, le gros intestin renferme beaucoup de méconiuhi d un brun - verdâtre ; la vessie est remplie a urine j les poumons recouvrent en grande partie le péricarde ; ils sont roses et Crépitans ; ils nagent sur
l’eau, lors même qu’ils sont mis sur ce liquide avec le cœur ; ils n’offrent aucune trace de putréfaction, et leurs fragmens surnagent encore après avoir été long-temps comprimés sous l’eau ; on en retire par cette expression une quantité notable de sang rouge et de mucosités écuraeuses; ils pèsent 3 onces i gros 3 grains, c’est-à-dire 36 fois moins environ que le corps entier ; le coeur est dans l’état naturel; le canal artériel, le canal veineux et le trou interoriculaire ( de Botal ) sont encore perméables ; le diaphragme est refoulé vers l’abdomen.
Ces faits nous permettent de conclure, que l’enfant dont il s’agit est^é à terme ; 2® qu’il était viable ; 3® qu’il a vécu , et que probablement il est venu au monde en présentant la tête, les membres et le siège n’offrant aucune trace d’infiltration ni de congestion ; 4® qu’il est mort peu de temps après la naissance ; 5® que la mort n’a eu lieu que depuis quelques heures ; 6° que les ecchymoses, les fractures et les épanchemens sanguins ont été faits dù vivant de l’individu; y® que là mort est le résultat de ces lésions , qui ne paraissent pas devoir être attribuées à une chute de l’enfant au moment de la naissance, mais qui tiennent plutôt à des violences exercées latéralement sur des points de la tête diamétralement opposes: du moins c’est ce qui semble résulter de la situation, de la forme, de la direction et du rapport des fractures observées au crâne. En foi de quoi , etc.
YIl^GTIÈME LEÇON.
T>e V Avortement.
En médecine iégale, on doit définir l’avortement,' r^xpulsion préméditée du produit de la conception, avant le terme voulu par la nature. Voici ^^comment s’exprime le Gode pénal.
« Quiconque , par alimens, breuvages , médicamens , violences , ou par tout autre moyen , aura procuré l’avortement d’une femme enceinte , soit qu’elle y ait consenti ou non , sera puni de la réclusion. »
« La même peine sera prononcée contre la femme qui se sera procuré l’avortement à elle-même , ou qui aura consenti à faire usage des moyens à elle indiqués Ou administrés à cet effet , si l’avortement s’en est suivi. »
« Les médecins , cbirurgiens, et autres officiers de santé , ainsi que les pharmaciens qui auront indiqué ou administré cés moyens , seront condamnés à la peine des travaux forcés à temps, dans le cas où l’avortement aurait eu lieu. » ( Gode pénal, liv. iii, art. 317. )
Il résulte des dispositions de cet article, 1° que les auteurs de l’attentat dont il s’agit ne peuvent être poïjirsuivis qu’aùtant que l’avortement a eu lieu et qu’il a été produit a dessein ; quelque coupable que soit l’intention de là personne qui a proposé l’emploi des moyens dits abortif s y si le crime n’a pas été consommé, la loi n’autorise point les poursuites; 2® qu’il n’est pas nécessaire que le produit de la conception soit au moins âgé de vingt semaines , comme l’indique le code de Charles-Quint, pour que le crime puisse
être étabii : en effet, la législation actuelle ne fixe aucüne époque ; il suffit que l’on ait pu constater i’avortément; 3® que là culpabilité est plus grande, si dès gens de l’art indiquent bu administrent des moyens capables de produiféravortement, que lorsque la féinmé se fait avorter elle-même: les motifs de cette sévérité ont été exposés par l’orateur du gouvernement, qui dit : « Si la femme ne trouvait pas tant de facilité à se procurer les moyens d’avortement , la crainte d’exposer sa propre vie, en faisant usage de médicarhéns quelle ne connaîtrait pas, l’obligerait souvent de différer son crime, et elle pourrait ensuite être arrêtée par ses remords.» ( Mçtifs du Code pénal, liv. III, tît. S , chap. i®*".)
