‹ Leçons de médecine légale (volume 2)Chapitre 36 sur 54 · RAPPORTS SUR UA VIABILITÉ DU FOETUS · texte numérisé non relu

RAPPORTS SUR UA VIABILITÉ DU FOETUS

Premier rapport. Nous soussigné, etc. Arrivé dans la chambre, on nous â présenté le cadavre d’un enfant du sexe masculin , né depuis six jours j et mort la veille. La mère nous à dit être enceinte de sept mois lorsqu elle était accouchée, qu’elle n’avait jamais été malade, et que 1 accouchement avait été facile ; M. X accoucheur, a également attesté que le travail a vait été

tie courte durée et sans accident ; il croyait pouvoir attribuer la mort de l’enfant à ce qu’il aurait été imprudemment exposé à bactiôn d’un air très-froid , trois jours après la naissance. •

Nous avons procédé.à la visite et à Touverturè du éadavrCj et nous avons reconnu qu’il était long dé quatorzé pouces déux lignes ; qu’il pesait trois livres deux ônc^ un gros; que là moitiddü corps répondait à un pouce ém viron aU-dèssus:de l’ombilic; que le cordon ombilical était tombé depuis peu; que la peau était rosée et recouverte d’un enduit sébacé ; que les ongles étaient déjà assez consistans; que le cerveau, d’un blanc jaunâtre n’offrait aucune trace de matière grise; que les poumons étaient bien développés , qu’ils étaient gorgés de sang et comme hépatisés , et que néanmoins ils étaient plus légers que l’eau; que la membrane mùqueusé qui les revêt , était d’un rouge vif : du reste; fous lés autres organes étaient sains ; le cadavre était froid, lés membres raides , et on n’apercevait aucun signé dér ptitréfaction. .> e

Ces faits nous portent à conclure : i- que rènfàht dont il s’agit était âgé d’environ sept mois ; 2° qU’il % vécu; 3® qu’il est mort depuis peu ; 4^ qué s’il esf vdàî que la plupart des enfans de cet âge périssent , il en est qui vivent , et que celui-ci était assez bien conformé pour qu’il fût permis de le considérer Comnié 'viahle\ dnutant plus que, pendant trois jours, il avait exercé librement ses fonctions ; qu’il à succombé 'à une inflammation des- poumons, occasionée probablement par l’action du froid. En foi de qiioi, etc. Deuxième rapports Nous soussigné, etc. Arrive dans

la maison nous avons trouvé un enfant vivant

du sexe masGulin , né la veille j que l’on nous a dit être à terme , et que l’pn supppsait ne, pas être viable ^ parce qu il était resté pendant deux .heures dans un état de mort apparente, et qu’après être parvenu n force de soins à le ranimer , il était retombéEdans cet état , d’où il avait été difficile de le retirer. Dm reste, nous avons appris quela^mère était primipare., que le travail avait duré trente-six heures, et qu’au moment, de la naissance, la face dunouyeau-néetait tuméfiée et violette, et qu’on ayaità peine laissé saigner le cordon ^ ombi lical avant de. le lier: , , . ^

Nous avons proeédé à l’examen de 1-enfant, et r)f>jas ayons reconnu qu’il offrait le yolume, et., la grosseur d’un foetus à - terme ; que le cordon ombilicajl répondait à peu près à la moitié -du .corps; que .Iqs. cheveux et les ongles étaient bien, formés , mais qu’effçctivement il n’exécutait aucun mouvement, et;:que %respdration était suspendue ; la facentait rouge et tuméfiée. Après avoir détaché la double ligature du opi^don ombilical , et avoir laissé, écouler enyirpn deux cuillerées de sang , nous avons remarqué rie. légers mpuvcmens dans les membres; des frictions faites sur Iç thorax et sur la colonne v^tébrale ont .bientôt amené, les changfemens suivans : la respiration s’est rétablie, l’enfanta poussé des cris, ses mouvemens

s9pt.devenus plus forts et plps étendus j et le sangj^a cessé de sortir par les vaisseaux ombiUcau:^. Aà%bout. de, deux heures, la face était décolorée, et rien n’annonçait que le nouveau-né dût éprouver îencore; les açcidens dont il vient d’être fait mention.

Il résuit e Üe ce qui précédé • i ^ que lé‘nouvëaü-né ' soumis à notre exam'eii est à terme^5 a®" qu’il est viable ' 3“ q;ue si ■ là vie' à’ 'pkf u éus^ériffue ' pWdân't qüèl'que’'" ‘ témps , cela doit ètré’ âferibüé â^la duree' du ttavaii de raccb'ttéhéïridnt’^ fef a éè' qü^^ f enfant n’a pas été secourù c'onvénàblemënt. En foi dé quoi , etcr ' '

