‹ Leçons de médecine légale (volume 2)Chapitre 37 sur 54 · SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE

VINGT-QUATHIÈME LEÇON.

Des maladies simulées , prétextées , dissimulées et imputées.

On désigne sous le nom de maladies simulées celles que Ion feint d’avoir : on dit quelles sont prétextées lorsqu’on veut faire servir des maladies réelles à l’accomplissement d’un but qui consiste ordinairement à se décharger d’une fonction plus ou moins pénible, ou à obtenir un avantage quelconque. Les maladies dissimulées sont celles que l’on cache; tandis qu’on donne le nom de maladies imputées à celles que l’on prétend exister chez un individu qui n’en est pas atteint.

Des maladies simulées ou feintes.

Les maladies simulées, avons-nous dit, sont celles

que 1 on feint d’avoir, en imitant plus ou moins bien

les symptômes de la maladie que l’on cherche à simu-r 1er. Dans ces derniers temps , M. Marc a proposé d’appeler ces xadlaiàies^ siinulées, par imitation, pour les distinguer de celles qu’il xxomvacx simulées par -provocation. Dans le premier cas, dit notre savant confrère, la maladie n’existe pas, elle est feinte : telle est l’épilepsie simulée; dans l’autre cas, au contraire, la maladie est réelle, mais elle, est l’effet d’un artifice : elle a été provoquée dans le dessein d’en imposer et de faire croire à l’existence d’une affection dont la durée est plus ou moins longue; c'est ainsi qu’en appliquant sur la conjonctive une poudre irritante, on provoque une ophthalmie. Quelle que soit la difficulté que l’on éprouve, dans certaines circonstances, a distinguer si la raaladiç est provoquée, nous pensons devoir admettre la division proposée par le docteur Marc , parce qu’elle est l’expression rigoureuse de ce qui se passe journellement sous nos yeux.

Généralités sur les maladies simulées. Ces généralités dôiveùt comprendre l’histoire des motifs qui portent à feindre les maladies, et celle des moyens généi’aux propres à faire découvrir que l’affection n’est point néelle.

Des motifs qui portent a simuler les maladies. Ces. motifs sont, i° le désir de se soustraire à certaines eharges : ainsi on voit des individus qui se disent malades pour ne point répondre à des assignations; d’autres veulent s’exempter du service militaire ou se faire réformer, et simulent, avec une effronterie dont on a peine à se faire idée, des affections souvent fort graves; 2® l’intention d’éviter une peine afflictive ou.

infamante, ou delà faire adoucir : combien de fois n’a-> t-on pas yu des prisonnierè avoir récours à ce moyen pour obtenir leur élargissement, ou du moins un adoucissement à leur punition ; 3° le désir d’exciter la compassion publique : on connaît la fourberie de ces mendiàns dont le" corps est' monstriieusémênt empbysémàtèux par suite de rinjectioii d’aune certaine quantité d’air dans le tissu cellulaire sous-cutané , de ceux dont la peau est couverte de plaies et d’ulcères qui sont leur ouvrage , de ceux qui feignent les convulsions, 1 extase- j etc. j 4° 1 interet pécuniaire, comme, par exemple, lorsqu’on aggrave les effets d’une blessure légère pour avoir droit à des dommages et intérêts plus considérables ; 5® lambition , la haine, la crainte, le chagrin , la paresse, l’amour et le fanatisme : tout commentaire ici devién^ait intltile. ^

Des moyens généraux propres a faire connaître que la maladie n’est point réelle, i ° On déterminera d’abord si l’affection est de nature à pouvoir être imitée ou provoquée : en effet, il est des maladies que l’on peut aisément simuler, comme l’aphonie, des douleurs nerveuses, un très-grand nombre de lésions des fonctions intérieures, etc.; il en est d’autres, au contraire, qu’il impossilke deîândre

telles sont les fièvres, l’anévrysme du cœur, la cataracte, etc. '

2° Oh examinerà si la maladie dont il eà; question est du nômbre de cellés auxquelles l’individu devrait etre plus exposé à raison de son âge, du sexe, de son tempérament, de ses habitudes et du gehre de vie qu’il mène. ^ ’

( Spô )

5“ On aüra égard à la situation morale de la per- :soune : l’état de ses affaires, ou d’autres motifs , peuventils la porter â feindre une maladie qu’elle n’a pas?