Le premier et le second paragrapliés de l’article 3 17 du Code pénal sont rédigés de maniere’^ à pouvoir être fort injustement interprétés, et il importé d’établir que tel n’â pas été le but du législàtéur ; eh effet, il est 'absurdè d’appîiqüer là ‘ pèinê de la réclusion à l’homme de l’art qui, pour combattre une maïadié aiguë chez une femme enceinte, administre des médicamens plus ou moins actifs qui déterminent l’avorte-^ ment, ou bien qui, voulant empêcher la femme d’avorter, conseille des moyens qu’il croyaitpropresà.prévenir l’avortement , et qui Contre son àttehte , produisent un effet eon traire; il en est de mêmé dii cas ou une femme se procure ravortement sans intention de le faire, en s’exposant à une foule de càu-r ses , que l’on a appelées' ,s/?o/zrâ«éé5, et parmi lesqüélleS on peut ranger les odeurs fortes , les vêtemens trop serrés , l’abus des alimens irritans et des liqüèurs;
spîritueuses , des mouvemens brusques, et un exercice violent, comme la danse, le saut, les courses à pied, à cheval, en voiturè, les chutes, etc.; il serait encore impossible de soupçonner la femme qui prouverait avoir ignoré sa grossesse ; nous en dirons autant des cas où l’avortement aurait été la suite d’une rixé , de coups ou d’autres violences , si l’agresseur ignorait que la femme fût enceinte, ou si le sachant, il n’avait pas eu rintention de commettre un pareif attentat , ou la faculté de comprimer un premier mouvement irréfléchi. ( Voyez blessures.,) Ne serait-il pas révoh tant de. condamner à la peiné de la réclusion un accoucheur qui, pour sauver la mère , dans un caà de .convulsions ou d hémorrhagie utérine, procurerait 1 avortement en terminant l’accouchement à urie époque où il serait difficile de supposer que le fœtus pût vivre après la naissance?
Mais-en est-il de même, lorsqu’un homme de l’art provoque ravortement d’une femme enceinte , n est pas actuellement ea danger, seuleméht parée . qu il juge le bassin assez difforme pour que la mort de. la mère et de lenlant arrivent nécessairement si i on attend, le terme de raccouchement naturel? Ici les opinions sont partagées ; les uns regardeùt comme indispensable de recourir à ce moyen ; d’autres le qualifient d’illicite et criminel; il en est enfin qui lui préfèrent i opération césarienne et la symphyséotomie, M. Fodéié dit quel avortement serait permis dans cétte' circonstance : voici sur quels motifs il établit son opinion, i « On peut déterminer l’époque de
la gro'ssesse où raccroi'ssemeut du fœtus est asùe* '
marqué pour contintxer de vivre, sans qu’il le soit assex pour faire périr inévitablement la mère, en traversant, le bassin. 2° Des femmes sont heureusement couchées au septième ou au huitième mois de la grosr sesse , d’enfans vivans, sans s,ecours extraordinaires y tandis qu’elles n’avaient pu être délivrées. d’M« enfant terwe que par l’opération césarienne ou par la symphyséotomie. 3® Si l’avortemeiit est un crime à une époque où le, fœtus peut encore, franchir les détroits, et où il est censé pouvoir vivre sans occasioner, la mort de la mère, il faut appeler aussi de ce nom l’^çr couchement avant terme qu’on provoque chez une femme attaquée de pertes utérines: ou, de ^çonvul-. sions,et que les défenseurs de l’opération césarienne, d’accord avec l’expérience , regardent comme Tunique moyen de sauver la mère et l’enfant^ ou du moins la mère. » Ces motifs, en apparence plausibles , nous semblent avoir été victorieusement réfutés par M. Capuron, dont nous allons reproduire les principaux argumens. a II est impossible qu’un accoucheur puisse indiquer, d’ une maniéré approximatip^c,
égard à la suppression des menstrues, aux mouvemens, du fœtus, au toucher , etc., que les dimensions du fœtus ^ par rapport à . celles des détroits du b^siu , sont telles qu’il pourra naître vivant et continuer à vivre après la naissance, tandis qu’il périrait plus tard si Ton ne déterminait pas Tavortement. {b) Il n’y a point dé parité à établir entre l’accouchement naturel, qui a lieu' à, sept ou àhuitmois de grossesse, et Tavortement à la même époque : comment concevoir que Ton puisse déterminer en un ou deux jours, sans danger pour la
mère et pour F en fan t , Fassouplissenient du col, la dilation de Fonfice de l’utérus ,,la rupture de la poche des eaux', les douleurs de Fenfantement, etcV : ne saiV on pas d ailleurs que la plupart des femmes qui avortent a sept ou huit mois, par l’effet 'violence quel¬
conque, mettent au monde des fœtus morts , et qu’elles périssent au bout d’un certain temps , à la suite d’une
hémorragie, de convulsions ou d’une inflammation delà matrice ou du péritoine? c Est-il permis de comparer Favortéméni provoqué pour arrêter des convulsions , une perte utérine, résultat du décollement du placenta, a l’tivortement tenté pour remédier à une difformité du baSsln ? Dans le premier cas , s’il y à perte, le produit de te concéption doit être regardé comme un corps étranger qui sollicite les contractions de la matrice, et par conséquent une sorte de travail naturel , dont l’effet -ést' la dilatation de l’orifice de l’utérus J d ailleurs le sang qui coule assouplît les organes de la géneradon et les dispose à s élargir; dans l’autre cas, iFn existe aucun de ces avantages, tous les moyens tjuer Fon- emploie- sont himsques, violens et intempêklfs'; l’observation démontre en outre qu’en teri riiinsm l’accouchement lorsqu’il y a hémorrhagie ou convulsions on Sauve la mère et quelquefois l’enfant , tâhdisquil serait peut-être impossible de citer un seul fait authentique où Favortement aurait été provoqué avéc'succès dans le cas de difformité du bassin. Ces diverses considérations, ont porté M. Gapuron à admettre que 1 opération césarienne qui a sauvé jusqu’à ce’ jour a peu près une femme sur trois, et même la symphyséotomie, doivent être préférées à l’accouchement prématuré.