. f ( > ’I)é^-td patérWté‘ ''tt 'âè^ fà' 'mdtèrnitêi

-■Paférnité, L’enfant conçu pendant le mariage, dit-lë'^ Géde' 'Civil , ^à! -p'ôué ’ pÈn€dé inaid ; '^péndaïit îl 'ès¥ dés ' caSy prévus pàr lés a'fticies''3i2, 3i3, 3i4 et'’3i5' dti ' — mèùié Code ‘(^^«^ês^pagé la paternité |3éut “^ être éofftesteéJ LéTégislation actuelle ést tellement’ pré^ cîsë-’à'dét' égard, que lés mâgistréts prononcent feci-f-lemerit sur toutes les questions de ce genre,- SahS 'avoir- 4.^ besoin d'éObnsulter lés gèrts de l’art, exeepté lorsqé?il 9^I s’agit' de'constater si l’enfânt est né viâble'y -sr là 'nk’i^^ sancé à été tardive ou précocé. Envisagé sous 'lé'‘râps.îi;^5 port in édi CO -légal , Ce problème rentre donc dans ’éé-ïSqui a été dità î’occâsiôn dtela. 'viâbilité ét desraaz5iÆm?k¥- <î précoces- et tardives. {^^ Voyêz pages 3§7 ét éS i-.'^ ' ^ ^

Mais il est un point qui mérite de fixer un instant -notre attention , parce' qu’il â été quelquefois l’objet dé-^consultations iriédico-légalës. Une femme veuve depüife un ou deux mois sé marié , quoiqu’il soit dit expresse^ ii»5pnt dans l’aftîelé 2§8 du Gode civil ,‘ qu’elle neipéilt -î^ contracter un nouveau mariage que dise mois Uprite lUî-'l dissolution du mariage précédent ; elle accouche avants sî la fin du dixiéme^ mois de sén veuvage ; On demande ' ilequèl du prèmièr Ou dit second mari est le pere ded^eu:^'^ -^

faut? Il est évident, d’après la législation qui nous régit, que l’enfant peut appartenir aussi bien à l’un qu’à l’autre des. maris ;.en il est légitime s’il naît entre le sixième et le dixième mois du mariage ( 210 y-éz articles 3 12, 3 1 3;, .3 i 4 et 3i 5, du code civil) ; on peut donc le regarder comme fils du premier mari, parce qu’il est né avant la fin du dixième mois, à dater du jour de sa mort, ou lé considérer comme appartenant au second mari , s’il est né après, lé sixième mois du second

mariage. ^ , . /

Q» Aéf peut se dissimuler combien il est difficile de résoudre .une pareille question.; Admettrons-nous avec Zacchias qu’il faudra comparer l’enfant aux deux maris pour; vpir s iL ressernble plutôt au premier qu’au second, et déterminer si le premier mari était vieux, faible, épuisé , -malade depuis long-temps, et par conséquent peu -disposé à' cohabiter avec sa femme; s’il était, ou s’il; n était pa« aimé' de celle-ci; si l’iraraaturité de l’enfant est t^lle qu jl?ne puisse pas avoir été conçu depuis longtemps , etc. ? fies considérations , prises isolément , ne permettant tout au plus que d’établir des présomptions ; leur ensemble peut, dans des circonstances assez ïares,- changer les présomptions en probabilités r l’âgo du nouveau-né surtout doit fixer l’attention de l’homme , de ff .art. Supposons en effet que la veuve se. soit mariée ; deux mois et demi après la. mort; du mari,. et quelle, accouche sept mois après le csecond mariage :

1 enfant sera à terme s’il appartient au. premier mari, tandis qu’il aura tout au plus sept mois.. s’il est le fruit du second mariagç,: or, il n’est pas difficile de distin^ guer si un foetus est à terme ou à sept mois, surtout ,

lorsqu’il périt et que l’on peut examiner l’état des organes intérieurs : toutefois ori aurait tort ^ajfirmer d’après ce seul fait, que l’enfant appartient au premier époux, s’il est à terme, parce que la femme peut n’être devenue enceinte que quelques jours après la mort du mari. Le docteur Capuron, après avoir analysé et discuté les faits qui se rattachent à cette question, croit devoir trancher la difficulté en établissant que le mariage contracté avant l’expiration des trois cents jours ou des dix mois depuis la dissolution du précédent, doit faire attribuer l’enfant au second mari, à moins que celui-ci ne soit autorisé par les lois en vigueur à le désavouer {^'voyez l’article 3r4 chi Code civil, page aSa ) j car alors l’enfant aurait pour père le premier mari. « Nous avons cru pouvoir hasarder notre opinion sur cette question épineuse, dit ce médecin; nous n’avons point trouvé qu’elle ait été encore résolue par les tribunaux, et la police sévère qu’on observe relativement aux mariages fait présumer quelle ne se présentera pas de long-temps. (Médecine légale relative à l’art des accouchemens, page 291.)

Maternité. On peut prouver, à défaut de témoins, qu’une femme a été mère, en prouvant qu’elle a été enceinte et qu’elle est accouchée ; mais il est impossible d’établir positivement qu’elle est la mère d’un enfant qu’on lui attribue, ou qu’elle dit lui appartenir; on ne parvient tout au plus qu’à démontrer, dans certaines circonstances, que l’accouchement a eu lieu à peu pi’ès à l’époque de la naissance de cet enfant. Cette question, comme on voit, peut être agitée, i® lorsqu’il y a eu exposition ^ suppression , supposition ou substitu-

tien de parti ( Voyez page 364.) lorsqu’un individu se dit le fils d’une femme qui prétend n’être jamais ac* couchee y S® lorsqu’enfin un aventurier se déclare le fils et 1 héritier d’une personne dont le véritable fils est

mort ou absent depuis plusieurs années.

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