4” Ori iilterf ogeraTindividu avec adresse, de manière a >ce qu’il soit obligé de répondre autrement que par oui ‘■et par «0/2 .' par ce moyen on le fera souvent tomber éri contradiction, ou bien on lui fera avouer qu’il éproüve des symptômes qui sont incompatibles avec là maladie ^^ib dit avoir. L’histoire rapportée par Sauvages vient à l’appui de ce précepte : « Une fille de sept ans imitait si parfaitement les gestes et les mouveméns de ceux qui tombent en épilepsie, qu’il n’y avait personne à l’hôpital général qui n’y fût trompé. Sauvages lui demanda si elle ne sentait point un air qui passait de la main à l’humérus, et de là dans le dos et dans le fémur ; elle répondit que oui : il ordonna qu’on lui donnât le fouet, et la recette fit tant d’effet sur elle qu’elle se trouva parfaitement guérie. » ( Nosologie méthodique, tome IV, page 120, édition de 1772.) Les questions devront être posées avec d’autant plus de finesse que les facultés intellectuelles du malade douteux paraîtront plus développées, et son esprit plus cultivé ; ôii conçoit en effet qu’il sera souvent facile de troUvér en défaut un ignorant qui ne serait point rusé.

5*^ Oû chérChefa à surprendre l’attention de l’individu , en lui faisant exécuter des mouvemens ët -des actés auxquels il serait hors d’état de se- liWér; s’il était réellement atteint de la maladie qu’il accuse:?

6^* On s’attachera particulièrement à l’exàmên des causes qui auront pu donner naissance à la maladie ÿ sont-elles en rapport avec celle-ci, rindividu hésite-

t-il à assigner une origine quelconque à ta malaÜie* dont il se dit attaqué ? '

7° Mais c’est si;irtoiît en cdmparant les symptômes avec ceux que Ton de vimt observer si la maladie était réelle , que Ton parviendra ô connaître la "^rité. Ici c’est un fourbe qui fait une.- exposition assez- èxaete des pbéaomènes morbides pour en imposer au premier abord j mais il est trahi parce ijq’îl fait paraîltre ces symptômes dans un ordre et dans: une isucéessipn insolites; là c’est un homme qui eraint de ne pas caractériser ass€^ bien l’affection qu’il veut simuler J et qui accuse des phénomènes que Ton n’observe jàmâis dans celte maladie j plüs loin, léfaUx malade croit bien faire en simulant à chaque visite de nouveaux symptômes et en Gmetiant‘d.e désigner Ceux dont il s’était plaint d’abord ,, et qui étaient en quelque; sorte earactéristiques de •Taffeetion. ; ^ ^ ^

8- On eonseiïlera'des médieamens , et on aura égaixl aux effets qu’ils produisent et à l’empressement que Tindividu met :â les prendre^ car on sait que, dans la plupart des cas, les personnes, bien portantes répugnent à faire usagé: de substances d’une odeur et d’une saveur’ désagréables : On pourra donc , en épiant ces personnes à plusieurs reprises, en les surprenant en quelque sorte, s’assurer si elles cachent lesmédicamens prescrits,

g° On fera également attention à la nature des boissons et des alimens que l’individu paraît préférer. Ne seràit-on pas en droit de soupçonner qu’une affection bilieuse est simulée , si le malade douteux repoussait les boissons acidulés froides et les alimens légers , pour

obtenir des viandes , des boissons alcoholiquèSr, etc. ?

lo® Si la maladie que l’on accuse est du nombre de celles qui se manifestent par des accès, on observera l’individu peu de temps avant l’attaque et pendant qu’elle a lieu ; on surveillera alors ses gestes, ses Çris,.son pouls, etc.