Il est évident, d'après ce qui précédé, que la médecine légale doit présenter peu de questions dont la solution soit aussi difficile que celle de 1 avortement j, en effet, lors même que le corps du délit n, a pas été soustrait , que l’on a pu constater l’existence d’un avorton , et que tout porte à croire que celui-ci appartient réel-r lement à la femme que l’on soupçonne, commeut reconnaître si l’avortement a été naturel ou provoqué ?: Combien la difficulté ne ^era-t-elle pas augmentée,, s’il nest plus permis d’établir que l’avortement a eu lieu, soit parce qu’il ne reste plus de traces du produit de la conception , soit parce que la femme ne présente plus l’ensemble des signes qui le caractérisent. Il faut l’avouer ,. presque toujours la -préméditcUion de l’avor-. tement s’établit plutôt d’après les preuves testimoniales que d’après les connaissances médicales; il ne faut guère excepter,, comme l’a dit le docteur Marc, que le cas où la mort de la femme permettrait de prouver par l’altération de quelques-uns des organes génitaux, qu’un moyen mécanique de faire avorter aurait été employé.
Les questions médico-légales relatives au sujet qui nous occupe, peuvent être réduites aux suivantes :
y: eu, avortement i ^ V avortement . a-t-il été na¬
turel pu provoqué} 3° l’avortement peutril être sifrmlé ou prétexté de la part de la Jèmme i dans l’intention de ~ nuire a autrui et surtout d’ obtenir des dommages et intérêts.
P r:É Ml Ê M E QUESTION. — Y a-t-il eu ai^ortement?
La sokîtion de eette question repose sur l’examen de la fernme^t du produit expulsé.
E^amen de /iÆj/êmwïe; S il est fort difficile de constateiwles signes d’un aecouclieinent à terme huit ou dix jours apres qu’il ait eu lieu {-voyez pag. 227), il l’est encore davantage de reconnaître l’avortement , ^ surtout lorsquéfîl’a^OTton est expulsé dans les' premiers jours ou dans les premières semaines de la conception : les chang^mens •OGcasionés dans les organes de la génération-jparda «ortie d’un corps aussi peu volumineux sont inappréciables; aussi s’accorde-î-on à admettre que l’examen de la femme, notamment quand elle n’est pas primipare , ne présente aucun moyen concluant de déterminer avant les deux premiers mois révolus de la grossesse-; 'si l’avortement a eu lieu. Dans les deux, premiers mois de la grossesse , dit M. Désormqaux ^ , à qui nous devons une excellente dissertation sur l’avortement , il arrive quelquefois que l’œuf est expulsé en entier sans douleur et sans hémorragie remarquables, quoique dans la plupart des cas, la femme éprouve des douleurs et une hémorragie accompagnée de caillots , surtout quand après la rupture des membranes ,
1 embryon sort isole du placenta ; aussi les femmes, croient assez fréquemment n’avoir eu qu’un retard, suivi d’un retour douloureux et abondant des mensr-. trues, tandis quelles ont fait un avortement. Heureusement, il est excessivement rare que le médecin soit les , tribunaux pour décider si l’avortement a eu lieu avant le troisième mois, les femmes qui ;ont
le dessein de se faire avorter n’ayant pas encore acquis la certitude qu’elles soient enceintes. >