;ï I ° On n’aura recours à des moyens énergiques ^ tels que la fustigation, la cautérisation , etc. ,' qu’autant qu’on sera à peu près , convaincu que la maladie est simulée ou que l’individu affirmera qu’ib a complètement perdu la sensibilité dans un membre ou dans une de ses parties; mais il sera souvent utile, pour l’intimidér, de lui proposer l'emploi des moyens les plus violens.

lels sont les préceptes généraux qui doivent servir de base aux médecins chargés de décider s il y a ofi non simulation d’une maladie ,* sans doute il en e^ encore beaucoup d autres fondés sur les connaissances psycologiques et physiologiques les plus positives ^ qüè I on ne saurait exposer dn.ne manière général è^j- parce qu ils peuvent varier à 1 infini. ^IJe médecin ne petit découvrir: la ruse, comme l’a fort bien dit le docteur Marc., dans un excellent articledu Dictionnaire de mé^ demne .( nÉCEVTiois:, tome ¥I ) , -que par l’emplob de ressources ingénieuses, et en quelque sorte improvisées

' t)es maladies simulées par imitation:

On désigne ainsi ÿ comme nous l’avons déjà difey lès ntaladies qui n’existent pas et que l’on feint d’avoir : ie$

principales de çeis maladies sont Faniaurose , la myopie, le slrabisine^dl’écoulement fétide des oreilles, la surdité^de mO-tiisrae le bégaiemèiit f 1 osiène ,.da p)ara>lysie , la claudication , la contracture , l’obstipation, le tremblement , les canvulsions , les, douleurs , la nostalgie , la folie, l’épilepsie, la déglutition.: diffî-eile,. le vomissement, la fistule j le renversement, de l’anus, l’anévrysme, du coeur, la phthisie pulmonaire , certaines hémorragies , les hémorroïdes:, l’incontinence d’urine.,' la perte des testicules , Tictère , les dartres , la teigper,' les ulcères , . l’enflui'e y la rage , le- scorbut .et les scro.phuleso- - .

Amaurose ou gojitte'Sereine.-faelt& maladie a été souvent simulée par les militaires qui désiraient se faire réformerv Le fait suivant , . consigné dans l’ouvEage de Mabon j prouve combien les fourbes: ont porté quelrquefois loin leur audace. iHn jeune militaire:, après avoir.passéja-nuit aux avant-postes, dit tout à. coup qu’il .r^tiaveûglê. Qn ne tarda pas à se convaincre qu’il simulait da^cécité,, quoiqu’il asstirât ne^pas voir .-Ou hd appliqua^, > vésicatoires,, .sétons , .etc. y ik: endura- -tout avec une^j3on§.tance. étQpnantery en. remerciant toujours djes sqins q.u’on lui donnaît.jGn-,le miî sur-^leLord' de 1% rivière, et qn lui. dit de .marcberis^deuxi bateliers étaient^ tout .prqtsspour, le retirerLjde'i^âu.iDj marcha devant lui , et se laissa tomber dans l’eau , dont il fut retiré bientôt. Convaincus. de son aveuglement, mais ne pouvant expliquej la dilatation, et la^CQptraction de. la pupille, les officiers de santé lui donnèrent son çqn^é;, mais L’avertirent que, . s’il feignait, ..ce- congé lui serait inutile puisque .dans son pays on. s’apetr

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cevrait facilement qu’il n’était pas aveugle ; que s’il avouait la vérité, on lui en donnerait un autre. Il nia d’abord sa fourberie, mais, assuré qu’on ne lui manquerait pas de parole, il prit un livre et lut. (Tome I pageSôo. )