Les signes précurseurs, concomitanset consécutifs de “ l’avortement qui a lieu depuis le troisième jusqu’au hui-^' ' tième mois de la gestation , sont en général les niêîtiés^ que ceux de raccoucliement; ils sont d’antant piluV’' marqués que le terme de la grossesse est plus' avaiïcé'r'^ aiiisi, pour ce qui concerne les, signes concotnitans , remarque des douleurs qui se succèdent régulièrement^’' en se rapprochant déplus en plus les unes des autres, et se dirigent de l’ombilic vers l’anus; l’orifice de Vüté- l rus se ramollit et se dilate graduellement; les nièm- ' branes proéminent pendant la douleur ; la poche des" eaux se forme, mais elle ne se rorùpt que dans lés cas"' où le produit de la conception n’est pas expulse én tier , ce qui arrive principalement lorsque ravortém'èht ' a lieu à une époque déjà avancée de la grossesse; Si‘"^ cette poche s’est rompue, l’eau de Tamnios sort d’abôfd, puis le fœtus , le délivre et des caillots plus ou riibin^^ volumineux. En général les douleurs ét l’hémorfa^'ie"^^ qui accompagnent l’avortement sont d^autant pluk’* marquées que le fœtus est plus âgé, et presque tôujoUr^" l’hémorragie est plus forte que celle qui a lieu darii " l’accouchement à terme. Si ravortement êsf l’effét' dé^"^ quelque manœuvre violente (j'ai perce leS -membranes^, quelle que soitl’époque delà grossesse, l’eau de Famnîô'^ ‘ s’écoule prématurément, lé fœtUS est quelquefois éx-^‘' pulsé avec facilité, ruais la sortie de l’arrière-faix peut occàsioner les douleurs les plus atroces. . ' -
La plupart des signes dont les auteur^' ont fait mention sont péU propres à faire reconriaî-
tre si I avortement a eu lieu : les femmes , ont-ils dit, éprouvent des frisson^ , des tremblemens aux extrémités : quelquefois les membres abdominaux sont enflés; lasaillie des veinns souscutanées disparaît; la peau se déeplorç^ la marche est vacillante j^il y a des lassitudes spontanées, affaissement et diminution presque subite dps, mamelles^ etc,;; ces caractères peuvent manquer, ptlorsqu’ils existent , ils dépendent souvent d’une autre capse que de rayortement.
importans sont ceux qui se. tippnt^ raccouchement , de l’état
des parties externes et internes delà génération, de récouleHient qui se faitpar la vulve, de la peau du ventre et de l’ex.crélion laiteuse; ainsi le gonflement, la rougeur de la vulve , la dilatation du vagin , les tranet les douleurs vagues qui vont se terminer vers l’utérus , dont l’orifice est plus ou moins béant , la flaccidité eties rides de la peau de l’abdomen, ^ 4 un lait ,plus.ou moins aqueux, la fièvre de l^it, si le :£œtu& était déjà avancé, et l’écoulement des Ipcbies ; tels sont les objets auxquels il faut avoir égard, tersqu’on veut faire servir l’examen de la fèmme ^ Pî-oblème qui nous occupe. Nous ne
rappellerons pas„ce qui a été dit à l’article accoucheà chacun de ces caractères , à la
valeur qu/ils peuyenl^ pffrir, etc. pag. 220)^
nous remarquerons seulement, pour ce qui concerne rbémorrbagie utërine,qu’elle cesse ordinairement quelques jours après Tavortement, à moins qu’il n’y ait eu des accidens particuliers ; qu’elle peut ne pas avoir lieu lorsque les membranes, ayant été percées sans décoller
le placenta^ le fœtus et ses enveloppes déjà flétris^ viennent à se détacher insensiblement de la face interne de l’utérus^ et qu’il n’est guère possible de la confondre avec le flux menstruel , chez une femme saine parce qu’elle est én général plus abondante et d’uné plus longue durée , que loin de ranimer les fonctions, elle abat les forces, et qu’assez ordinairement le sang est sous forme de caillots plus ou moins volumineux.