Dans la plupart des cas , les individus disent qu’ils n’y voient pas de l’œil droit : il faut alors se rappeler que presque toujours , dans l’amaurose véritable , l’iris, est immobile , même lorsqu’on en approche une lumière vive , et que son cercle est très-élargi et quelquefois presque effacé: l’œil malade devient saillant;, on dirait qu’il est surmonté d’un autre œil , tant la cornée transparente est poussée en dehors par l’humeur aqueuse. A la vérité , il est des exemples de goutte sereine dans laquelle l’iris se contracte , et son cercle diminue par l’action de la lumière, ce qui paraît tenir à ce que les nerfs qu’il reçoit de la troisième et de la cinquième paires ne sont point lésés ; mais , dans ces cas , le resserrement de la pupille s’opère lentement et n’est point durable, tandis que le contraire a lieu dans l’œil qui n’est pas affecté d’amaurose ; le cercle de l’iris est loin de diminuer autant que dans un œil sain soumis tout à coup à l’action d’une vive lumière. Les différences dont nous venons de parler seront d autant plus faciles a saisir, si 1 individu ne sé dit atteint que d’un seul œil , que l’on pourra faire agir à la fois la lumière sur les deux yeux. . . .

L application , sur l’œil, de l’extrait et du suc récent de belladoneiet de 1 extrait de jusquiame , produit des phénomènes qui pourraient faire croire à l’existence d une amaurose chez un individu qui serait intéressé

i 4ox :)

à feindre cette maladie : en effet , Firis se eontracte et reste immobile ,- la dilatation de la pupille est assez considérable pour que l’anneau de l’iris devienne presque linéaire ; enfin la lumière la plus vive ne produit aucun changement sur l’iris ni sur la pupille. Mais observons que souvent l’œil est légèrement rouge et larmoyant à la suite de pareilles applications; que Faction del’extrait de jusquiame ne se prolonge guère au delà de vingt-quatre, heures, tandis que celle de- l’extrait de belladone cesse dans lés six premières heures: il sera donc aisé de reconnaître la supercherie , en examinant attentivement l’individu trente - six ou quarante-huit heures après la première visite.

Il est encore important de se rappeler qu’il existe des amauroses qui se dissipent d’elles-mêmes au bout de quelques semaines ou de quelques mois, comme on.le;,rvôit à la suite d une chiite , de coups à la tête, de .convulsions , d'Une fièvre grave, de Fivresse , etc.

Cata,i:acte. Ç^oj&i Maladies simulées par-provocatio'n , page 42-7.) -

La myopie est une cause de réforme absolue'; - dès Inrs on concevra quelle ait -été souvent simulée. Le véritable myope lit distinctement dans un livré ouvert dont on applique le feuillet contre le nez; il peut lire à un pied de distance avec un verre du numéro 3, et il distingue les objets -éloignés à l’aide d’un verre numéro 5 Toutefois , le fourbe peut en- imposer s il a contracté; I habitude de lire avec toutes sortes de : lunettes , : comme MM. Perey . ’-eV Laurent disent l’avoir -vu. ■ ... .

Opktkalmie. (^ Yojezi Maladies simulées par provoea^page 427. ) - ,

( 4oa. )

Strabisme. ^ est à tort que l’on a regarxié le strabisme comme un motif d’exemption , puisque l’homme qui n’est point affecté de cette maladie et qui tire un coup de fusil , n’y parvient qu’en louchant momentanément à gauche , c’est-à-dire , en fermant l’œil de ce côté et en dirigeant l’œil droit siir le point de mire. Du reste, il est peu d’incommodités aussi faciles à simuler que le strabisme. > ; , ;

Oreilles. Oïi est réformé du service militaire lorsqu’on est atteint d’un écoulement muqueux , purulent et fétide par les oreilles ; aussi voit-on souvent les jeunes conscrits chercher à enflammer et ulcérer le conduit auditif , :en y introduisant de la poudre de cantharides , de l’emplâtre épispastique, qu’ils remplacent, quelque temps après, par un mélange de suif rance , d’huile empyreumatique , d’asafœtida ou du vieux fromage.- Il suffit, pour reconnaître la fraude, d’examiner attentivement les deux oreilles ,; et surtout de s’assurer que la maladie résiste à un traitement méthodique et bien suivi. N’a-t-on pas vu, dans un cas de ce genre;, le conduit- auditif contenir, au lieu d’un mucus purulent, du- miel dont le conscrit avait faii usage pour.'faire prendre le change :? ^ ‘

Su?'dité. iust.: surdité est une des maladies que l’on si-, mule le plus souvent,,- parce qu’elle exempte udu sesÉs) vice, qu’on petH îa: feindre avec facilité, et. qu’il n’esb pas toujours , aiséi de jdistinguer si elle est vraie, ou i sbé mulée.rÆieP-.nê/ (irons, semble,: plus propre à. fairecon-Vr naître les moyens que l’on doit mettre en, usage p-ou®' démasqnerlaibnçh.eriej qne le récitd’un eertain nombre d’observationS' de faux, sourds dont on n’a pas été la; dupe. On sait d’ailleurs que la plupart des vrais sourds

offrent une physionomie particulière,- que présentent rarement ;eeux qui simulent cette maladie,:

I? Un conscrits veut se faire >passer pour sourd : on laisse tomber adroitement àses pieds unepièce de monnaie, et il fait un mouvement qui le trahit. 2® Avezvous encore votre père^?. combien -avezrvous. de frères? demande-t-on à d’autres.| et on a soin :de baisser successivement la voix à mesure qu’on leur adresse de nouvelles questions : les fourbes donnent dans- le piège, et répondent même lorsqu’on leur parle w voix basse. 3"^ Un autre, que des moyens analoguesm’a valent point démasqué, voit entrer dans lasalleoù ilcétait détenu, et sans s’y attendre , un :gendarme quias’annonce comme ayant l’ordre de l’arrêter, parce qu’il est prévenu de meurtre et. de- .vol t aussi tôt. ..i.e.fa'Ux.-::sourd , oui avait parfaitement entendu, proteste ^contre cette mesure, et pleureparce qu il est innocent.,. <4*1 iOnaen a ’ vu qui avaient introduitdans leurs oreilles des pois , des fèves , de la moelle de.jonc , et -qui se plaignaient considérablement- lorsqu’on cherchait à explorer le conduit auditif avec une curette : «Dans un cas de ce genre, disent MM. Pcrcy et Laurent, à quinous;.avons: emprunté ces faits, nous fumes curieux de voir Un exemple de.ces caroncules iqui naissent quelquefois dan s le--eonduit auditif ;uous prîmes un canif qui se trouvait' sur la table , eten piquant le corps étrangèr-, -nous n’èn fîmes point sortir de sang , ter -il nous fit- éprouver-^nne imptossion singulière qui éveilla nos soupçons; nous-demandâraes alors. une. curette, fet nous fîmes, mon -sâûV peine ,d:extraction d’un pois qui y avait -été introduit dans' l’es-

poird enimposerà desexaminateurssupeifiGiels.’j

tor F Victor Travanait , passait pour sourd et muet depuis.plusieurs années, et voyageait pour éviter le service militaire : toutes les épreuves faites en Allemagne , en France, en Espagne et en Italie, dans le dessein de savoir si la maladie était réelle ou simulée ; avaient été infructueuses, lorsque l’abbé Sicard reconnut la fourberiepai’ce que les fautes d’orthographe du faux sourd-muet étaient en parfaite harmonie avec la prononciation ; ainsi il écrivait pin ’çovlv pain^ massu pour massuey etc. : « La raison que j’en donne, dit Sicard, c’est qu’il orthogi’aphie comme le peuple ; qu’il écrit cemme on entend ; au lieu que les> sourds-muets ne peuvent écrire que comme ils voient. Celui-ci est même si ignomnt, qu’il partage les mots , et que sou^ vent il lie -les prépositions aux mots, imaginant sans doute qu’elles en font partie , et cela parce que la métaphysique des rapports est trop subtile pour être remarquée ou même soupçonnée par les gens de la classe ignorantCi Vous remarquerez dans le mot conduit y qu’il écrit quhondiiit, la lettre q mise à la place du c, ce qui prouve de la manière la plus évidente que celui qui met l’une à la place de l’autre a entendu , et qu’il a appris que le son de ces deux gutturales est le même.- « (MoÆzVêMr dé 1806, n° ïSj.)