On ne saurait trop recommander d’avoir recours à \ ensemble des signes dont nous venons de parler dans, le paragraphe précédent , lorsqu’on cherche à décider si une femme est avortée; aucun d’eux, pris séparé-' ment, ne pourrait suffire ; il faut aussi que l’ examende la personne soupçonnée ait lieu peu de jours après l’avottement ; car , s’il est indispensable d’agir ainsi quand on veut constater l’accouchement à terme, àj plus forte raison, devra-t-on le faire dans les cas d’avortement, où les traces du passage du produit de la conception sont en général beaucoup moins marquées.. Lors même que les perquisitions ont lieu à une époque favorable , il faut user de la plus grande circonspection , pour ne pas rapporter à un avortement récent les altérations souvent peu sensibles des parties,, génitales, de la peau du ventre, etc. , qui dépendent; d’une hÿdropisie, de la suppression des règles, des hydatidés, d’un accouchement antérieur, etc. ( Voye'^s. AcconcHEMETNT , pag. 222. ) M. Fodéré obscrve avec raison , que la peau de l’abdomen sera ridée et plissép : chez une femme qui aura déjà été mère, et qui n’aura qu’une simple perte sans avortement , tandis qu’elle-
sera lisse chez une autre qui sera enceinte pour la première fois, et dont ravortement-aura été précoce.
Examen du produit expulsé. On doit surtout s’atta-" cher, dans une question d’avortement, à démontrèr la préséhcê de ravortôn, car alors il ne reste plus de douté. L’examen dont il s’agit ne présente aucune difficulté quand le fœtus, bien développé, conserve ses formes ; mais si le produit expulsé est un embryon encore fort jeune, il est facile de se méprendre si l’on n’apporte pas la plus grande attention , et de le confondre avec un caillot de sang ou avec une production pathologique développée dans l’utérus. Il faut alors placer la masse expulsée dans un vase rein pli d’eau, et y projeter à plusieurs reprises de l’eaü , à l’âidë d’une petite seringue, afimde détacher et de dissoudre lés^éàillots de sang; on doit surtout se-garder de comprimer cfitté, masse avec les doigts,- de la remüêr avec un morceau de bois, oula pointe d’un-couteau, comme oniie le pratique que trop souvent , ces .manœuvres exposant à déchirer- les obj-ets et à perdre -le fruit de- toutes- les re^ cherches. Voyons m ain tenan t quels son t lés divers états: ' sous lesquels sé présente le produit de la conceptiôh,'
Pendant les quatre premiers mois de la grossesse;' il arrive quelquefois que le fœtus sort enveloppé de séis niembraues entières; il ne s’agit alors que d’examiner celles-ci,, de les inciser et de constater l’âge aù moYen des caihctèrcs' indiqués à la page 4i. (Eojr. aussi Décris de t embryon page 199.) Dans certaines circonstances Iqs membranes se. rompent dans les premiers mois , le ; fœtus et le placenta se décomposent ,' et sortent sous forme d’une sanie brunâtre et fétide.
Il est des cas où après la mort de l’embryon ou du fœtus rien n’est expulsé 5 le placenta continue de s’accroître, et il en résulte ce que l’on a appelé impi’opie- Taen\,mole de génération. (Voyez Débris de V embryon^ page 199. ) Souvent le fœtus naît vivant et périt peu (ie temps après; il n’est pas rare de le voir sortir de l’utérus , quelques jours après qu’il a cessé d’exister ; dans ces deux cas il est aisé de le reconnaître.
Il arrive aussi fréquemment qu’ayant péri à une époque assez avancée de la grossesse, il se conserve dans l’utérus jusqu’à la fin du neuvième mois : alors il offre des traces d’une décomposition particulière que nous avons décrite à la page aSi. .
Dirons-nous avec plusieurs auteurs qu’il faut , dans certaines circonstances, avoir égard à l’âge de la femme, pour décider si le produit expulsé par la vulve est un embryon, un débris du germe, une concrétion sanguine, une masse d’hydatides, etc., ou, ce qui revient au même, admettrons-nous que, parce que la femme ne jouit ordinairement plus de la faculté d’être fécondéè lorsqu’elle a cessé d’être réglée, on doive éloigner toute idée d’avortement, par cela seul quelle se trouve dans l’âge de retour Ce serait consacrer un principe erroné, puisqu’on a vu des femmes plus que sexagénaires concevoir et accoucher après l’époque critique : la décision apportée par Belloc sur une femme d’un cer-.tain âge que l’on croyait être avortée, prouve tout au plus que cet auteur eut tort s’il attacha une plus grande importance àl’o^e, qu’à la nature du produit expulsé , pour établir que l’avortement n’avait pas eu lieu.