* Mutité OM mutisme. On a eu quelquefois recours, pour simuler momentanément la mutité , au datiira stramoplus souvent encore on a feint d’être muet en cessant volontairement de parler. L’homme dé l’art doit se rappeler qué dans la mutité réelle , produite'pàr la paralysie des nerfs dé la langué , cet organe est mince , émacié , raméssé , comme pelotonné , et qu’il sort diffi-

cilement de îa bouche : si elle tient à la paralysie du larynx , l’individu qui en est affecté ne peut faire entendre aucun son ,.niênie en toussant; on a beau lui serrer la gorge et le faire éternuer, le mouvement qui en résulte n’est point sonpre.. On doit encore chercher à déterminer si l’affection u’e^t pas le résultat d’une blessure au cou , àla.poitrine , de la pérj;e d’une portion de la langue , ou si elle n’est pas jcpngéjaiale j, ce que l’on peut savoir à l’aide de certiâeats parfaitement: authentiques. « Tout muet qui tirp la lapgueet la>meut, disent MM. Percy :et Laurent^; s’il n’e^ pas né sourd est un imposteur. « La réçlusipn, la privation <les alimens ,,quelques épreuves douloureuses , etc. , tels sont les moyens employés par-lesehirurgiens militaires pour découvrir la ruse. : ' ^ ^

Bégaiement. Qq vice de conformation est le résultat d’une réaction imparfaite du cerv^eau sur le système musculaire des organes de la prononciation , ou des habitudes vicieuses contractées dès l’enfance dans l’articulation des sons. Tout le monde sait combien il est facile d’imiter les bègues; aussi a-t-on été obligé, pour démasquer les fourbes qui voulaient se faire passer pour, tels, de les enfermer dans une chambre , et de ne leur donner des alimens que lorsqu’ils auraient cess é de bégayer. -

•^Qzhne. Les panais, car c’est ainsi que- l’on désigne les individus, dont l’haleine est repoussante j sont impropres au service militaire. Cette maladie a été souvent simulée, en introduisant dans une des narines un bourdon nèt de charpie préalablement trempé dans du fromage mou et vieux, dans des sucs fétides, etc. Les

çonsidératioiis suivantes pourront servir à reconnaître si la maladie est réelle : Tozèrie est commune cirez lès personnes dont le nez est écrasé , vice de conformation d’autant moins rare qu’il semble béréditaire. Le vice vénérien, les^ârtresV un état scorbutique on cancéreux,^ produisent soüvént cette maladie ^ qui peut également être le résultat de la contusion ou d’une plaié dü nez. On remarque d’abord tous les symptômes du Coryza^ bientôt après là membrane muqueuse fournit ùn'piîs icboreux, corrosif, d’üne odeur fétide, et qui dèfîènt de plus en plus consistant ; l’ozène vénérienne est presque toujours un symptôme d’une infection 'générale. Quand la maladie a son siège dans le àinus maxillaire, il paraît, entre l’os malaire et la fossè canine , une tumeur dure, incolore, offrant quelquefois une petite ouverture fistuleüse au-dessus des dents molaires, par laquelle s’écoule un pus fétide; la douleur lest d’autant plus viveq^uela suppuration est moins abondante.

P erte des dents^ CW ojeï Maladies sirriulées par provocation , page 4^8- )

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